Episode 7: Valérie Paquin : L’accession à la propriété au Canada : une perspective plus large

Les avantages personnels, économiques et sociaux de l’accession à la propriété au Canada sont nombreux et importants. Cependant, les problèmes d’offre et d’abordabilité font en sorte qu’il est plus difficile pour les personnes qui souhaitent devenir propriétaires de réaliser cet objectif.

Dans le septième épisode d’EN DIRECT, nous discutons avec Valérie Paquin, administratrice de représentation générale à L’Association canadienne de l’immeuble (ACI) et co-propriétaire de Via Capitale Rive-Nord. Soyez des nôtres alors que nous nous intéressons aux avantages non financiers de l’accession à la propriété au Canada ainsi qu’aux mesures nécessaires pour faciliter l’accès à la propriété.

Transcription

Claudia Marques : Bonjour et bienvenue à l’émission EN DIRECT, un balado qui vous propose des conversations intéressantes avec des personnes inspirantes sur des questions qui touchent l’immobilier canadien et leur impact sur les membres de l’ACI ainsi que tous les Canadiens. Je me présente, Claudia Marques et dans cet épisode, nous allons aborder un sujet qui touche l’ensemble de la population, celui de l’accession à la propriété au Canada.

Tout le monde mérite d’avoir un chez soi et pour plusieurs, devenir propriétaire est un objectif de vie. Cependant, dans le contexte de reprise économique post-pandémique que nous connaissons actuellement, c’est-à-dire un accès à la propriété difficile dû à la demande qui est beaucoup plus forte que l’offre, comment peut-on accroître l’accession à la propriété au Canada ? Quels sont les efforts gouvernementaux mis en place pour s’assurer que toute la population puisse vivre confortablement sous un toit ? Comment est-ce que le rôle du courtier immobilier a évolué pour mieux servir les clients à la recherche de résidences ? Et quels sont les avantages de l’accès à la propriété sur les plans personnel, économique et social ? Restez à l’écoute car notre invitée, Valérie Paquin, courtier immobilier résidentiel et commercial et dirigeante d’agence à Via Capitale prend le temps de bien nous expliquer l’impact et les avantages non financiers d’être propriétaire. Bonjour Valérie !

Valérie Paquin : Allô Claudia,

Claudia : Tout d’abord j’aimerais vous remercier de prendre le temps de nous parler aujourd’hui, on va aborder un sujet qui touche vraiment tout le monde : l’accès à la propriété. On le sait, tout le monde mérite d’avoir un chez soi mais pour plusieurs, devenir propriétaire, même si c’est un rêve, n’est pas nécessairement facile par les temps qui courent avec le marché qu’on connaît. On a vraiment une demande qui est beaucoup plus élevée que l’offre, les prix qui sont élevés dû à cela également. Donc ce n’est ni facile pour un premier acheteur qui désire entrer dans le marché, ni facile pour ceux qui désirent déménager parce que leurs besoins ont changé. Tout d’abord, si je suis acheteur et que je désire devenir propriétaire, quelles sont les étapes à prendre ou à suivre pour nous assurer que la transaction et l’expérience soient positives ?

Valérie : Première étape, il faut commencer par la banque ; on va voir notre conseiller financier ou on va voir un courtier hypothécaire pour établir combien on peut emprunter. Geler un taux hypothécaire : beaucoup de personnes ignorent que l’on peut faire ça, mais les banques vont protéger un taux pour certains mois, il y en a qui vont jusqu’à six mois selon les institutions financières donc on s’assure que si les taux augmentent on conserve notre taux qui est plus bas, et s’il baisse, ils vont le baisser quand même. Mais on garde une sécurité. Ça prouve un sérieux aussi au vendeur quand on est prêt à déposer une offre d’achat ; on a une preuve qu’on a fait nos devoirs.

