38 episodes

Depuis plus de mille ans, le personnage d’Arthur fascine. Il est l’objet d’un imposant corpus d’oeuvres, unifié seulement par leur cadre : la cour légendaire du roi Arthur. Chaque mois, Lays et Antoine se penchent sur la littérature arthurienne.

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Depuis plus de mille ans, le personnage d’Arthur fascine. Il est l’objet d’un imposant corpus d’oeuvres, unifié seulement par leur cadre : la cour légendaire du roi Arthur. Chaque mois, Lays et Antoine se penchent sur la littérature arthurienne.

    Kaamelott - Livres I à IV (Rex Quondam Rexque Futurus #HS7)

    Kaamelott - Livres I à IV (Rex Quondam Rexque Futurus #HS7)

    Fin juillet devait voir arriver dans les salles obscures Kaamelott, premier volet, début d'une conclusion cinématographique longtemps attendue par les fans de la série. Pandémie et confinement ont repoussé l'échéance à fin novembre, mais qu'importe! Lays et Antoine ont décidé de consacrer leurs émissions estivales à revisiter les 6 saisons (ou plutôt les VI livres...) de Kaamelott, histoire que vous soyez fins prêt·e·s à retrouver l'univers de ce qui est sans doute l’œuvre Arthurienne francophone la plus influente de ces quarante dernières années.

    Pour aborder les quatre premiers livres de la série, ils sont rejoint par deux invités de choc: Justine Breton (#HS2, #HS3) et Florian Besson, tous deux chercheurs et co-directeurs de l'ouvrage Kaamelott, un livre d'histoire. Ensemble, elle et ils dissèquent la genèse de la série, son succès et les ressorts qui animent son interprétation très particulière de la matière de Bretagne...

    • 2 hrs 14 min
    Le Lanzelet d'Ulrich von Zatzikhoven et la Tradition Allemande (Rex Quondam Rexque Futurus #31)

    Le Lanzelet d'Ulrich von Zatzikhoven et la Tradition Allemande (Rex Quondam Rexque Futurus #31)

    Antoine et Lays se sont surtout concentrés sur les oeuvres françaises, mais la légende arthurienne a très vite été traduite dans d'autres langues, et dans cet épisode, enregistré à distance de par les circonstances, on discute un peu plus des productions d'Outre-Rhin.
    Après quelques mots sur Hartmann von Aue, qui avec ses Erec et Iwein fut le premier à y adapter les oeuvres de Chrétien de Troyes (RQRF #5-7) avant même le Parzival de Wolfram von Eschenbach (RQRF #20), ils discutent de Wigalois ou le Chevalier à la Roue de Wirnt de Grafenberg, une oeuvre qui commence très proche du Bel Inconnu de Renaud de Beaujeu (RQRF #23), car Wigalois naît de l'union de Gauvain avec une fée.
    Le gros morceau de cet épisode sera cependant le Lanzelet de Ulrich von Zatzikhoven, datant du début du treizième siècle, particulièrement intéressant car il nous présente un portrait de Lancelot très différent de celui de Chrétien de Troyes (RQRF #6). Par exemple, il se marie quatre fois (!) sans que sa femme précédente soit ensuite divorcée ou même mentionnée, jusqu'à ce qu'il finisse avec la belle Iblis. D'ailleurs, Guenièvre est bien enlevée dans ce roman, une tradition qu'on trouvait déjà dans d'anciennes vies de saints, mais Lanzelet n'est pas dans une relation amoureuse avec elle, et ne participe pas tant à sa rescousse. Par ailleurs, on y retrouve déjà le début du Lancelot en Prose (RQRF #15) qui n'était pas chez Chrétien : le royaume du père de Lanzelet est ravagé par une révolte de ses barons, et l'enfant est recueilli par une fée sous-marine. Tout cela laisse penser qu'on a là une trace de la tradition originelle de l'histoire de Lancelot, qui a pu influencer aussi bien les cycles en prose qu'Ulrich, mais que Chrétien aurait laissé de côté pour raconter son histoire d'amour courtois.
    Comme le souligne Danielle Buschinger, on remarque cependant que ce roman tient tout du "patchwork", une "recréation" post-classique, qui enchaîne des motifs connus sans toujours leur donner le poids requis : un test de vertu grâce à un manteau qui change de forme (comme dans le Lai du Mantel, #RQRF 25) ; une femme changée en dragon et qui doit être libérée par un baiser (comme dans le Bel Inconnu) … Dans ces péripéties colorées, Lanzelet "ne traverse jamais de crise", les épreuves l'effleurent sans le bousculer. Mais le merveilleux allemand y prend aussi une saveur différente, le roman invoque la magie avec un peu moins de timidité : Arthur ira ainsi demander son aide à l'enchanteur Malduc pour récupérer Guenièvre, et quand en échange il aura fait Erec et Gauvain (ou Walwein) prisonniers, on s'aidera d'Esealt le Long, un géant qui grandit d'un empan tous les mois, pour assaillir le château du sorcier. Loin du cœur contrarié du Lancelot français, l'adultère par excellence, déchiré par son amour pour sa reine, ce Lanzelet nous montre cependant une autre tradition, une variation intéressante, aidé en ça par un vrai goût pour la féerie.

