Afrique, mémoires d'un continent

Afrique, mémoires d'un continent explore l’histoire à travers les siècles et jusqu’à aujourd’hui. Historiens, universitaires et spécialistes expliquent et racontent, sans tabous et à rebours des clichés, comment le passé éclaire le présent. Une émission présentée par Elgas, en collaboration avec Delphine Michaud. Réalisation : Taguy M’Fah Traoré. *** Diffusions vers toutes cibles les dimanches à 08h10 TU et 22h10 TU (Heure de Paris = TU + 2 en été).

  1. 3 days ago

    Anjanamasina : une histoire coloniale de la folie à Madagascar

    Dans son ouvrage, l’historien Raphaël Gallien revient sur une découverte archivistique majeure effectuée en 2019 : celle des archives et des dossiers relatifs aux personnes internées à Anjanamasina, considéré comme le premier établissement psychiatrique créé par l’administration coloniale française à Madagascar. Cette découverte apporte un éclairage nouveau sur l’histoire de la psychiatrie dans le contexte colonial ainsi que sur les pratiques d’internement mises en place dans l’île Rouge. Avec l’historien Raphaël Gallien, chargé de recherche au CNRS et auteur de À en perdre la raison : Folies et colonisation à Madagascar (éd. La Découverte).    Pour aller plus loin  Ouvert en 1912, l’asile psychiatrique d’Anjanamasina à Madagascar constitue le premier établissement de ce type dans l’Empire colonial français. L’asile devient un véritable laboratoire des politiques coloniales de santé, marquées par de fortes inégalités sociales et raciales. Son architecture reflète cette hiérarchie : les Européens disposent de pavillons plus confortables, tandis que les Malgaches sont placés dans des bâtiments plus éloignés et souvent surpeuplés. Notre invité l’historien Raphaël Gallien s’appuie sur près de 1 500 dossiers d’internés pour étudier cette histoire. Ces archives, longtemps reléguées dans un pavillon, ont été classées et numérisées afin d’être conservées. Elles permettent de découvrir les parcours individuels, les diagnostics, mais aussi les effets de la colonisation sur les personnes internées. La folie comme expression des tensions sociales et coloniales Les dossiers montrent que les délires des patients sont souvent liés à leur histoire personnelle et aux bouleversements provoqués par la colonisation. Les anciennes hiérarchies malgaches, notamment les lignages et les références à la royauté, restent très présentes dans les discours des internés. Certains utilisent ainsi la folie pour réaffirmer une origine prestigieuse ou contester leur déclassement social. La folie peut aussi parfois constituer une forme de résistance à l’ordre colonial. 1947, la révolte et les traces de la décolonisation La révolte malgache de 1947 constitue un moment essentiel de l’histoire de l’asile et de la colonisation. La répression provoque des milliers de morts, des arrestations, des détentions et des traumatismes durables. Certains internés ont été torturés et arrivent à l’asile profondément détruits psychologiquement. La peur et les rumeurs liées à l’insurrection continuent également à influencer les comportements plusieurs années après les événements. Raphaël Gallien rappelle aussi que la société malgache possédait ses propres manières de comprendre et de prendre en charge la folie avant l’arrivée de la psychiatrie occidentale. La folie pouvait être associée à la religion, à la parenté, aux interdits ou à une forme de malédiction touchant l’ensemble du groupe. Aujourd’hui, l’ancien asile est devenu un hôpital universitaire qui cherche à dépasser son héritage carcéral.

