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ゼロからの方のためのフランス語の番組

たのしくまなぶフランス語 Guillaume Batard

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ゼロからの方のためのフランス語の番組

    Les 3 petits cochons

    Les 3 petits cochons

    Voilà l'histoire des 3 petits cochons contre le grand méchant loup.

    • 4分
    Alphonse Allais – La vérité sur la mort de l’homme coupé en morceaux dévoilée par l’assassin lui-même

    Alphonse Allais – La vérité sur la mort de l’homme coupé en morceaux dévoilée par l’assassin lui-même

    La vérité sur l’homme coupé en morceaux dévoilée par l’assassin lui-même

    En quel trouble me jeta la lettre que voici, de quelle perplexité s’agite, à ces confidences, mon esprit désemparé, les gens de cœur, les gens d’élite qui forment la clientèle du Journal le concevront sans peine.

    « À Monsieur Alphonse Allais, « principal rédacteur du Journal, « 100, rue Richelieu,

    « Paris.

    « Monsieur le rédacteur,

    « La lecture de vos écrits m’a souvent révélé l’étroite intimité qui vous lie à la personne de M. Lépine, le bien connu chef de la police parisienne.

    «Aussi ne saurais-je m’adresser à meilleur intermédiaire que vous, monsieur le rédacteur, pour projeter sur l’affaire dite de l’«homme coupé en morceaux» la lueur destinée à en dissiper les soi-disant épaisses ténèbres.

    «Peu de jours après la découverte des funèbres débris que vous savez, et devant l’impuissance policière, certains plaisantins d’esprit facile rééditèrent l’antique facétie : « Ne cherchez pas le ou les assassins. Ce garçon-là s’est suicidé. »

    «Eh bien, cher monsieur, pour une fois, comme dit Kistmaeckers, les plaisantins d’esprit facile avaient raison : « Ne cherchez pas le ou les assassins. Ce garçon-là s’est suicidé. »

    « Il s’est suicidé, c’est-à-dire – précisons – qu’il est mort, de sa propre volonté, à l’exacte minute qu’il désirait.

    « Si ce n’est pas là du suicide, alors, monsieur le rédacteur, qu’est-ce qu’il vous faut ?

    «Comme instrument de son trépas, il ne choisit aucun des stratagèmes personnels jusqu’aujourd’hui d’usage en telle fin : il préféra la main d’un ami.

    « Ce mot exige, et au plus tôt, une explication.

    « Né de père inconnu, ayant perdu sa mère à l’âge de set ans1, le jeune Alcide P... (c’est le nom de la victime) fut élevé dans un orphelinat religieux, duquel il ne sortit plus guère que pour entrer comme novice dans l’ordre des...

    « Voilà déjà qui explique comment la brusque disparition du pauvre garçon ne suscita, dans ce que, nous autres religieux, nous appelons le « monde », aucune apparente manifestation.

    Alcide P..., dont j’étais l’intime ami, me prit un jour à l’écart, dans le préau du couvent, et me tint ce langage : « Tu n’es pas, frère, sans constater comme je m’abîme de jour en jour dans le gouffre du dépérissement physique et moral. La vie m’est devenue à ce point intolérable, qu’au risque de perdre mon salut éternel, je suis disposé à me tuer, tu entends bien, frère, à me tuer ! »

    « Une flamme de résolution brillait au regard d’Alcide P... : son parti était pris, je le sentais, farouchement.

    « C’est alors que, afin de sauver l’âme du pauvre garçon, je lui offris la combinaison suivante : je le tuerais, après quoi lui, arrivé au ciel, intercèderait pour moi, cependant que, de mon côté, je n’aurais pas trop de tout le restant de mon existence pour expier un aussi odieux forfait.

    « Et, maintenant, je me sens étreint par le remords et surtout – ne le cachons point – par la crainte d’un châtiment terrestre.

    «Voulez-vous donc avoir l’obligeance, monsieur le rédacteur, d’implorer de M. Lépine et des autres justiciers de la République l’assurance formelle qu’il ne me sera rien fait.

    « Et je dirai tout !

    « Si, d’autre part, la direction du Journal était disposée à me payer convenablement le récit, dans tous ses détails, de cette curieuse opération, on pourrait s’arranger (vous auriez, bien entendu, votre petit tant pour cent).

    « En l’attente d’une double réponse favorable, veuillez, monsieur le rédacteur, agréer, etc., etc.

