144 episodes

Deux fois par mois, au micro de Lauren Bastide, écrivaines, artistes, chercheuses et militantes se racontent et prennent le pouls des luttes féministes et antiracistes contemporaines. Un épisode un jeudi sur deux. 
Depuis 2016, la journaliste reçoit dans La Poudre des femmes artistes, militantes ou politiques pour des conversations intimes et profondes qui ont passionné de millions d’auditeurices. Ces récits, enrichis de documentaires événementiels, de tables rondes, et d’analyses par les plus grandes expertes des luttes pour les droits des femmes, en France et dans le monde, forment un tableau captivant de la société à l’heure de la révolution #MeToo. 
La Poudre was created by journalist and feminist activist Lauren Bastide, co-founder of Nouvelles Ecoutes studio, to offer women a safe space to express themselves. In a one-hour long, in-depth conversation, inspirational women artists, activists, scientists and politics talk about themselves, their path and struggles, but also about the incredible times we are living for women’s rights. Many episodes of La Poudre have been recorded or dubbed into English. Search for the 🇬🇧 !

La Poudr‪e‬ Nouvelles Écoutes

    • Society & Culture
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Deux fois par mois, au micro de Lauren Bastide, écrivaines, artistes, chercheuses et militantes se racontent et prennent le pouls des luttes féministes et antiracistes contemporaines. Un épisode un jeudi sur deux. 
Depuis 2016, la journaliste reçoit dans La Poudre des femmes artistes, militantes ou politiques pour des conversations intimes et profondes qui ont passionné de millions d’auditeurices. Ces récits, enrichis de documentaires événementiels, de tables rondes, et d’analyses par les plus grandes expertes des luttes pour les droits des femmes, en France et dans le monde, forment un tableau captivant de la société à l’heure de la révolution #MeToo. 
La Poudre was created by journalist and feminist activist Lauren Bastide, co-founder of Nouvelles Ecoutes studio, to offer women a safe space to express themselves. In a one-hour long, in-depth conversation, inspirational women artists, activists, scientists and politics talk about themselves, their path and struggles, but also about the incredible times we are living for women’s rights. Many episodes of La Poudre have been recorded or dubbed into English. Search for the 🇬🇧 !

    Épisode 93 - Sauver l'amour avec Victoire Tuaillon

    Épisode 93 - Sauver l'amour avec Victoire Tuaillon

    La journaliste et autrice Victoire Tuaillon est l’invitée du 93e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Barbe bleue, de chèvres et de révolution romantique.




    L’édito de Lauren :

    J’ai l’impression qu’en ce moment on a toutes et tous beaucoup, vraiment beaucoup, besoin d’amour. Mais d’un amour qui ne ferait pas mal. D’un amour moderne, libre, politique, qui permettrait à chacun et chacune de s’épanouir comme iel l’entend. De sortir des schémas de genre. De se libérer des injonctions à la sexualité, à la reproduction, aux balivernes des contes de fées. Bref, on rêve tous et toutes d’un amour féministe et c’est compliqué. C’est pourquoi je suis extrêmement reconnaissante à ma consœur, Victoire Tuaillon, du studio Binge, d’avoir conçu un podcast entièrement dédié au sujet : « Le Cœur sur la table ». Et comme c’est un sujet important, j’ai eu envie de l’inviter à mon micro pour faire un petit tour d’horizon. C’était au début du printemps, on était à l’opéra de Lyon dans le cadre du festival « Femmes libres ? » et ça m’a fait du bien. 




    Résumé de l’épisode :

