105 épisodes

Bienvenue sur le podcast de dixit.net, une agence de conseil et de recherche urbaine. Nous donnons ici la parole à celles et ceux qui font la ville d'aujourd'hui et de demain.

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    • Culture et société
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    #105 Magali Pascal · La SCIC Bien commun

    #105 Magali Pascal · La SCIC Bien commun

    🏠 Recoudre le coeur des villages



    Vous connaissez cette grosse maison au cœur du village, juste en face de la Mairie. Au rez-de-chaussée, il y avait le boucher. Mais depuis qu’il a pris sa retraite il y a une quinzaine d’années, le rideau métallique est resté fermé. Les deux logements de l’étage qui sont aussi vides depuis quelque temps, laissant l’ensemble désœuvré. Elle pourrait être en Occitanie, dans les Hautes-Alpes ou dans l’Oise cette maison. La couleur de la façade et les matériaux de toiture seraient différents, pas cette histoire qui se répète un peu partout.

    Mais cela n’est pas qu’un problème batimentaire. Son délitement déprime tout le centre, et il occupe un emplacement stratégique pour rien, alors que les villages ont singulièrement besoin de lieux de commerces et services, mais aussi de logements pour des jeunes travailleurs ou des retraités qui veulent sortir de l’isolement rural. Il faudrait donc réhabiliter tout ça pour loger de l’activité au rez-de-chaussée et proposer quelques logements locatifs à l’étage, mais comment mener de telles opérations ? D’abord, le marché n’est pas porteur et il faudra des décennies avant que les locations remboursent les travaux. Et puis cette opération très modeste ne permet pas les économies d’échelle alors qu’elle reste complexe et risquée, comme tout travail sur l’existant. Et même si on arrivait à monter cette opération, qui voudrait devenir propriétaire et gérer les lieux ?

    L’affaire n’est pas simple, et c’est bien pour cela que les volets fermés se multiplient. Mais c’est pourtant à ce type d’opération que la SCIC Bien commun a décidé de se consacrer : revitaliser des petites villes et des villages en région Occitanie par la rénovation du bâti et la création d’une offre locative qui y fait souvent défaut. Elle accompagne les collectivités dans le montage de ces opérations, et parfois les porte directement en devenant propriétaire.

    Ils commencent à peine, mais la recette de la réussite semble s’esquisser. D’abord se spécialiser dans cet exercice pas simple de la rénovation du bâti de cœur de bourg, qui nécessite des compétences techniques et programmatiques et une parfaite connaissance des lieux et des acteurs. Ensuite, assumer le fait que ces opérations sont nécessairement déficitaires, en s’insérant dans les programmes de revitalisation de l’État, en tissant des liens avec des financeurs et en assumant les conséquences en termes d’organisation : les collectivités qui bénéficient du travail de Bien commun sont autour de la table de la SCIC. Elles sont donc bénéficiaires et actionnaires.

    C’est un nouvel exemple de ces tiers acteurs qui se faufilent entre le public et le privé pour répondre à des besoins non couverts par les organisations existantes. Mais difficile de passer à l’échelle un modèle local, fondé sur la détermination de son équipe, des compétences pointues et une dynamique d’acteur favorable. Alors il va falloir continuer à suivre la suite de cette aventure pour comprendre leur modèle, et le faire essaimer partout.

    Cette semaine Magali Pascal, une des cofondatrices de Bien commun, nous raconte le début de cette belle aventure.



    Pour aller plus loin :


    SCIC Bien Commun : https://www.biencommun.coop/
    Investir dans Bien Commun sur LITA : https://fr.lita.co/fr/projects/1007-bien-commun
    Voyage en misarchie : https://editionsdudetour.com/index.php/les-livres/voyage-en-misarchie-2/
    Guide des procédures LHI : https://boutique.lemoniteur.fr/guide-des-procedures-de-luttes-contre-l-habitat-insalubre-ou-dangereux.html

    • 39 min
    #104 Jonathan Sebbane · Logistiques urbaines

    #104 Jonathan Sebbane · Logistiques urbaines

    🚛 Logistiques urbaines



    Il y a la logistique que l’on aimerait voir. Le ballet des vélos cargos et des remorques électrifiées chargées de palettes qui sillonnent la ville au petit matin pour y distribuer ces biens qui la font vivre. Il y a celle que l’on voit. Ces fourgons blancs vautrés sur les trottoirs ou garés sur les pistes cyclables qui déversent leurs paquets par milliers. Et puis il y a celle que l’on ne veut pas voir. Ces vastes entrepôts qui poussent comme des champignons au bord des échangeurs autoroutiers, témoins d’une transformation de nos modes de vie.