  2. 28 Aug

    L'histoire de Boko Haram : racines, expansion et divisions

    Né en 2002 dans le nord-est du Nigeria sous l'impulsion de Mohamed Yusuf, Boko Haram s'est développé dans un contexte de profondes inégalités sociales, de fragilité économique et de tensions religieuses. Radicalisé à partir de 2009, le mouvement jihadiste a plongé la région dans une insurrection marquée par des massacres, des attentats et des enlèvements de masse, avec l'objectif d'imposer un État fondé sur une interprétation rigoriste de la charia. Malgré les offensives militaires, les scissions et l'émergence de groupes rivaux, Boko Haram continue de déstabiliser le bassin du lac Tchad. Comment expliquer la résilience de cette organisation plus de vingt ans après sa création ?  Avec la participation de Vincent Foucher, historien et chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).   Pour aller plus loin  Groupe djihadiste apparu dans le nord-est du Nigeria, l'organisation Boko Haram s’inscrit dans une histoire ancienne marquée par les différences religieuses, politiques et sociales entre les régions du Nigeria. Dans les années 1970 à 1990, les courants salafistes et wahhabites gagnent progressivement en influence et un certain Mohamed Yusuf, influencé par le prédicateur salafiste Ja’afar Mahmud Adam, devient un orateur particulièrement populaire. Il critique les élites musulmanes jugées trop proches du pouvoir et développe un mouvement religieux de plus en plus radical. De la radicalisation aux violences de masse Au début des années 2000, Yusuf se rapproche progressivement du djihadisme. En juillet 2009, des affrontements opposent les partisans de Yusuf aux autorités nigérianes, provoquant plusieurs centaines de morts. Mohamed Yusuf est arrêté puis exécuté par la police, ce qui accélère la transformation du mouvement en organisation armée. Abubakar Shekau prend alors la direction du groupe et lance une campagne de vengeance contre les policiers, les responsables locaux et les opposants. Entre 2010 et 2013, Boko Haram développe un terrorisme urbain marqué par les attentats-suicides et les attaques contre les églises. Le groupe s'étend au-delà du Nigeria, notamment au Cameroun, au Niger et au Tchad, grâce aux liens sociaux et commerciaux transfrontaliers. Les combattants associent convictions religieuses, volonté de créer une société jugée plus juste et intérêts matériels liés au pillage et aux extorsions. Les massacres de Baga, Bama et d'autres localités deviennent particulièrement meurtriers en 2013-2015, tandis que l'enlèvement des lycéennes de Chibok en 2014 internationalise le conflit. La scission  Une divergence importante apparaît autour du traitement des civils, Shekau considère même certains musulmans comme des « infidèles » lorsqu'ils ne soutiennent pas son mouvement. Cette doctrine provoque des dissidences, notamment la création d'Ansaru, puis rapproche certains dirigeants de Boko Haram de l'État islamique. En 2015, Shekau prête finalement allégeance à l'État islamique, mais refuse ensuite d'appliquer pleinement ses directives. L'année suivante, une faction dirigée notamment par Abou Moussab al-Barnawi se sépare et forme l'ISWAP qui privilégie une organisation plus structurée et limite les attaques contre les civils musulmans. Depuis la mort de Shekau en 2021, les deux factions continuent d'exister.

  3. 31 Jul

    David Diop : avec son héros Bilal Seck, 3 500 ans d'histoire du Sénégal à l'Égypte antique