    Victoire Tuaillon est journaliste, autrice et la créatrice du podcast culte « Les Couilles sur la table » et du récent « Le Cœur sur la table » qui se penche sur le vaste sujet de l’amour dans toute sa complexité. Dans cet épisode enregistré dans le cadre du festival « Femmes libres ? » organisé par l’Opéra de Lyon et dans lequel plusieurs pièces mettent en scène la figure violente de Barbe Bleue, elle déploie au micro de Lauren Bastide les liens entre nos vécus de l’amour et ses représentations (05:00). Les contes de fées et autres tropes de l’amour romantique construisent nos attendus mais génèrent aussi des zones d’ombres dans nos visions des relations amoureuses (07:58). Que se passent-ils après « et ils eurent beaucoup d’enfants » ? À quoi ressemble une relation qui dure, ou qui ne respecterait pas ces codes ? (11:50) C’est sur ces questions essentielles pour repenser nos relations hors des schémas patriarcaux que se penche Victoire Tuaillon. Elle détricote le couple, ou tout du moins sa base politique et religieuse (13:24), s’appuyant sur les écrits de nombreuses penseuses féministes qui toutes, au travers des époques, se sont attaquées à ce sujet relationnel, si central dans nos vies (17:23). Pour Victoire Tuaillon, il est temps de mener une grande révolution romantique intersectionnelle, pour reprendre la formulation de Costanza Spina, et de délier définitivement amour et violence (22:41). Elle propose de plonger tête la première dans la zone grise, en explorer ses recoins et enfin éclairer les rapports de pouvoir qui sous-tendent nos relations, pour mieux pouvoir les reconstruire sur des bases saines, en toute lucidité (32:35). Au-delà de sauver l’amour romantique, elle souhaite qu’on puisse rendre leurs lettres de noblesse à toutes les formes d’amour, dans leurs aspects les plus concrets, qu’on reconnaisse à nouveau les gestes aimants pour ce qu’ils sont, dans le cadre de la famille, celui de l’amitié ou des relations amoureuses (35:20). Elle invite également à repenser l’amour propre, à même commencer par apprendre à s’aimer pour pouvoir mieux aimer les autres et à se défaire des petites voix patriarcales qui abîment nos rapports aux autres et à nous-mêmes (48:15). Si la révolution est en cours, pour elle l’amour est ainsi l’un des hauts lieux de notre résistance politique (01:01:40).




    Merci à l’Opéra de Lyon et à son festival « Femmes Libres ? » d’avoir rendu cet enregistrement possible.




    Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! 




    La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes

    Réalisation et générique : Aur

    • 1 hr 5 min
    Épisode 92 - Écrire contre la violence sociale avec Kaoutar Harchi

    Épisode 92 - Écrire contre la violence sociale avec Kaoutar Harchi

    Kaoutar Harchi, brillante autrice, sociologue et chercheuse, est l’invitée du 92e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé d’identité, de reconnaissance et de fémonationalisme.




    L’édito de Lauren :

    Je vous parle d’un jeudi où l’on attend une annonce gouvernementale qui nous dira ce qu’on a le droit de faire ou de pas faire le soir et le week-end. Comme la plupart des françaises et des français, je suis partagée entre la résignation et la rage. Le fatalisme et l’inquiétude. À cause de ça, de ces informations fluctuantes, flippantes, sur la pandémie qui décime nos aîné·e·s et nos proches les plus fragiles depuis bientôt un an, j’avoue que je consulte un peu moins les médias qu’avant. Moi qui vis sous perfusion d’infos depuis plus de vingt-cinq ans, j’ai remplacé les flash radios du matin par des playlists, désinstallé les réseaux sociaux de mon téléphone et rationnalisé ma consultation des sites de médias auxquels je reste abonnée. Ce qui ne m’empêche pas d’entendre monter une petite musique de plus en plus angoissante. Rien que là, cette semaine, les attaques contre Assa Traoré se sont multipliées, Médiapart a révélé un courant néo-nazi au sein de l’armée française, la loi sécurité globale s’apprête à passer au Sénat, donnant des pouvoirs colossaux à la police et cerise sur le gâteau, Manuel Valls annonce qu’il fera son retour en 2022. Bref, pendant qu’on cause – ou qu’on ne cause pas –, du Covid 19, le racisme d’état continue sur sa lancée. Heureusement mon invitée, la sociologue Kaoutar Harchi, reste elle pleinement connectée à l’actualité, pleinement ancrée dans le présent, vivement consciente des enjeux du moment et de la nécessité de porter haut et fort, partout où elle le pourra, la pensée féministe intersectionnelle. 




