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Passion Modernistes propose des interviews de jeunes historiens (en master ou en thèse) qui travaillent sur l’histoire moderne, une période historique qui va de la Renaissance jusqu’à la Révolution française (pour être assez généraliste). Une temporalité plus courte que le Moyen Âge mais aussi très riche en transformations de la société et des territoires.

Passion Modernistes Fanny Cohen Moreau

    • Gesellschaft und Kultur

Passion Modernistes propose des interviews de jeunes historiens (en master ou en thèse) qui travaillent sur l’histoire moderne, une période historique qui va de la Renaissance jusqu’à la Révolution française (pour être assez généraliste). Une temporalité plus courte que le Moyen Âge mais aussi très riche en transformations de la société et des territoires.

    Hors-série 1 – La Méditerranée au XVIIème siècle avec Guillaume Calafat (Passion Modernistes)

    Hors-série 1 – La Méditerranée au XVIIème siècle avec Guillaume Calafat (Passion Modernistes)

    Dans les hors-séries de Passion Modernistes je vous propose des épisodes un peu généraux sur de grandes thématiques, et aujourd’hui on embarque pour la Méditerranée au XVIIème siècle.
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    [caption id="attachment_1754" align="alignright" width="357"] Guillaume Calafat au micro de Passion Modernistes[/caption]

    Pour parler de la Méditerranée au XVIIème siècle je reçois dans cet épisode Guillaume Calafat. Ancien élève de l’École Normale Supérieure et maître de conférences en histoire moderne à l’Université Paris 1 depuis septembre 2014, il a publié en 2019 l'ouvrage Une mer jalousée. Contribution à l’histoire de la souveraineté (Méditerranée, XVIIe siècle) aux éditions du Seuil.
    Des puissances rivales
    Au XVIIème siècle une grande partie des États européens, ainsi que l'empire Ottoman, s'affrontent pour avoir des parts de marché sur le monde méditerranéen, qui reste un espace important au XVIIème siècle avec de nombreuses villes et un taux d'urbanisation élevé. Ses puissances règnent grâce à leurs flottes marchandes et militaires qui se déploient en Méditerranée, accueillies par les ports pour leurs marchandises et par leurs conquêtes.

    Le concept de souveraineté va définir les États au XVIIème et au XVIIIème siècle, il va venir de la mer, et il est crucial pour comprendre la politique moderne. La Méditerranée est un espace d'affrontements, où il est dangereux de naviguer à cause de la présence des corsaires (par exemple ceux de Salé auxquels le podcast Radio Maarif a consacré un épisode) et des flottes des États rivaux, par exemple lors de la guerre de Trente Ans.
    Les enjeux pour la France
    Pour la France, un des enjeux en Méditerranée est le port de Marseille, qui connaît au XVIIème siècle une croissance importante, avec des marchands marseillais qui négocient jusqu'au Levant. Le royaume octroie notamment à Marseille un édit d'affranchissement en 1669 qui abaisse les barrières douanières à l'entrée du port et organise un monopole commercial. La France s'appuie aussi sur un réseau de petits ports provençaux comme Saint-Tropez, Antibes, Saint-Raphaël ou encore Toulon.

    Pour aller plus loin sur le sujet nous vous conseillons aussi d'écouter cette émission de La Fabrique de l'histoire sur France Culture à propos de l'histoire du commerce.

    Ce très beau générique a été réalisé par Julien Baldacchino (des podcasts Stockholm Sardou, Radio Michel, Bulle d’art…) et par Clément Nouguier (du podcast Au Sommaire Ce Soir), merci beaucoup à eux !

