Le podcast du Boulon

[ Entre nous ] La Débordante Compagnie

La Débordante Compagnie est une compagnie qui existe depuis 2007 et voit le jour avec un premier solo qui s’appelle « Il ne faut pas confondre la tête et les fesses ». Rapidement la compagnie fera de la rue son terrain de jeu. Un jeu qu’on ne saurait catégoriser car la compagnie se considère elle-même comme protéiforme. Les lignes artistiques oscillent entre le texte et le corps, avec une humanité et une sincérité presque palpable. L’expérimentation de la compagnie au fur et à mesure des spectacles sont sur scène ou en espace public.

Tout cela s’écrit au fur et à mesure des rencontres, des hasards, la porte largement ouverte aux collaborations est le ciment même du travail de la compagnie. Quand je parlais de sincérité et d’humanité, il faut comprendre que cela se caractérise sur scène comme en coulisses. La Débordante, c’est d’abord des rencontres, des ententes, des points de vue artistiques, esthétiques et politiques. Écologique aussi, même si politique au sens large et écologie ne peuvent être distinct. Dans cet idéal, que la culture, elle aussi, peut légitimer, La Débordante apporte sa pierre à l’édifice en privilégiant les mutualisations de tournée et ne prend jamais l’avion.

La stratégie du dépôt de bilan, c’est le titre évocateur choisit pour la prochaine création. Une scénographie simple, un duo femme homme au milieu d’un cercle dessiné par le public, un théâtre de parking (pour reprendre les termes entendu lors d’un entretien que j’ai pu découvrir) pour placer le propos au centre même de notre société.

Un texte qui remet l’église au milieu du village sur les prises de conscience, politiques ou écologiques, comment se regarder dans le miroir, comment assumer qui on est, en lien avec nos modes de vies, nos métiers ou ce qu’on possède. Finalement le caractère exceptionnel de l’urgence n’en est plus un et il est temps, plus que temps même, de penser autrement. 

Un texte mis en mouvement, en corps pourrait-on dire, par des passages chorégraphiés qui apportent les respirations nécessaires avec beaucoup de poésie et de délicatesse, c’est du moins ce que j’ai pu ressentir lors d’une étape de travail au dernier festival Chalon dans la rue, en juillet dernier. 

Petit spoiler pour celles et ceux qui écoutent cet épisode, les avant-premières du spectacle seront aux Turbulentes, dans trois petits mois.

Mon invité au micro de ce podcast est Antoine Raimondi, qui avec Héloïse Desfarges, met en scène, écrit et interprète cette pièce qui nous concerne aujourd’hui. Thomas Roche vient compléter l’équipe de la compagnie, mais ici, c’est Antoine qui se porte volontaires pour répondre à mes questions.