21 episodes

Un podcast pour se mettre dans la peau d’une créatrice ou d’un créateur. Comprendre la méthode, la motivation, la pratique d’une écrivaine ou d’un écrivain, des femmes et des hommes qui écrivent. D’où viennent les idées ? Comment se crée un style ? Quel est la journée de travail type d'un auteur ? S’il te plaît… dessine-moi un écrivain ! Il s’agit de sortir du mythe du génie créateur, du démiurge pris de soudaines crises d’inspiration, pour s’intéresser aux savoirs et savoir-faire de l’honnête artisan. De la femme ou de l'homme à sa table de travail, à son bureau, qui écrit à la main ou sur son ordinateur, dans un calepin ou sur son téléphone... Artisan au sens le plus noble du terme : “Nous considérons l'artisanat comme une des formes exemplaires de l'activité humaine.” - Simone de Beauvoir (1908-1986), La Force de l'âge, Gallimard. “À l'œuvre, on connaît l'artisan.” - Jean de la Fontaine (1621-1695), Fables - le Frelon et les Mouches à miel. Partons ensemble à la rencontre des autrices et des auteurs, des poètes, des essayistes, des gens de plume, des gens de lettres. “Dis-moi, rose, d'où vient qu'en toi-même enclose, ta lente essence impose à cet espace en prose tous ces transports aériens ?” - Rainer Maria Rilke (1875-1926), Les roses.

Le Jardin - podcast littéraire François-Xavier ROBERT

    • Arts

Un podcast pour se mettre dans la peau d’une créatrice ou d’un créateur. Comprendre la méthode, la motivation, la pratique d’une écrivaine ou d’un écrivain, des femmes et des hommes qui écrivent. D’où viennent les idées ? Comment se crée un style ? Quel est la journée de travail type d'un auteur ? S’il te plaît… dessine-moi un écrivain ! Il s’agit de sortir du mythe du génie créateur, du démiurge pris de soudaines crises d’inspiration, pour s’intéresser aux savoirs et savoir-faire de l’honnête artisan. De la femme ou de l'homme à sa table de travail, à son bureau, qui écrit à la main ou sur son ordinateur, dans un calepin ou sur son téléphone... Artisan au sens le plus noble du terme : “Nous considérons l'artisanat comme une des formes exemplaires de l'activité humaine.” - Simone de Beauvoir (1908-1986), La Force de l'âge, Gallimard. “À l'œuvre, on connaît l'artisan.” - Jean de la Fontaine (1621-1695), Fables - le Frelon et les Mouches à miel. Partons ensemble à la rencontre des autrices et des auteurs, des poètes, des essayistes, des gens de plume, des gens de lettres. “Dis-moi, rose, d'où vient qu'en toi-même enclose, ta lente essence impose à cet espace en prose tous ces transports aériens ?” - Rainer Maria Rilke (1875-1926), Les roses.

    #20 Le corps et l’écriture : une rencontre avec Larry TREMBLAY, écrivain, dramaturge, poète, essayiste, professeur, metteur en scène, danseur et comédien

    #20 Le corps et l’écriture : une rencontre avec Larry TREMBLAY, écrivain, dramaturge, poète, essayiste, professeur, metteur en scène, danseur et comédien

