
Les femmes sont-elles vraiment absentes de la musique ? Flore Benguigui répond sur le pouvoir, la visibilité et l’industrie
Les femmes sont-elles vraiment absentes de la musique ? Flore Benguigui, histoire, pouvoir, visibilité
On dit souvent que la musique est un langage universel. Mais universel pour qui, exactement ?
Flore Benguigui, artiste multifacette, autrice compositrice interprète ouvre aujourd’hui un nouveau chapitre avec la sortie de son album jazz i-330. Un projet instinctif et personnel dans lequel elle revient à ses racines musicales et s’autorise une liberté nouvelle. C’est depuis cet endroit qu’elle pose une question frontale. Pourquoi entend-on encore dire qu’il n’y aurait pas assez de femmes dans l’industrie musicale ?
Pour elle, le problème n’est pas l’absence. C’est le regard.
Flore rappelle que le milieu reste profondément masculin. Dans la musique classique par exemple, les femmes représentent encore une part infime des chefs d’orchestre. Une réalité qui s’explique aussi par l’histoire même de la musique. Pendant longtemps, certaines pratiques instrumentales leur étaient interdites. Jouer d’un instrument à vent était considéré comme une gestuelle trop physique, trop visible, parfois même jugée indécente. Une exclusion qui a façonné les vocations, les formations et les trajectoires professionnelles pendant des générations.
Elle parle aussi du poids des réseaux, des habitudes de programmation qui reproduisent toujours les mêmes profils, et de cette démotivation silencieuse qui peut s’installer quand on se sent seule. Sur scène, on cite facilement des chanteuses. Mais beaucoup moins d’instrumentistes, de compositrices, de productrices ou de cheffes. Comme si certaines places restaient inconsciemment fermées.
Face à ce constat, Flore agit concrètement. Une fois par mois, elle organise des sessions de jam entièrement dédiées aux femmes musiciennes. Les hommes peuvent venir, mais pour écouter. Des espaces pour expérimenter, créer du lien, reprendre confiance et se réapproprier une légitimité collective. Parce que la visibilité ne se décrète pas. Elle se construit.
Ce qu’elle défend au fond, c’est une idée simple. Les femmes dans la musique ne manquent pas. Ce qui manque parfois, c’est l’attention, la curiosité et la volonté de redistribuer l’espace.
Un take lucide et nécessaire qui nous invite à écouter autrement. À regarder autrement. Et peut-être à comprendre que changer une industrie commence souvent par changer notre manière de percevoir celles et ceux qui la composent.
Et toi, quand tu lances une playlist, qui est-ce que tu entends vraiment ?
Merci à @subwaytakes et à Kareem pour l’inspiration et la force
Merci à @camille_de_cussac pour le micro, et à toute l’équipe pour l’accueil et la confiance
Information
- Show
- FrequencyUpdated twice weekly
- Published17 March 2026 at 05:48 UTC
- Length24 min
- RatingClean