TORSADES. 1ère partie Autrice : Céline Bouyer Narratrice : Isabelle Maillard Réalisation : Bernard Laurent /* Pixplayer */ .mejs-audio-wrapper-skin-pixplayer { height:1.5em !important; } .mejs-audio-wrapper-skin-pixplayer > audio{ height:1.5em !important; width: 100% !important; opacity: 50%; } .mejs__container.mejs__pixplayer { background: none; height:1.5em !important; } .mejs__pixplayer .mejs__controls { position: relative; padding: 0; margin: 0 auto; background: #e5e5e5; border-radius: 0.35em; height:1.5em; width: 100%; -webkit-transition: width 0.2s linear; -moz-transition: width 0.2s linear; -o-transition: width 0.2s linear; transition: width 0.2s linear; } .mejs__pixplayer .paused .mejs__controls { width: 5.0625em; overflow: hidden; } .mejs__pixplayer .mejs__controls .mejs__playpause-button { font-size:inherit; position: absolute; top:0; left:100%; width: 2.625em; height:1.5em; z-index:3; margin-left: -2.625em; } .mejs__pixplayer .mejs__controls .mejs__playpause-button button { font-size:inherit; 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Elle ressentit une satisfaction intense en posant le pied sur le quai, précisément au début du deuxième couplet. Le tempo lent de Space Oddity lui donnait une démarche lourde, déséquilibrée, pareille à celle d’une astronaute maladroite rebondissant sur la surface lunaire. Elle avait bien conscience que les autres passagers déviaient leur route à son approche, sans même y penser. C’était parfait, elle avait ainsi l’espace vital dont elle avait besoin. Elle avançait, pas après pas, mesure après mesure, travée après travée. Autour d’elle, chacun se pressait pour attraper sa correspondance, pour refaire surface, pour rejoindre les siens. Hormis sa mère qui vivait quasiment recluse dans le XXe arrondissement, Célia n’avait personne à rejoindre. A un croisement, une dame très chic, chignon impeccable et tailleur sombre, jaillit d’un couloir et percuta l’épaule de Célia. La dame ne prit pas la peine de ralentir ni d’interrompre sa conversation téléphonique. Le sac en toile de Célia, qui contenait ses vinyles à restaurer, glissa par terre. Son cœur s’accéléra tandis qu’elle rétablissait son équilibre. Elle avait totalement perdu le rythme. Aussi vite que possible, elle reprit le sac. Dieu merci, les disques ne s’étaient pas répandus sur le sol. Elle s’éloigna du croisement et de la foule, en direction d’un mur carrelé de blanc. Fermant les yeux, elle s’adossa au mur. Respirer, se concentrer sur la mélodie, rouvrir les yeux, et reprendre sa marche étrange parmi le flot des usagers. Marquant exagérément la cadence, elle sentit peu à peu son pouls ralentir et sa gorge se dénouer. Dans quelques secondes, elle atteindrait le bas de l’Escalator. Il était déjà visible. Bientôt, elle remonterait vers la surface. Bientôt, elle reverrait le ciel. Devant elle, une nuée de crânes s’étendait, crânes à boucles, à chapeau, à bonnet, crânes distingués et crânes ovoïdes. Une constellation de bouts de gens tout gris, que sa haute taille lui permettait d’inventorier à loisir. Gris charbon, gris souris, gris morose…rose ? Là-bas, sur l’Escalator, à environ douze crânes de distance, un homme avait posé la main sur la rambarde. Une main gantée de rose, un rose pétant, fuchsia, qui lui avait fait l’effet d’une claque. Le propriétaire de la main et du gant était un type parfaitement ordinaire, banal même, la cinquantaine passée, pardessus en laine noire bien comme il faut, légèrement voûté. Son crâne à lui était poivre et sel, avec une calvitie naissante. Durant toute sa remontée vers la surface, les yeux sombres de Célia fixèrent si intensément la main qu’ils lui piquaient. La laine était décorée d’étoiles d’argent. Le gant était manifestement trop petit, puisque le tricot était étiré de telle manière que la peau de l’inconnu était visible dessous. Rose pâle sous le rose fluo. Portait-il également le second gant ? S’était-il trompé ce matin en les enfilant ? Impossible, il aurait au moins remarqué qu’ils n’étaient pas à sa taille. Pourquoi un homme de son âge choisirait-il, en toute conscience, des gants aussi enfantins, qui auraient mieux convenu à une petite fille de cinq ou six ans ? Grâce à sa position en contrebas, Célia put observer que, non seulement il portait effectivement le deuxième gant, mais que sa main gauche tenait une serviette en cuir noir défraîchi. Il rentrait donc de sa journée de travail, probablement un travail de bureau, comme des centaines de milliers de gens à cette heure. A la différence qu’il portait des gants roses à paillettes. Enfin parvenue à la dernière marche de l’Escalator, elle chercha des yeux l’inconnu et le repéra qui traversait au pas de course la place Monge, en direction de l’arrêt du bus n°63. Parcourant le hall de la station de métro, Célia marchait le plus vite qu’elle pouvait, toute entravée qu’