31 episodes

Radio Nova de A à Z ! Pour célébrer les 40 ans de notre antenne, jeunes pousses et grands anciens se retrouvent sous l’arbre à palabres pour ce podcast documentaire en 40 épisodes, où sont racontées, année par année, de 1981 à 2021, les histoires les plus folles d’une station unique au monde. La Danse du Zèbre, un grand mix d'archives, de témoignages et de musiques, sous les rayures noires et blanches.
Raconté par :
Ruddy Aboab / Aline Afanoukoé / Sir Ali / Marion Armengod / Marie Arquié / Aure Atika / Morane Aubert / Arnaud Aymard / Mélanie Bauer / Thomas Baumgartner / Emmanuel Baux / Antoine Blin / David Blot / Marie Bonnisseau / Smaël Bouaici / Mathieu Boudon / Tania Bruna-Rosso / David Brun-Lambert / Camille / Sébastian Carriau / Sulivan Clabaut / Fany Corral / Eve Couturier / DJ Cut Killer / Isadora Dartial / François Dayre / Jamel Debbouze / DJ Dee Nasty / Héloïse Delaunay / Annick Delefosse / Bruno Delport / Yao Dembelé / Camille Diao / Julien Donaz / Léa Drucker / Loïc Dury / EJM / Elodie Font / Matthieu Fontaine / Nicolas Frize / Franck Haderer / Armel Hemme / Esteli Hernandez Ortiz / Richard Gaitet / Guillaume Girault / Mathieu Girod / Liz Gomis / Isabelle Gornet / Nadine Gravelle / Tristan Guérin / IAM / Jimmy Kiavué / Cédric Klapisch / Ariel Kyrou / Jeanne Lacaille / Catherine Lagarde / DJ LBR / Ray Lema / Manu Le Malin / Patrick Leygonie / Angela Lorente / Linda Lorin / Mai Lucas / Lionel « Foxx » Magal / Mélanie Mallet / Jean-Jacques Mandel / Valérie Massadian / Sophie Marchand / Alex Masson / Martin Meissonnier / Marc Melki / Marie Misset / Jean Morel / Samba Ndiaye / Christophe Nick / Jean-Jacques Palix / Thierry Paret / Gilles Peterson / Thierry Planelle / Nicolas Pradeau / Reza Pounewatchy / Princesse Erika / Elisabeth Quin / Roudoudou / Nicolas Saada / Sapho / Aino Schlaegel / Théo Sébald / Mathilde Serrell / Aurélie Sfez / Bintou Simporé / Solo / Squaaly Baba / Bastien Stisi / Hadja Tabi / Frédéric Taddéi / Patrick Thévenin / Benoît Thuault / Patrick Van Troyen / Marushka Vidovic / Malo Williams / Ariel Wizman / Yannick & Mélusine / Bernard Zekri.
Un podcast imaginé et coordonné par Richard Gaitet, réalisé par Guillaume Girault, Benoît Thuault, Malo Williams, Mathieu Boudon, Tristan Guérin, Emmanuel Baux et Sulivan Clabaut, avec des interviews menées par François Dayre et Matthieu Fontaine, et des archives retrouvées par Isadora Dartial et Bintou Simporé. Graphisme : Sébastien Carriau.

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La Danse du Zèbre Radio Nova