    Homme de lettres, homme de scènes, homme d’engagements, Larry Tremblay, né au début des années 50 près de la rivière Saguenay, à Chicoutimi dans la province francophone du Québec au Canada, semble avoir déjà vécu plusieurs vies tellement sont riches son parcours et son œuvre. 
    Il est en effet l’auteur de plus de quarante textes : pièces de théâtre, romans, BD, livrets d’opéra, essais, poésie…Il se frotte à tous les genres et écrit aussi bien pour les adultes et les jeunes, que pour les enfants comme en témoigne le roman graphique Marco bleu, récemment paru.
    J’ai rencontré l’auteur (à distance) à l’occasion de la parution d’un autre roman, aux éditions La Peuplade, qui m’a beaucoup touché : Tableau final de l'amour (ISBN 9782924898987). C’est Sandrine de la librairie L’Instant à Paris qui m’avait signalé l’existence de ce roman. Et je la remercie pour cette découverte. 
    Mais allons vite à la rencontre de l’auteur : Larry Tremblay.
    EXTRAITS
    "J'ai besoin d’avoir des arbres, des grenouilles, des sauterelles, des libellules autour de moi pour écrire dans une espèce de joie naturelle.”
    “C’était comme si penser, réfléchir, c’était aussi être ailleurs. Parce qu’en étant dans son contexte natal, sans distance, on n’arrive pas à le critiquer, on n’arrive pas non plus à l’apprécier dans sa grande valeur. On a besoin de distance, de bouger pour revenir chez soi et voir avec des yeux essuyés, des yeux propres dans quelle culture on vit.”
    “L’Inde a changé complètement et ma vie, et mon corps, et mon esprit.”
    “Toute mon écriture tourne autour du thème du corps. Et lorsqu’on fait du Kathakali, on est vraiment dans le corps. C’est une discipline corporelle très puissante, très martiale.”
    “Mon projet d’écriture s’est consolidé avec ma pratique corporelle du théâtre, de la danse, des arts martiaux. Et c’est cela qui est ma vraie base finalement.”
    “Je suis un écrivain-oreille ; et pas un écrivain-oeil. J’aime l’oralité. Je fais rarement de longues descriptions, à moins que j’entende la forêt ou la pluie qui parlent ! Les histoires viennent à moi à travers les voix humaines qui sont les voix des personnages.”
    “L’anatomie ludique est une technique que j’ai inventée pour mes étudiants en jeu qui veulent devenir acteur ; mais je me suis aperçu que je pouvais l’appliquer au domaine de l’écriture. Je me suis aperçu que des œuvres nécessitent des focus corporels particuliers.”
    “Avec l’imagination matérielle conceptualisée par Gaston Bachelard…on sent ces débris dans la chair des mots.”
    “Si je sais, je n’écris pas. Je ne veux pas savoir ce que j’écris. J’écris ; point.”
    “Il y a deux grands moments : la quête et l’enquête. Dans le processus de la quête, je ne prépare pas, je ne fais pas de recherche, je dois laisser sortir ce qui est déjà accumulé en moi…La deuxième étape est l’enquête : je considère ce que j’ai écrit comme une scène de crime. Pourquoi il a dit ceci ? Pourquoi il a fait cela ?”
    C'est le vingtième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
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    Rendez-vous pour le prochain épisode !
    À LA TECHNIQUE
    Conception et interview : François-Xavier ROBERT
    Mixage et création musicale : Julien HAURANT
    Musique d’intro : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusion
    Courts extraits musicaux : Melappadam, Instrumental music, Kathakali, Keli, Classical Dance Drama - http://www.indiavideo.org/kerala/arts ; Tuesday (Glitch Soft Hip-hop) - Musique par Amaksi, de Pixabay

    • 47 min
    #19 À la recherche des lettres et manuscrits perdus : une rencontre avec Jacques LETERTRE, bibliophile - Proust, Flaubert, Rimbaud…

    #19 À la recherche des lettres et manuscrits perdus : une rencontre avec Jacques LETERTRE, bibliophile - Proust, Flaubert, Rimbaud…

