16 épisodes

Amoureux de la raison, de la liberté et de la démocratie, John Stuart Mill observait : « Ce n’est que par la confrontation des opinions adverses que l’on a une chance de découvrir le reste de la vérité. » Hélas, notre époque semble avoir oublié cet esprit de la controverse féconde. Partout, on s’enferme dans des clans intellectuels jaloux de leur périmètre et de leur pureté. On transforme des oppositions normales d’idées en guerre culturelle et idéologique. On publie tribunes et pétitions sur ses engagements sans avoir envie de discuter avec ceux qui ne les partagent pas. On dénonce beaucoup, mais cette posture moralisatrice confondant l’indignation et l’argumentation ressemble à s’y méprendre à une extinction de la pensée critique. L’intimidation, l’autocensure et le conformisme n’ont jamais été les bases d’une démocratie vivante et sûre d’elle-même, mais plutôt les préludes des tyrannies. Peggy Sastre et Laetitia Strauch-Bonart entendent faire mentir l’époque. Après un tour de chauffe où elles se secoueront l’une l’autre les plumes, les Contrariantes recevront toutes les deux semaines des acteurs de la vie intellectuelle, culturelle, politique et scientifique pour parler de l’actualité et de l’inactualité des idées. Le programme est vaste : sortir des tribus et des bulles, aborder des sujets sérieux sans esprit de sérieux et des polémiques sans velléité excommunicatrice, préférer les faits aux émotions, les idées aux mots d’ordre, les connaissances aux tabous et aux totems. La parole et la pensée ne valent rien si elles ne peuvent être libres. Les Contrariantes offrent un nouvel espace pour cette liberté.

Les Contrariantes Le Point

    • Actualités
    • 4.2 • 19 notes

Amoureux de la raison, de la liberté et de la démocratie, John Stuart Mill observait : « Ce n’est que par la confrontation des opinions adverses que l’on a une chance de découvrir le reste de la vérité. » Hélas, notre époque semble avoir oublié cet esprit de la controverse féconde. Partout, on s’enferme dans des clans intellectuels jaloux de leur périmètre et de leur pureté. On transforme des oppositions normales d’idées en guerre culturelle et idéologique. On publie tribunes et pétitions sur ses engagements sans avoir envie de discuter avec ceux qui ne les partagent pas. On dénonce beaucoup, mais cette posture moralisatrice confondant l’indignation et l’argumentation ressemble à s’y méprendre à une extinction de la pensée critique. L’intimidation, l’autocensure et le conformisme n’ont jamais été les bases d’une démocratie vivante et sûre d’elle-même, mais plutôt les préludes des tyrannies. Peggy Sastre et Laetitia Strauch-Bonart entendent faire mentir l’époque. Après un tour de chauffe où elles se secoueront l’une l’autre les plumes, les Contrariantes recevront toutes les deux semaines des acteurs de la vie intellectuelle, culturelle, politique et scientifique pour parler de l’actualité et de l’inactualité des idées. Le programme est vaste : sortir des tribus et des bulles, aborder des sujets sérieux sans esprit de sérieux et des polémiques sans velléité excommunicatrice, préférer les faits aux émotions, les idées aux mots d’ordre, les connaissances aux tabous et aux totems. La parole et la pensée ne valent rien si elles ne peuvent être libres. Les Contrariantes offrent un nouvel espace pour cette liberté.

    « Loft Story » a vingt ans & Gabrielle Deydier

    « Loft Story » a vingt ans & Gabrielle Deydier

    Il y a 20 ans, le 26 avril 2001, M6 lançait son adaptation du succès international Big Brother né aux Pays-Bas. « Onze célibataires coupés du monde, dans un loft de 225 mètres carrés, filmés 24 heures sur 24 par 26 caméras et 50 micros. Au bout de 70 jours, il n’en restera que deux. Qui sera le couple idéal ? C’est vous qui décidez. »

    Le succès est phénoménal. En mai 2001, selon un sondeur, « 95 % des Français ont déjà entendu parler de Loft Story ». Près de deux tiers d’entre eux ont déjà regardé l’émission. Un autre sondage révèle que sur les 3,5 millions de Français qui ont un accès Internet au bureau, 500 000 se sont déjà connectés au site de Loft Story. Ils passent en moyenne neuf minutes de leur temps de travail quotidien à regarder la vie des lofteurs.