    • Music

Radio Nova de A à Z ! Pour célébrer les 40 ans de notre antenne, jeunes pousses et grands anciens se retrouvent sous l’arbre à palabres pour ce podcast documentaire en 40 épisodes, où sont racontées, année par année, de 1981 à 2021, les histoires les plus folles d’une station unique au monde. La Danse du Zèbre, un grand mix d'archives, de témoignages et de musiques, sous les rayures noires et blanches.
Raconté par :
Ruddy Aboab / Aline Afanoukoé / Sir Ali / Marion Armengod / Marie Arquié / Aure Atika / Morane Aubert / Arnaud Aymard / Mélanie Bauer / Thomas Baumgartner / Emmanuel Baux / Antoine Blin / David Blot / Marie Bonnisseau / Smaël Bouaici / Mathieu Boudon / Tania Bruna-Rosso / David Brun-Lambert / Camille / Sébastian Carriau / Sulivan Clabaut / Fany Corral / Eve Couturier / DJ Cut Killer / Isadora Dartial / François Dayre / Jamel Debbouze / DJ Dee Nasty / Héloïse Delaunay / Annick Delefosse / Bruno Delport / Yao Dembelé / Camille Diao / Julien Donaz / Léa Drucker / Loïc Dury / EJM / Elodie Font / Matthieu Fontaine / Nicolas Frize / Franck Haderer / Armel Hemme / Esteli Hernandez Ortiz / Richard Gaitet / Guillaume Girault / Mathieu Girod / Liz Gomis / Isabelle Gornet / Nadine Gravelle / Tristan Guérin / IAM / Jimmy Kiavué / Cédric Klapisch / Ariel Kyrou / Jeanne Lacaille / Catherine Lagarde / DJ LBR / Ray Lema / Manu Le Malin / Patrick Leygonie / Angela Lorente / Linda Lorin / Mai Lucas / Lionel « Foxx » Magal / Mélanie Mallet / Jean-Jacques Mandel / Valérie Massadian / Sophie Marchand / Alex Masson / Martin Meissonnier / Marc Melki / Marie Misset / Jean Morel / Samba Ndiaye / Christophe Nick / Jean-Jacques Palix / Thierry Paret / Gilles Peterson / Thierry Planelle / Nicolas Pradeau / Reza Pounewatchy / Princesse Erika / Elisabeth Quin / Roudoudou / Nicolas Saada / Sapho / Aino Schlaegel / Théo Sébald / Mathilde Serrell / Aurélie Sfez / Bintou Simporé / Solo / Squaaly Baba / Bastien Stisi / Hadja Tabi / Frédéric Taddéi / Patrick Thévenin / Benoît Thuault / Patrick Van Troyen / Marushka Vidovic / Malo Williams / Ariel Wizman / Yannick & Mélusine / Bernard Zekri.
Un podcast imaginé et coordonné par Richard Gaitet, réalisé par Guillaume Girault, Benoît Thuault, Malo Williams, Mathieu Boudon, Tristan Guérin, Emmanuel Baux et Sulivan Clabaut, avec des interviews menées par François Dayre et Matthieu Fontaine, et des archives retrouvées par Isadora Dartial et Bintou Simporé. Graphisme : Sébastien Carriau.

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    2010 : transhumance et faux-plafond

    2010 : transhumance et faux-plafond

    Les glaciers fondent, mais ça continue de chauffer dans les étages du 33 rue du Faubourg Saint-Antoine. OK, déjà trois ans qu’on ne peut plus fumer dans les lieux publics, mais quand la Nova Family doit quitter son immeuble historique occupé depuis le début des années quatre-vingt, chargé de tant de joies souples, de drames lourds, de concerts spongiformes et de célébrations païennes, elle organise une teuf d’adieu ponctuée par un geste explosif d’exorcisme quasi chamanique, comme un remake fauché génial de Piège de cristal. Le tout, pour ne transhumer tel un troupeau d’éléphants forcément effervescents, qu’à seulement 702 mètres de là, dans les couloirs blancs du 127 avenue Ledru-Rollin, encore dans le XIe arrondissement de Paris, en face d’un commissariat. 
    En ces mêmes bureaux, nous retrouvons à nouveau nos consœurs et confrères plus sages de TSF Jazz – avec des flashs infos assurés sur les deux antennes par Amar Abdelkrim, Thierry Paret, Laurent Sapir ou Thierry Lebon. Qui annoncent, en vrac, que : la terre tremble terriblement en Haïti, en Chine, au Chili, à Sumatra ; Jacques Audiard est césarisé pour son Prophète ; le lanceur d’alerte australien Julian Assange dévoile via la plateforme WikiLeaks des milliers de documents confidentiels sur le rôle du gouvernement américain et de leurs alliés dans la guerre en Irak et en Afghanistan ; la mort de Chabrol, Lhasa, Rohmer, Louise Bourgeois ; la création d’Instagram, l’arrivée de l’iPad ; le burlesque filmé par Mathieu Amalric en Tournée, prix de la mise en scène à Cannes, dont les nuits sont parfaitement décrites sur nos ondes par Enora Malagré ; cette loi indienne qui oblige les enfants de 6 à 14 ans à aller à l’école, pour lutter contre le travail des mineurs ; ou la sortie des mémoires de Patti Smith, sous le titre Just Kids. 
    Cette décennie qui démarre sera l’écrin d’un fameux petit programme qui pousse, qui pousse, passant de vingt minutes à une heure : Dans Les Oreilles de..., présenté par Isadora Dartial et réalisé par Guillaume Girault et Benoît Thuault. « Quel disque a changé votre vision de la musique ? Celui que vous avez le plus écouté ? Quel air a bercé votre jeunesse ? » Voici le type de questions auxquelles répondent, excusez du peu, Bob Wilson, Lalo Schifrin, Bianca Li, James Blake, Anna Karina, Jean-Pierre Bacri, Carolyn Carlson ou Russell Banks… 
    Pendant ce temps, une caravane est joyeusement atomisée par nos auditeurs lors d’une fête à Nova Bordeaux, dont les membres sont aussi garnements qu’à Paname. Marie Arquié, biblio-maniaque à la voix grave, s’immisce dans le Grand Mix de l’après-midi pour glisser quelques conseils littéraires entre le rock fluide de Gossip et la plage en plastique dénoncée par Gorillaz (entouré cette fois de Bobby Womack, Lou Reed ou l’orchestre national du Liban). Les jeunes musiciens new-yorkais du Menahan Street Band se pointent avec deux mastodontes de la soul, Lee Fields et Charles Bradley, et tout s’arrête : l’équipe se colle aux vitres du studio pour écouter leurs timbres baignés de whisky. Alors, on danse, dirait le Belge Stromae, à suivre. Et Bintou reçoit ce message des Nubians, envoyé depuis Brooklyn, à l’annonce de notre déménagement : « Quand je me balade dans New York, bars et restaurants sont souvent tenus par des Français. Légion, nous sommes. Génération Nova. L’hospitalité, c’est dans le sang. Les fêtes sur le toit du 33 rue du Faubourg Saint-Antoine font partie de l’Histoire (…) Gardez-nous vifs, et alertes, conscients, pleins et amoureux, heureux et malpolis, meilleurs même dans le pire, voisins, humains ! »
    Réalisation, mixage : Malo Williams.


