126 episodes

Patrick Boucheron est né en 1965, à Paris. Après des études secondaires au lycée Marcelin Berthelot (Saint-Maur-des-Fossés) puis au lycée Henri IV (Paris), il entre à l'École normale supérieure de Saint-Cloud en 1985 et obtient l'agrégation d'histoire en 1988. C'est sous la direction de Pierre Toubert qu'il soutient en 1994 à l'université de Paris 1 sa thèse de doctorat d'histoire médiévale, publiée quatre ans plus tard sous le titre Le pouvoir de bâtir. Urbanisme et politique édilitaire à Milan (XIVe-XVe siècles), Rome, École française de Rome, 1998 (Collection de l'EFR, 239).

Maître de conférences en histoire médiévale à l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud de 1994 à 1999, puis à l'université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne à partir de 1999, il fut membre junior de l'Institut universitaire de France de 2004 à 2009. En 2009, il soutient à l'université de Paris 1 une habilitation à diriger des recherches intitulée La trace et l'aura et est élu professeur d'histoire du Moyen Âge dans cette même université en 2012. Il est, depuis 2015, président du conseil scientifique de l'École française de Rome. Il a été élu la même année professeur au Collège de France sur la chaire « Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle ».

Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle Collège de France

    • History

Patrick Boucheron est né en 1965, à Paris. Après des études secondaires au lycée Marcelin Berthelot (Saint-Maur-des-Fossés) puis au lycée Henri IV (Paris), il entre à l'École normale supérieure de Saint-Cloud en 1985 et obtient l'agrégation d'histoire en 1988. C'est sous la direction de Pierre Toubert qu'il soutient en 1994 à l'université de Paris 1 sa thèse de doctorat d'histoire médiévale, publiée quatre ans plus tard sous le titre Le pouvoir de bâtir. Urbanisme et politique édilitaire à Milan (XIVe-XVe siècles), Rome, École française de Rome, 1998 (Collection de l'EFR, 239).

Maître de conférences en histoire médiévale à l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud de 1994 à 1999, puis à l'université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne à partir de 1999, il fut membre junior de l'Institut universitaire de France de 2004 à 2009. En 2009, il soutient à l'université de Paris 1 une habilitation à diriger des recherches intitulée La trace et l'aura et est élu professeur d'histoire du Moyen Âge dans cette même université en 2012. Il est, depuis 2015, président du conseil scientifique de l'École française de Rome. Il a été élu la même année professeur au Collège de France sur la chaire « Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle ».

    12 - La peste noire

    12 - La peste noire

    Patrice Boucheron
    Collège de France
    Année 2020-2021
    La peste noire

    Résumé

    À partir de l’analyse croisée du Jugement du roi de Navarre de Guillaume de Machaut, du Decameron de Boccace et de la correspondance de Pétrarque, cette dernière leçon tente de rassembler les acquis du cours autour de la question de l’agencement du temps. On y rencontre ce que l’on attendait (le rapport entre la calamité et le feu du récit), mais aussi ce que l’on n’attendait pas (la question de l’émancipation féminine et l’énigme de la violence antisémite). Avec toujours la même question : s’il y a bien un monde d’après la peste, se dit-il après elle ou d’après elle ?
    Sommaire