    Marcel Proust, Arthur Rimbaud, Marcel Aymé, Gustave Flaubert, Alexandre Vialatte et Jules Verne. 
    Il ne s’agit pas de la liste des auteurs prescrits pour la prochaine épreuve du bac de français mais celle des six “parrains” des hôtels littéraires de Jacques LETERTRE, homme d’affaires mais surtout bibliophile. Chacun de ces six établissements permet, en effet, aux visiteurs de se plonger dans l’univers d’un grand auteur grâce aux collections de lettres et de manuscrits réunies par Jacques LETERTRE, mais aussi à des bibliothèques bien garnies et à des œuvres-d'art qui font écho à l'œuvre des écrivains. 
    À l’occasion de la parution aux Éditions Gallimard des “Lettres à Horace Finaly” (une correspondance inédite entre Proust et son fidèle ami, grand banquier des années d’entre-deux-guerres), rencontre avec Jacques LETERTRE, un passionné qui nous fait partager ses découvertes.
    LIENS UTILES
    Société des hôtels littéraires (avec notamment, un plan interactif sur les pas de Proust dans le Paris de la Belle Époque) : https://www.hotelslitteraires.fr/
    La Bibliothèque littéraire Jacques Doucet : http://bljd.sorbonne.fr/ 
    EXTRAITS
    “J’appartiens à la variété du “bibliophile-lecteur” ou du “bibliophile-liseur”. C’est-à-dire que j’ai lu le livre, ou je le lis, et j’ai envie de l’avoir dans une belle édition.”
    “Barthes a une formule un peu brutale : “Chez Proust, on ne saute jamais deux fois les mêmes passages !” Pour moi, c’est pareil, je peux le relire et trouver encore aujourd’hui des choses que je n’ai pas senties la fois d’avant.”
    “Il y a le moment où vous tombez sur le Graal du collectionneur, c’est-à-dire la lettre inconnue, et qui raconte une histoire que personne n’a jamais traversée.”
    “Quand Proust voulait parler de quelque chose de tordu, avec des raisonnements alambiqués, il disait : “tout cela est très proustic !” Il a inventé un terme. Il est capable d’infiniment d’autodérision.” [proustic/proustique]
    “Je veux croire qu’une partie des poèmes de Rimbaud…C’est Germain Nouveau qui les a écrits.”
    “Flaubert écrivait toute la nuit et quand il avait torturé les mots, parce que ses pages sont uniquement des gribouillis. Il a tout recommencé, il a tout barré. Et pour se délasser, il écrit des lettres. Et là soudain, il n’y a pas une rature.”
    “Ce qui m’a beaucoup plus dans l’aventure Finaly-Proust : c’est avant tout l’histoire d’une formidable amitié. Flaubert, c’est pareil quand il écrit à Sand ou Tourgueniev.”


    C'est le dix-neuvième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
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    À LA TECHNIQUE
    Conception et interview : François-Xavier ROBERT
    Mixage et création musicale : Julien HAURANT
    Musique d’intro : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusion
    Courts extraits musicaux : L'Isle joyeuse, L. 106, CD 109, pour piano, Claude Debussy, interprété par Yu-Shu Tsai ; Rêverie, L. 68, CD 76, pour piano, Claude Debussy, interprété par Simone Renzi, extraits en licence CC, tirés du site https://musopen.org

    • 42 min
    #18 L’urgence d’écrire : une rencontre avec l’écrivaine Mina NAMOUS

    #18 L’urgence d’écrire : une rencontre avec l’écrivaine Mina NAMOUS

    Mina NAMOUS a reçu mercredi 15 juin 2022 le Prix de l’Instant pour son premier roman paru aux éditions Dalva : Amour, extérieur nuit.
    Ce prix littéraire était remis dans l’hôtel littéraire Le Swann en présence de Sandrine Babu, libraire, Guillaume Perilhou, journaliste et auteur,  Juliette Ponce, éditrice, Marie-Anne Lacoma, relations libraires de la maison d’édition, et tous les membres du jury. Cette maison a fêté sa première année d’existence au mois de mai 2022, et il s’agit du premier roman francophone édité chez eux.
    Ce premier roman nous entraîne avec sa narratrice dans une histoire d’amour secrète entre Alger et Paris…
    Rencontre avec l’autrice Mina NAMOUS.
    EXTRAITS
    “À un moment, il y a une urgence d’écrire. Ce n’est plus vraiment un choix. Il y a quelque chose à mettre sur le papier, à faire sortir de soi-même et à porter au monde. À un moment, j’ai vraiment ressenti cette urgence.”
    “J’aime bien cette idée de la discipline, de faire quelque chose que l’on n’est pas obligé de faire, mais que l’on a extrêmement envie de faire.”
    “Je me suis laissée porter. C’est venu comme cela. Je ne savais pas où l’histoire me mènerait. Je ne savais pas qu’elle serait la fin. Je me suis laissée porter et surprendre.”
    “Depuis que je suis adolescente, j’avais très envie de faire ce geste : d’imprimer mon livre, de le relier, de le mettre dans une enveloppe et de l’envoyer par la poste !”
    “Le plus difficile et le plus excitant en même temps, c’est de voir son manuscrit, quelque chose qu’on a eu juste pour soi pendant longtemps, se transformer en quelque chose qui va être vu par tout le monde. C’est un peu comme lâcher, laisser partir son bébé.”