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    • 41 min
    2009 : l’art mouillé des Grandes Tournées bidouillées

    2009 : l’art mouillé des Grandes Tournées bidouillées

    On dirait que le sort s’acharne. Cofondateur du magazine Actuel, fidèle compagnon de route de Nova dont il fut un éphémère directeur dans les années 80, Jean-Pierre Lentin disparaît début mars, d’une crise cardiaque, à 58 ans. On pouvait le lire dans Sciences et Avenir, Libé, Le Canard Enchaîné, dans son ouvrage L’Encyclopédie des merveilles sur les plus belles images de la science, dans ses nombreuses enquêtes à propos des dégâts des ondes électromagnétiques, dans ses documentaires sur les drogues, on pouvait voir ses réalisations sur Canal+ dans l’émission culte L’Œil du Cyclone, ou l’entendre sur notre antenne à minuit dans l’émission Out of the blue, qui présentait la sélection de notre « coffret bleu » dont il était l’un des orfèvres. Juste avant sa mort, Jean-Pierre projetait de créer un programme « sur les musiques innovatrices », qui aurait pu devenir un livre intitulé À la recherche de la musique qui cherche.
    Alors, dans cette période de deuil dur-dur qui dure, Nova prend l’air. Et décide de partir chaque été en Grande Tournée à travers les villes où nous avons (ou aurons bientôt) une fréquence, posant ses consoles, micros et peaux de zèbres dans des bars, sur les places ou sous les chapiteaux des festivals ; ainsi, à Avignon, avec Mélanie Bauer, marquée par un drôlement joli concert du funambule flegmatique aux doux trois-fois-rien Mathieu Boogaerts. Mathilde Serrell, elle, repart au Combat, titre d’un rendez-vous sur l'activisme contemporain imaginé comme un « manuel d'entraînement pour tous les gabarits », sur « la contestation rigolarde, festive, mutante », ce « bourgeonnement de nano-révolutions » en cours depuis le début des années 2000. « S’engager aujourd’hui, écrira-t-elle qui dans le bouquin qui en découlera (publié où ? Chez Nova Editions !), c’est cultiver son miel en ville, uriner sous la douche pour économiser l'eau ou empêcher une expulsion. À chacun ses mini-prises de la Bastille. »
    Cette année-là, dans Néo-Géo toujours animé par Bintou Simporé, Isadora Dartial interroge un sacré bosseur : le romancier, poète et philosophe martiniquais Edouard Glissant, auteur du concept de « créolisation », qui encourage à vivre « l’imprévisible », l’inédit qui naît grâce à la « mise en relation » des cultures du monde, lesquelles « s’intervalorisent » dans un partage consenti. Voyez comment la présence enfumée des jardiniers jamaïcains du collectif roots-reggae Inna Di Yard bouleverse la population de la station !
    Pendant ce temps, des notifications tombent sur nos premiers iPhone. Éclipse solaire totale, la plus longue du vingt-et-unième siècle. Bashung délaisse les grands axes et prend la contre-allée vers l’irréel, avec imprudence. Tout comme Lux Interior (des Cramps), Ron Asheton (des Stooges) et Michael Jackson, qui venait pourtant d’annoncer son come-back. Polanski, lui, est incarcéré en Suisse pour ses agressions sexuelles à la suite d’un mandat d’arrêt international émis par les États-Unis. Un jeune rappeur de Caen nommé OrelSan se déclare perdu d’avance. La fable écologique en 3D de James Cameron, Avatar, contre l’impérialisme colonial et militaire, bat tous les records. Le dessinateur Winshluss revisite Pinocchio façon punk. Et sur la dernière compil’ NovaTunes, la rumba infirme survitaminée des Congolais du Staff Benda Bilili côtoie les lamentations romantiques d’Eels, qui médite sur un regard qui ne lui était pas destiné. Dans le cyclone de l’actu, il est bon de garder un œil sur Nova.
    Réalisation, mixage : Mathieu Boudon.