    Qu’avons-nous entendu ? Le bruit sourd de la tempête épidémique (« Si que ces tempestes cesserrent… », Guillaume de Machaut, Le Jugement du roi de Navarre, ensemble Gilles Binchois, dit par Jean-Paul Raccodon, 2001)
    Peste est le nom de ce que contre quoi on ne résiste pas
    La mélancolie de Guillaume de Machaut, « poésie de la tension, de l’accord et du désaccord » (Jacqueline Cerquiglini-Toulet, “Un engin si soutil”. Guillaume de Machaut et l’écriture au XIVe siècle, Paris, 2001)
    « Ce fu des orribles merveilles » : prologue apocalyptique et service du prince (Dominique Boutet, « L’Éloge du Prince et l’expérience de la mélancolie. Réflexions sur les facteurs de cohérence du Jugement du roi de Navarre de Guillaume de Machaut », dans Id. et Jacques Verger dir., Penser le pouvoir au Moyen Âge (VIIIe‑XVe siècle). Études d’histoire et de littérature offertes à Françoise Autrand, Paris, 2000)
    Des intentions politiques au fonctionnement poétique : la métafiction d’une ancienne affaire « mal taillée » (Robert Barton Palmer, « The metafictional Machaut: Self-reflexivity and Self-mediation in the two Judgment poems », Studies in the Literary Imagination, 20, 1987)
    L’auctorialité débordée, ou comment Guillaume de Machaut peine à contrôler ses lecteurs (Deborah McGrady, Controlling readers: Guillaume de Machaut and his late Medieval audience, Toronto, University of Toronto press, 2006)
    Guillaume de Machaut fut-il si discourtois ? Fictionner la fiction, refaire le procès (Laëtitia Tabard, « Contre-enquête au Moyen Âge : (re)faire le procès de Guillaume de Machaut », Premier symposium de critique policière. Autour de Pierre Bayard, 2017 : http://intercripol.org/fr/thematiques/critique-judiciaire/contre-enquete-au-moyen-age-re-faire-le-proces-de-guillaume-de-machautnew-page.html)
    En 1349, tout est à refaire
    L’entrée en guerre, la peste, et l’irruption du langage poétique : depuis l’Iliade, le roman de fondation de l’Occident
    Boccace réécrit Thucydide, mais lui aussi a vu ce qu’il a vu
    Annoter Le Decameron comme un texte de savoir (Enrica Zanin, « À la recherche de savoir. Les Marginalia dans les collections de nouvelles », dans Carine Roudière-Sébastien dir., Quand Minerve passe les monts. Modalités littéraires de la circulation des savoirs (Italie-France, Renaissance-XVIIe siècle), Pessac, 2020)
    Boccace, la preservatio sanitatis et la culture médicale (Anne Robin, « Boccace et les médecins du Décaméron ». Chroniques italiennes, 2011)
    La description de la peste à Florence, relevé d’une catastrophe révolue et mythe philosophique (Kurt Flasch, Poesia dopo la peste. Saggio su Boccaccio, Rome-Bari, 1994)
    La tourmente épidémique allume le feu des récits
    Derrière le frontispice de « l’horrible commencement », le prologue et l’incendie d’un cœur amoureux
    De l’art de « n’être pas mort » quand quelque chose est mort en soi : le Decameron comme littérature de consolation
    Mardi matin, Santa Maria Novella, « après bien des soupirs, cessant de dire des Pater, elles se mirent à converser de choses et d’autres touchant la nature de l’époque »
    « Qu’attendons-nous ? À quoi rêvons-nous ? » Sept jeunes femmes et trois hommes : la fi

    • 1 hr 10 min
    11 - La peste noire

    11 - La peste noire

    Patrice Boucheron
    Collège de France
    Année 2020-2021
    La peste noire

    Résumé

    La recherche des causes de la peste, mais aussi l’expérimentation de remèdes susceptibles de soigner une maladie que l’on considère comme mortelle mais non incurable, met la médecine médiévale à l’épreuve de sa propre rationalité savante. Comment y intégrer cette contagion que l’on observe sans l’expliquer ? La transmission de la maladie est d’abord une métaphore de la contagion des péchés, rendant manifeste le pouvoir de l’imagination : voici pourquoi la compassio médiévale inspire des politiques qui ne sont pas toujours compassionnelles.
    Sommaire