C’est important de faire notre budget, justement pour savoir ; la banque peut nous prêter tel montant mais est-ce que c’est vraiment ça que je veux, comme paiement hypothécaire ? C’est tout l’exercice qu’il faut faire à deux, en couple ou seul selon… après on va dresser la liste des critères : qu’est-ce qu’on veut dans une propriété ? Est-ce que l’on veut un condo ? Est-ce que l’on veut une maison ? Est-ce que l’on veut une maison de ville ? Combien de chambres ? Est-ce que l’on veut un garage ? Qu’est-ce qui est absolument primordial ? Qu’est-ce que qui est un bonus si on l’a mais on peut faire un compromis ? Quel quartier ? Est-ce qu’on veut être plus proche du travail ? Est-ce qu’on veut être plus loin ? On ne veut pas de voisins ? On veut des voisins ? C’est toutes ces questions-là qu’il faut se poser de choisir un courtier immobilier qui va connaître le secteur, va nous faire poser des questions, va nous amener parfois à des endroits auxquels on n’avait pas pensé car il connaît son secteur, le milieu et sait quelles questions poser pour trouver la bonne maison. Ensuite, je dirais, il faut être patient, parce qu’on sait combien on peut s’offrir, ce que l’on veut, mais dans le manque d’inventaire en ce moment il faut être patient. Parfois cela peut prendre dix offres d’achat et il ne faut pas acheter à n’importe quel prix ou n’importe quoi. Il faut poser des questions, il ne faut pas fermer les yeux, il faut faire inspecter. Il faut prendre le temps parce qu’après on va vivre là pendant des années ; enfin c’est ce que l’on souhaite. On ne veut pas avoir à revendre dans deux ans parce que l’on va avoir acheté trop vite ou en oubliant de faire certaines vérifications. Donc, la patience, en ce moment je sais que ce n’est pas facile, on a hâte d’être propriétaire, on a hâte d’être à cette étape là quand on a pris la décision mais des fois il faut être plus patient et cela paie à long terme.

Claudia : Je trouve cela fun que vous ayez mentionné le budget et l’hypothèque parce qu’il y a plusieurs personnes, justement dû au taux d’hypothèque, qui sont un peu plus faibles présentement, qui sont moins élevés, qui vont se dire : « j’ai trouvé la maison de mes rêves, elle est un peu plus chère que ce que j’avais planifié de dépenser mais vu le taux d’hypothèque un peu plus bas, je vais sortir un peu plus d’argent puis si jamais, dans cinq ans, j’ai de la difficulté à payer, je vendrai à ce moment-là ». Est-ce que c’est quelque chose que vous conseillez pour rentrer dans le marché présentement ?

Valérie : C’est sûr que les taux d’intérêt qui sont bas donnent un avantage. Les gouvernements ont mis certaines procédures pour freiner un peu cette envie des ménages d’excéder leur capacité d’emprunt en mettant, même si les taux sont bas à 2 pour cent pour 5 ans, il faut quand même se qualifier à un taux qui est plus haut. Donc ça freine un peu l’ardeur de certains acheteurs qui auraient tendance à vouloir faire cela. On l’a vécu dans la dernière année, notre maison, notre toit en fait, c’était tout ce que l’on avait. On ne pouvait rien faire d’autre. Mais maintenant qu’on peut recommencer à vivre un peu plus : on veut voyager, on veut faire des activités avec les enfants, aller au restaurant. Si l’on va au-delà de notre capacité financière, on va peut-être trouver ça long, de rester enfermé entre nos quatre murs et ce ne sera plus agréable comme expérience.

Claudia : Il y a plusieurs avantages à être propriétaire, tant sur le plan financier que sur le plan émotif. J’aimerais tout d’abord vous entendre sur les avantages financiers de devenir propriétaire.

Valérie : Le premier avantage, on se paie notre loyer à nous-même. Oui il y en a une partie qui va en intérêts à la banque, mais en ce moment, quand on regarde les paiements hypothécaires, il y en a beaucoup plus qui revient en capital donc on capitalise sur notre propriété. Il y a une augmentation de la valeur, donc la propriété augmente, on paie chaque année, donc notre dette diminue. On peut se servir de la propriété en tant que levier financier pour diversifier, pour s’acheter un chalet, un immeuble à revenu. C’est cette capacité financière-là qui est vraiment intéressante. Je regarde mes parents qui ont acheté une maison dans les années 70 à 30 000 dollars, maintenant elle vaut près de 350 000 dollars. Elle est payée, ils sont là. Cela fait en sorte qu’ils ont un toit sur la tête, ils sont propriétaires et ils ont très peu de frais mensuels.

Claudia : Malgré le fait que les maisons sont beaucoup plus chères, vous voyez toujours cela comme un avantage financier ? Vous mentionnez vos parents, leur maison est payée. Est-ce que c’est toujours possible de croire, par exemple, qu’en 2020-2021, notre génération on va être capable de s’acheter une maison et de finir de la payer au même titre que nos parents l’ont fait ? Si rapidement, et de prendre avantage de ce capital là à long terme ?

Valérie : Évidemment, les taux d’intérêt sont beaucoup plus bas. Quand on fait des comparaisons avec les gens qui ont acheté dans les années 70-80 ou 90, on avait des taux d'intérêt jusqu’à 20 pour cent. Les gens étaient quand même capables de payer. Là les taux d’intérêt sont plus bas, ce qui fait en sorte qu’ils sont capables de s’offrir des propriétés avec des coûts un peu plus hauts. Tout augmente et à chaque fois que le marché augmente, la réaction est là même. « On ne serait pas capable de se racheter la même maison ». Et pourtant, évidemment, en étant propriétaire d’une propriété quand la m