Comme l’immobilier, le design d’intérieur est en constante évolution. Cependant, les dernières tendances ne conviennent pas nécessairement à tout le monde. Dans le sixième épisode d’EN DIRECT, nous examinons une approche plus réfléchie du design, fondée sur l’introspection, le sentimentalisme et la durabilité.
Assistez à une conversation passionnante avec le designer Jean Stéphane Beauchamp, établi à Montréal. Apprenez comment il combine ses connaissances en psychologie au design d’intérieur pour cerner les besoins réels des propriétaires et créer des espaces magnifiques qui leur ressemblent.
Transcription
Claudia Marques : Bonjour ici Claudia Marques, et je vous souhaite la bienvenue à ce sixième épisode de EN DIRECT, un balado dont l’objectif est de susciter des conversations avec des personnes inspirantes sur divers sujets qui touchent l’immobilier canadien et les membres de l’ACI. Aujourd’hui nous allons aborder un sujet qui m’interpelle énormément surtout par les temps qui courent. Comment trouver le bien-être et le bonheur chez soi par le design intérieur ? Peut-être que vous en avez assez de regarder les mêmes quatre murs jour après jour, vous avez envie d’un changement, de trouver des solutions d’aménagement qui vous permettront d’être plus heureux et de mieux profiter du moment présent ?
Ou encore, vous planifiez des rénovations et vous voulez savoir quelles seront les tendances qui feront augmenter la valeur future de votre maison, ou encore celle de vos clients ? Qu’il s’agisse d’un coup de pinceau, d’une touche de couleur, d’un relooking de meuble vintage que vous désirez garder, notre invité d’aujourd’hui est la personne parfaite pour nous donner des idées de design et de rénovation qui peuvent améliorer grandement votre qualité de vie.
Il s’agit de Jean Stéphane Beauchamp, designer intérieur avec plus de vingt ans d’expérience. Il a suivi des cours en art thérapie. Son travail est reconnu à l’échelle internationale et ses designs apparaissent dans plus de soixante magazines et journaux. Il fera prochainement le design d’une maison au Portugal et je suis tellement heureuse de l’avoir comme invité aujourd’hui. Bonjour Jean Stéphane.
Jean Stéphane Beauchamp : Bonjour !
Claudia : D’entrée de jeu j’aimerais que l’on parle un petit peu de votre style parce que chaque designer a un style très particulier, un style unique. Et donc comment est-ce que vous décririez votre style à vous ?
Jean Stéphane : C’est une très bonne question parce que c’est la question que je me pose depuis vingt ans. Je dirais que c’est toujours difficile de cerner un peu ce qu’on fait. Je dirais que mon style est définitivement éclectique. J’adore le mélange de styles, j’adore différents niveaux d’énergie. J’aime le mélange des époques, j’aime tout cela. Je n’ai pas peur de la couleur, donc je ne suis pas la personne que l’on va aller voir si on veut un intérieur absolument tout blanc. Pas que je n’aime pas cela, mais c’est peut-être un peu moins moi. Donc je dirais peut-être éclectique, classique actualisé c’est un terme que j’utilise assez souvent, mais définitivement polyvalent. L’important pour moi c’est définitivement que les gens se sentent bien chez eux, qu’ils se sentent chez eux, qu’ils se voient dans l’intérieur.
Claudia : Oui justement, c’est quoi l’impact que peut avoir l’aménagement de notre espace de vie sur notre bien-être ? À quel point est-ce que l’aménagement, notre déco, nos rénos peuvent avoir un impact sur notre bonheur dans cette maison-là ?
Jean Stéphane : Sincèrement je crois vraiment qu’être chez soi et être bien quand on est entouré des choses que l’on aime, quand on est dans un environnement qui est bien organisé, qui répond à nos besoins et qui est beau, moi je crois qu’on est bien.
On peut se détendre, on se sent en sécurité. On se sent chez soi. C’est la différence entre une maison et une demeure. Quand on est bien chez soi, tout est là. On se voit dans nos choses. C’est le contraire, on peut s’asseoir dans un magasin, dans un beau décor, et se dire : « mon dieu, que je suis bien ! » mais cela ne dure pas longtemps car ce n’est pas chez soi Quand on est chez soi, moi j’aime entourer les gens des choses qu’ils ont accumulées ; des choses qu’ils ont accumulées en voyage, des choses qu’ils aiment, je veux qu’ils se voient. Ils viennent me chercher pour une raison, c’est pour faire ressortir cela. Et souvent, pour ajouter à tout cela, la couleur vient aussi jouer un rôle dans le bonheur. Pas que le blanc n’est pas beau, je ne veux pas me mettre à dos les gens qui aiment le blanc, mais en même temps la couleur, je pense, peut être stimulante, peut être calmante, peut ajouter de la joie comme elle peut aussi ajouter une tranquillité.