    « Mortelle ou mortifère, contagieuse, ardente, cruelle… » : les épithètes de la peste de Maurice de La Porte en 1571 (Véronique Montagne, « Le Discours didascalique sur la peste dans les traités médicaux de la Renaissance : rationaliser et/ou inquiéter », Réforme, Humanisme, Renaissance, 2010)
    « Aspre, noire, charbonneuse… » : depuis quand la peste est-elle noire ? (Jon Arrizabalaga, « Facing the Black Death: perceptions and reactions of university medical practitioners », dans Roger French, Jon Arrizabalaga, Andrew Cunningham et Luis García-Ballester dir., Practical Medicine from Salerno to the Black Death, Cambridge, 1994)
    Peste noire et peur bleue en 1832 (Justus Hecker, Der schwarze Tod im vierzehnten Jahrhundert: Nach den Quellen für Ärzte und gebildete Nichtärzte bearbeitet, Berlin, 1832)
    Du rouge au noir, le mauvais sang de la mélancolie (Marie-Christine Pouchelle, « Les appétits mélancoliques », Médiévales, 1983)
    Avec le corps pour écran et pour tombeau : diagnostic, pronostic et sémiologie médicale
    Histoires de la douleur, des premiers symptômes à l’apparition des bubons
    À la recherche du signum mortis : « le mouvement de la mort n’est pas aussi certain que celui de la vie (Bernard de Godon, Liber pronosticorum, 1295, cité par Danielle Jacquart, « Le Difficile Pronostic de mort (XIVe- XVe siècles) », Médiévales, 2004)
    La médecine médiévale fut-elle honteuse ? Régimes de rationalités et diversité textuelle des Pestschiften (Karl Sudhoff)
    Le Traité sur les fièvres pestilentielles et autres formes de fièvres d’Abraham Caslari (Ron Barkai, « Jewish Treatise on the Black Death (1350-1500): A Preliminary Study », dans Roger French, Jon Arrizabalaga, Andrew Cunningham et Luis García-Ballester dir., Medicine from the Black Death to the French Disease, Londres, 1998)
    ‘Eliyahu ben ‘Avraham à la cour de Sélim 1er à Constantinople et la médicalisation des savoirs politiques sur la peste dans l’Empire ottoman (Nükhet Varlik, Plague and Empire in the Early Modern Mediterranean World. The Ottoman Experience, 1347-1600, Cambridge, 2015)
    Écrire avant, pendant et après la peste : le manuscrit latin 111227 de la BnF et le Compendium de epidemia de la Faculté de médecine de Paris (Danielle Jacquart, La Médecine médiévale dans le cadre parisien, XIVe-XVe siècle, Paris, 1998)
    « À la vue des effets dont la cause échappe à la perspicacité des meilleures intelligences, l’esprit humain tombe dans l’étonnement » (Compendium de epidemia, 1348)
    Les limites de la raison médicale face aux « effets merveilleux » d’une maladie mortelle, mais non incurable
    La conjonction astrale de 1345, remota causa de la pestilence
    Recours à l’astrologie et inflexion alchimique du discours médical : une défaite de la raison ? (Nicolas Weill-Parot, « La rationalité médicale à l'épreuve de la peste : médecine, astrologie et magie (1348-1500) », Médiévales, 2004)
    Du bon usage thérapeutique de la richesse : or potable et pierres précieuses
    Air vicié, venin et contrepoison (Nicolas Weill-Parot, « Des rationalités en concurrence ? Empirica magiques et médecine scolastique », Anuario de Estudios Medievales, 2013)
    Ventouser, scarifier, cautériser : l’incision des bubons dans la Grande Chirurgie de Gu

    • 1 hr 8 min
    10 - La peste noire

    10 - La peste noire

    Patrice Boucheron
    Collège de France
    Année 2020-2021
    La peste noire

    Résumé

    La recherche des causes de la peste, mais aussi l’expérimentation de remèdes susceptibles de soigner une maladie que l’on considère comme mortelle mais non incurable, met la médecine médiévale à l’épreuve de sa propre rationalité savante. Comment y intégrer cette contagion que l’on observe sans l’expliquer ? La transmission de la maladie est d’abord une métaphore de la contagion des péchés, rendant manifeste le pouvoir de l’imagination : voici pourquoi la compassio médiévale inspire des politiques qui ne sont pas toujours compassionnelles.
    Sommaire