    • 3 hrs
    Gliglois et L'Âtre Périlleux (Rex Quondam Rexque Futurus #30)

    Gliglois et L'Âtre Périlleux (Rex Quondam Rexque Futurus #30)

    Suivant Chrétien de Troyes, les romans arthuriens du XIIIe siècle ont souvent soit Gauvain pour héros — comme dans La Mule sans frein ou Le Chevalier à l'Épée (RQRF #19) — soit lui font partager la vedette avec un autre chevalier, privilégié par le romancier —comme dans Méraugis de Portlesguez (RQRF #26). Dans cet épisode, Antoine et Lays en examinent deux.
    Dans le court roman de Gliglois, on voit une dame très belle, logiquement nommée, Beauté, repousser l'amour de Gauvain, comme celui de Gliglois, jeune chevalier de son équipage qui est aussi tombé amoureux d'elle. Elle semble le honnir et le tourmenter, mais c'est en fait une épreuve pour tester son amour… À la fin, Gauvain bénira tout de même leur union.
    Dans L'Âtre Périlleux, par contre, Gauvain est pleinement le héros, et s'il n'a pas lui-même d'intrigue amoureuse dans cette histoire, il réunit à la fin la plupart des chevaliers qu'il croise à la dame de leur désirs (en forçant même l'un d'entre eux à lui rester fidèle). Tout commence quand Escanor de la Montagne le déshonore en enlevant une dame qui s'était mise au service de la cour d'Arthur. Il le pourchasse, mais croise des dames qui se lamentent autour d'un écuyer, les yeux crevés, qui affirme avoir vu Gauvain être démembré. En réalité c'est seulement un chevalier qui portait des armes similaires aux siennes, tué et dépecé par l'Orgueilleux Faé et Gomeret le Desréé (déréglé ou démesuré), jaloux que les dames qu'ils convoitent leur préfèrent Gauvain et Perceval. Cependant, à cause de cela, il semble que Gauvain perde son nom, et ne se nommera plus que Le Chevalier Sans Nom, jusqu'à ce qu'il ait percé à jour ce qui s'est produit…
    En chemin, il libère une dame prisonnière d'une tombe dans un cimetière maudit (ledit Âtre Périlleux) et dont un démon abuse chaque nuit. On y apprend que la mère de Gauvain, une fée, avait prophétisé qu'Escanor était le seul chevalier qu'elle n'était pas sûre que Gauvain puisse vaincre. Signe de sa puissance, suivant le moment de la journée, la force d'Escanor se démultiplie, un trait généralement attribué à Gauvain lui-même. Dans cette quête pour rencontrer celui qui pourrait mettre fin à ses jours et récupérer son nom en prouvant qu'il est bien vivant, Gauvain devra aussi défaire le sadique roi de la Rouge Cité, croisera des noms familiers comme Espinogrès ou Raguidel de l'Angarde, aidera Cadret dont la bien-aimée a été promise à un autre contre son gré… Privé de son nom, Gauvain est ici pleinement "l'idole inconnue" (pour reprendre le titre du livre de Stoyan Atanassov) : tout le monde l'invoque et connaît ses exploits, mais on ne le reconnaît pas.