    « Frère J... »

    M. Lépine, à qui j’ai communiqué cette étrange lettre, n’est pas loin de croire à quelque mystification. Ça devient une id

    • 4分
    Émile Zola – Villégiature

    Émile Zola – Villégiature

    La boutique du bonnetier Gobichon est peinte en jaune clair ; c’est une sorte de couloir obscur, garni à droite et à gauche de casiers exhalant une vague senteur de moisi ; au fond, dans une ombre et un silence solennels, se dresse le comptoir. La lumière du jour et le bruit de la vie se refusent à se hasarder dans ce tombeau.

    La villa du bonnetier Gobichon, située à Arcueil, est une maison à un étage, toute plate, bâtie en plâtre; devant le corps de logis, s’allonge un étroit jardin enclos d’une muraille basse. Au milieu, se trouve un bassin qui n’a jamais eu d’eau ; çà et là se dressent quelques arbres étiques qui n’ont jamais eu de feuilles. La maison est d’une blancheur crue, le jardin est d’un gris sale. La Bièvre coule à cinquante pas, charriant des puanteurs ; des terres crayeuses s’étendent à l’horizon, des débris, des champs bouleversés, des carrières béantes et abandonnées, tout un paysage de misère et désolation.

    Depuis trois années, Gobichon a l’ineffable bonheur d’échanger chaque dimanche l’ombre de sa boutique pour le soleil ardent de sa villa, l’air du ruisseau de sa rue pour l’air nauséabond de la Bièvre.

    Pendant trente ans il a caressé le rêve insensé de vivre aux champs, de posséder des terres où il ferait bâtir le château de ses songes. Rien ne lui a coûté pour contenter son caprice de grand seigneur; il s’est imposé les plus dures privations: on l’a vu, pendant trente ans, se refuser une prise de tabac et une tasse de café, empilant gros sou sur gros sou.

    Aujourd’hui, il a assouvi sa passion. Il vit un jour sur sept dans l’intimité de la poussière et des cailloux. Il mourra content.

    Chaque samedi, le départ est solennel. Lorsque le temps est beau, la route se fait à pied ; on jouit mieux ainsi des beautés de la nature.

    La boutique est laissée à la garde d’un vieux commis qui a charge de dire à chaque client qui se présente :

    –Monsieur et madame sont à leur villa d’Arcueil.

    Monsieur et madame, équipés en guerre, chargés de paniers, vont chercher à la pension voisine le jeune Gobichon, gamin d’une douzaine d’années, qui voit avec terreur ses parents prendre le chemin de la Bièvre. Et durant le trajet, le père, grave et heureux, cherche à inspirer à son fils l’amour des champs en dissertant sur les choux et sur les navets.

    On arrive, on se couche. Le lendemain, dès l’aurore, Gobichon passe la blouse du paysan : il est fermement décidé à cultiver ses terres ; il bêche, il pioche, il plante, il sème toute la journée. Rien ne pousse ; le sol, fait de sable et de gravats, se refuse à toute végétation. Le rude travailleur n’en essuie pas moins avec une vive satisfaction la sueur qui inonde son visage. En regardant les trous qu’il creuse, il s’arrête tout orgueilleux et il appelle sa femme :

    – Madame Gobichon, venez donc voir ! crie-t- il. Hein! quels trous! sont-ils assez profonds ceux-là !

    La bonne dame s’extasie sur la profondeur des trous.

    L’année dernière, par un étrange et inexplicable phénomène, une salade, une romaine haute comme la main, rongée et d’un jaune sale, a eu le singulier caprice de pousser dans un coin du jardin. Gobichon a invité trente personnes à dîner pour cette salade.

    Il passe ainsi la journée entière au soleil, aveuglé par la lumière crue, étouffé par la poussière. À son côté se tient son épouse, poussant le dévouement jusqu’à la suffocation. Le jeune Gobichon cherche avec désespoir les minces filets d’ombre que font les murailles.

    Le soir, toute la famille s’assied autour du bassin vide et jouit en paix des charmes de la nature. Les usines du voisinage jettent une fumée noire; les locomotives passent en sifflant, traînant toute une foule endimanchée bruyante ; les horizons s’étendent, dévastés, rendus

    • 5分
    Dodo l’enfant Do

    Dodo l’enfant Do

    Une comptine pour faire dormir les enfants.

