
#12 – Stefan Sao Nelet "On fait partie des minorités dites visibles mais invisibilisés"
« J’aime bien défendre les choses fortes. Les choses qui engagent. Et au théâtre, et au cinéma mais aussi dans la vie. J’ai besoin de m’impliquer dans les choses. »
Dans ce 12ème épisode, Linda rencontre Stefan Sao Nélet, acteur, réalisateur, metteur en scène.
Stefan est dans le milieu du cinéma, du théâtre et des arts depuis plus de 30 ans. Il est acteur, réalisateur, auteur, danseur, et metteur en scène, il est aussi formateur au sein de l'association qu’il a créée Transversarts à Marseille. En 2020, il sort Xuan un court métrage, qui raconte Phuong, hôtelière visitée par Xuan son fils inconnu en quête de vérité, un film sensible, à fleur de peau, juste, sincère poétique. Il a aussi réalisé un documentaire "Tu es toutes les femmes", où il rencontre 6 femmes qui parlent de leur condition féminine dans leur pays d’origine : France, Côte d'Ivoire, Chine, Inde, Tunisie, Érythrée. Des témoignages forts, poignants, universels et intemporels.
On revient sur son parcours où il commence à étudier la psychologie à Paris VIII, puis il fait de la danse, des études de cinéma, et pour comprendre et « parler » l’acteur, il prend des cours de théâtre, explore différents registres et se passionne pour la tragédie. Stefan devient acteur, puis auteur et réalisateur, en avouant qu’il a toujours voulu faire des choses qui engagent et dans lesquelles ils s'impliquent.
A Marseille, il créé l'association transversarts, des atelier artistiques de danse, de théâtre, de cinéma pour créer des synergies autour de sujets de société avec et pour les publics éloignés de l'offre culturelle. Il me partage son travail actuel avec un EHPAD à Marseille, avec les résidents ils créent une œuvre artistique, filmée. Stefan raconte cette forme d'exutoire de ses résidents qui "revivent" grâce à l'atelier, se sentent moins éloignés, moins oubliés, plus vivants.
Son travail consiste à visibiliser les invisibilisés en participant à un film avec des prisonnier aux Baumettes, à Marseille, “Dans la solitude des champs de coton” de Bernard-Marie Koltes. Il me parle de cette sensation très étrange de se sentir enfermé, pour quelqu'un qui a toujours été libre de se mouvoir, de s'exprimer.
On revient sur son lien avec l’Asie, sur sa première fois au Vietnam en 95 où il renoue avec ses racines. Il me partage l’histoire de ses parents et leur arrivée en France dans les années 50, qui fait l’objet de l’écriture de son prochain roman. On parle du fait d'être acteur asiatique en France, les clichés qui existent encore, ses rôles dans les téléfilms français, et des castings dans lesquels on lui demande de faire l’accent chinois mais que les choses changent petit à petit.
On échange sur le film documentaire qu’il a réalisé « Tu es toutes les femmes » , 6 femmes qui témoignent de leur condition féminine, un hommage à la femme et un documentaire universel et intemporel sorti en 2005, qui nous invite à nous interroger sur ce qui a évolué et changé depuis.
On finit l’épisode par le plat d’Asie qui le représente le plus, la fondue vietnamienne, un plat de partage, et le choix de sa musique qui représente tout ce qu’il est et ce qu’il défend.
Pose toi avec moi Stefan et écoute ce qu'on t'a préparé.
Pour suivre Banh Mi podcast: @banhmi.podcast/ banhmiculture.com/
Musique Intro: Benjamin Pham
Références citées dans l'émission
Davy Chou, Diamond Island, 2016
Banh Mi est un podcast crée et réalisé par Linda Nguon. Partagez cet épisode à ceux que vous aimez.
Informations
- Émission
- FréquenceTous les 2 mois
- Publiée29 avril 2021 à 09:53 UTC
- Durée56 min
- Saison1
- Épisode12
- ClassificationTous publics