    Car la logistique était un sujet technique cantonné à une poignée de spécialistes et délaissé par les élus comme les marchés. Mais avec l’explosion du commerce en ligne et la crise sanitaire, c’est devenu un sujet politique et un actif immobilier prisé. Car la logistique, ce sont bien sûr des flux, mais aussi des lieux qui sont aujourd’hui engagés dans un double mouvement.

    À l’échelle territoriale, les entrepôts s’écartent des villes. Poussés toujours plus loin par les valeurs d’un foncier qui explosent, mais aussi la faible acceptabilité sociale et politique d’activités jugées — parfois à tort — peu pourvoyeuses d’emploi. Alors les entrepôts partent grandir à la campagne et s’étalent joyeusement dans les champs avec vue sur l’autoroute. Mais la logistique revient aussi en ville, en inventant de nouveaux lieux de proximité qui permettent d’optimiser la livraison du dernier kilomètre et d’amorcer sa décarbonation à coup de cyclologistique.

    Le rejet de la question logistique ne doit pas succéder au dédain, et cet enjeu vital pour le fonctionnement de nos villes ne peut pas se résumer à l’image d’Épinal du beau cycliste qui livre un petit colis à une dame souriante sur le perron de sa maison. La logistique est une infrastructure essentielle où les palettes s’empilent, les poids lourds se succèdent et la surface des entrepôts se mesure en stades de foot. La repousser toujours plus loin de nos yeux, c’est allonger les distances, multiplier les flux de camions entre les entrepôts et la ville et compromettre toute tentative de décarbonation. Alors oui, elle doit cesser de s’étaler, apprendre à préserver les sols et décarboner ses flux. Mais nous devons aussi assumer sa nécessité et planifier ses lieux, dans la ville comme dans sa périphérie. Doit aussi s’ouvrir un autre débat tout aussi essentiel. À quoi sommes-nous prêts à renoncer pour limiter les impacts de notre logistique  ?

    Pour comprendre ces enjeux trop négligé dans les cercles de la fabrique de la ville, j’ai échangé avec Jonathan Sebbane, qui est directeur général de la Sogaris, un acteur clef de la logistique urbaine.

    — Sylvain Grisot (LinkedIn)



    Pour aller plus loin :


    La Sogaris : https://www.sogaris.fr
    Chaire Logistics Cities : https://www.lvmt.fr/en/chaires/logistics-city/
    L’observatoire du e-commerce https://www.ecommercemobilities.com
    Fondation, par Isaac Asimov : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fondation_(Isaac_Asimov)
    Métro 2033 par Dmitri Gloukhovski : https://fr.wikipedia.org/wiki/Métro_2033

    • 52 min
    #103 Claire Escoute · Recul stratégique en Guadeloupe

    #103 Claire Escoute · Recul stratégique en Guadeloupe

    🌊 Reculer face aux vagues

    Face à la montée des risques sur le littoral, l’idée de l’ouvrage insubmersible ne tient plus. Dans certains secteurs, il va falloir laisser la place aux vagues. C’est le « recul stratégique » dont parlent nombre de Powerpoints, mais qui reste un concept théorique dans la plupart des territoires.

    Pourtant certains se frottent au réel, c’est le cas de l’agence des 50 pas géométriques de Guadeloupe. Le littoral y est déjà soumis à des risques naturels importants sans même attendre les impacts du réchauffement climatique. À Petit-Bourg par exemple, le péril est imminent, avec une falaise qui s’effondre et menace plusieurs dizaines de maisons. Il a pourtant fallu plus de dix ans de travail pour déplacer vers l’intérieur des terres une trentaine de ménages, et l’opération n’est pas encore achevée. C’est un travail long et complexe, car fondamentalement humain. Les enjeux juridiques et financiers sont finalement limités, les questions techniques largement maîtrisables, mais comment inciter ces ménages qui vivent avec le risque depuis longtemps à quitter leur maison de famille et la vue sur mer ? Il faut prendre le temps du dialogue malgré l’imminence du péril, et déployer un vrai savoir-faire pour aligner les regards de chacun, faire prendre conscience du risque, trouver des solutions de relogement et imaginer un devenir au site qui fasse consensus avec ceux qui partent comme ceux qui restent. Mais s’il y a beaucoup à apprendre de cette expérience, émerge aussi l’idée que chaque territoire devra trouver sa voie propre pour engager le recul stratégique.

