Géopolitique

Géopolitique parcourt les grandes régions du monde auxquelles sont associés des enjeux majeurs. Marie-France Chatin invite au débat chercheurs et experts, afin que soient expliqués et mis en lumière les différents mécanismes qui régissent les rapports entre les sociétés et leur environnement. Les invités de Géopolitique confrontent leurs regards sur un sujet d’actualité internationale. Une émission présentée par Marie-France Chatin. Réalisation et technique : Mathias Golshani. Avec la collaboration de Cécile Lavolot. *** Diffusions le samedi et le dimanche à 17h10 TU vers toutes cibles.

  1. -1 H

    Du Golfe à Kaboul, la guerre qui déborde

    Depuis plusieurs mois, le Moyen-Orient est entré dans une phase de recomposition stratégique majeure. L’offensive israélo-américaine contre l’Iran a profondément bouleversé les équilibres régionaux : tensions dans le Golfe, fermeture du détroit d’Ormuz, frappes croisées, fragilité des cessez-le-feu et retour d’une logique de confrontation directe entre puissances régionales. Derrière cette guerre très médiatisée, une autre crise, moins visible en Europe, s’aggrave rapidement : celle qui oppose le Pakistan et l’Afghanistan taliban. La situation serait proche d’une « open war », une guerre ouverte, entre Islamabad et Kaboul. Les affrontements frontaliers se multiplient, les frappes aériennes aussi, tandis que le Pakistan accuse les talibans afghans d’abriter les combattants du Tehrik-e-Taliban Pakistan, le TTP, responsable d’attentats meurtriers sur le territoire pakistanais. Au même moment, paradoxe apparent, Islamabad tente de se présenter comme médiateur entre Washington et Téhéran. Soutenu discrètement par l’Arabie saoudite, proche des États-Unis mais obligé de ménager l’Iran voisin, le Pakistan cherche à transformer une extrême vulnérabilité intérieure en opportunité diplomatique, sous l’œil observateur de New Delhi qui, de son côté, développe des liens croissants avec Kaboul, dans une logique d’encerclement régional de son rival historique. Derrière les crises du Moyen-Orient se dessine une nouvelle bataille d’influence sud-asiatique, entre Inde, Pakistan, Afghanistan, Iran, Chine et monarchies du Golfe. Assiste-t-on à une régionalisation du conflit moyen-oriental jusqu’aux portes de l’Asie du Sud ? Le risque d’un embrasement régional généralisé est-il aujourd’hui sous-estimé ? Invités : Olivier Weber, écrivain et grand reporter. Des Anges et des ogres qui vient de paraître chez Calmann-Lévy Jean-Luc Racine, directeur de recherche émérite au CNRS, chercheur senior au think tank Asia Centre

    48 min
  2. 3 MAI

    L’Eurovision encore et toujours instrument de soft power?

    C'est un événement musical que certains considèrent avec condescendance, voire mépris, comme le summum du kitsch et du clinquant. Et pourtant, le 16 mai 2026, Vienne, la capitale autrichienne, accueillera la 70e édition de l'Eurovision. Un concours de chansons fédérateur créé en 1956 par l'Union européenne de radio-télévision, retransmis en direct par une trentaine de pays dans le monde et suivi par quelque 160 millions de téléspectateurs. Mais l'Eurovision n'est pas qu'un simple divertissement, il est aussi devenu au fil des ans un enjeu géopolitique et un laboratoire des tensions contemporaines. Pourquoi l'Eurovision reste-t-il un instrument de soft power pour beaucoup d'États qui y participent ? Pourquoi un spectacle qui se voulait fédérateur est-il aujourd'hui le théâtre de rivalités identitaires ou linguistiques, d'exclusions ou de maintiens diplomatiques ? Que reste-t-il de la vocation initiale du concours : l'aspiration à la paix européenne ? L'Eurovision n'est-il aujourd'hui qu'une vitrine de la pop culture mondialisée ou demeure-t-il un espace de partage qui peut encore tirer son épingle du jeu face à la concurrence des plateformes globales ? Pourquoi les chercheurs en font-ils un objet d'étude ? On en débat avec nos invités :  Florent Parmentier, docteur en géopolitique, spécialiste des dynamiques européennes et enseignant à Sciences Po Cyrille Bret, docteur en philosophie, chercheur associé à l’Institut Jacques Delors, enseignant à Sciences Po. Tous deux ont publié Géopolitique de l’Eurovision, la bande-son de la construction européenne, aux éditions Bréal.

    48 min
  3. 2 MAI

    Mali: la junte pourra-t-elle se maintenir au pouvoir?

    Il y a une semaine au Mali, une série d’attaques simultanées contre des positions stratégiques de l’armée dans plusieurs villes, y compris la capitale Bamako, a fait vaciller la junte au pouvoir. Le numéro 2 du régime, le ministre de la Défense Sadio Camara, a été tué à Kati tandis que la ville symbole de Kidal, dans le nord, tombait aux mains des rebelles. Un camouflet pour la junte et pour les paramilitaires russes contraints de battre en retraite. Des attaques menées conjointement par le Jnim (Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, affilié à al-Qaïda) et par le FLA, le Front de libération de l’Azawad, cette vaste zone du nord du Mali dont les séparatistes touaregs réclament l’indépendance depuis des décennies. Mardi 28 février 2026, après trois jours de silence, le chef de la junte, Assimi Goïta, a appelé à un sursaut national et déclaré la situation sous contrôle mais les rebelles continuent de progresser : ils se sont emparés hier du camp militaire stratégique de Tessalit dans le nord. Que cherchent le Jnim et le FLA ? Ont-ils les mêmes objectifs ou sont-ils des alliés de circonstance ? La junte, qui ne contrôle qu’à peine 30% du territoire, pourra-t-elle se maintenir au pouvoir après avoir échoué, avec ses partenaires russes, à restaurer la paix et l’autorité de l'État dans tout le pays ? En cas d’effondrement du régime militaire, faut-il craindre un effet domino au Sahel ? Quel rôle joue l’Algérie en coulisses ? Avec : Bakary Samb, directeur du Timbuktu Institute et fondateur de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux Francis Kpatindé, ancien journaliste, spécialiste de l’Afrique, enseignant à Sciences Po Oumar Berté, politologue, avocat associé au barreau de Paris et chercheur associé au Centre d’études juridiques de l’Université de Rouen-Normandie.