    Résumé de l’épisode :

    Kaoutar Harchi est sociologue et autrice. Ses écrits voyagent de la fiction à la tribune et dans la période actuelle, face aux rhétoriques de l’extrême-droite (05:35) et à l’islamophobie qui gagnent du terrain (07:33) elle use de sa plume lumineuse pour mener des combats féministes intersectionnels. Préoccupée par la nette différence entre les mobilisations contre le projet de loi sécurité globale et celui sur les séparatismes, elle note cependant l’espoir apporté par les grandes mobilisations antiracistes récentes (08:50). La violence de la réponse institutionnelle et gouvernementale est, selon elle, le signe que ce rapport de force ébranle enfin le statu quo (11:54). Née à Strasbourg (20:35), elle quitte cette ville dès qu’elle le peut, jonglant avec la complexité de ce départ grâce à l’acte aussi gratuit que nécessaire de l’écriture (21:44). Acte coûteux pour elle, par certains côtés (24:52) mais qui lui permet de déployer ses réflexions sur de nombreux terrains, littéraires comme théoriques, analysant le social au travers d’un prisme artistique (15:45). Pour sa part, elle souhaiterait pouvoir un jour se passer des catégories qui lui font porter la notion d’intersectionnalité haut et fort, et brûler pour de bon les carcans qui voudraient la cantonner à des espaces historiquement liés à la déshumanisation (28:40). Elle refuse le miroir aux alouettes de l’exceptionnalité (41:40), combat les preuves d’allégeance demandées par les structures de pouvoir en place pour accorder leur reconnaissance (38:00) et propose au contraire un combat commun contre les systèmes de domination où personne ne serait laissé sur le carreau. Autrice d’un bel article sur le fémonationalisme (51:02), elle met en garde contre l’utilisation fallacieuse de certaines luttes pour s’attaquer à d’autres et la force de ses écrits est un phare dans le brouillard sombre qui nous entoure ces derniers temps.

    • 56 min
    Épisode 91 - La révolution médiatique avec les Avengers du féminisme

    Épisode 91 - La révolution médiatique avec les Avengers du féminisme

    Les journalistes et autrices Lorraine de Foucher, Daphné Gastaldi, Axelle Jah Njiké, Charlotte Pudlowski et Marine Turchi sont les invitées du 91e épisode de La Poudre réalisé en partenariat avec le festival Longueur d’ondes. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de silence, d’écoute et de self-care.




    L’édito de Lauren :

    Ce jour-là elles étaient cinq dans le studio : Marine Turchi, Axelle Jah Njiké, Charlotte Pudlowski, Daphné Gastaldi et Lorraine de Foucher. Elles sont journalistes et/ou productrices de podcasts. Par leur travail, toutes ont fait, ces dernières années, plus bouger les lignes que toutes les instances politiques réunies. On a pu se voir dans un vrai studio, et ça faisait du bien, même si c’était un peu triste parce que cette table ronde, normalement, aurait dû avoir lieu au festival Longueur d’ondes qui a malheureusement dû être annulé en raison des contraintes sanitaires. Sur Twitter, quelqu’une a tout de suite réagi en s’exclamant : « Les Avengers du féminisme ! » et comme on a besoin de rire un peu, aussi, j’ai choisi ce titre pour l’épisode. Merci encore Pauline ! Oui parce que bon les sujets de ce podcast sont ceux de leurs enquêtes respectives : le viol, l’inceste, les violences de genre. Donc petit trigger warning, écoutez-le dans de bonnes conditions, même si rassurez-vous, il n’y a rien de graphique, on parle surtout de leurs pratiques de journalistes et c’est passionnant. 




    Résumé de l’épisode :

    C’est au festival Longueur d’ondes qu’aurait dû se réunir cette table ronde d’exception pour évoquer le travail considérable et essentiel des enquêtes journalistiques au long cours sur les violences sexistes et sexuelles. Au micro de Lauren Bastide, Lorraine de Foucher, journaliste au Monde, Daphné Gastaldi, journaliste indépendante et co-créatrice du collectif We Report, Axelle Jah Njiké, autrice et créatrice de podcasts, Charlotte Pudlowski, co-fondatrice du studio Louie Media et Marine Turchi, journaliste chez Médiapart, évoquent le rôle de la presse face à celui de la justice dans les enquêtes qu’elles mènent et ont mené sur ces violences (09:33). Convaincues de l’utilité publique de ce travail de longue haleine, elles espèrent que les lignes qu’elles contribuent à faire bouger ne seront pas tracées dans le sable, même si la menace du backlash n’est jamais loin (19:38). Bien que certaines rédactions mettent moyens et formation de leurs effectifs au service de la lutte contre ces violences (13:44), ces pratiques sont loin d’être répandues et exigeraient d’infuser dans tous les médias. Toutes appellent à ce que la parole des personnes victimes puisse avoir plus d’écho, surtout lorsque leur statut social ne les fait pas figurer sur les tables des librairies ou les affiches de cinéma (24:42). La diversité des représentations reste selon elles un sujet central pour combattre le caractère systémique de ces violences (01:08:10). Tour à tour, elles racontent la complexité des enjeux pour respecter les personnes victimes et leur parole (28:00), mais aussi pour rendre leurs récits palpables pour les auditeur·ice·s et spectateur·ice·s (39:40) sans y perdre leur propre humanité. Dans ce travail journalistique minutieux et prolongé, elles affirment l’absolue nécessité du contradictoire et l’importance des témoins, du soutien de l’entourage (45:05). Ces enquêtes laissent des traces sur elles aussi et c’est sur un encouragement au self-care et à l’accompagnement qu’elles concluent cet échange explorant les dessous des enquêtes ayant tant fait ces dernières années pour renverser l’ordre établi (01:15:01).




