20 épisodes

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    Invoquons l'opéra : prières et incantations lyriques

    Invoquons l'opéra : prières et incantations lyriques

    Certains ont beau entrer dans un opéra comme dans une cathédrale, il n’en reste pas moins que les temples lyriques ne sauraient être confondus avec les lieux consacrés. Il faut d’ailleurs se souvenir du piètre et long dédain de l’Eglise catholique vis-à-vis des premiers pour ne pas se risquer à les rapprocher. Et pourtant, toute l’histoire de l’art lyrique fourmille d’invocations de toutes sortes. D’abord, pour ne fâcher aucune inquisition, ni exacerber aucune intolérance, on s’adresse aux divinités de la mythologie, aux astres ou aux éléments. Mais bientôt, au beau milieu du grand spectacle théâtral et profane, les mains se joignent, les cous se tendent et la voix s’élève vers Dieu et les « anges du paradis » dont on cherche le bienheureux halo lorsqu’on est gentil. Les poings se ferment, les yeux se révulsent ou la voix gronde pour convoquer Lucifer et les « esprits du Mal » qu’on fait accourir en ricanant lorsqu’on est méchant. 

    Les prières abondent donc dans les opéras du XIXème siècle, les drames bibliques précèdent les légendes sacrées et l’on ne cesse pas d’invoquer, scène après scène. Les héros et héroïnes qui prient espèrent un secours pour eux-mêmes ou pour ceux qu’ils aiment, ils réclament réconfort et justice, vengeance et châtiment. Ils ont besoin d’un astre qui les illumine et d’étoiles qui les guident, d’un souffle consolateur ou d’un soutien qui les inspire. Avec ou sans eux, le chœur, tour à tour peuple désespéré ou foule vindicative, grappes de chérubins et hordes de sorcières, vibre de lumière ou tremble de fureur. Les prières, invocations et autres incantations de l’opéra sont en réalité pour beaucoup dans le succès de nombre d’entre eux. L’émotion qu’elles provoquent souvent n’a ni religion, ni rite, ni dogme. Elles montrent parfois les Eglises sous leur jour le plus noir, font de la parole céleste un manifeste politique ou des formules magiques des armes redoutables. Finalement, elles sont un prétexte à réunir ceux qui croient et ceux qui ne croient pas dans la religion du beau, notion subjective et dont le sens n’appartient qu’à soi. Comme la foi.

    Rencontre avec Jean-Luc Fafchamps, compositeur de Is this the end ?

    Rencontre avec Jean-Luc Fafchamps, compositeur de Is this the end ?

    « Pour ouvrir la saison lyrique, la Monnaie a passé commande au compositeur belge Jean-Luc Fafchamps d’un pop requiem. Sous le titre « Is this the end ? », cette nouvelle partition se décompose en trois volets dont le premier, « Dead little girl », a été présenté en septembre à la Monnaie sous une forme hybride entre l'opéra et le cinéma, constituant une expérience virtuelle unique à découvrir, non pas dans notre Théâtre, mais depuis votre salon grâce à notre site Internet. Le livret d’Éric Brucher nous met face à une adolescente bloquée entre la vie et la mort et confrontée à d’autres protagonistes qui évoluent dans un état transitoire : celui des « consciences en partance ». Avec la crise actuelle du coronavirus, ce spectacle prend un sens particulier dans la mesure où de nombreuses familles et proches ont été dans l’impossibilité de pouvoir dire adieu aux victimes. La mise en scène est confiée à Ingrid von Wantoch Rekowski qui propose donner vie à cette « messe » des demis-morts. Présenté sous une forme inédite, le spectacle associe un film – tourné dans les bâtiments de la Monnaie – à une performance en 'live'. Il mobilise trois solistes, dix-sept musiciens de l’Orchestre symphonique de la Monnaie et dix-huit artistes des Chœurs de la Monnaie. La disparition tragique et inattendue du chef d’orchestre Patrick Davin a profondément marqué notre maison d’opéra ainsi que l’ensemble de la scène musicale internationale. Nos pensées vont d’abord à sa famille et à ses proches, mais aussi aux artistes et aux membres du personnel de la Monnaie impliqués dans le spectacle Is this the end ?. Dans le respect de la volonté de la famille et en accord avec toutes les personnes directement concernées, il a été unanimement décidé de maintenir la création mondiale de cet opéra auquel Patrick Davin a consacré tant d’amour et d’énergie. Ces représentations seront dédiées à la mémoire du chef d’orchestre. » (La Monnaie)

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    Biographie

    Jean-Luc Fafchamps (Bruxelles, 1960) étudie conjointement le piano, la musique de chambre, l’harmonie et la macro-économie. Il intègre l’ensemble Ictus en tant que pianiste. Avec celui-ci, il participera à de très nombreuses créations.