    Dodo l'enfant do

    L'enfant dormira bien vite

    Dodo l'enfant dio

    L'enfant dormira bientôt

    • 52秒
    Alphonse Daudet – Le phare des sanguinaires

    Alphonse Daudet – Le phare des sanguinaires

    Cette nuit je n’ai pas pu dormir. Le mistral était en colère, et les

    éclats de sa grande voix m’ont tenu éveillé jusqu’au matin. Balançant

    lourdement ses ailes mutilées qui sifflaient à la bise comme les agrès

    d’un navire, tout le moulin craquait. Des tuiles s’envolaient de sa

    toiture en déroute. Au loin, les pins serrés dont la colline est

    couverte s’agitaient et bruissaient dans l’ombre. On se serait cru en

    pleine mer…



    Cela m’a rappelé tout à fait mes belles insomnies d’il y a trois ans,

    quand j’habitais le phare des Sanguinaires, là-bas, sur la côte corse à

    l’entrée du golfe d’Ajaccio.



    Encore un joli coin que j’avais trouvé là pour rêver et être seul.



    Figurez-vous une île rougeâtre et d’aspect farouche ; le phare à une

    pointe, à l’autre une vieille tour génoise où, de mon temps logeait un

    aigle. En bas, au bord de l’eau, un lazaret en ruine, envahi de partout

    par les herbes, puis des ravins, des maquis, de grandes roches,

    quelques chèvres sauvages ; de petits chevaux corses gambadant la

    crinière au vent ; enfin là-haut, tout en haut, dans un tourbillon

    d’oiseaux de mer, la maison du phare, avec sa plate-forme en maçonnerie

    blanche, où les gardiens se promènent de long en large, la porte verte

    en ogive, la petite tour de fonte, et au-dessus la grosse lanterne à

    facettes qui flambe au soleil et fait de la lumière même pendant le

    jour… Voilà l’île des Sanguinaires, comme je l’ai revue cette nuit en

    entendant ronfler mes pins. C’était dans cette île enchantée qu’avant

    d’avoir un moulin j’allais m’enfermer quelquefois, lorsque j’avais

    besoin de grand air et de solitude.



    Ce que je faisais ?



    Ce que je fais ici, moins encore. Quand le mistral ou la tramontane ne

    soufflaient pas trop fort, je venais me mettre entre deux roches au ras

    de l’eau, au milieu des goélands, des merles, des hirondelles, et j’y

    restais presque tout le jour dans cette espèce de stupeur et

    d’accablement délicieux que donne la contemplation de la mer. Vous

    connaissez, n’est-ce pas, cette jolie griserie de l’âme ? On ne pense

    pas, on ne rêve pas non plus. Tout votre être vous échappe, s’envole,

    s’éparpille. On est la mouette qui plonge, la poussière d’écume qui

    flotte au soleil entre deux vagues, la fumée blanche de ce paquebot qui

    s’éloigne, ce petit corailleur à voile rouge, cette perle d’eau, ce

    flocon de brume, tout excepté soi-même… Oh ! que j’en ai passé dans

    mon île de ces belles heures de demi-sommeil et d’éparpillement !…



    Les jours de grand vent, le bord de l’eau n’étant pas tenable, je

    m’enfermais dans la cour du lazaret, une petite cour mélancolique, tout

    embaumée de romarin et d’absinthe sauvage, et là, blotti contre un pan

    de vieux mur, je me laissais envahir doucement par le vague parfum

    d’abandon et de tristesse qui flottait avec le soleil dans les logettes

    de pierre, ouvertes tout autour comme d’anciennes tombes. De temps en

    temps un battement de porte, un bond léger dans l’herbe… c’était une

    chèvre qui venait brouter à l’abri du vent. En me voyant, elle

    s’arrêtait, interdite, et restait plantée devant moi, l’air vif, la

    corne haute, me regardant d’un œil enfantin…



    Vers cinq heures, le porte-voix des gardiens m’appelait pour dîner. Je

    prenais alors un petit sentier dans le maquis grimpant à pic au-dessus

    de la mer et je revenais lentement vers le phare, me retournant à

    chaque pas sur cet immense horizon d’eau et de lumière qui semblait

    s’élargir à mesure que je montais.