    • 38 Min.
    Épisode 11 – Élodie et le suicide du curé de Pompierre (Passion Modernistes)

    Épisode 11 – Élodie et le suicide du curé de Pompierre (Passion Modernistes)

    Plongez dans la micro histoire dans cet épisode, dans la Franche Comté au XVIIème siècle !
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    [caption id="attachment_1726" align="alignright" width="277"] Elodie Lemaire au micro de Passion Modernistes[/caption]
    Un début d’après-midi du 10 janvier 1689 en Franche Comté, le curé Bennenot met fin à ses jours dans sa maison curiale de Pompierre. Il rédige ses derniers mots sur un bout de papier laissé sur la table de son poêle. Quand il revient dans son cabinet, il se tranche la gorge d’abord au rasoir, puis à l’aide d’un grand couteau avec en poche une pâte de Rome et devant lui son crucifix. Pourquoi ce curé s’est suicidé ce jour là, dans une seigneurie entre Besançon et Montbéliard ? Et comment cette histoire peut nous éclairer du point de vue historique ?
    Elodie Lemaire a consacré son mémoire de Master 2 d'histoire moderne à l'étude du procès qui a fait suite au suicide du curé Sébastien Bennetot. Soutenu en juillet 2019 sous la direction de Anne Bonzon, ce mémoire sert aussi à dresser le portrait de la seigneurie de Clerval au XVIIème siècle. Elodie a cherché à comprendre l’environnement dans lequel a évolué pendant un an Sébastien Bennenot et duquel viennent tous les producteurs de sa source.
    Un curé dans une seigneurie en tension
    Elodie raconte dans l’épisode une seigneurie en proie aux conflits, déstabilisée par la guerre et l’absence de son seigneur, au moment-même où la société d’Ancien Régime connaissait de profondes mutations : recul du seigneur, prise de pouvoir de la bourgeoisie, réforme du clergé.

    Marqués par la mentalité comtoise, tiraillés entre deux territoires, les Clervalois ont ainsi développé une identité affirmée dans des temps difficiles. C’est dans ce contexte général qu’en 1689, Sébastien Bennenot se suicide, considéré comme fou mélancolique par ses proches.

    [caption id="attachment_1727" align="aligncenter" width="713"] Le mot laissé par le curé Sébastien Bennenot avant son suicide en 1689[/caption]
    Pour aller plus loin sur le sujet voici une bibliographie sélectionnée par Elodie :
    Sur la Franche Comté :

    GRESSET Maurice, GRESSER Pierre et DEBARD Jean Marc, Histoire de l’annexion de la Franche-Comté et du pays de Montbéliard, Le Coteau, Horvath, 1988.
    VERNUS Michel, La vie comtoise au temps de l’Ancien Régime (1) : XVIII e siècle, FeniXX, 1983.

    Sur le suicide :

    MINOIS Georges, Histoire du suicide : la société occidentale face à la mort volontaire, Paris, Fayard, 1995.
    REGINA Christophe, « Se délivrer soi-même de la vie », Rives méditerranéennes, 44, 15 février 2013, p. 107-123.
    ORTOLANI Marc, « Le procès au cadavre du suicidé au XVIIIe siècle. Deux exemples provençaux », H

    • 36 Min.
    Épisode 10 – Jérôme, la Lorraine et le Saint-Empire (Passion Modernistes)

    Épisode 10 – Jérôme, la Lorraine et le Saint-Empire (Passion Modernistes)

    Quelle est la place du duché de Lorraine par rapport au Saint-Empire au XVIIIème siècle ?
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    [caption id="attachment_1658" align="alignright" width="336"] Jérôme Jacobé (© Fanny Cohen Moreau)[/caption]

    En juin 2019, Jérôme Jacobé a soutenu un mémoire sur "Le duché lorrain et sa pratique de l’appartenance impériale à travers la diplomatie" à l'université Paris 1 Panthéon Sorbonne, sous la direction de Christine Lebeau.
    Un duché de Lorraine entre deux grands pouvoirs
    A la fin de la guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697), le duc de Lorraine Léopold retrouve ses duchés qui ont été annexés par la monarchie française depuis le milieu du XVIIème siècle. Au début de la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714), le prince lorrain tente de maintenir une stricte neutralité à l’égard de ses deux parents que sont Louis XV et l’Empereur Léopold.