    Merci au festival Longueur d’ondes sans qui cet épisode n’aurait pas été possible.

    Et merci à Pauline Linard d’avoir accepté que nous utilisions so

    • 1 hr 32 min
    Épisode 90 - La non-violence avec Judith Butler - (doublé en français)

    Épisode 90 - La non-violence avec Judith Butler - (doublé en français)

    This episode of La Poudre was originally recorded in English. To listen to the undubbed version, click here.




    Lae mythique théoricien·ne Judith Butler est l’invité·e du 90e épisode de La Poudre, enregistré en public sur Zoom le 25 novembre 2020. Avec Lauren Bastide, iels ont parlé de corps, de deuil et de Macron. 




    L’édito de Lauren :

    J’avais peur qu’iel soit froid·e. J’avais peur qu’iel soit complexe. J’avais surtout peur qu’iel soit atterré·e par l’incapacité de mon cerveau ordinaire à capter l’immense subtilité de sa pensée. Bref, avant d’interviewer Judith Butler j’ai été frappée d’un immense complexe de l’impostrice. Du coup j’ai fait ce qu’on fait souvent dans ce genre de cas, je me suis surpréparée. J’ai littéralement appris par cœur des pans entiers de ses textes. Et j’ai même fait une sorte de prépa physique : huit heures de sommeil et la peau super hydratée. Et puis voilà. Non seulement iel a été chaleureux·se et époustouflant·e de clarté, mais en plus iel a ri à mes blagues et a semblé trouver mes analyses plutôt dignes d’intérêt. Cette interview avec Judith Butler, au final, a été l’une des plus fluides, les plus joyeuses, de l’histoire de La Poudre. Je suis sûre qu’il y a une sorte de morale à tirer de tout ça, mais la philosophe, c’est pas moi. N’hésitez pas à me faire part de vos impressions après l’écoute, j’ai très envie de poursuivre cet échange avec vous. Ah oui et c’est Elisabeth Lebovici, chercheuse, historienne et militante queer, qui double sa voix en français. Vous avez beaucoup de chance vous savez.




    Résumé de l’épisode :

    Judith Butler est l’un·e des philosophes les plus important·e·s de notre époque. Son livre, « Trouble dans le genre » a marqué durablement la pensée queer et féministe, bien qu’il ait mis plus de quinze ans à être traduit en français. Sa traduction a d’ailleurs été le sujet de bien des incompréhensions, dont Judith Butler s’amuse aujourd’hui, explorant les résonances culturelles que rencontrent ses théories (05:20). En temps de pandémie, elles ont aussi des résonances très concrètes : iel qui a forgé le concept de “vies dignes d’être pleurées” se désole de voir la crise actuelle illustrer sa théorie (13:13). Face à la répression des gouvernements utilisant les enjeux sanitaires pour réprimer leur population, iel croit néanmoins toujours à la force de la non-violence et de la solidarité (25:34). Aux côtés de Lauren Bastide, Judith Butler s’alarme de l’attaque faite à l’université, et notamment à la recherche en études de genre et postcoloniale (35:40). Pour iel c’est bien la peur des conservateur·ice·s et leur refus de voir le monde changer qui s’incarnent dans ce backlash (32:00). Iel garde cependant espoir en observant les mouvements féministes, queer et antiracistes inventer de nouvelles formes de mobilisations partout dans le monde (47:02) et la force sans cesse renouvelée de leurs revendications pour la liberté de se définir (39:30). Si iel reconnaît la nécessité du repos, iel encourage à ne jamais abandonner l’idée, l’utopie, de l’égalité radicale (51:52) et invite à penser la révolution comme un mouvement en cours auquel prendre part chaque jour (57:17).