    « Mortelle ou mortifère, contagieuse, ardente, cruelle… » : les épithètes de la peste de Maurice de La Porte en 1571 (Véronique Montagne, « Le Discours didascalique sur la peste dans les traités médicaux de la Renaissance : rationaliser et/ou inquiéter », Réforme, Humanisme, Renaissance, 2010)
    « Aspre, noire, charbonneuse… » : depuis quand la peste est-elle noire ? (Jon Arrizabalaga, « Facing the Black Death: perceptions and reactions of university medical practitioners », dans Roger French, Jon Arrizabalaga, Andrew Cunningham et Luis García-Ballester dir., Practical Medicine from Salerno to the Black Death, Cambridge, 1994)
    Peste noire et peur bleue en 1832 (Justus Hecker, Der schwarze Tod im vierzehnten Jahrhundert: Nach den Quellen für Ärzte und gebildete Nichtärzte bearbeitet, Berlin, 1832)
    Du rouge au noir, le mauvais sang de la mélancolie (Marie-Christine Pouchelle, « Les appétits mélancoliques », Médiévales, 1983)
    Avec le corps pour écran et pour tombeau : diagnostic, pronostic et sémiologie médicale
    Histoires de la douleur, des premiers symptômes à l’apparition des bubons
    À la recherche du signum mortis : « le mouvement de la mort n’est pas aussi certain que celui de la vie (Bernard de Godon, Liber pronosticorum, 1295, cité par Danielle Jacquart, « Le Difficile Pronostic de mort (XIVe- XVe siècles) », Médiévales, 2004)
    La médecine médiévale fut-elle honteuse ? Régimes de rationalités et diversité textuelle des Pestschiften (Karl Sudhoff)
    Le Traité sur les fièvres pestilentielles et autres formes de fièvres d’Abraham Caslari (Ron Barkai, « Jewish Treatise on the Black Death (1350-1500): A Preliminary Study », dans Roger French, Jon Arrizabalaga, Andrew Cunningham et Luis García-Ballester dir., Medicine from the Black Death to the French Disease, Londres, 1998)
    ‘Eliyahu ben ‘Avraham à la cour de Sélim 1er à Constantinople et la médicalisation des savoirs politiques sur la peste dans l’Empire ottoman (Nükhet Varlik, Plague and Empire in the Early Modern Mediterranean World. The Ottoman Experience, 1347-1600, Cambridge, 2015)
    Écrire avant, pendant et après la peste : le manuscrit latin 111227 de la BnF et le Compendium de epidemia de la Faculté de médecine de Paris (Danielle Jacquart, La Médecine médiévale dans le cadre parisien, XIVe-XVe siècle, Paris, 1998)
    « À la vue des effets dont la cause échappe à la perspicacité des meilleures intelligences, l’esprit humain tombe dans l’étonnement » (Compendium de epidemia, 1348)
    Les limites de la raison médicale face aux « effets merveilleux » d’une maladie mortelle, mais non incurable
    La conjonction astrale de 1345, remota causa de la pestilence
    Recours à l’astrologie et inflexion alchimique du discours médical : une défaite de la raison ? (Nicolas Weill-Parot, « La rationalité médicale à l'épreuve de la peste : médecine, astrologie et magie (1348-1500) », Médiévales, 2004)
    Du bon usage thérapeutique de la richesse : or potable et pierres précieuses
    Air vicié, venin et contrepoison (Nicolas Weill-Parot, « Des rationalités en concurrence ? Empirica magiques et médecine scolastique », Anuario de Estudios Medievales, 2013)
    Ventouser, scarifier, cautériser : l’incision des bubons dans la Grande Chirurgie de Gu

    • 1 hr 7 min
    09 - La peste noire

    09 - La peste noire

    Patrice Boucheron
    Collège de France
    Année 2020-2021
    La peste noire

    Résumé

    Doit-on, et peut-on, combler les blancs de la carte de la diffusion de l’épidémie en Eurasie ? En interrogeant les silences documentaires de la Chine, de l’Inde et de l’Afrique subsaharienne, on suggère d’appréhender plutôt le monde archipélagique de la peste noire entre histoire globale et histoires connectées. La réflexion débouche donc sur des questions de méthode, touchant les rapports entre histoire environnementale et narrativité, Big Data et critique documentaire, hétérogénéité des sources et paradigme d’une connaissance par traces.
    Sommaire