    Il se consacre aussi à l’écriture de pièces dans lesquelles le piano joue un rôle central comme Melancholia si…(créé en 2002 à Ars Musica), avant que son intérêt ne l’entraîne vers d’autres combinaisons sonores (A Garden, créé à Ars Musica).

    Son travail de composition, qui a été salué par la tribune des jeunes compositeurs de l’Unesco (Attrition, pour octuor à cordes) et lui a valu l’Octave des Musiques Classiques 2006, a fait l’objet de plusieurs disques monographiques, notamment chez Sub Rosa.

    Les ensembles Ictus ou Musiques Nouvelles, le Quatuor Danel, l’Orchestre National de Lille, Peter Rundel, ou Stephane Ginsburgh, entre autres, ont interprété sa musique.

    Fafchamps enseigne l’analyse musicale au Conservatoire de Mons.

    Rencontre avec Christophe Rousset à propos de Betulia Liberata de Mozart

    Rencontre avec Christophe Rousset à propos de Betulia Liberata de Mozart

    Nous partons aujourd'hui à la découverte d'une oeuvre que peu connaissent, et pour cause, il s'agirait du seul oratorio ou "action sacrée" composé par un jeune Mozart, encore sur les routes d'Europe avec son père.

    « Que faisiez-vous à quinze ans ? » Nous, je ne sais pas. Christophe Rousset non plus. Mais Mozart composait cet étrange oratorio, tout imprégnié de drame – déjà – pour la ville de Padoue, lui qui venait de poser ses valises en Italie.

    L'oratorio ne sera pas créé, l'histoire ne le retint pas vraiment, et les Talens Lyriques le reprennent avec d'autant plus de bonheur, qu'ils lui offrent une distribution passionnante. 

    5 clés pour Giovanna d'Arco

    5 clés pour Giovanna d'Arco

    En lien avec L'Avant-Scène Opéra, cinq angles d'approche pour aborder une œuvre lyrique souvent méconnue. 1er épisode : Giovanna d’Arco, un opéra en un prologue et trois actes de Giuseppe Verdi, créé à Milan, au Teatro alla Scala, le 15 février 1845.

    Titres diffusés :

    Prologue : Ouverture (n°1), introduction (n°2), scène et cavatine de Carlo (n°3) « sotto una quercia, parvemi »
    Acte I : Duo entre Carlo et Giovanna, « Dunque, O cruda, e gloria e trono » puis finale (n 10)
    Acte III : Finale du dernier acte (n°16)
    Acte I : romance de Jeanne (n°9), « O fatidica foresta »
    Acte I : Scène et air de Giacomo (n°8), « Franco son io »
    Prologue : finale (n°6)
    Giovanna (Renata Tebaldi), Carlo (Carlo Bergonzi), Giacomo (Rolando Panerai) sont dirigés par Alfredo Simonetto à la tête de l’orchestre symphonique et du Choeur de la Radio Italienne de Milan. 

    Ce texte s’appuie principalement sur le numéro de L’Avant-Scène Opéra, consacré à Giovanna d’Arco, paru en mai 2020 aux Editions premières loges. 

    Retrouvez les « cinq clés pour… » dans la rubrique dossier de forumopera.com.

     

    Jean-Romain Vesperini monte La Cenerentola dans les jardins de Boboli

    Jean-Romain Vesperini monte La Cenerentola dans les jardins de Boboli

     

    Il était dit que le New Generation Festival devait avoir lieu. Dans les jardins de Boboli de Florence, à quelques mètres du véritable lieu de naissance de l'opéra (la Galerie Blanche du Palazzo Pitti), Jean-Romain Vesperini investit une scène gigantesque, posée devant un amphithéâtre à ciel ouvert, où les sièges sont agencés avec prudence et distance. Nous l'avons rencontré dans les derniers jours de répétitions pour évoquer ce projet qui – ce n'est pas galvaudé – ressemble au caprice d'une joyeuse compagnie d'esthètes. 

    Voir la production intégralement

    Un été à Pesaro (II) : Laurence Dale s'entretient avec Dmitry Korchak

    Un été à Pesaro (II) : Laurence Dale s'entretient avec Dmitry Korchak

    C'était le triple (et unique) scoop du ROF à Pesaro cet été : non seulement il aurait lieu, il maintiendrait une création (La Cambiale di Matrimonia) et celle-ci serait mise en scène par Laurence Dale – ténor retiré des scènes pour désormais en superviser l'action – et dirigé par Dmitry Korchak, l'un des plus grands rossiniens du moment dont on oublie qu'il a démarré, précisément, sa carrière en tant que chef. 

    Nous vous proposons une discussion à bâtons rompus entre les deux hommes, enregistrée au lendemain de leur première dans les bureaux du Festivals, Via Rossini. 

    Un entretien mené en anglais. 

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