    Dans Où s'adosse le ciel, l’auteur David Diop ne déroge pas à sa belle tradition de confesser l’histoire. À travers le voyage du griot Bilal Seck, son héros, de retour de La Mecque à la fin du XIXᵉ siècle, le récit fait dialoguer le Sénégal et l'Égypte ancienne. Le roman invité à réfléchir sur la transmission, l’exil et la quête des origines. Avec l’écrivain David Diop, auteur de Où s’adosse le ciel (éd. Julliard) et professeur de littérature à l’université de Pau.   Pour aller plus loin Le roman Où s’adosse le ciel ? de David Diop mêle fiction, histoire et mémoire africaine. L’auteur, écrivain franco-sénégalais et professeur de littérature, nourrit son œuvre d’une profonde passion pour l’histoire qui lui vient notamment de son adolescence à Dakar et de son enseignante d’histoire.  Il cite également l’influence majeure de Cheikh Anta Diop, dont les travaux ont contribué à réinscrire l’Égypte ancienne dans son contexte africain. David Diop explique qu’il utilise une documentation historique importante, mais qu’il préfère ensuite « oublier » les détails pour laisser place aux émotions des personnages, une méthode qu'il appelle la « mémoire affective » et qui permet de transformer les faits historiques en matière romanesque. Son héros, Bilal Seck, est présenté comme le 72ᵉ passeur d’une mémoire transmise de génération en génération. Le voyage de Bilal Seck L’histoire commence au Sénégal, à la fin du XIXᵉ siècle, dans le contexte de la colonisation française. Bilal Seck appartient à une famille de griots et possède un rôle essentiel de gardien et de transmetteur de la mémoire. Il entreprend un pèlerinage à La Mecque avec Yérim Tchao, un homme issu de la noblesse avec lequel il a grandi. Malgré leur amitié, les différences sociales et les préjugés liés à la « pureté du sang » finissent par provoquer une rupture entre eux. En 1893, une importante épidémie de choléra frappe les pèlerins et fait environ 30 000 victimes en un mois. Abandonné à Djeddah, Bilal doit alors entreprendre seul son retour vers l’Afrique, souvent à pied et en travaillant pour financer son voyage. Son périple le conduit notamment par la péninsule Arabique, l’Égypte et Djenné, avant son retour au Sénégal.   L’Égypte, les origines et la transmission En Égypte, Bilal cherche à comprendre les récits qui relient les peuples sénégalais à l’Égypte antique. David Diop s’appuie sur des traditions orales rapportant plusieurs migrations anciennes depuis l’Égypte vers l’Afrique de l’Ouest. Le roman interroge ainsi les liens entre histoire écrite, traditions orales et mythes des origines. La figure du griot y occupe une place centrale. À travers Bilal et ses descendants, la transmission devient un véritable flambeau qui doit passer d’une génération à l’autre. Le roman pose enfin une question politique majeure : comment raconter l’histoire de l’Afrique sans la réduire aux récits construits par la colonisation ?

  4. 24 Jul

    Paroles d'aînés: l'Afrique en quatre dates selon Marie-Roger Biloa

    Afrique mémoires d'un continent donne la parole aux aînés, femmes et hommes, aux savoirs précieux, pour qu'ils nous racontent l'histoire de l'Afrique et le rapport qu'ils entretiennent avec le continent. Ces grandes voix du continent reviennent sur quatre séquences de leur choix, quatre moments cruciaux qui les ont marqués, travaillés, inspirés.  Avec la journaliste camerounaise Marie-Roger Biloa.    Selon la journaliste Marie-Roger Biloa, il est plus que nécessaire de mieux enseigner l’histoire africaine, longtemps occultée ou racontée par d’autres. Elle souligne également le rôle essentiel des femmes dans l’histoire, souvent minimisé malgré leur contribution décisive à la résistance, à la gouvernance et aux luttes pour l’indépendance. Elle cite notamment la reine Nzinga d’Angola, qui résista pendant plus de quarante ans aux Portugais et symbolise le courage, le leadership et la défense de la souveraineté africaine. Marie-Roger Biloa revient aussi sur l’apartheid en Afrique du Sud, qui a profondément marqué sa génération et renforcé le sentiment d’appartenance à une communauté africaine. Elle rappelle la solidarité des États africains contre ce régime et rend hommage aux nombreuses personnalités, parfois oubliées, qui ont participé à cette lutte. Elle aborde également la guerre du Biafra, conflit qui révéla les divisions politiques et ethniques du Nigeria ainsi que les interventions des puissances étrangères. Enfin, quatrième date marquante selon elle, le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994. Ayant couvert cette période en tant que journaliste, elle estime que le traitement médiatique et politique de ce drame reste sujet à débat.