    Là-haut, c’était charmant. Je vois encore cette belle salle à manger à

    larges dalles, à lambris de chêne, la bouillabaisse fumant au milieu,

    • 10分
    Alphonse Daudet – Le curé de Cucugnan

    Alphonse Daudet – Le curé de Cucugnan

    Tous les ans, à la Chandeleur, les poètes provençaux publient en

    Avignon un joyeux petit livre rempli jusqu’aux bords de beaux vers et

    de jolis contes. Celui de cette année m’arrive à l’instant, et j’y

    trouve un adorable fabliau que je vais essayer de vous traduire en

    l’abrégeant un peu… Parisien, tendez vos mannes. C’est de la fine

    fleur de farine provençale qu’on va vous servir cette fois…



    L’abbé Martin était curé… de Cucugnan.



    Bon comme le pain, franc comme l’or, il aimait paternellement ses

    Cucugnanais ; pour lui, son Cucugnan aurait été le paradis sur terre,

    si les Cucugnanais lui avaient donné un peu de satisfaction. Mais,

    hélas ! les araignées filaient dans son confessionnal, et, le beau jour

    de Pâques, les hosties restaient au fond de son saint ciboire. Le bon

    prêtre en avait le cœur meurtri, et toujours il demandait à Dieu la

    grâce de ne pas mourir avant d’avoir ramené au bercail son troupeau

    dispersé.



    Or, vous allez voir que Dieu l’entendit.



    Un dimanche, après l’Evangile, M. Martin monta en chaire.



    « Mes frères, dit-il, vous me croirez si vous voulez ; l’autre nuit, je

    me suis trouvé, moi misérable pécheur, à la porte du paradis.



    « Je frappai : saint Pierre m’ouvrit !



    « – Tiens ! c’est vous, mon brave monsieur Martin, me fit-il ; quel bon vent ?… et qu’y a-t-il pour votre service ?



    « – Beau saint Pierre, vous qui tenez le grand livre et la clef,

    pourriez-vous me dire, si je ne suis pas trop curieux, combien vous

    avez de Cucugnanais en paradis ? – Je n’ai rien à vous refuser,

    monsieur Martin ; asseyez-vous, nous allons voir la chose ensemble. »



    « Et saint Pierre prit son gros livre, l’ouvrit, mit ses besicles :



    « – Voyons un peu : Cucugnan, disons-nous. Cu… Cu… Cucugnan. Nous y

    sommes. Cucugnan… Mon brave monsieur Martin, la page est toute

    blanche. Pas une âme… Pas plus de Cucugnanais que d’arêtes dans une

    dinde.



    « – Comment ! Personne de Cucugnan ici ? Personne ? Ce n’est pas possible ! Regardez mieux…



    « – Personne, saint homme. Regardez vous-même, si vous croyez que je plaisante. »



    « Moi, pécaïre, je frappais des pieds, et, les mains jointes, je criais miséricorde. Alors, saint Pierre :



    « – Croyez-moi, monsieur Martin, il ne faut pas ainsi vous mettre le

    cœur à l’envers, car vous pourriez en avoir quelque mauvais coup de

    sang. Ce n’est pas votre faute, après tout. Vos Cucugnanais,

    voyez-vous, doivent faire à coup sûr leur petite quarantaine en

    purgatoire.



    « – Ah ! par charité, grand saint Pierre ! faites que je puisse au moins les voir et les consoler.



    « – Volontiers, mon ami… Tenez, chaussez vite ces sandales, car les

    chemins ne sont pas beaux de reste… Voilà qui est bien… Maintenant,

    cheminez droit devant vous. Voyez-vous là-bas, au fond, en tournant ?

    Vous trouverez une porte d’argent toute constellée de croix noires… à

    main droite…



    « Vous frapperez, on vous ouvrira… Adessias ! Tenez-vous sain et gaillardet. »



    « Et je cheminai… je cheminai ! Quelle battue ! j’ai la chair de

    poule, rien que d’y songer. Un petit sentier, plein de ronces,

    d’escarboucles qui luisaient et de serpents qui sifflaient, m’amena

    jusqu’à la porte d’argent.



    « – Pan ! pan !



    « – Qui frappe ? me fait une voix rauque et dolente.



    « – Le curé de Cucugnan.



    « – De… ?



    « – De Cucugnan.



    « – Ah !… entrez. »



    « J’entrai. Un grand bel ange, avec des ailes sombres comme la nuit,

    avec une robe resplendissante comme le jour, avec une clef de diamant

    • 9分

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