    Vingt ans plus tard, que reste-t-il de ce tourbillon médiatique et hypnotique, et de cette notoriété que certains ont acquise en ne faisant rien d’autre de leur vie que d’avoir été « dans le Loft » ? La télé-réalité a-t-elle présagé l’ère des réseaux sociaux, et définitivement enterré l’utopie du panoptique, selon laquelle la surveillance de tous par tous aurait des vertus civilisatrices ? Faut-il voir du mépris de classe dans le dégoût qu’elle peut susciter ? Autant de questions qui occupent la discussion de nos contrariantes en ce 15e épisode.

    Dans la seconde partie, Laetitia Strauch-Bonart et Peggy Sastre reçoivent la journaliste, autrice et réalisatrice Gabrielle Deydier, engagée pour la visibilité des personnes obèses et la lutte contre les discriminations dont elles peuvent être victimes ou « grossophobie ».
     
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    • 1h 25 min
    LREM à reculons & Eric Brion

    LREM à reculons & Eric Brion

    Si Peggy Sastre a été enthousiasmée par la candidature à la présidentielle d’Emmanuel Macron en 2017 – un amoureux de l’Europe qui avait foi dans la technocratie et avait l’audace d’une vie personnelle atypique –, Laetitia Strauch-Bonart se méfiait déjà de la posture monarchique et grandiloquente du ministre de François Hollande.

    Quatre ans après son élection, nos Contrariantes se rejoignent sur un constat négatif vis-à-vis de la présidence du « nouveau monde » : une pratique du pouvoir solitaire et verticale, un libéralisme à la fois peu ambitieux et peu suivi d’effets, une utilisation opportuniste de l’expertise… La nature de la Ve République est-elle en cause ou bien l’homme politique ?

    En parlant d’hommes, en voilà un qui a cher payé des avances déplacées. Éric Brion, professionnel des médias et ancien directeur de la chaîne Equidia, est aussi connu pour être la première cible du mouvement #BalanceTonPorc, ce #MeToo à la française lancé par la journaliste Sandra Muller. Il est l’invité de la seconde partie de l’émission. En octobre 2017, son nom était jeté en pâture sur Twitter quand Muller écrivait sur la plateforme : « #balancetonporc !! toi aussi raconte en donnant le nom et les détails un harcèlent [sic] sexuel que tu as connu dans ton boulot. Je vous attends. » Message suivi quatre heures plus tard par un second tweet : « “Tu as des gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la nuit” Éric Brion ex-patron de Equidia #balancetonporc. » C’est peu dire que cette dénonciation publique lui a porté préjudice. Du jour au lendemain, il se retrouvait sans travail et sans compagne, incapable de se défendre et de se faire entendre, « condamné par le buzz ». Un calvaire qu’il a raconté avec beaucoup de pudeur dans son livre Balance ton père (JC Lattès, 2020). Il a finalement porté plainte pour diffamation contre Muller qui a été condamnée en première instance en septembre 2019, mais relaxée par la cour d’appel en mars 2021. Les Contrariantes le reçoivent pour évoquer les détails de ce jugement et s’interroger sur le dicton qui dit qu’« on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ».
     
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    • 1h 15 min
    Contre la nuance & Frédéric Prost

    Contre la nuance & Frédéric Prost

    « Tout commence par un sentiment d’oppression. Si j’ai écrit ce livre, ce n’est pas pour satisfaire un intérêt théorique, mais parce que j’en ai éprouvé la nécessité intime. Il fallait nommer cette évidence : dans les controverses publiques comme dans les discussions entre amis, chacun est désormais sommé de rejoindre tel ou tel camp, les arguments sont de plus en plus manichéens, la polarisation idéologique annule d’emblée la possibilité même d’une position nuancée. Nous étouffons parmi des gens qui pensent avoir absolument raison, disait naguère Albert Camus, et nous sommes nombreux à ressentir la même chose aujourd’hui, tant l’air est irrespirable. » C’est ainsi que s’ouvre Le Courage de la nuance, livre que Jean Birnbaum, directeur du Monde des livres, vient récemment de publier aux éditions du Seuil. Issu d’une galerie de portraits d’intellectuels parus dans Le Monde durant l’été 2020, cet essai ouvre à son tour la discussion des Contrariantes dans leur treizième opus, celui qui porte chance.