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    • 59 min
    2008 : debout, la radio « bordélastique » !

    2008 : debout, la radio « bordélastique » !

    En juin 2008, un incendie se déclare par accident dans un arrière-studio d’Universal à Hollywood. Pendant douze heures, plus de cent mille bandes analogiques sont détruites, emportant des originaux de Snoop Dogg, Ella Fitzgerald, Nirvana, Yma Sumac, R. E. M., Al Green, Burt Bacharach, les Who, Billie Holiday ou Sonic Youth. Le New York Times déplore « le plus grand désastre de l’industrie musicale ». Vivre le deuil de quelqu’un, d’un collègue et ami à l’intelligence goguenarde, puis d’un chef gourmand aux idées magiques, est-ce comme voir… brûler une bibliothèque – selon la formule de l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ à la tribune de l’Unesco, re-tricotée par son confrère américain Edmund White ? Lentement, mais sûrement, Nova « se relève de ses morts », comme dit Mathilde Serrell, en fredonnant ce blues sans âge de Moriarty, menés par Rosemary Standley, qui se souvient d’un vieux buffle nommé Jimmy. Mathilde insiste aussi, dans cet épisode, sur la finesse de la sélection musicale de Max Guiguet et Emile Omar, programmateurs diggers de pépites : la cumbia revisitée par l’Anglais et Colombien d’adoption Quantic, le spleen long-courrier d’un barde du Nouveau-Mexique au pseudo de capitale libanaise (Beirut), le groove politisé de l’Anglo-Pakistanaise M. I. A., le retour soul de Sharon Jones & ses Dap-Kings, la pop afro des blancs-becs bon teint de Vampire Weekend ou les harmonies d’un fils de pasteur jamaïcain, Winston McAnuff, qui réveilla notre première Nuit Zébrée marseillaise. Pendant ce temps, Gilles Peterson ambiance des soirées cubaines et introduit RKK au clubbing, en tant que DJ-bientôt-star à bretelles. Notre bande-originale.
    Entre nos murs, alors que la Palme d’Or revient cette année-là à Laurent Cantet pour son portrait d’une classe de collège parisien réputée difficile, on parle pas mal de cinéma. Du fond crémeux de leur émission dominicale baptisée Le Pudding qui durera quinze ans, Jean Croc et Nicolas Errera reçoivent John Malkovich, pour savoir ce qui se passe dans sa tête. L’année de sortie du premier Iron Man, qui lance la domination régressive de « l’univers Marvel » appelée à phagocyter la pop-culture mondiale, notre critique Alex Masson salue la puissance d’un premier long-métrage produit par Kassovitz, Johnny Mad Dog de Jean-Stéphane Sauvaire, adapté d’un roman d’Emmanuel Dongala sur les enfants-soldats. Agnès Varda manque de tomber d’un bateau en excès de vitesse par notre faute, Jean-Claude Van Damme évoque ses parents en discothèque et… on réécoute avec chagrin les messages que Guillaume Depardieu laissait sur notre répondeur, dont celui-ci : « Je vous appelle en direct de ma solitude, si soudaine et si prévisible. Et je compte sur vous tous pour mettre un peu de SANG dans vos textes, dans vos films, dans vos espoirs, dans vos cris, dans vos rires – s’il en reste. »
    Yes we can! Barack Obama devient le premier président noir des Etats-Unis. Des espoirs, il en reste. Dans Le Monde de Demain, bulle d’anticipation poursuivant sa voie l’année de la triomphale reformation du Suprême NTM, Antoine Blin se projette chaque matin dans le futur, le temps d’un flash info qui exacerbe les préoccupations du moment (enfermant la société dans une épidémie « de grippe folle » avec protections d’hygiène encadrées par l’Etat, non mais vraiment, n’importe quoi). Bref, notre radio « bordélastique » tient toujours debout.
    Réalisation, mixage : Emmanuel Baux.

