Reportage Afrique

Nos correspondants et envoyés spéciaux sur le continent africain vous proposent, chaque jour, en deux minutes une photographie sonore d'un évènement d'actualité ou de la vie de tous les jours. Ils vous emmènent dans les quartiers ou dans les campagnes pour vous faire découvrir l'Afrique au jour le jour.

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    Les qualifiés pour la Coupe du Monde 2026: la dernière de Salah avec les Pharaons? [6/10]

    Géant du football africain mais encore un nain au niveau mondial, l’Égypte s’apprête à disputer la quatrième Coupe du monde de son histoire. La qualification des Pharaons pour l’édition 2026 avait donné lieu à des scènes de joie dans les cafés du Caire en octobre dernier. Leur dernier mondial, en 2018, avait pourtant été catastrophique. Trois défaites en trois matchs et un Mohamed Salah presque invisible. Le roi du football égyptien, idole au pays, qui pourrait jouer là sa dernière Coupe du monde. De notre correspondant au Caire,  Sur les portants de ce petit magasin d’accessoires de foot, au Caire, le rouge de la sélection nationale est omniprésent, comme le numéro 10 de Mohamed Salah, monstre sacré du ballon rond. « C’est la Coupe du monde, un événement énorme qui n’arrive que tous les quatre ans. Donc forcément, tout le monde veut voir Mohamed Salah, souligne un vendeur de maillots. C’est une icône, il a accompli beaucoup de belles choses. Et c’est quelqu’un qui s’est construit tout seul. Toutes les générations, tous les jeunes rêvent de devenir comme lui. » Jour de match en ce chaud samedi de la fin avril, dans ce café populaire des ruelles de la capitale égyptienne comme dans des centaines d’autres, on regarde jouer le héros national avec son équipe anglaise de Liverpool. À lire aussiLes qualifiés pour la Coupe du monde 2026: l'Afrique du Sud rêve à nouveau avec les Bafana Bafana [4/10] Mohamed Salah au meilleur de sa concentration ? Attablé devant une chicha, Mohamed, la vingtaine, espère un numéro 10 au top de sa forme pour le choc qui attend l’Égypte face à la Belgique en ouverture de son tournoi. « Aujourd’hui, Salah est la base de l’équipe nationale, le visage du groupe. Mais en tant que joueur, il ne joue pas avec l’Égypte comme il joue en Europe, pointe-t-il. Son niveau baisse, il en fait moins. Beaucoup d’Égyptiens pensent qu’avec la sélection, il ne donne pas 90 % de son énergie, mais plutôt 50–60 %. Parce qu’il protège aussi sa carrière et ses réussites ailleurs, là où il évolue au plus haut niveau. » « Il n’est plus aussi efficace, analyse Amr Nageeb Fahmy, journaliste sportif et auteur de plusieurs livres sur le football africain et la sélection égyptienne, mais c’est normal à son âge. Pour la Coupe du monde, il aura 34 ans. Après avoir dit au revoir à Liverpool après 8 ou 9 saisons, peut-être sa concentration sera pleine avec l’Égypte. L’Égypte, qui a gagné la CAN sept fois, mais la Coupe du monde est un petit complexe pour les Égyptiens. Les Marocains et les Algériens disent que l’Égypte n’a jamais gagné un match. Mais cette fois, l’espoir est là, et peut-être même d'arriver en huitièmes de finale. » Quant à Mohamed Salah, il lui suffirait d’une seule réalisation pour égaliser le meilleur buteur de l’histoire égyptienne en Coupe du monde. À lire aussiLes qualifiés pour la Coupe du monde 2026: les Cap-Verdiens fiers de leur équipe [5/10]

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  2. 6日前

    Les qualifiés pour la Coupe du monde 2026: tout le Maroc y croit [1/10]