    Dans la seconde partie, Laetitia Strauch-Bonart et Peggy Sastre reçoivent Frédéric Prost, maître de conférences en informatique à l’université Grenoble-Alpes, notamment spécialiste de la théorie des langages de programmation, de la confidentialité et de l’intelligence artificielle. Elles s’entretiennent avec lui de la liberté d’expression à l’ère des Gafa et se délectent de son regard très contrariant sur cette thématique aussi large qu’actuelle.
     
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    • 1h 10 min
    Le clivage écologique & Marie Dosé

    Le clivage écologique & Marie Dosé

    Le lundi 8 mars, les députés de la majorité se sont engagés dans l’un des derniers grands combats législatifs de leur mandat. Soit l’examen des 5 000 amendements du projet de loi « Climat et résilience » dans le cadre des travaux de la commission spéciale mise en place à cette occasion. Le lendemain, soit le 9 mars, la présidente du Rassemblement National, Marine Le Pen, s'attaquait elle aussi à l'écologie avec « un contre-projet de référendum », en quinze questions à soumettre aux Français, « parce qu’une France, belle, vivante, apaisée est notre premier patrimoine ». Comme beaucoup de commentateurs l'ont commenté, Marine Le Pen continue ici à suivre sa partition de normalisation et en s'emparant des sujets écolo, chose rare si ce n'est inédite pour son parti, elle montre bien que la thématique s'est imposée comme un incontournable du débat politique. L’est-elle pour autant dans la vie de tous les Français ? N’est-elle pas au contraire l’occasion de nouveaux clivages entre Français ? L’écologie n’a-t-elle pas un côté obscur - les réactions négatives que peuvent susciter dans la population les injonctions environnementales ? C’est à ces questions que les Contrariantes s’attellent aujourd’hui.



    L’avocat pénaliste Marie Dosé est l’invitée de Peggy Sastre et Laetitia Strauch-Bonart dans une seconde partie. Familière de procès à dimension politique et avocat de nombreuses personnalités, elle a co-signé le 14 février dernier dans Le Monde avec 5 de ses confrères une tribune intitulée « Le tribunal médiatique a fini par contaminer l’ordre judiciaire ». Elle y explique qu’en matière de violences sexuelles, à force de préférer le « tribunal médiatique » aux prétoires, on met gravement en danger le principe fondamental de notre droit qu’est la présomption d'innocence. Elle dénonce la complicité du parquet en la matière, qui ouvre désormais quasi systématiquement des enquêtes préliminaires même quand les faits sont prescrits. Ce n’est pas le seul sujet où, pour reprendre le titre d’un portrait que le Monde Magazine lui a consacré en juin 2020, elle se fait « l’avocate du diable ». Elle œuvre depuis 2018 au rapatriement des enfants et des femmes de Français partis faire le djihad en Irak et en Syrie et retenus au Kurdistan syrien. Elle a aussi défendu l'un des 14 accusés du procès des attentats de janvier 2015 de Charlie Hebdo, de Montrouge et de l'Hyper Cacher. Pour toutes ces raisons, on la décrit souvent comme étant à contre-courant – une personnalité idéale pour nos Contrariantes.
     