  5. 17 Jul

    Paroles d'aînés : l'Afrique en quatre dates selon Sami Tchak

    Afrique mémoires d'un continent donne la parole aux aînés, femmes et hommes, aux savoirs précieux, pour qu'ils nous racontent l'histoire de l'Afrique et le rapport qu'ils entretiennent avec le continent. Ces grandes voix du continent reviennent sur quatre séquences de leur choix, quatre moments cruciaux qui les ont marqués, travaillés, inspirés.  Avec l’écrivain et essayiste Sami Tchak, Prix Cheikh Hamidou Kane pour Mélodie pour une douleur (éd. Continents, Lomé, Togo) Dans cet entretien, l’écrivain togolais Samy Tchak rappelle d’abord que l’histoire doit être enseignée avec esprit critique, en croisant les traditions orales, les savoirs locaux et les recherches historiques. Il insiste sur l’importance des mythes fondateurs et de la transmission familiale, qui permettent de comprendre le monde avant de s’ouvrir à d’autres cultures. Évoquant la mort de Chaka Zoulou en 1828, il refuse une vision idéalisée du personnage. Pour lui, ce grand bâtisseur fut aussi un dirigeant d’une extrême violence, illustrant la complexité des héros historiques. Il invite à analyser les figures du passé avec lucidité. Les défis politiques de l’Afrique contemporaine La deuxième date retenue est le décret ghanéen de 1969 ordonnant l’expulsion des étrangers en situation irrégulière. Samy Tchak explique que cet événement l’a profondément marqué, car il a touché sa propre famille et de nombreux habitants de son village. Il y voit le symbole des tensions liées aux frontières nationales et aux migrations, rappelant que le panafricanisme se heurte aujourd’hui à la réalité des États et des intérêts nationaux. Il craint que ces phénomènes d’exclusion ne se reproduisent à l’avenir. La troisième date, le discours de La Baule prononcé par François Mitterrand en 1990, lui permet de s’interroger sur la démocratisation de l’Afrique. Selon lui, la démocratie ne peut être imposée de l’extérieur ni considérée comme une solution universelle au développement. Il estime que les transitions démocratiques ont parfois conduit à des conflits ou à des désillusions, tout en reconnaissant que les libertés politiques demeurent essentielles. La littérature africaine comme espace d’émulation Enfin, Samy Tchak choisit l’année 2021, marquée par les nombreux prix internationaux remportés par des écrivains africains. Il se réjouit de cette reconnaissance tout en mettant en garde contre une vision qui ferait dépendre la valeur de la littérature africaine du seul regard des institutions occidentales. Selon lui, ces récompenses sont la confirmation d’une richesse déjà ancienne. Il rappelle que plusieurs auteurs africains avaient été distingués bien avant 2021 et souligne que l’essentiel reste la qualité des œuvres, plus que les prix eux-mêmes.

  6. 10 Jul

    Paroles d'aînés : l'Afrique en quatre dates selon Véronique Tadjo

    Afrique mémoires d'un continent donne la parole aux aînés, femmes et hommes, aux savoirs précieux, pour qu'ils nous racontent l'histoire de l'Afrique et le rapport qu'ils entretiennent avec le continent. Ces grandes voix du continent reviennent sur quatre séquences de leur choix, quatre moments cruciaux qui les ont marqués, travaillés, inspirés. Avec l’écrivaine franco-ivoirienne Véronique Tadjo, Grand prix d’Afrique noire pour Reine Pokou (éd. Actes Sud). L’écrivaine Véronique Tadjo revient sur quatre événements qui ont profondément marqué sa vision de l’histoire africaine. Forte de son parcours entre la Côte d’Ivoire, le Kenya, l’Afrique du Sud et l’Europe, elle souligne que l’Afrique est un continent uni par une histoire commune, mais aussi confronté à des divisions contemporaines. Son œuvre, nourrie par les grands auteurs de la négritude et par de nombreux voyages, cherche à transmettre une mémoire vivante et à interroger les grands défis du continent. La première date évoquée est celle de la traite transatlantique, à partir de 1619 avec l’arrivée des premiers esclaves africains en Virginie. Véronique Tadjo insiste sur les conséquences humaines de cet événement, mais aussi sur la capacité des descendants d’esclaves à transformer ce traumatisme en une immense richesse culturelle, notamment à travers les cultures afro-américaines. Elle rappelle que cette mémoire demeure essentielle pour comprendre les discriminations actuelles et l’apport des diasporas africaines au monde. Des moments fondateurs du panafricanisme et du devoir de mémoire La deuxième date est le Premier Festival mondial des Arts nègres, organisé à Dakar en 1966 sous l’impulsion de Léopold Sédar Senghor. Ce rassemblement constitue un tournant majeur en affirmant la place des artistes africains sur la scène internationale et en célébrant les cultures noires. Ce festival symbolise également une Afrique indépendante, créatrice et ouverte sur le monde. La troisième étape est le projet « Rwanda : écrire par devoir de mémoire » lancé en 1998 après le génocide des Tutsi. Avec d’autres écrivains africains, Véronique Tadjo participe à cette initiative pour témoigner de l’horreur et rendre une identité aux victimes. Cette expérience bouleverse profondément son écriture et lui fait prendre conscience de la nécessité d’une solidarité intellectuelle et artistique face aux tragédies du continent. Les défis contemporains : santé, environnement et responsabilité Enfin, Véronique Tadjo évoque l’épidémie d’Ebola qui a frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2013 et 2016. À travers son roman En compagnie des hommes, elle montre que cette crise sanitaire est étroitement liée aux bouleversements environnementaux, notamment à la déforestation qui favorise la transmission du virus entre les animaux et les humains. Elle souligne que cette catastrophe révèle également les faiblesses des systèmes de santé africains et le manque de préparation face aux crises.