    Durant les dix derniers jours avant le début de la Coupe du monde 2026 de football, RFI vous emmène dans chacune des nations africaines qualifiées. Au Maroc, l'espoir est immense de voir les Lions de l'Atlas rééditer l'exploit du Qatar. En 2022, emmenés notamment par leur capitaine Achraf Hakimi, double champion d'Europe avec son club du PSG, l'équipe nationale marocaine était devenue la première sélection africaine à atteindre les demi-finales d'un Mondial. Un parcours qui continue d'inspirer toute une génération de jeunes footballeurs marocains. De notre correspondant à Casablanca, Sur un terrain de foot coincé entre une voie rapide et la gare routière de Casablanca, Khalil Othmani, entraîneur, s'adresse à ses joueurs. « C'est bon, les gars ? Bravo à vous pour la deuxième mi-temps, mais la première n'était pas au niveau, regrette le coach. Espérons qu'on rectifiera le tir pour les prochains matchs. » Moment solennel : la causerie de fin de match autour du technicien. Les joueurs de l'Olympic Ben Msik ne sont pas encore sortis de l'enfance, mais le foot, pour eux, c'est déjà du sérieux. « Depuis que le Maroc a atteint la demi-finale [de la Coupe du monde en 2O22] et que les autres équipes nationales ont réalisé de magnifiques exploits, on a constaté une montée de l'engouement chez les enfants. C'est comme ça qu'on a décidé de fonder cette association sportive qui a vu le jour juste après l'épopée du Qatar », explique Khalil Othmani. Achraf, 11 ans, a rejoint l'Olympic Ben Msik dès sa création : « Quand tu vois ces grands joueurs arriver en demi-finale de Coupe du monde, toi-même, tu te motives et tu te dis que tu peux faire comme eux ! Mon meilleur souvenir, c'est le match contre l'Espagne. Les Marocains ont fait preuve d'une grande combattivité sur le terrain ! » À quelques jours du coup d'envoi de l'édition 2026, l'excitation monte. « J'attends avec impatience la Coupe du monde, qu'on se retrouve en finale et qu'on la remporte ! », espère Ahmed 13 ans. Il se souvient avec émotion des célébrations de 2022. Il a envie de revivre ça, mais puissance 1000 : « Pourquoi ne pas remporter la coupe ? On va la ramener à Casablanca, on va se filmer avec dans les rues et tout le Maroc sera content ! » Ce n'est pas qu'un rêve d'enfant. Imad, secrétaire général de l'équipe, y croit aussi : « On a une équipe forte, qui a le potentiel pour arriver en finale. » Et puis, cela pourrait faire les affaires de l'Olympic Ben Msik : « Si on gagne la Coupe du monde, cela va créer un engouement encore plus fort. On pourrait avoir dix fois plus de gamins inscrits. Notre objectif, c'est d'offrir un bon encadrement à ces enfants, en leur souhaitant le meilleur, en espérant les voir un jour en sélection. » Le premier match du Maroc  au prochain mondial de football, c'est le samedi 13 juin, face au Brésil. À lire aussiNasser Larguet: «Le football marocain après la Coupe du monde va être attendu à un plus haut niveau»

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  3. 5月30日

    Madagascar: les ateliers artistiques dominicaux de la commune rurale d’Ivelo

    À Madagascar, l’art s’invite à la campagne. À une heure de route de la capitale Antananarivo, une compagnie de théâtre et une association de slam organisent chaque dimanche des ateliers poétiques et musicaux dans la commune rurale d’Ivelo. L'occasion d'organiser une fois par mois, des scènes ouvertes lors desquelles des artistes en herbe partagent leurs créations avec les habitants. Ce projet culturel hors des grands centres urbains rencontre un franc succès.  De notre envoyé spécial à Ivelo, Pour arriver à Ivelo, il faut emprunter une piste cahoteuse entourée de rizières et de cultures maraîchères. Devant l’école du village et l’église en briques de terre rouge, typique des hauts plateaux malgaches, deux micros, une enceinte et quelques nattes au sol pour accueillir le public. Cette scène improvisée rivalise ce jour-là avec le match de foot organisé juste à côté. Mitsinjo, membre de l’association Slam Poetry of Tana, introduit la scène ouverte. Chaque dimanche, elle anime les ateliers artistiques avec les jeunes d’Ivelo. « On les incite à créer, à hurler, à parler fort. C’est une occasion pour eux de découvrir et ils sont surpris des gens qui les entourent : "L'enfant de ma cousine fait ça, l’épicier fait ça !" Il y a l’audace de parler, une vraie envie de liberté d’expression, une grande variété de styles de texte. Nous entraînons les enfants dans notre délire et à sortir aussi leur propre délire. » Andry Nirina, 15 ans, se présente au public, une feuille de papier griffonnée entre les mains. Dans son texte engagé et poétique, il encourage ses amis à ne pas devenir parents trop tôt pour se concentrer sur leurs études : « J’ai découvert le slam il y a deux mois et cela m’a tout de suite plu puisque mon grand-père écrivait aussi des poèmes. J’ai préparé mon texte petit à petit lors des ateliers du dimanche, au fil de mon inspiration et de ma motivation. Et le public a bien écouté mon message ! Plus tard, j’aimerais à la fois être soldat dans l’armée et continuer à écrire toutes sortes de textes pour partager mes idées. » Entre deux slams, un concert de tambours puis un morceau de guitare résonnent sur cette place de village en terre battue… Tous les habitants d’Ivelo sont invités à présenter leurs talents au public. Fela Razafiarison est directrice de la compagnie Miangaly Théâtre, co-initiatrice du projet : « Ce n'est pas évident de chercher à faire des activités artistiques et culturelles en milieu rural. C’est déjà compliqué en zone urbaine par rapport à des moyens, aux infrastructures. Les villageois vivent ici principalement de l’agriculture et de l’élevage. On est à une vingtaine de kilomètres de Tana, ce n’est vraiment pas loin. Et pourtant, ce sont deux modes de vie complètement différents. Et l’idée, c’était aussi ça : comment, nous, en tant que compagnie de théâtre, on se met à la rencontre d’autres territoires qui peuvent aussi nourrir notre vision du monde. » Fela Razafiarison se réjouit que ces escapades poétiques dominicales ouvrent pour tous de nouveaux horizons.

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