    Tout le Moyen Âge : la peste comme opérateur de périodisation, de spatialité et de mondialité
    Un monde en archipel, « la totalité vit de ses propres détails » (Édouard Glissant, Philosophie de la relation : poésie en étendue, 2009)
    Une « pestilence inattendue et universelle » (Robert d’Avesbury) : la rumeur de Chine
    « 1344. Fengxiang : sécheresse et criquets, grande famine, épidémie » : des sources chinoises à bas-bruit, et le grand fracas des ruptures politiques après 1350 (Timothy Brook, Le Léopard de Kubilaï Khan. Une histoire mondiale de la Chine, 2019
    En Inde également, les silences de la documentation (George Sussmann, « Was the Black Death in India and China? », Bulletin of the History of Medicine, 2011
    Distances, connexions, transmissions et immunité innée : en l’absence de Xenopsylla cheopis
    La peste à Aden en 1436 : réseaux marchands et contagion épidémique en mer Rouge
    « En ces jours-là s’éleva contre tous les gens une peste telle qu’on ne peut la décrire » (Chronique de Zar’a Ya‘eqob)
    Les « soldats du fléau » dans l’hagiographie éthiopienne (Marie-Laure Derat, « Du lexique aux talismans : occurrences de la peste dans la Corne de l’Afrique du XIIIe au XVe siècle », Afriques, 2018)
    « Les têtes d’Ifé, abandonnées par « une population saisie d’effroi » ? (Gérard Chouin, dans François-Xavier Fauvelle dir., L’Afrique ancienne, de l’Acacus au Zimbabwe, 2018)
    Une « exploration critique du silence » : abandons de sites archéologiques, transferts de population et transformations politiques (Gérard Chouin, « Fossés, enceintes et peste noire en Afrique de l’Ouest forestière (500-1500 AD) », Afrique : Archéologie & Arts, 9, 2013)
    L’Afrique aussi a droit à la peste noire : recherches génétiques et récits d’histoire-monde (Monica H. Green, « Putting Africa on the Black Death map: Narratives from genetics and history », Afriques, 2018)
    Le pic des années 1320, monde plein et système-monde
    La fin du Moyen Âge à l’âge de l’histoire globale (Bruce Campbell, The Great Transition: Climate, Disease and Society in the Late-Medieval World, 2015)
    Superposer les courbes ou établir des corrélations : questions de méthode (Jean-Philippe Genet, « De la “grande crise” à la “grande transition” : une nouvelle perspective ? », Médiévales, 2019)
    Beau Moyen Âge ou Medieval Climatic Anomaly ?
    A perfect storm : climat, écosystèmes et sociétés
    L’irradiation solaire et l’ENSO comme déterminant de dernière instance
    Rabi Levi ben Gershom et le bâton de Jacob, histoires d’un objet-monde (1342)
    Prendre le point de vue des étoiles ou « faire place à des histoires » ? (William Cronon, Nature et récits. Essais d’histoire environnementale, 2016)
    Retour à Jean-Noël Biraben (Les Hommes et la peste en France et dans les pays européens et méditerranéens, 1975), la démographie historique comme science morale
    Encore une intrigue de méthode : comment transformer une collecte d’attestations documentaires d’épidémies de peste en base de données des plague outbreaks (Ulf Büntgen, Christian Ginzler et al., « Digitizing Historical plague », Clinical Infectious Diseases, 2012)
    Modélisations hâtives et cartographies incomplètes (Joris Roosen, Daniel R. Curtis (de