    Néanmoins, cela ne l’empêche pas de formuler de vastes projets diplomatiques en lien avec ses revendications successorales sur le duché de Montferrat. A travers l’étude d’un de ses envoyés extraordinaire à la diète de Ratisbonne, Jérôme Jacobé a travaillé sur comment le duché lorrain a tâché de rappeler son appartenance au Saint-Empire. Celle-ci est certes ambiguë mais s’appuie sur une multitude de liens et de définitions juridiques floues utilisée à dessein afin de se présenter comme membre de l’Empire pour obtenir une protection diplomatique.

    [caption id="attachment_1659" align="alignleft" width="301"] Léopold Ier duc de Lorraine[/caption]
    Un envoyé extraordinaire
    La trajectoire de Gaspard de Henckelman, l’envoyé extraordinaire de Léopold Ier et l’étude des documents juridiques permettent de comprendre comment se construit à travers la diplomatie une pratique de l’appartenance impériale originale. Elle est cependant caractéristique de cet ensemble complexe qu’est le Saint-Empire où se juxtaposent plusieurs types de droits et des princes possédant différents statuts.
    Pour en savoir plus sur cet épisode Jérome vous conseille les lectures suivantes :

    GANTET Claire, LEBEAU Christine, Le Saint-Empire (1500-1800), Paris, Armand Colin, 2018. NOEL
    Jean François, Le Saint-Empire, Paris, PUF, 1986
    BRETSCHNEIDER Falk, DUHAMELLE Christophe, Le Saint-Empire, histoire sociale, Paris, Fondation de la Maison des Sciences de l’Homme, 2018.
    BRAUN Guido, La connaissance du Saint-Empire en France 1643-1746, Munich, R. Oldenbourg Verlag, 2010.
    BRAUN Guido, Du Roi-Soleil aux Lumières : l’Allemagne face à l’Europe française (1648-1789), Villeneuve-d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2012.

    Sur la Lorraine :

    VIGNAL SOULEYREAU Marie-Catherine, Richelieu et la Lorraine, Paris, L’Harmattan, 2004.
    MOTTA Anne, Noblesse et pouvoir dans la Lorraine ducale (1624-1737), Paris, Classiques Garnier, 2015.
    MOTTA Anne (dir.), Échanges, passages et transferts à la cour du duc Léopold (1698-1729), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2017.
    MCCLUSKEY Phil, Absolute monarchy on the frontiers : Louis XIV’s military occupations of Lorraine and Savoy, Manchester, Manchester-Univer

    • 33 Min.
    Épisode 9 – Elise et les chasseurs du Mississippi (Passion Modernistes)

    Épisode 9 – Elise et les chasseurs du Mississippi (Passion Modernistes)

    Comment chassaient les chasseurs dans la vallée du Mississippi aux XVIIème et XVIIIème siècle ?
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    [caption id="attachment_1598" align="alignright" width="304"] Elise Retoré au micro de Passion Modernistes[/caption]

    En septembre 2018 Elise Retoré a soutenu un mémoire sur le sujet "La chasse dans la vallée du Mississippi (1672 –1770): Acteurs, pratiques et territoires", sous la direction de Gilles Havard à l’École des Hautes Études en sciences sociales.

    Dans son mémoire elle a interrogé l’enjeu de l’entrée de la chasse pour mieux comprendre la société coloniale louisianaise et plus généralement l’histoire de l’espace mississippien au XVIIIème. Elle s'est aussi intéressée aux modalités d’interactions entre les différents acteurs participant via cette activité : les colons, les Amérindiens et les esclaves africains, en essayant à l’intérieur de ces groupes de d

    istinguer les pratiques masculines mais aussi féminines.

    A travers ses recherches Elise Retoré a tenté de proposer une histoire totale de la chasse en Louisiane française et d’envisager la pratique cynégétique du point de vue tant social et culturel, qu’économique et politique, et de l’étudier à différentes échelles.