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    • 1h 9 min
    Chercheurs-militants & Anne Coffinier

    Chercheurs-militants & Anne Coffinier

    Dimanche 14 février, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, annonçait sur CNews son intention de confier au CNRS une « enquête » visant à distinguer les recherches « militantes » des recherches « scientifiques » dans le champ des sciences sociales, qui serait « gangrené » par l'« islamo-gauchisme ». On connaît la suite : la Conférence des présidents d’université a exprimé sa « stupeur », le CNRS a accepté de participer à cette étude, mais a regretté « une instrumentalisation de la science », et 600 universitaires ont réclamé, dans une tribune au Monde, sa démission. La gauche Insoumise et écologiste s’est empressée de dénoncer les propos de la ministre… Cet épisode est l’occasion de poser des questions importantes et dépassant largement le seul phénomène de l'« islamo-gauchisme » : l’université française est-elle gagnée par l’idéologie ? Le problème concerne-t-il seulement les départements de sciences sociales ? La situation est-elle nouvelle ? Comment faire pour atténuer, si ce n’est résoudre ce problème ?

    Dans une seconde partie, Peggy Sastre et Laetitia Strauch-Bonart reçoivent Anne Coffinier, fondatrice et présidente de plusieurs organisations – Créer son école, l’Institut libre de formation des maîtres, la Fondation pour l’école de 2008 à 2019 et, depuis 2020, la Fondation Kairos – engagées dans la rénovation du système éducatif français par la défense de la liberté scolaire.
     
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    • 1h 8 min
    Le fiasco des vaccins & Philippe Levasseur

    Le fiasco des vaccins & Philippe Levasseur

    À l’heure actuelle, l’Union européenne (UE) a vacciné contre le Covid-19 une proportion bien plus faible de sa population que les États-Unis, le Royaume-Uni ou encore Israël. En cause, entre autres, le manque de vaccins. Au sein de l’UE, la France fait aussi partie des pays dont la campagne de vaccination a commencé le plus lentement, même si elle tente de rattraper son retard. Nos contrariantes s’interrogent sur la responsabilité de la Commission européenne dans ce retard. En cause, le choix tardif de confier le mandat de négociation à la Commission, la préférence pour la sécurité sur la rapidité ou encore les différences de prix entre vaccins. En France, la campagne de vaccination a souffert de mesures bureaucratiques tatillonnes, auxquelles il faut ajouter une méfiance à l’égard des vaccins bien plus élevée que dans les autres pays développés. Or, ce retard à vacciner n’est pas anodin, il a un coût humain et économique.

    Peggy Sastre et Laetitia Strauch-Bonart reçoivent ensuite le producteur et directeur général de l’Agence Capa, Philippe Levasseur, pour évoquer le documentaire qu’il a produit avec Sophie Paliès, Chambre 2806 : l'affaire DSK, réalisé par Jalil Lespert. Cette minisérie en quatre épisodes diffusée sur Netflix depuis décembre 2020 narre l’affaire ou plutôt les affaires dont Dominique Strauss-Kahn, alias DSK, a été le protagoniste à partir de 2008. La plus frappante date de 2011, quand Nafissatou Diallo, cette femme de chambre du Sofitel de New York, accuse DSK d’agression sexuelle. On connaît la suite : DSK ne sera jamais condamné au pénal et la plainte civile de Diallo se conclura par une transaction financière à son profit. Mais, pour DSK, c’est le début de la fin, puisque cet épisode fait avorter ses ambitions présidentielles en France. Ce documentaire ne cède pas à l’émotion : faisant s’exprimer les protagonistes – sauf le plus important, qui a décliné l’offre – de façon clinique, il cherche simplement à retracer les faits, afin que chacun puisse se faire une opinion la plus éclairée qui soit.
     
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    • 55 min

Avis d’utilisateurs

4.2 sur 5
19 notes

19 notes

RedSun475 ,

Bravo !

La liberté n’est pas un vain mot pour ce duo de choc. Sa capacité à débattre sereinement de sujets brûlants avec le concours d’invités remarquables impressionne vraiment. Merci à Lætitia et Peggy et longue vie aux Contrariantes !

Bernard B. ,

👍🏼

Ici ça pense "différemment" et ça fait du bien !
Merci :)

Halatoon ,

Excellent !

Hâte d’écouter les prochains épisodes !
On est transporté dans un monde où liberté d’expression et rationalité sont encore intactes... c’est brillant, drôle, pertinent, instructif !
Bravo et merci !

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