    • 1 hr 9 min
    08 - La peste noire

    08 - La peste noire

    Patrice Boucheron
    Collège de France
    Année 2020-2021
    La peste noire

    Résumé

    Pour l’histoire de la peste noire, l’épidémie qui affecte l’ensemble du bassin méditerranéen, et au-delà, de 541 à 749 constitue moins un précédent qu’une comparaison obligée, placée en vis-à-vis historiographique. Si elle occupe une branche morte de l’arbre phylogénétique de Yersinia pestis, sa postérité est ailleurs : dans les enjeux méthodologiques qu’elle pose aux historiens confrontés à la discordance des sources, mais aussi dans l’imaginaire politique : entre hantises collapsologiques du contemporain et horizon eschatologique du Moyen Âge, on tente de comprendre en quoi, au-delà des conventions historiographiques, cette peste peut bien être dite « justinienne ».
    Sommaire

    « Il faut continuer… » (Samuel Becket, L’Innommable, 1953) : recommencements
    La mémoire pathétique des gestes de la peste : quand le corps délivre une mémoire dont nous avons perdu le souvenir (Aby Warburg, Atlas Mnemosyne, 1927-1929)
    Épaissir le temps de la peste, peupler les mondes de la peste : réassurances des savoirs lettrés et blessure narcissique
    Yersinia pestis et l’humanité souffrante : une maladie qui n’était pas notre genre
    Progrès scientifique et horizon de connaissances : la science pose de nouvelles questions à l’histoire
    La génomique et la discordance des temps, une affaire de rythmes et d’échelles
    Retour au territoire de l’historien : l’hétérogénéité des régimes documentaires
    Entre histoire profonde et histoire globale, un regard à mi-pente
    La peste dite « justinienne » : première épidémie historique
    Une branche morte sur l’arbre phylogénétique de Yersinia pestis mais un opérateur puissant de périodisation (Yujun Cui, Chang Yu et al., « Historical variations in mutation rate in an epidemic pathogen, Yersinia pestis », PNAS, 2013)
    Deux morts en Bavière : identification des premières victimes de la peste du VIe siècle au cimetière d’Alternerding
    Premier bilan, nouvelles interrogations : quelle échelle, quelles datations ? (Marcel Keller, Maria A Spyrou et al., « Ancient Yersinia pestis genome from across Western Europe reveal early diversification during the First Pandemic (541-750) », PNAS, 2019)
    Ceci n’est pas un puzzle
    Constantinople, mars 542, « Il y eut en ce temps-là une pestilence qui manqua d’emporter la race humaine tout entière » (Procope de Césarée, Histoire des guerres, 2, 22)
    Harvard, 2015 : archéologie de la mort de masse (Michael McCormick, « Tracking mass death during the fall of Rome’s empire », Journal of Roman Archaeology, 2015)
    Constantinople, 536 : « Combien il est étrange, je vous le demande, de voir le soleil mais sans son éclat habituel » (Cassiodore, Variae, 12, 25)
    Belfast, 2008 : analyse dendochronologique et carottes glaciaires (Michaël Baillie, « Proposed re‐dating of the European ice core chronology by seven years prior to the 7th century AD », Geophysical research letters, 2008)
    Constantinople, 541 : Justinien, les greniers de l’empire et les rats des navires (Michael McCormick, « Bateaux de vie, bateaux de mort. Maladie, commerce, transports annonaires et le passage économique du bas-empire au Moyen Âge », dans Morfologie sociali e culturali in Europa fra tardo antichità e alto medioevo (Spolète, 1998)
    Raconter l’histoire depuis le point de vue animal de rattus rattus ?
    Le « petit âge glaciaire de l’Antiquité tardive » (530-680) : systèmes climatiques et écosystèmes sociaux (Jean-Pierre Devroey, La Nature et le Roi. Environnement, pouvoir et société à l’âge de Charlemagne, 2019)
    En Scandinavie, du « grand hiver » (Fimbulvetr) au « crépuscule des dieux » (Ragnarök) : Winter is coming (Bo Gräslund et Neil Price, « Twilight of the gods? The “dust veil event” of AD 536 in critical perspective », Antiquity, 2012)
    Pourquoi la peste du VIe siècle peut être dite justinienne :