Claudia : Oui effectivement. Vous avez suivi des cours en psychologie, en art thérapie, j’imagine que ça doit vous aider quelque part, parce que vous le dites, chaque client est unique, chaque client a un besoin différent. Comment faites- vous pour établir comment cette personne-là va se sentir bien chez elle?
Jean Stéphane : Ma formation essentiellement, m’a beaucoup aidé au niveau de l’écoute. D’essayer d'aller chercher, de faire ressortir ce dont les gens ont besoin, ce qu'ils veulent.
Et définitivement, c'est d'essayer de le faire sortir de façon à ce qu’eux se voient chez eux et que ça réponde à leurs besoins.
Il y a des personnes qui sont auditives, visuelles, kinesthésiques. C'est aussi d’être capable de communiquer cette information et de la recevoir, puis ensuite de l'appliquer et également de les pousser un peu.
Je pense que mon rôle comme designer, c'est souvent d'aller un peu, beaucoup plus loin que ce que les clients feraient par eux-mêmes. La raison pour laquelle il vienne me chercher, c'est vraiment d'écouter, de prendre tout ça, de faire une synthèse puis de créer un intérieur dans lequel ils vont être bien.
Claudia : Parce que quand je regarde vos designs, effectivement c'est un style qui a beaucoup de punch, c’est un kick, on utilise beaucoup la couleur.
Mais on ne parle pas nécessairement du bleu marine comme couleur, on parle du jaune vibrant, du vert, du turquoise aqua très flash. Donc, qu'est ce que vous faites avec quelqu'un qui aime la couleur, mais qui n’est pas nécessairement prêt à oser ?
Jean Stéphane : Si la personne adore la couleur, là on peut y aller. Mais si c’est, comme vous le disiez, des gens un peu plus frileux, nécessairement, l'îlot rouge je ne le ferais pas. Je vais aller avec quelque chose qui va traverser le temps pour eux et si jamais ils décident de revendre, que ce soit quelque chose qui plaise.
Mais c'est certain que s'ils ont le goût d'un peu de couleur, c'est certain que je vais la mettre dans des accessoires qui sont facilement changeables. Comme ça, ils ont de la couleur, mais c'est réversible.
Claudia : Ça m'amène à vous parler des tendances. Ce n’est pas nécessairement un mot que vous appréciez quand vous faites vos designs. Vous le dites vous même, vous êtes un peu anti-tendance dans le sens où, ce qui est tendance, parfois, les gens vont l'associer avec ce qui est beau. Mais on s’entend que ce n’est pas toujours le cas. On va prendre l’exemple des Crocs, par exemple, qui sont très à la mode présentement. C'est très tendance, on va voir des artistes défiler sur le tapis rouge avec des Crocs. Mais ce n’est pas nécessairement beau. Et je pense que l’on retrouve la même chose dans le design.
Jean Stéphane : Absolument. Par contre, je suis content d’amener le sujet. Les tendances, c’est comme redécouvrir des choses. On redécouvre une mode, par exemple, il y a eu une période où on redécouvrait les années 80.
Pour le meilleur ou pour le pire. Mais c’est une façon des fois de revoir, de faire évoluer. Moi je crois que, oui, je suis anti-tendance pour une bonne raison, c’est que souvent, je n’ai pas le goût de me lancer à suivre une tendance simplement pour suivre une tendance pour être au dernier cri. Moi personnellement je trouve que c’est de se lancer et j’ai peur que ça crée un décor qui dise : « meilleur avant », qui ait une date de péremption. C’est ce qui m’inquiète. Par contre, une tendance peut être intéressante pour rafraîchir, rajeunir : une nouvelle couleur, une nouvelle texture que l’on redécouvre, on peut l’ajouter, pour moi personnellement, avec parcimonie. On l’ajoute dans des coussins. Par exemple, le velours était très populaire, mais il n'y a rien de mal à acheter une housse de coussin en velours si l’on a toujours adoré cela. Pour moi une tendance c’est quelque chose de passager. Il y a quelques tendances qui perdurent. Exemple, le laiton.
Claudia : Oui.
Jean Stéphane : On disait, ça va être une tendance, ça ne durera pas. Mais ça fait quoi, 5-10 ans qu’on aime le laiton. Il s’est intégré et on le redécouvre, il a changé un peu de couleur. Il est moins, en anglais on dit brassy. Il est moins orangé, il est plus doré, il est plus doux. Et on le conserve. Donc ça c’est une tendance à long terme. Donc les tendances qui sont vraiment court-terme, pour moi c’est ça qui est un peu… c’est pour ça que je dis que je suis anti-tendance. Je ne m
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- PublishedJune 3, 2021 at 1:01 p.m. UTC
- Length34 min
- Episode6
- RatingClean