    Aussi, son mémoire a été pensé dans la continuité des recherches et des idées de son directeur de recherche (elle a trouvé mon sujet dans son ouvrage Histoire des Coureurs de Bois, paru en 2016) mais elle a tenté d’innover en intégrant à sa réflexion l’histoire environnementale, notamment aux rapports entre hommes et animaux. Elle a d’ailleurs choisi de considérer ces derniers comme des acteurs historiques à part entière car dotés d’une agentivité.

    [caption id="attachment_1601" align="alignleft" width="412"] Carte de la Louisiane et du cours du Mississippi, dressée à partir d'un grand nombre de mémoires, dont ceux de Monsieur Le Maire, par Guillaume de L'Isle de l'Académie royale des sciences[/caption]
    Pour en savoir plus sur cet épisode Elise vous conseille les lectures suivantes :

     HAVARD Gilles, VIDAL Cécile, Histoire de l’Amérique française, Paris, Flammarion, 2014, 863 p.
    SALVADORI Philippe, La chasse sous l’Ancien régime, Paris, France, Fayard, 1996, 462 p.
    BUTEL Paul, Les Caraïbes au temps des flibustiers: XVIe-XVIIe siècles, Paris, France, Aubier Montaigne, 1982, 299 p.
    HAVARD Gilles, Histoire des coureurs de bois: Amérique du Nord, 1600-1840, Paris, France, Les Indes savantes, 2016, 885 p.
    JACQUIN Philippe, Les Indiens blancs: Français et Indiens en Amérique du Nord (XVIe-XVIIIe siècle), Paris, France, Payot, 1987, 310 p.
    DELÂGE Denys, « Vos chiens ont plus d'esprit que les nôtres » : histoire des chiens dans la rencontre des Français et des Amérindiens », Les Cahiers des Dix, 59, 2005, p. 179-215./

    • 29 Min.
    Épisode 8 – Thomas et les nobles jeux des bourgeois (Passion Modernistes)

    Épisode 8 – Thomas et les nobles jeux des bourgeois (Passion Modernistes)

    Comment les bourgeois se divertissent au XVIIème et XVIIIème dans leur quête de noblesse ?
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    [caption id="attachment_1496" align="alignright" width="321"] Thomas Fressin[/caption]

    Lors de l'enregistrement de ce podcast, Thomas Fressin était en troisième année de thèse à l'université Côte d’Azur. Son sujet : “Des bourgeois en quête de distinction : Les chevaliers des nobles jeux de l’arc, de l’arbalète et de l’arquebuse. (XVIIe-XVIIIe s.)”, sous la co-direction de Pierre-Yves Beaurepaire & Hervé Drévillon.

     
    Une nouvelle forme de sociabilité
    A partir du XVIIe siècle, l'Europe connait une "révolution associative" majeure, où de nouveaux espaces de convivialité et de sociabilité restreinte émergent. C'est durant cette période qu'apparait également, dans le milieu urbain, une forme de sociabilité méconnue : les compagnies privilégiées de la milice bourgeoise.
    Choisissant de s'exercer à un noble jeu, c'est-à-dire l'arc, l'arbalète et l'arquebuse, mais également la couleuvrine, du canon, de l'épée, du pistolet ou encore de la navigation, ces institutions s'affilient à l'histoire des anciennes confréries militaires des villes, nées au Moyen Âge des libertés urbaines et de l'obligation de se défendre par ses propres moyens.

     
    Des compagnies privilégiées
    Trouvant une place particulière au sein des milices bourgeoises, ces compagnies sont privilégiées par de nombreuses patentes. Elles finissent par se distinguer des compagnies ordinaires de la milice urbaine sur lesquelles elles exigent le pas. Nous les retrouvons sur une grande partie du royaume de France, sans tenir compte de la hiérarchie urbaine, des villes bien peuplées comme Caen à des petites villes comme Sézanne en Champagne.

    Bien que les chevaliers des nobles jeux tentèrent de conserver leurs statuts particuliers, l'Assemblée nationale finit par dissoudre ces compagnies privilégiées, par décret du 12 juin 1790. Une fois fondues dans la garde nationale, quelques mois plus tard, l'Assemblée nationale finit par faire de leurs meubles et immeubles des biens nationaux. Il faut alors attendre le premier Empire pour que de nouvelles compagnies des nobles jeux se reconstituent selon les anciens usages.