    • 1 hr 2 min
    07 - La peste noire

    07 - La peste noire

    Patrice Boucheron
    Collège de France
    Année 2020-2021
    La peste noire

    Résumé

    Pour l’histoire de la peste noire, l’épidémie qui affecte l’ensemble du bassin méditerranéen, et au-delà, de 541 à 749 constitue moins un précédent qu’une comparaison obligée, placée en vis-à-vis historiographique. Si elle occupe une branche morte de l’arbre phylogénétique de Yersinia pestis, sa postérité est ailleurs : dans les enjeux méthodologiques qu’elle pose aux historiens confrontés à la discordance des sources, mais aussi dans l’imaginaire politique : entre hantises collapsologiques du contemporain et horizon eschatologique du Moyen Âge, on tente de comprendre en quoi, au-delà des conventions historiographiques, cette peste peut bien être dite « justinienne ».
    Sommaire

    « Il faut continuer… » (Samuel Becket, L’Innommable, 1953) : recommencements
    La mémoire pathétique des gestes de la peste : quand le corps délivre une mémoire dont nous avons perdu le souvenir (Aby Warburg, Atlas Mnemosyne, 1927-1929)
    Épaissir le temps de la peste, peupler les mondes de la peste : réassurances des savoirs lettrés et blessure narcissique
    Yersinia pestis et l’humanité souffrante : une maladie qui n’était pas notre genre
    Progrès scientifique et horizon de connaissances : la science pose de nouvelles questions à l’histoire
    La génomique et la discordance des temps, une affaire de rythmes et d’échelles
    Retour au territoire de l’historien : l’hétérogénéité des régimes documentaires
    Entre histoire profonde et histoire globale, un regard à mi-pente
    La peste dite « justinienne » : première épidémie historique
    Une branche morte sur l’arbre phylogénétique de Yersinia pestis mais un opérateur puissant de périodisation (Yujun Cui, Chang Yu et al., « Historical variations in mutation rate in an epidemic pathogen, Yersinia pestis », PNAS, 2013)
    Deux morts en Bavière : identification des premières victimes de la peste du VIe siècle au cimetière d’Alternerding
    Premier bilan, nouvelles interrogations : quelle échelle, quelles datations ? (Marcel Keller, Maria A Spyrou et al., « Ancient Yersinia pestis genome from across Western Europe reveal early diversification during the First Pandemic (541-750) », PNAS, 2019)
    Ceci n’est pas un puzzle
    Constantinople, mars 542, « Il y eut en ce temps-là une pestilence qui manqua d’emporter la race humaine tout entière » (Procope de Césarée, Histoire des guerres, 2, 22)
    Harvard, 2015 : archéologie de la mort de masse (Michael McCormick, « Tracking mass death during the fall of Rome’s empire », Journal of Roman Archaeology, 2015)
    Constantinople, 536 : « Combien il est étrange, je vous le demande, de voir le soleil mais sans son éclat habituel » (Cassiodore, Variae, 12, 25)
    Belfast, 2008 : analyse dendochronologique et carottes glaciaires (Michaël Baillie, « Proposed re‐dating of the European ice core chronology by seven years prior to the 7th century AD », Geophysical research letters, 2008)
    Constantinople, 541 : Justinien, les greniers de l’empire et les rats des navires (Michael McCormick, « Bateaux de vie, bateaux de mort. Maladie, commerce, transports annonaires et le passage économique du bas-empire au Moyen Âge », dans Morfologie sociali e culturali in Europa fra tardo antichità e alto medioevo (Spolète, 1998)
    Raconter l’histoire depuis le point de vue animal de rattus rattus ?
    Le « petit âge glaciaire de l’Antiquité tardive » (530-680) : systèmes climatiques et écosystèmes sociaux (Jean-Pierre Devroey, La Nature et le Roi. Environnement, pouvoir et société à l’âge de Charlemagne, 2019)
    En Scandinavie, du « grand hiver » (Fimbulvetr) au « crépuscule des dieux » (Ragnarök) : Winter is coming (Bo Gräslund et Neil Price, « Twilight of the gods? The “dust veil event” of AD 536 in critical perspective », Antiquity, 2012)
    Pourquoi la peste du VIe siècle peut être dite justinienne :

    • 1 hr 59 min

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