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    • 51 min
    2007 : un moment de faiblesse

    2007 : un moment de faiblesse

    Avec force, et un art monstrueux du montage, ils affirment pratiquer la « caricature tranquille ». Chaque dimanche soir pendant deux ans, les deux punks de première classe planqués derrière les pseudos de « Polémix et La Voix Off » piquent, repiquent et remixent les petites phrases et polémiques nulles de nos politiques, pour « créer une chambre médiatique absurde », parfois secondés par un énigmatique « DJ Flashball ». Ce brillantissime bulletin de « déformations », souhaité comme « iconoclaste et hirsute », encore porté de nos jours (en ligne et sur d’autres ondes) par le Tourangeau Jean-Baptiste Diaz, nous a permis de rire et de respirer. Ce n’était pas toujours fastoche, en 2007. Un procès démarre contre Charlie Hebdo suite à la publication de caricatures de Mahomet, qui auront des conséquences tragiques. Il y a des phases plus légères, comme notre feuilleton matinal Plus belle la France, lui aussi riche en détournements (avec, parfois, les doubleurs des Simpson). N’oublions pas non plus la candidate du Parti Socialiste, Ségolène Royal, qui déclare lors d’un voyage en Chine, en pleine campagne présidentielle : « Qui n'est pas venu sur la Grande Muraille n'est pas un brave, et qui vient sur la Grande Muraille conquiert la bravitude. »
    Il fallut rester braves, lucides et drôles, à l’annonce de la victoire de Nicolas Sarkozy – qui, dès le lendemain de son sacre, part se reposer au large de Malte sur le yacht de son ami Vincent Bolloré et laissera un généreux dictateur libyen, Mouammar Kadhafi, planter sa tente dans les jardins de l’hôtel de Marigny. Entre Jamel et Diam’s, vénères et dépité·e·s, la tribu Nova se réunit au micro, apaisée par Jean-François Bizot qui relativise, en poussant à la réflexion, la génération nan nan. Mais pressent-il lui-même qu’en coulisses, un ancien du magazine Actuel, Bernard Kouchner, se joindra au gouvernement « d’ouverture » formé par François Fillon, en tant que ministre amer des Affaires étrangères ?
    Citizen Bizot meurt en septembre, à 63 ans. C’est tôt. Dans le livre Un moment de faiblesse (Grasset, 2003), son « plus long reportage » sur la guerre menée contre le cancer qui le « squatte », il écrivait : « Plusieurs regards possibles quand on révèle qu’un crabe grouille dans le ventre. Ceux qui, droit dans les yeux, laissent passer une brume dans le regard. Cette humidité seule vous fait l’amour. Ceux qui l’ont vécu, le vivent, vous accueillent au club, flegmatiques comme un barman élégant (…) Le cancer est une maladie philosophique ; on ne peut le remercier qu’en le mettant KO mais la lutte reste un cours particulier sur l’épistémologie des émotions. » Proches et disciples se réunissent pour la veillée. Dans Libé, ses copains Van Eersel et Mercadet signent une nécrologie exemplaire, où piocher des mantras : « Jean-François Bizot nous a quittés à l'âge de 126 ans. Vivre jour et nuit pendant 63 ans, le compte y est. Il n’avait peur de rien, mais il était terrifié à l'idée de devenir un grand bourgeois comme il faut. Il avait peur du "bon goût" (…) Peur de ne rien faire. Ses mots clés : "Bougez ! se remuer le cul ! Vite ! " Peur de mourir, terriblement peur. Encore qu'à cet égard, cinq années de lutte exemplaire contre Jack, ainsi qu'il nomma le rongeur, avaient à l'évidence opéré en lui des métamorphoses essentielles (…) La vie continue. La vie sans Bizot commence. »
    Réalisation, mixage : Benoît Thuault.