    “C’était aussi un rappel qu’en Algérie, surtout à cette époque-là, les années 90, une période très noire de l’histoire du pays, le drame n’est jamais loin.”

    “C’est une tension qui a été très forte en Algérie, et qui est restée [...] On attend que quelque chose de négatif se passe. Mais on peut aussi attendre que quelque chose de merveilleux se passe.
    On est toujours en train d’attendre que quelque chose se passe !”

    PRÉSENTATION DE L’ÉDITEUR

    Mina NAMOUS naît en 1984 à Paris dans une famille algérienne et passe son enfance et son adolescence en Algérie. Après un doctorat de droit, elle s’installe en tant que juriste et exerce d’abord à Alger avant de revenir vivre en France. De 2010 à 2014, cette ville lui inspire une série de chroniques et d’histoires, publiées sur le blog jeuneviealgéroise. Très suivis dans son pays, remarqués par la presse algérienne et française (de France Inter à L’Express), repris par de grands quotidiens algériens, ses articles évoquent la vie quotidienne d’une jeune femme en Algérie. Amour, extérieur nuit, premier roman de Mina NAMOUS se fait l’écho de cet univers littéraire.

    CITATION

    « Nuit d’Alger » par Joséphine Baker, 1936
    Oh, douce nuit d'Alger
    Quand la brise se lève
    Et caresse mon rêve
    D'un parfum d'oranger
    Je voudrais que le jour
    Plus jamais ne se lève
    Comme paraissent brèves
    Les minutes d'amour
    [...]

    C'est le dix-huitième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
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    À LA TECHNIQUE
    Conception et interview : François-Xavier ROBERT
    Mixage et création musicale : Julien HAURANT
    Musique d’intro : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusion
    Courts extraits musicaux : « Nuit d’Alger » par Joséphine Baker, 1936, Paroles : Maurice Hermite – Musique : Pierre Larrieu
    Plastic Flowers – Music by Electronic Senses from Pixabay

    • 34 min
    #17 L’écriture pour coudre les fragments et les émotions : une rencontre avec l’écrivaine Hajar AZELL

    #17 L’écriture pour coudre les fragments et les émotions : une rencontre avec l’écrivaine Hajar AZELL

    Hajar AZELL est l’autrice d’un premier roman paru chez Gallimard : L'Envers de l'été.
    Un récit lumineux dans lequel les souvenirs sont réactivés par une disparition, où les forces de la nature se mêlent aux émotions et aux sentiments des protagonistes.
    Créatrice du site onorient.com qui souhaite donner à voir l’élan créatif de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, l’autrice d’origine marocaine, consultante en démocratie participative, lutte contre l’orientalisme et a décidé de placer son récit dans un pays méditerranéen imaginaire sur lequel on ne peut pas projeter nos a priori ou nos fantasmes ; mais où l’on peut retrouver l’incandescence d’un paysage et d’un art de vivre.
    Rencontre avec cette jeune autrice qui travaille déjà sur un autre texte.
    EXTRAITS
    “À force d’écrire, j’ai dérouillé ma plume. Et j’ai mis fin à cette peur de ne pas me sentir légitime, parce que je pense que c’est cela la plus grande barrière.”
    “On doit d’abord trouver la musique de son histoire…J’écris d’abord une sorte de prélude qui me sert de diapason pour retrouver cette musique du texte.”
    “Je me contrains à écrire tous les jours et plutôt le matin parce que j’aime bien cet état d’esprit un peu vierge de toutes les agressions, de tous les bruits de la ville, de toutes les injonctions, de toutes les notifications.”
    “J’écris beaucoup à l’instinct. J’aime beaucoup le fait de ne pas savoir où je vais, de pouvoir être surprise par un personnage qui m’emmène quelque part…Je ne pourrais jamais écrire si je connaissais la fin !”
    “C’est vraiment de l’artisanat pour moi : chaque unité, chaque phrase doit être polie, revue, relue, coupée.”
    “On [les écrivains] n’a pas une imagination débordante. C’est juste qu’on a décidé de la cultiver, d’y revenir, de l’archiver, d’écrire tout le temps. Moi, j’écris beaucoup par fragments : plein d’expériences ou d’émotions sont déjà écrites dans des fragments que je vais ensuite recoudre entre eux.”
    CONSEIL LECTURE
    Le pain nu de Mohamed Choukri : “un livre qui m’a bouleversé, et qui peut être une expérience en soi, un livre qui raconte Tanger, un livre interdit, censuré au Maroc.” 
    C'est le dix-septième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
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    À LA TECHNIQUE
    Conception et interview : François-Xavier ROBERT
    Mixage et création musicale : Julien HAURANT
    Musique d’intro : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusion
    Courts extraits musicaux :  Cheb, artiste marocain, الشاب T U T T I - أجمل بلد فالعالم!, à écouter sur https://youtu.be/LMrOqbT-tE4 et https://cheb.bandcamp.com