    Merci au festival Les Créatives d’avoir rendu cet enregistrement possible.




    Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! 




    La voix française de Judith Butler est incarnée par Elisabeth Lebovici, merci à elle.




    La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes

    Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu

    Traduction : Lucie Plescoff

    Programmation et coordination : Gaïa Marty

    Prise de son voix française : Adrien Beccaria au studio L’Arrière Boutique

    Mixage : Marion Emerit

    • 1 hr 6 min
    Episode 90 - Non-violence with Judith Butler - 🇬🇧

    Episode 90 - Non-violence with Judith Butler - 🇬🇧

    Cet épisode de La Poudre est disponible à l’écoute dans une version doublée en français. Cliquez ici pour l’écouter.




    The legendary theoretician Judith Butler is the guest of the 90th episode of La Poudre, recorded in public the 21st of November 2020. With Lauren Bastide, they talked about bodies, grief and Macron.




    Lauren’s foreword:

    I was scared they might be cold. I was scared they might be complex. I was above all scared they might be appalled by the incapacity of my ordinary brain to grasp the immense complexity of their thinking. In a nutshell, before interviewing Judith Butler, I was struck by a huge impostor syndrome. So I did what one usually does in that case: I overprepared. I literally learned by heart some parts of their writing. I even prepared physically, slept eight hours, hydrated very carefully. And then? Well, not only were they incredibly warm and clear, but they also laughed at my jokes and seemed to think my analysis was of some interest. This interview with Judith Butler ended up being one of the most joyful and smooth interviews in La Poudre’s history. There is probably some lesson to take out of this story but I’m not the philosopher here. 




    Episode summary:

    Judith Butler is one of the most important philosophers of our time. Their book “Gender trouble” left a long-lasting mark on queer and feminist theory, even though it took more than fifteen years to be translated into French. Its translation has indeed given rise to many misunderstandings, which Judith Butler finds amusing and interesting now, pushing them to explore the cultural resonances their theories find in various countries (05:20). In a global pandemic, these theories unfortunately have very concrete resonances: they had coined the concept of ‘grievable lives’ and are saddened to see it vividly illustrated by the current situation (13:13). Observing the governments using health safety to justify repressing their populations, they nonetheless believe in the force of non-violence and solidarity (25:34). Together with Lauren Bastide, Judith Butler is alarmed by the attacks on universities, especially on gender and postcolonial theory (35:40). For them, this backlash definitely is the embodiment of conservatives’ fear and their refusal to see the world change (32:00). They stay hopeful thanks to the feminist, queer and antiracist movements inventing new forms of mobilisations around the world (47:02) and the strength, always renewed, of their self-determination claims (39:30). If they acknowledge how important rest is in an activist’s life, they encourage to never abandon the idea, the utopia of radical equality until it is reached (51:52) and invite everyone to think about revolution as an ongoing movement to which it is possible to contribute everyday (57:17).




    Our deepest gratitude to the Les Créatives festival and their amazing team who made this episode happen.




    Executive Producer : Nouvelles Écoutes 

    Production, editing and signature tune : Aurore Meyer-Mahieu

    Production assistant : Gaïa Marty 

    Mixing : Marion Emerit

    • 1 hr 5 min
    Épisode 89 - Une justice féministe avec Gwenola Ricordeau

    Épisode 89 - Une justice féministe avec Gwenola Ricordeau

    Gwenola Ricordeau, chercheuse et militante pour l’abolition du système pénal, est l’invitée du 89e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de prisons, de victimes et de justice.