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    • 57 min
    2006 : l’effervescence de l’éléphant

    2006 : l’effervescence de l’éléphant

    Un quart de siècle ! En 2006, Nova célèbre ses noces d’argent avec le public et ne coupe pas le son, contrairement à Philippe Katerine qui, sur son album Robots après tout, confie pourtant qu’il adore regarder danser les gens au bar du Louxor. Notre anniversaire se fête un dimanche soir en très grandes pompes dans les 12 500 m² de la Nef du Grand Palais, à Paris, avec DJ Medhi, Amadou et Mariam, Rachid Taha, Saïan Supa Crew, Bumcello, Grand Master Dee Nasty ou l’Allemande Ayo – dont la complainte soul acoustique Down on my knees tourne en rotation lourde. Accompagné d’un DVD documentaire de 3H30 d’archives vidéo (aujourd’hui disponible sur YouTube), un livre sort en kiosques avec 25 ans d’histoires, « ponctuées de causes et d’actes aussi gratuits que l’est une radio pour un auditeur », écrit Jean-François Bizot en ouverture. « Pour vivre, survivre, Nova a affirmé sa liberté face aux autorités de tutelle, celles d’avant le CSA. Avant qu’on ne comprenne à quel point Nova a vocation à figurer dans les grandes agglomérations. » 
    On nous capte désormais aussi à Angers, Boulogne-sur-Mer, Dreux, Limoges, Marseille, Montpellier, Nantes et Pau. Cela mérite une n-ovation ! Et notre sachem de faire le bilan, calmement : « Il est passé du beau monde dans les locaux (…) Quand on écoute les épanouis de la réussite, les entortilleurs de causes (…) ou les filles à la voix d’or qui passent plus vite que l’éclair, oui, quand on les revoit tous avec amour, fierté et cette complicité puissante (…), eux qui ne sont devenus rien de plus que ce qu’ils étaient, puisqu’ils étaient si forts qu’ils n’avaient rien besoin de devenir (…) En regardant dans le rétroviseur de Nova (…), on sent qu’il va falloir assurer pour participer aussi fortement aux vingt-cinq ans qui se profilent, avec leurs nationalismes, leurs enfermements, leurs âpretés (…), faire attention aux humeurs de la banque si l’on refuse d’être dompté. »
    L’animal indompté qui ne trompe pas, dans ce contexte, c’est L’Éléphant effervescent, baptisé d’après une chanson de l’ex-Pink Floyd Syd Barrett (qui meurt en 2006, comme Ray Barretto, Ali Farka Touré, J Dilla et même Sa Majesté James Brown, le jour de Noël). Animée par Mélanie Bauer, transfuge de Ouï FM, cette émission quotidienne, qui parvient à aligner un live par jour et n’oublie pas de jouer Baxter Dury, Amy Winehouse ou Le Chercheur d’or d’Arthur H, voit démarrer un jeune critique littéraire : Augustin Trapenard. Nouveaux pilotes de nos matins, Armel Hemme et Mathilde Serrell s’octroient les services de deux reporters farfelus, Jean-Philippe Lagarde et Mélanie-George Mallet, et ne parlent probablement pas du coup de tête de Zidane en finale de coup du monde, mais plutôt : de la création de Twitter, d’une extraordinaire série sur Baltimore baptisée The Wire, de l’épidémie de chikungunya à la Réunion, de la sortie de Borat ou d’OSS 117 avec Dujardin en athlète des sourcils, de Justin Timberlake produit par Timbaland, des deux cowboys in love de Brokeback Mountain, du premier tome de la BD Aya de Yopougon récompensé à Angoulême, du groupe Phoenix en perruques dans le biopic de Marie-Antoinette, de la France qui décrète une journée nationale pour commémorer l’abolition de l’esclavage, du succès d’une trilogie suédoise nommée Millenium, voire de la pendaison de Saddam Hussein en Irak – où se crée, dans l’ombre, une organisation terroriste appelée Daech.
    Le dernier mot est encore de Bizot : « Nova a besoin d’agrandir son espace pour progresser. Et plus question de la fermer. Comme on disait sur nos badges de 1981 : pas question de mollir. »
    Réalisation, mixage : Benoît Thuault.