    Si on quitte la Guadeloupe pour élargir le regard aux littoraux menacés, on constate que si les enjeux juridiques et financiers ne sont pas anecdotiques, ils masquent aussi d’autres aspects structurants. D’abord, une mauvaise volonté légitime à quitter des lieux fortement générateurs d’attachements. Ensuite, une forme d’optimisme béat sur l’horizon temporel du risque, qui se reflète dans la valorisation financière importante de biens immobiliers pourtant menacés à court terme. Et enfin, le refus de beaucoup d’élus d’endosser le rôle du porteur de mauvaise nouvelle, et il faut bien faire le constat qu’il n’y a rien à gagner à forcer des gens à déménager.

    Impossible de renoncer à traiter les périls imminents, mais il va nous falloir aussi assumer qu’il n’y aura pas de retrait massif planifié avant que la vague ne touche le littoral, au propre comme au figuré. Il faut accepter que le facteur humain soit au cœur du processus, la trajectoire sera donc chaotique et parsemée de crises, l’important étant désormais de n’en gâcher aucune. Il faut s’y préparer, en anticipant les plans de l’après comme en ouvrant des espaces de débat démocratique locaux sur nos vulnérabilités, pour que la catastrophe devienne le signal attendu du mouvement et l’occasion d’une accélération de l’adaptation.

    Je vous laisse écouter cette semaine le retour d’expérience de Claire Escoute, qui nous raconte le travail réalisé par l’Agence des 50 pas géométriques de la Guadeloupe à Petit-Bourg.



    — Sylvain Grisot



    Pour aller plus loin :


    L’Agence des 50 pas géométrique de Guadeloupe : https://www.50pasguadeloupe.fr
    https://www.youtube.com/watch?v=SXoz8HPZ-PU

    • 39 min
    #102 François Terrien ∙ Emmaüs Angers et le réemploi de matériaux

    #102 François Terrien ∙ Emmaüs Angers et le réemploi de matériaux

    ♻️ Emmaüs Angers et le réemploi de matériaux



    Il y a une trentaine d’années, une communauté Emmaüs s’est installée à Saint-Jean-de-Linières, à une petite dizaine de kilomètres d’Angers. Le site de la communauté est à la fois un lieu de vie pour les compagnons, et un lieu de travail avec un espace de réception et de tri des dons et un espace de vente ouvert au public plusieurs fois par semaine. Au fur et à mesure des années, les espaces de tri, de stockage, et de vente sont devenus trop étroits pour accueillir tous les dons. Les bâtiments étaient mal isolés, dégradant les conditions de travail, et entraînant une consommation accrue d’énergie. La logistique entre les différents espaces était loin d’être optimale, ce qui multipliait les déplacements des dons et augmentait leurs pertes. Bref, il fallait donner un coup de neuf à ce site.

    François Terrien, architecte angevin, a vu dans ce projet une opportunité de mettre en avant le travail d’Emmaüs. Pas question de construire des bâtiments neufs pour une communauté qui valorise le réemploi et le recyclage des objets du quotidien. Le projet doit mettre en avant ces valeurs écologiques, et quoi de mieux que le réemploi de matériaux ? Pour cela l’architecte s’allie avec une association locale, Matière Grise, qui collecte et répertorie les matériaux disponibles.

    Et parce qu’Emmaüs n’est pas juste du réemploi, mais aussi une communauté humaine qui favorise l’insertion de chacun dans la société, le projet a mis en place quatre chantiers participatifs pour donner à ceux qui le voulaient l’occasion d’apprendre de nouvelles compétences.

    La requalification et l'extension du site a simplifié le trajet des dons, et a amélioré les conditions de travail des compagnons et des bénévoles. Les dons arrivent à l’arrière du hangar de tri, où ils sont d’abord catégorisés, avant de passer dans l’espace de tri. Une fois triés, les dons sont stockés puis sont disposés dans les halles de vente, situées devant le hangar.

    L’emblème de ce projet de réemploi participatif est sûrement la façade sud de la nouvelle salle de vente : une mosaïque de fenêtres en bois, de toutes les tailles et de toutes les époques, qui a été construite lors d’un chantier de réinsertion.

    Ce projet prouve qu’avec des acteurs investis, du temps pour chercher des matériaux de réemploi, et de l’imagination pour adapter les plans à la récolte, nous pouvons créer des bâtiments performants, avec un impact carbone inférieur aux bâtiments neufs, pour le même prix. Il est grand temps que le réemploi devienne un réflexe, voire une obligation.

