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French Kiss Detour 3/4 Sexisme, Discrimination Positive et Qualité Artistique - artgenève 2022 Raw and Radical Women in the Arts Podcast | Conversations with extraordinary women in the arts

    • Visual Arts

This episode is part of a series of four live round tables that took place in the art fair artgenève in early March 2022. They took place in French and will be available soon in English as a dubbed version.

Sexisme, Discrimination Positive et Qualité Artistique/Sexism, Positive Discrimination, and Artistic Quality

Samedi 5 mars à 18 heures, stand A10 / Saturday, March 5th, 3 p.m. stand A10

avec
Emilie Ding, artist, CH
Delphine Bedel, artiste, éditrice et présidente de la Fondation Engagement Arts NL, NL
Nathalie Herschdorfer, directrice du Musée des Beaux-Arts Le Locle, CH
Alain Quemin, professor of sociology of art, GEMAS - Sorbonne Université / Institut Universitaire de France, FR

Lancée depuis de nombreuses années aux Etats-Unis par rapport aux discriminations raciales, l’idée de la discrimination positive est de favoriser les femmes dans un certain nombre de domaines afin de rétablir une forme d’équité qui, de fait, n’est pas la règle. Cette action désormais présente sous différentes formes en Europe suscite cependant encore de nombreux débats. On le sait, la majorité des artistes sortant des écoles d’art sont des femmes et pourtant il nous faut encore déplorer leur plus faible représentation tant dans les musées que sur le marché de l’art, sans compter la conception masculinisée que l’on se fait de l’Histoire de l’art de ces cinquante dernières années. Depuis longtemps deux attitudes semblent s’offrir aux artistes femmes qui sont conscientes de cet état de fait, parfois fluctuant à l’intérieur même de leurs pratiques. D’un côté elles détournent l’assignation qui leur est faite de la cuisine, la maison, les travaux « d’aiguille », brandissant ces pratiques genrées pour en faire un étendard de liberté et de créativité assumée. De l’autre côté du féminisme, certaines préfèrent construire leur œuvre sans référence particulière à cette question, estimant que c’est la reconnaissance de la qualité de leur travail qui sera la plus efficace pour le changement. Avec des groupes plus activistes tels les fameuses « Guerrilla Girls », on se situe bien entendu dans la revendication nette d’une place plus importante que les femmes se devraient d’imposer à un système de présentation des œuvres dominé par les hommes. Doit-on, pour ces artistes femmes, prendre des mesures comparables à celles qui changent la donne depuis une bonne décennie en politique ou en matière de droits sociaux ? Ou peut-on au contraire redouter un effet pervers dû à un doute sur la qualité artistique qui devrait être seule prise en compte ?

Texte de Frédéric Elkaïm
conseiller en art, spécialiste du marché de l’art et fondateur de Art Now!


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Send in a voice message: https://anchor.fm/rawradical/message

This episode is part of a series of four live round tables that took place in the art fair artgenève in early March 2022. They took place in French and will be available soon in English as a dubbed version.

Sexisme, Discrimination Positive et Qualité Artistique/Sexism, Positive Discrimination, and Artistic Quality

Samedi 5 mars à 18 heures, stand A10 / Saturday, March 5th, 3 p.m. stand A10

avec
Emilie Ding, artist, CH
Delphine Bedel, artiste, éditrice et présidente de la Fondation Engagement Arts NL, NL
Nathalie Herschdorfer, directrice du Musée des Beaux-Arts Le Locle, CH
Alain Quemin, professor of sociology of art, GEMAS - Sorbonne Université / Institut Universitaire de France, FR

Lancée depuis de nombreuses années aux Etats-Unis par rapport aux discriminations raciales, l’idée de la discrimination positive est de favoriser les femmes dans un certain nombre de domaines afin de rétablir une forme d’équité qui, de fait, n’est pas la règle. Cette action désormais présente sous différentes formes en Europe suscite cependant encore de nombreux débats. On le sait, la majorité des artistes sortant des écoles d’art sont des femmes et pourtant il nous faut encore déplorer leur plus faible représentation tant dans les musées que sur le marché de l’art, sans compter la conception masculinisée que l’on se fait de l’Histoire de l’art de ces cinquante dernières années. Depuis longtemps deux attitudes semblent s’offrir aux artistes femmes qui sont conscientes de cet état de fait, parfois fluctuant à l’intérieur même de leurs pratiques. D’un côté elles détournent l’assignation qui leur est faite de la cuisine, la maison, les travaux « d’aiguille », brandissant ces pratiques genrées pour en faire un étendard de liberté et de créativité assumée. De l’autre côté du féminisme, certaines préfèrent construire leur œuvre sans référence particulière à cette question, estimant que c’est la reconnaissance de la qualité de leur travail qui sera la plus efficace pour le changement. Avec des groupes plus activistes tels les fameuses « Guerrilla Girls », on se situe bien entendu dans la revendication nette d’une place plus importante que les femmes se devraient d’imposer à un système de présentation des œuvres dominé par les hommes. Doit-on, pour ces artistes femmes, prendre des mesures comparables à celles qui changent la donne depuis une bonne décennie en politique ou en matière de droits sociaux ? Ou peut-on au contraire redouter un effet pervers dû à un doute sur la qualité artistique qui devrait être seule prise en compte ?

Texte de Frédéric Elkaïm
conseiller en art, spécialiste du marché de l’art et fondateur de Art Now!


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