    48 min
  4. 26 AVR.

    Guerre au Moyen-Orient: la Chine en sort-elle gagnante?

    Le 4 avril 2025, la Une du magazine britannique The Economist a été très remarquée . On y voyait en gros plan un Donald Trump vociférant sous l’œil d’un Xi Jinping au sourire impénétrable pour illustrer cette petite phrase : « N’arrêtez jamais votre ennemi quand il est en train de commettre une erreur... » Depuis le début de la guerre lancée contre l’Iran par Israël et les États-Unis, le 28 février 2026, la Chine observe avec beaucoup de retenue les tensions autour du détroit d’Ormuz, et le piège dans lequel Donald Trump s’est enferré. À l’inverse d’un président américain qui change d’avis en permanence, insulte ses alliés, promet d’anéantir la civilisation iranienne, et déclenche une crise énergétique qui affecte toute la planète, le président chinois renforce son image de dirigeant responsable,  réaffirme ses liens avec l’Iran sans lui apporter officiellement d’aide militaire directe, dénonce un monde régi par la loi de la jungle et reçoit avec les honneurs à Pékin aussi bien le Premier ministre espagnol Pédro Sanchez, virulent critique de Donald Trump, que le prince héritier d’Abou Dhabi, alors que les Émirats arabes unis essuient des attaques iraniennes après chaque frappe américaine… Alors quels bénéfices économiques, stratégiques et politiques, la Chine espère-t-elle tirer de la situation chaotique dans le golfe ? Peut-on dire que la Chine sort gagnante de cette guerre menée contre l’Iran ?   Avec  - Emmanuel Véron, géographe, spécialiste de la Chine contemporaine, chercheur associé au centre de géopolitique de HEC - Didier Chaudet, géopolitologue spécialiste de l’Iran, de l’Afghanistan, du Pakistan et de la politique chinoise au Moyen-Orient et en Asie du Sud, co-fondateur de l'Observatoire de la Nouvelle Eurasie. À écouter aussiChine: la patience selon Xi Jinping

    48 min
  5. 18 AVR.

    Les paradigmes de civilisation à la lumière du Moyen-Orient

    Depuis la fin de la guerre froide, une idée s’est imposée pour expliquer les tensions du monde : celle d’un affrontement entre civilisations. Une idée popularisée par l’Américain Samuel Huntington, selon laquelle les conflits ne seraient plus idéologiques ou territoriaux, mais culturels, religieux, presque identitaires. Le regard sur le Moyen-Orient est particulièrement intéressant tant on y assiste à l’effritement progressif des grands pôles de civilisation arabo-musulmane contemporains incarnés par l’Irak, la Syrie, et potentiellement l’Égypte. Effritement que d’aucuns décrivent comme l’une des tragédies géopolitiques majeures du XXIè siècle. Là où naquirent jadis les premières cités-États, le droit codifié et les empires fondateurs, nous assistons aujourd’hui à une fragmentation sans précédent qui remet en question la pérennité de ces berceaux de l’humanité. Aux côtés de l’effritement, il y a aussi l’embrasement. Depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 et la riposte israélienne, le feu ne s’arrête plus au Moyen-Orient. Destruction presque totale de Gaza. Maintenant le Sud Liban, conjointement à l’attaque israélo-américaine sur l’Iran. Une situation particulièrement suivie par la Turquie qui célébrait en 2023 son 100ème anniversaire et dont le narratif civilisationnel est particulièrement développé. Les paradigmes de civilisation sont en hausse dans le monde entier et la compétition accrue pour l’exercice hégémonique du pouvoir. Nostalgie de l’empire. Critique de la modernité. Émission en partenariat avec l’INALCO, l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales et son programme DECRIPT portant sur les transformations du système international et les effets politiques et institutionnels de ces récits civilisationnels qui ont émergé sur la scène mondiale.  Invités :  Sophia Mahroug, maîtresse de conférences à l’Université Sorbonne Abu Dhabi, spécialiste de l’Iran contemporain et des Gardiens de la révolution  Lætitia Bucaille, professeure de Sociologie politique à l’INALCO, chercheuse au Centre d’études sur les mondes africains, américains et asiatiques et membre senior de l’Institut universitaire de France. Son dernier ouvrage « Gaza, quel avenir ? » dans la collection Essais chez Stock Jan-Markus Vömel, historien. Spécialiste de la Turquie moderne et plus particulièrement de l’islamisme turc. Chercheur postdoctoral sur le Proche et Moyen-Orient du programme de recherche DECRIPT de l’INALCO.

    48 min

À propos

Géopolitique parcourt les grandes régions du monde auxquelles sont associés des enjeux majeurs. Marie-France Chatin invite au débat chercheurs et experts, afin que soient expliqués et mis en lumière les différents mécanismes qui régissent les rapports entre les sociétés et leur environnement. Les invités de Géopolitique confrontent leurs regards sur un sujet d’actualité internationale. Une émission présentée par Marie-France Chatin. Réalisation et technique : Mathias Golshani. Avec la collaboration de Cécile Lavolot. *** Diffusions le samedi et le dimanche à 17h10 TU vers toutes cibles.

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