    Si vous voulez en savoir plus sur ce projet, je vous laisse écouter le podcast suivant, dans lequel François nous fait visiter le site et nous explique le projet dans les moindres détails. Bonne écoute !

    Camille Tabart

    • 42 min
    #101 Construction en circuit court · BAT'IPAC

    #101 Construction en circuit court · BAT'IPAC

    Le secteur du bâtiment est le second secteur émetteur de gaz à effet de serre en France. La recherche de nouveaux matériaux moins gourmands en CO2 constitue une réponse pour réduire la facture carbone du secteur. Mais un matériau décarboné l’est-il vraiment s’il est produit à l’autre bout de l'Europe ? L’empreinte carbone liée au transport des matériaux ne doit pas être négligée. Les entreprises doivent ainsi réfléchir non pas seulement à l’innovation en termes de produit, mais également en termes de procédés, pour proposer un maillage territorial diminuant les kilomètres entre lieu de production et lieu d’utilisation.

    Nous sommes allés à la rencontre de BAT'IPAC une entreprise nantaise, qui propose un produit innovant pour répondre aux enjeux de la fabrique de la ville, mais qui a aussi réfléchi à comment diffuser ce produit dans toute la France en essayant de réduire au maximum le nombre de kilomètres parcourus.

    BAT'IPAC, est une société vendant des panneaux isolants en carton. Un matériaux isolant recyclé et recyclable qui s’appuie sur un maillage territorial fin pour l’approvisionnement en matière première, le carton. En effet BAT'IPAC travaille avec une entreprise de recyclage du carton qui a des unités de production partout en France. L’approvisionnement et la production des panneaux isolants se fait au plus proche des lieux d’utilisation, pour cela l’entreprise a développé une ligne de production légère s’appuyant sur les établissements et services d'aide par le travail (ESAT). Ainsi l’entreprise réduit son empreinte carbone tout en permettant à des personnes éloignées du travail de se réinsérer.

    Pour découvrir cette démarche innovante je vous invite à écouter le podcast qui suit. Bonne écoute !

    • 25 min
    #100 Construction en circuit court · Zoïdcity

    #100 Construction en circuit court · Zoïdcity

    Le secteur du bâtiment est le second secteur émetteur de gaz à effet de serre en France. La recherche de nouveaux matériaux moins gourmands en CO2 constitue une réponse pour réduire la facture carbone du secteur. Mais un matériau décarboné l’est-il vraiment s’il est produit à l’autre bout de l'Europe ? L’empreinte carbone liée au transport des matériaux ne doit pas être négligée. Les entreprises doivent ainsi réfléchir non pas seulement à l’innovation en termes de produit, mais également en termes de procédés, pour proposer un maillage territorial diminuant les kilomètres entre lieu de production et lieu d’utilisation.

    Nous sommes allés à la rencontre de ZoïdCity, une entreprise de la métropole nantaise, qui propose un produit innovant pour répondre aux enjeux de la fabrique de la ville, mais qui a aussi réfléchi à comment diffuser ce produit dans toute la France en essayant de réduire au maximum le nombre de kilomètres parcourus.

     ZoïdCity est une société qui propose une solution à la sous-occupation des bâtis et facilite leur réemploi. A la manière des poupées russes, l’idée est de construire dans des enveloppes bâties non-utilisées, des modules en bois : les zoïds. Ainsi pas besoin d’isoler l’intégralité du bâtiment, ou de commencer d’importants travaux de réhabilitation pour réutiliser l’espace et intensifier ses usages. Chacun peut créer un volume adapté à ses besoins avec un ou plusieurs modules, et le modifier à mesure que les usages évoluent. La construction et la modification des zoïds est d’autant plus facile que les plans détaillés sont disponibles en open source sur le site internet de l’entreprise. La société ne vend que les pièces métalliques spécifiques et nécessaires à la structure du bâtiment. Ainsi les zoïds peuvent être construits par les charpentiers locaux avec du bois, seules les pièces métalliques voyagent à travers les territoires.

    Pour découvrir cette démarche innovante je vous invite à écouter le podcast qui suit. Bonne écoute !

    • 25 min

Avis

5,0 sur 5
11 notes

11 notes

Caro modo ,

Excellent Podcast

Des récits passionnants et inspirants de gens qui font la ville, et qui creusent des voies alternatives de l’urbanisme.

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