  7. 3 Jul

    Paroles d'aînés : l'Afrique en quatre dates selon Sophie Bessis

    Afrique, mémoires d'un continent donne la parole aux aînés, femmes et hommes aux savoirs précieux, pour qu'ils nous racontent l'histoire de l'Afrique et le rapport qu'ils entretiennent avec le continent. Ces grandes voix reviennent sur quatre séquences de leur choix, quatre moments cruciaux qui les ont marqués et inspirés.  Avec l’historienne franco-tunisienne Sophie Bessis. Dans cette édition de « Afrique, mémoires d’un continent », notre invitée Sophie Bessis rappelle que l’histoire de l’Afrique a longtemps été racontée à travers un regard colonial. Depuis les indépendances, les historiens africains ont progressivement reconstruit cette histoire grâce à un meilleur accès aux archives. Toutefois, elle souligne que de nombreux États ont également élaboré des « romans nationaux » destinés à renforcer leur identité, parfois au détriment de la vérité historique, d'où la nécessité de distinguer le travail scientifique de l’histoire des récits politiques ou idéologiques. Quatre dates fondatrices de la mémoire du continent Le premier événement retenu est le rétablissement de l’esclavage par Napoléon en 1802, qui relance la traite négrière malgré son abolition en 1794. Cette décision conduit à une résistance qui aboutit à l’indépendance d’Haïti en 1804, première République noire de l’histoire. La deuxième date est la conférence de Berlin (1884-1885), où les puissances européennes définissent les règles de la colonisation de l’Afrique. Sophie Bessis explique que les frontières héritées de cette période continuent d’influencer les conflits contemporains et les difficultés de construction des États africains. La troisième date est la promulgation du Code du statut personnel en Tunisie en 1956 sous Habib Bourguiba. Cette réforme marque une avancée majeure pour les droits des femmes avec l’interdiction de la polygamie, la suppression de la répudiation et l’instauration du mariage civil. Pour Sophie Bessis, cette transformation a profondément modernisé la société tunisienne et demeure une référence dans le monde arabe. Patrice Lumumba et les enjeux contemporains Enfin, Sophie Bessis choisit l’assassinat de Patrice Lumumba en 1961, symbole des difficultés rencontrées par les États africains après les indépendances. Elle rappelle que son élimination est liée aux intérêts économiques et géopolitiques autour des immenses richesses minières du Congo. Selon elle, cette tragédie illustre la nécessité pour les pays africains de maîtriser leurs ressources naturelles afin de construire une véritable souveraineté politique et économique. À travers ces quatre dates, l'historienne a souhaité démontrer comment les événements du passé continuent d’éclairer les défis actuels du continent africain.

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Afrique, mémoires d'un continent explore l’histoire à travers les siècles et jusqu’à aujourd’hui. Historiens, universitaires et spécialistes expliquent et racontent, sans tabous et à rebours des clichés, comment le passé éclaire le présent. Une émission présentée par Elgas, en collaboration avec Delphine Michaud. Réalisation : Taguy M’Fah Traoré. *** Diffusions vers toutes cibles les dimanches à 08h10 TU et 22h10 TU (Heure de Paris = TU + 2 en été).

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