    • 2 hrs 7 min
    Le Roman de Fergus et le Roman du Roi Yder (Rex Quondam Rexque Futurus #29)

    Le Roman de Fergus et le Roman du Roi Yder (Rex Quondam Rexque Futurus #29)

    Pour la reprise de 2020, Lays et Antoine examinent deux romans isolés du XIIIe siècle qui, en marge de la tradition des grands cycles en prose de Robert de Boron (RQRF #9-10), de la Vulgate (RQRF #15-18), du Tristan en Prose (RQRF #24) ou de la post-Vulgate (RQRF #27-28) se concentrent, comme le faisait Chrétien de Troyes, sur l'aventure d'un chevalier, dans une forme versifiée.

    Dans le Roman de Fergus, aussi appelé Le Chevalier à l'Escu, Fergus est peut-être inspiré d'un personnage historique mais son histoire reprend surtout celle du Perceval de Chrétien (RQRF #7). Occupé à travailler la terre, Fergus voit passer un cortège de chevaliers du Roi Arthur qui revient de la chasse. Il veut immédiatement les rejoindre et abandonne sa charrue sur place. Alors que son père, un vilain, un roturier, voudrait le battre car il abandonne ses devoirs, sa mère, de plus noble extraction, soutient son ambition. On déterre une armure complètement rouillée d'un coffre, et le voilà parti à l'aventure… Comme Perceval, Keu le met à l'épreuve, en rigolant, de vaincre un ennemi redouté d'Arthur, ici le Chevalier Noir.

    Une fois adoubé, il rencontre en chemin Galienne, la nièce du châtelain de Liddel, mais ne peut lui retourner son amour, avant d'avoir achevé sa quête. Il vainc le Chevalier Noir sans problèmes, mais quand il revient, Galienne a disparu… Après un an d'errance, il apprend que pour la retrouver il ferait mieux d'obtenir d'abord un écu projetant une lumière merveilleuse, gardé à Dunnottar par une vieille géante monstrueuse armée d'une faux, et par un dragon. Il apprend ensuite que Galienne est la nouvelle reine de Lothian mais qu'elle est assiégée à Roxburgh. Elle avait demandé de l'aide à la cour d'Arthur mais tous ses chevaliers étaient loin, cherchant Fergus. Fergus parviendra à vaincre les assaillants mais il disparaît ensuite, et Arthur devra organiser un tournoi pour qu'il refasse surface et puisse épouser Galienne, devanant roi de Lothian.

    Le Roman du Roi Yder (Romanz du reis Yder) place sur le devant de la scène un très vieux personnage mais qui avait souvent un rôle très secondaire. Il apparaît ainsi sur l’archivolte de la Porta della Pescheria de la Cathédrale de Modène (~1120-1140) comme "Isdernus". Yder était déjà mentionné par Cullwch ac Olwen (RQRF #2), peut-être notre trace la plus archaïque de récits arthuriens gallois, même s'il ne jouait pas de grand rôle dans l'histoire. Il faisait aussi une apparition chez Geoffrey de Monmouth (RQRF #3) et Wace (RQRF #4), dans le Lai du Court Mantel (RQRF #25), et, au début d'Erec et Enide de Chrétien de Troyes (RQRF #5), c'est lui qui outrageait Guenièvre quand son nain fouettait une de ses suivantes. Une histoire qui lui est régulièrement associée, et c'est le cas dans ce roman aussi, est d'avoir vaincu un ours en combat, ainsi dans la Folie Tristan de Berne (RQRF #13) ou dans La Vengeance Raguidel, où il venait aider Gauvain en battant l'ours du cruel Guingasoin. (RQRF #26)

    Environ mille vers manquent au début du seul manuscrit connu, mais on peut assez facilement reconstituer le début de l'histoire. Yder ne connaît pas son père, qui avait seulement laissé à sa mère la moitié d'un anneau. À 17 ans il part à sa recherche. En chemin il tombe amoureux de la reine Guenloïe, qui ne veut apparemment pas s'engager dans une relation sans connaître son ascendance ou avant qu'il ait fait ses preuves. Yder sauve le Roi Arthur d'une mauvaise passe, mais celui-ci oublie de le remercier et manque à sa parole. Yder, déçu, va donc aider un des vassaux qu'Arthur assiège. Devant ses prouesses, Arthur finit par l'inviter à contre-coeur à la cour. Quand un ours fait irruption dans les appartements de Guenièvre, Yder arrive à le repousser, suscitant encore plus d'admiration, mais aussi une profonde jalous