    L’édito de Lauren :

    Bon anniversaire tout le monde ! On approche du mois de mars. Ça va faire bientôt un an que nous sommes plus ou moins confiné·e·s, complètement coupé·e·s de notre vie d’avant, celle où on allait boire des coups dans des bars et écouter des gens dans des salles. Cette saison, La Poudre devait se dérouler intégralement dans l’auditorium du Carreau du Temple et j’étais vraiment folle de joie à l’idée de sentir vos présences, vos souffles, vos chaleurs. Alors je suis un peu frustrée. Mais ma petite contrariété n’est pas grand chose comparée à celle des artistes scéniques et en ce moment mon cœur se sert souvent quand je pense à Clara, Yseult, Aloïse, Jeanne, Mélissa et les autres, privé·e·s de leur milieu naturel. Donc je leur envoie un peu d’amour, en passant. Parce que j’ai envie, et c’est comme ça. Enfin voilà on s’adapte et donc ça fait quelques mois que je fais mes conférences sur Zoom. Et y a un bon côté : c’est que je peux parler avec des gens qui sont loin, comme la chercheuse Gwenola Ricordeau qui enseigne en Californie. Et ça c’est une bonne nouvelle. Gwenola Ricordeau est la dernière chercheuse qui m’a retourné le cerveau. À cause d’elle, je ne peux plus lire des phrases comme « la fin de l’impunité » sans ressentir un petit dégoût. À cause d’elle, à chaque fois que je vois le gouvernement répondre aux violences par un durcissement de la répression pénale, je hoche tristement la tête. À cause d’elle, je pense qu’il faut qu’on se débarrasse des prisons, des cours d’assises et de tout ce système pénal, finalement incapable de répondre aux véritables besoins des victimes, ni de protéger quiconque des violences sexistes et sexuelles. Vous allez sortir de cet épisode avec la même certitude, vous verrez, ça fait drôle. 




    Résumé de l’épisode :

    Gwenola Ricordeau est chercheuse et enseignante en justice criminelle. Elle est l’autrice de Pour elles toutes, femmes contre la prison, un essai argumentant sa position pour l’abolition du système pénal, un point de vue rarement partagé dans un certain nombre de courants féministes dominants (13:03). Pourtant, l’intensification du recours au système pénal – rejeton d’une société raciste et patriarcale –, a peu de résultats, des conséquences problématiques et des applications peu réalistes (15:00). Gwenola Ricordeau invite à remettre en cause ce système au lieu de se fonder sur la morale individuelle pour évaluer sa pertinence (17:45) et avance les outils de la justice transformative comme solution pour se concentrer sur les besoins des personnes victimes (20:33). Cette forme alternative de justice est d’ailleurs née au cœur de ces besoins puisqu’elle vient des plus vulnérables et marginalisé·e·s, celleux qui n’ont généralement aucun réel accès à la justice telle qu’elle est rendue actuellement (26:48). Remettre les personnes victimes au centre du processus (29:19) est bien tout l’enjeu de la déconstruction de la justice et de ses fonctionnements selon la chercheuse. Elle a elle-même fait l’expérience du parloir et c’est en partant de là qu’elle s’est intéressée au système pénal, à la prison, puis à l’impact de la prison sur la vie des femmes (35:00). Elles notent ainsi l’incidence directe du fonctionnement d’une société raciste et hétérosexiste sur qui est incarcéré·e, comment, et qui en payent les conséquences (38:01). Elle réfute la naturalisation de ce système (48:57) et appelle de ses vœux sa dissolution plutôt que son énième réforme (53:29).




    Merci à t

    • 1 hr 12 min

Customer Reviews

4.8 out of 5
5.7K Ratings

5.7K Ratings

doudoudidon ,

Merci de m’ouvrir les yeux

Indispensable mais trop méconnu.

Merci pour la qualité de vos émissions : la prise de son, les réflexions, les invités.

Peut-on vous soutenir financièrement autour d’un abonnement ou adhésion à une association par ex ? Je préfère faire ça que de payer une taxe audiovisuelle. (Heureusement je n’ai plus de télé depuis 18 ans !)

vanillepcd ,

Le podcast qui a construit mon féminisme

La poudre me suit maintenant depuis 4 ans. C’est grâce à ce podcast et à Lauren que j’ai eu l’envie et le besoin presque viscéral de suivre des études de genre au Canada mais aussi de créer mon propre podcast. Alors merci ! Pour me faire croire en notre révolution. Pour m'instruire. Pour m’inspirer. Pour tout. 💜

CreepsMad ,

Merci depuis un tout petit endroit du monde,

Qui grandi un peu plus a chaque fois.

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