    • 21 min
    #16 Le roman pour tendre l’arc du temps : une rencontre avec l’écrivaine Catherine CUSSET

    #16 Le roman pour tendre l’arc du temps : une rencontre avec l’écrivaine Catherine CUSSET

    Catherine CUSSET construit depuis une trentaine d’années une œuvre riche et sensible en publiant régulièrement des romans aux éditions Gallimard. Dans ce podcast, elle nous confie son goût pour les histoires qui se déploient sur un temps long afin de permettre à ses personnages d’évoluer, et, pour lui permettre à elle, l’écrivaine, de capter tous les changements, toutes les évolutions, mais aussi tous les points d’ancrage sur la durée.
    L’autrice a eu la gentillesse de m’accorder cet entretien lors de la 27e édition de la Journée du Livre d'Asnières-sur-Seine qui se tenait dimanche 28 novembre 2021.
    EXTRAITS
    “Lire est ma passion prédominante depuis l’enfance. Je passais d’ailleurs mon temps, enfant, à inventer des histoires. Ma soeur appelait cela “mes princesses”.”
    “Cela m’intéresse beaucoup d’écrire à partir de ma vie. Mais pour le faire, il faut deux choses : il faut vraiment qu’un sujet devienne très important et que le livre sorte de façon presque organique ; et il faut aussi pouvoir le faire sans blesser les personnes qui m’entourent.”
    “Je suis inspiré d’abord par les personnages, par les personnes.”
    “Le temps est le sujet prédominant de mes livres qui sont souvent sur de longues durées. [....] C’est le mouvement de la vie qui m’intéresse : c’est-à-dire à travers le temps ce qu’on devient ; ce qui change en nous ; ce qui résiste ; ce qui persiste.”
    “Ce qui donne l’impression de vitesse : c’est de toujours s’en tenir à l’idée principale [du roman].”
    “C’est une routine. J’ai besoin d’une routine. Et cette routine, il va falloir que je la recrée.”
    “Je crois à l’interaction. Je crois beaucoup à l’aveuglement sur soi. Donc mon but dans la vie, c’est de le dépasser, c’est d’enlever les bandeaux, c’est d’en savoir plus sur moi et sur mon écriture.”
    “Je crois au re-travail. La première version pour moi, c’est rien. J’en fait vingt-cinq.”
    ROMANS publiés chez Gallimard
    La Blouse roumaine, 1990 
    En toute innocence, 1995 
    À vous, 1996 
    Jouir, 1997 
    Le Problème avec Jane, 1999 
    La Haine de la famille, 2001 
    Confessions d'une radine, 2003 
    Un brillant avenir, 2008 
    Indigo, 2013, 
    Une éducation catholique, 2014
    L'Autre qu'on adorait, 2016
    Vie de David Hockney, 2018
    Trois fois au bout du monde, 2020
    La définition du bonheur, 2021
     C'est le seizième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
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    À LA TECHNIQUE
    Conception et interview : François-Xavier ROBERT
    Mixage et création musicale : Julien HAURANT
    Musique d’intro : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusion
    Courts extraits musicaux : Léo Ferré – “Avec le temps”, écrit et composé par Léo Ferré, arrangé par Jean-Michel Defaye, éditions : La Mémoire et la Mer - Méridian ℗ 1971 Barclay ; Franz SCHUBERT - Quatuor à cordes n°14 en ré mineur D 810 "La jeune fille et la mort" sur https://musopen.org/