    • 1 hr 52 min
    La Post-Vulgate (2/2) - La Queste del Saint Graal et la Mort Artu (Rex Quondam Rexque Futurus #28)

    La Post-Vulgate (2/2) - La Queste del Saint Graal et la Mort Artu (Rex Quondam Rexque Futurus #28)

    Si une partie du cycle de la Post-Vulgate nous est parvenue en ancien français sous la forme de la Suite du Roman de Merlin (RQRF #27), sa Queste del Saint Graal et sa Mort Artu ne nous sont connues dans cette langue que par quelques fragments présents dans le Tristan en Prose (RQRF #24). Mais la conclusion du cycle nous est tout de même parvenue dans une intégralité relative par l'entremise d'autres langues romanes, à travers la Demanda do Sancto Graal portugaise et la Demanda del Sancto Grial castillane.

    • 2 hrs 53 min
    La Post-Vulgate (1/2) - La Suite du Roman de Merlin (Rex Quondam Rexque Futurus #27)

    La Post-Vulgate (1/2) - La Suite du Roman de Merlin (Rex Quondam Rexque Futurus #27)

    Tout indique qu'entre 1235 et 1240 le Lancelot-Graal (RQRF #15-#18)a subi un remaniement où l'on a tenté d'en harmoniser le ton et le sujet, qui a résulté en un nouveau cycle arthurien que nous connaissons de nos jours sous le nom de Post-Vulgate, attribué à un pseudo-Robert de Boron. Pour lui servir de pièce centrale fut composée une nouvelle suite du Merlin en prose, généralement appelée la Suite du Roman de Merlin, suite romanesque ou suite-Huth (d'après le nom du possesseur de l'un de ses manuscrits) pour la distinguer de la Suite-Vulgate du Merlin (RQRF #18) – préexistante, mais identifiée plus tard.

    De l'aveu même du narrateur, ce récit du début du règne d'Arthur cherche en fait à remplacer le Lancelot propre (RQRF #15), qui était trop long, et recentre donc le cycle sur Arthur, dont les exploits héroïques que relataient la Suite-Vulgate sont remplacés par un récit bien plus sombre et sceptique vis-à-vis de la chevalerie. La haine de Morgane n’y concerne plus seulement les amants Lancelot ou Tristan mais vise bien son frère le roi, qu’elle veut détrôner et tuer. L'inceste d'Arthur avec une autre de ses sœurs, engendrant ainsi Mordred, futur destructeur du royaume, souligne la fatalité, les rouages inévitables du destin. On ne prend même plus le temps de douter ou de s'émerveiller des prophéties qui parsèment le monde, et Merlin lui-même ne recule pas devant sa fin sordide...

    La Post-Vulgate ne nous est pas parvenue sous une forme complète continue ou entièrement cohérente. L’Estoire del Saint Graal (RQRF #18) et le Merlin en Prose (RQRF #10), repris avec quelques altérations du Lancelot-Graal, forment avec la Suite du Roman de Merlin les deux premières parties de ce que le pseudo-Robert, revendique comme une trilogie. De son dernier volet, il nous est resté des versions particulières de la Quête du Graal et de la fin du royaume arthurien dans des versions portugaise et castillane, ainsi que quelques fragments du Tristan en Prose, comme nous le verrons dans le prochain épisode. Peu après la première publication du manuscrit Huth de la Suite, on y avait vu des correspondances avec ces versions ibériques, mais c'est bien à Fanni Bogdanow qu'il est revenu d'avoir plus récemment articulé une reconstitution de ce cycle, qu'elle baptise aussi le Roman du Graal. Là où les parties disparates du Lancelot-Graal ne parvenaient jamais à s’accorder sur leur tonalité, ici, tout a été mis au diapason crépusculaire de la Mort Artu...

    • 3 hrs 14 min

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