    Pour parler de ses recherches au quotidien, Thomas Fressin a ouvert un compte Twitter spécialement dédié à sa thèse, ainsi qu'un compte de chercheur personnel.

    [caption id="attachment_1495" align="aligncenter" width="600"] Le tir aux buttes, ou Le tir à l'arc aux berceaux. Toile attribuée à TENIERS David, 17e siècle, Musée de l'Archerie et du Valois[/caption]
    Pour en savoir plus sur cet épisode Thomas vous conseille les lectures suivantes :

    Pierre-Yves BEAUREPAIRE. Nobles jeux de l’arc et loges maçonniques dans la France des Lumières : enq

    • 25 Min.
    Épisode 7 – Virginie et les origines de New York

    Épisode 7 – Virginie et les origines de New York

    Saviez-vous que New York était d'abord une colonie néerlandaise ? Et pourquoi la ville s'appelle ainsi ?

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    [caption id="attachment_1427" align="alignright" width="325"] Virginie Adane[/caption]

    Après une maîtrise d'histoire consacrée à la vision de l'Amérique qu'avait l'Europe au XIXème siècle, Virginie Adane s'est lancée dans une thèse, soutenue en 2017, intitulée "Genre, pouvoir et relations marchandes dans une société coloniale multiculturelle. Nouvelle-Néerlande, New York (1630-1730)". Virginie était fascinée par le choix de ces personnes de tout plaquer pour aller vivre sur un continent inconnu et elle voulait se plonger dans les racines de l'Amérique et des colonies.
    La Nouvelle-Néerlande, terrain peu étudié
    Colonie fondée à partir de 1624 autour de la vallée de l’Hudson et de l’île de Manhattan, la Nouvelle-Néerlande est une colonie néerlandaise dans un monde colonial anglais, formée autour de la traite des pelleteries. La société coloniale est marquée par sa diversité, faisant se côtoyer des populations européennes, amérindiennes et afro-caribbéennes. À partir de 1664, la colonie connaît un changement de souveraineté, devient New York et est intégrée à l’empire anglais. En un siècle, une société nouvelle a émergé, s’est construite et transformée.

    Dans sa thèse, Virginie Adane a analysé le rôle des normes et relations sociales entre hommes et femmes dans la construction de cette société et a envisagé la façon dont ces normes et ces relations construisent un ordre social et  informent les échanges marchands.
    Une nouvelle société américaine
    La société de Nouvelle-Néerlande est caractérisée, dès les premières années de l’installation coloniale, par sa diversité culturelle et religieuse, ainsi que par la diversité des projets coloniaux. Parmi ces projets, la mise en place d’un peuplement familial pose la question des normes familiales et de genre au cœur de la formation de la société nouvelle. Ces normes constituent l’armature de base de l’ordre colonial et d’une volonté de faire société, par l’imposition, la transposition ou l’adaptation de prescriptions quant au comportement sexué. Pour les administrateurs, la conformité et le respect des normes de genre étaient conçus comme un garant d’ordre social. Du reste, l’aspiration et l’adaptation à ces normes est aussi le fait des des colons eux-mêmes.

    [caption id="attachment_1429" align="alignleft" width="449"] Novi Belgii Novaeque Angliae… (Carte de la Nouvelle-Belgique ou Nouvelle-Hollande), 1685, par Nicolaes Visscher[/caption]

    Cet attachement permet de comprendre, paradoxalement, l’apparente violence des rapports sociaux et l’importante judiciarisation des pratiques sociales. Virginie a voulu montrer que la Nouvelle-Néerlande était, au contraire, une société très normée. Avec le changement de souveraineté, les questions de masculinité, de féminité et des rôles et des relations qui y sont associés ont été au cœur du processus de domination et d’imposition d’un nouvel ordre colonial. Elle a ainsi observé une prise en charge plus marquée de la régulation des crimes moraux – prostitution, adultè

    • 48 Min.

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