    • 24 min
    #15 La musique face aux fantômes de la guerre : une rencontre avec l’écrivain japonais Akira MIZUBAYASHI

    #15 La musique face aux fantômes de la guerre : une rencontre avec l’écrivain japonais Akira MIZUBAYASHI

    Yann Brancherie de la librairie Le Divan à Paris recevait l’écrivain japonais d’expression française, Akira MIZUBAYASHI, à l’occasion de la sortie de son nouveau roman aux éditions Gallimard : Reine de cœur. 
    Comme dans son précédent roman, Âme brisée, paru en 2019 qui a reçu un accueil critique élogieux et a fait la joie de nombreux lecteurs, les thèmes de la mémoire de la guerre (la Seconde Guerre Mondiale) et de ses fantômes, ainsi que les émotions et les images transmises par la musique classique, construisent une toile de fond qui nous conduit vers la découverte de belles destinées humaines. 
    Comme l’explique l’auteur, son nouveau livre n’est pas la suite du précédent, mais “en racontant une histoire totalement différente, finalement, [il] raconte la même histoire !” Une histoire qui chante les vertus de l’art et de la paix. 
    Lors de cette rencontre en librairie, Akira MIZUBAYASHI nous décrit avec précision la genèse de son nouveau roman. Passionnant !
    EXTRAITS
    “Les fantômes qu’on essaie de raviver, les fantômes qu’on essaie de faire revivre, c’est une idée qui remonte à l’époque d’Âme brisée, à l’époque d’Armistice.”
    “C’est pour cela que cette musique [la Symphonie n° 8 de Chostakovitch] a fait écho. Si elle m’a parlé si fortement, c’est parce que, justement, elle est entrée en résonance parfaite avec mes divers souvenirs : celui de la lecture du roman de Murakami, celui du film de Kobayashi, du roman de Gomikawa Junpei et celui des souvenirs de mon père.”
    “Mon idée, c’était non pas d’être fidèle à toutes les émotions musicales de cette symphonie, mais de “mimer” un petit peu ce qui se passe dans cette symphonie.”
    “C’est tellement visuel ! Quand on écoute cette musique, on voit des choses horribles. On voit. Et Jun, c’est un musicien, quand il voit des choses horribles, il entend cette musique.”
    “Je ne dirais pas que je pense par la musique. Mais je dirais que je pense, que je réfléchis, que je sens en compagnie de la musique.”
    “J’aime bien alterner les chapitres longs et les chapitres courts. Quand c’est court, c’est vraiment court."
    “J’écris et je relis à haute voix. Et si je ne suis pas satisfait en lisant à haute voix ce que j’ai écrit, il faut que je réfléchisse…”
    “Le mot “musicalité” de la langue française n’est pas adapté à ce que je ressens. Je ne sais pas si le français est plus musical que le japonais. À mon avis cela ne se passe pas comme cela. Du moment que je suis engagé en français dans ce livre, je ne pense pas à la langue japonaise.”
    CITATIONS 
    Haruki MURAKAMI, Le Meurtre du Commandeur, Éditions Belfond, 2017
    Masaki KOBAYASHI, La condition de l’homme, film réédité en coffret par Carlotta Films. Film lui-même adapté du livre de Junpei GOMIKAWA.
    Solomon VOLKOV, Témoignage - Les mémoires de Dimitri Chostakovitch, Albin Michel, 1980
    Dimitri CHOSTAKOVITCH, Symphonie n° 8 interprétée par le Berliner Philharmoniker dirigé par Andris Nelsons, ainsi que la version de Michael Sanderling
     
    C'est le quinzième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
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    Rendez-vous pour le prochain épisode !
     À LA TECHNIQUE
    Conception et interview : François-Xavier ROBERT
    Musique : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusion
    Court extrait sonore :  Edward Elgar - Salut d'Amour (Love’s greeting), interprété par Midori Gotō et Robert McDonald

    • 1 hr 9 min

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