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    • 49 min
    2005 : je veux prendre ta douleur

    2005 : je veux prendre ta douleur

    Le 1er janvier 2005, Radio Nova démarre l’année avec la pire des gueules de bois. Notre « Tintin post-moderne », Marc-Alexandre Millanvoye, est mort accidentellement au terme d’une nuit de réveillon, à 31 ans. Toute l’équipe est sous le choc, de battre son cœur s’est arrêté. Il faut pourtant reprendre le micro. L’hommage rendu à l’antenne se prolonge sur la piste du Rex, avec des lives de Cosmo Vitelli, Laurent Garnier ou Keren Ann. 
    Hors Nova, une ambiance étrangement sombre plane sur 2005. De janvier à juin, des comités de soutien travaillent à la libération de Florence Aubenas, journaliste à Libération, et de son guide Hussein Hanoun, séquestrés en Irak – ce que nous raconte la rubrique Deux minutes de réel conçues par Mathilde Serrell, Antoine Blin et Isadora Dartial comme un plan-séquence avec des sons bruts. En mai, Trois enterrements, western crépusculaire de Tommy Lee Jones, remporte le prix du scénario au festival de Cannes. En juin, un môme de 11 ans est tué devant chez lui à la Courneuve (Seine-Saint-Denis) de deux balles perdues. En réaction, Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, affirme vouloir « nettoyer au Karcher la cité des 4000 ». Fin août, l’ouragan Katrina ravage la Louisiane et notamment la Nouvelle-Orléans ; sur place, un rappeur et producteur de rap nommé Kanye West, remarqué pour l’inventivité de son premier album The College Dropout, interpelle George W. Bush à la télévision en considérant que le président américain « ne se préoccupe pas des Noirs ». En octobre, deux adolescents meurent électrocutés dans un transformateur EDF de Clichy-sous-Bois, en tentant de se soustraire à un contrôle de police. L’événement déclenche de très nombreuses émeutes en banlieue, pendant trois semaines, à tel point que le gouvernement proclame l’état d’urgence.
    Pourtant, tout n’est pas déprimant – loin de là. On peut tuer les zombies culturels à coups de vinyle dans la gueule, comme à la fin de la comédie anglaise Shaun of the dead. Remonter jusqu’à l’extrême-amont de la motivation, tels les courageux « hordiers » qui font bloc pour avancer à « contrevent » dans le best-seller d’Alain Damasio. Première greffe réussie du visage sur une femme de 38 ans, mordue par un chien. Au même moment, un réalisateur très drôle venu de France Culture, Armel Hemme, nous rejoint et tombe le masque : depuis deux ans déjà, c’était lui, « Brice Lee », reporter du zinc. De son côté, Rémy Kolpa Kopoul découvre une jeune chanteuse cap-verdienne à la voix d’émeraude, Mayra Andrade. Le film Broken Flowers de Jim Jarmush augmente l’intérêt du public pour l’éthio-jazz, ardemment défendu sur nos ondes depuis le milieu des années 80. Coiffé de trois Césars, Abdellatif Kechiche rappelle dans L’Esquive, si besoin, que les jeunes des cités savent charmer en déclamant Marivaux et son jeu de l’amour et du hasard. Lors d’une Nuit Zébrée mythique, les Néo-Zélandais de Fat’s Freddy Drop et leur fanfare dub-reggae-soul mettent les spectateurs en apesanteur. À minuit, pendant deux ans, la voix de synthèse qui présente Home Radio fait de Nova la première antenne FM à proposer des podcasts, en donnant un espace aux créations sonores bizarres. Quand elles sont bien choisies, paroles et mélodies restent inoubliables. Comme le chante Camille sur son deuxième album, Le Fil, qui bourdonne : « Lève-toi c'est décidé / Laisse-moi te remplacer / Je vais prendre ta douleur / Doucement sans faire de bruit / Comme on réveille la pluie / Je vais prendre ta douleur / Elle lutte elle se débat / Mais ne résistera pas / Je vais bloquer l'ascenseur / Saboter l'interrupteur. »
    Réalisation, mixage : Benoît Thuault.

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    • 58 min

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