87 épisodes

Into The Wind, c'est le podcast des marins qui font des phrases.

Dans Into The Wind, les marins prennent le temps de revenir sur leur parcours et se racontent au long cours, depuis leurs débuts et leurs galères jusqu'à la gloire et aux sommets des podiums...
En explorant leurs trajectoires, Into The Wind cherche à comprendre comment se construisent ceux qui vont sur la mer en course, pour une journée, une semaine, un mois ou un trimestre, seul ou en équipage, en baie ou autour du monde.

Les marins, hommes ou femmes, sont souvent de peu de mots. En leur donnant du temps et en les laissant parler, Into The Wind n'a qu'un objectif : prendre le large avec eux.

Into The Wind est animé par Pierre-Yves Lautrou et produit par Tip & Shaft (http://www.tipandshaft.com), le média expert de la voile de compétition. Pour vous abonner, c'est ici : https://www.tipandshaft.com/abonnement

Générique : In Closing - Days Past
© Tip & Shaft 2018-2021, tous droits réservés.

Into The Wind Tip & Shaft

    • Sports
    • 4,9 • 805 notes

Into The Wind, c'est le podcast des marins qui font des phrases.

Dans Into The Wind, les marins prennent le temps de revenir sur leur parcours et se racontent au long cours, depuis leurs débuts et leurs galères jusqu'à la gloire et aux sommets des podiums...
En explorant leurs trajectoires, Into The Wind cherche à comprendre comment se construisent ceux qui vont sur la mer en course, pour une journée, une semaine, un mois ou un trimestre, seul ou en équipage, en baie ou autour du monde.

Les marins, hommes ou femmes, sont souvent de peu de mots. En leur donnant du temps et en les laissant parler, Into The Wind n'a qu'un objectif : prendre le large avec eux.

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Générique : In Closing - Days Past
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    #59 Lalou Roucayrol, le multi et le Médoc dans la peau - 2e partie

    #59 Lalou Roucayrol, le multi et le Médoc dans la peau - 2e partie

    Ce matin-là de printemps, le ciel charrie de lourds grains pluvieux sur l'estuaire de la Gironde tandis que le bac qui relie Royan au Verdon-sur-Mer entame sa manœuvre d'approche. Le temps rappelle les ambiances finistériennes ou morbihannaises qui servent souvent de décors aux enregistrements d'Into The Wind. Mais rien qu'à l'odeur de la forêt et du sable mouillé des dunes qui façonnent l'arrière-plan de la pointe du Médoc, on sent que les repères habituels de nos histoires de marins ont changé.



    Et pourtant, Lalou Roucayrol, que l'on vient visiter dans son fief - et qu'il ne manque pas de nous faire longuement visiter avant de s'asseoir devant le micro - connaît bien la Sailing Valley, dont il fut même - qui s'en souvient ? - l'un des pionniers. Mais à bientôt 58 ans, le Médocain reste plus que jamais attaché à ses racines, installé à quelques kilomètres de la plage où il a appris la voile.

    Fils de marin, il grandit au bord de la Gironde et apprend la voile au début des années 1970 dans le club de voile du Verdon-sur-Mer, où il est toujours licencié. Son père lui construit son premier Optimist et il participe à son premier championnat de France à... 7 ans. Il enchaîne en 420 avec sa sœur, passe à l'Europe (un dériveur solitaire) et s'en va à Marseille, à 14 ans, faire marine marchande en lycée professionnel.

    Il achète un quarter-tonner et navigue sans compter, embarque à la pêche, met de l'argent de côté et, comme beaucoup, se lance dans la Mini-Transat en 1985, à 21 ans, multipliant les métiers pour financer sa course, découvrant au passage le composite. Une expérience "juste incroyable", qui le lance dans le grand bain. Adieu les cargos, il veut faire de la voile son métier : il rentre chez CDK construire Poulain, le premier bateau du chantier, puis devient skipper de Lejaby-Rasurel, un cata de 60 pieds. Cette fois, c'est parti, "un foiler récent et moderne : le rêve absolu", en pleine époque dorée des multicoques.



    Il va, ensuite, enchaîner les courses, en multicoque toujours, prao, F28, 60 pieds, se classant 4e de la Transat Jacques Vabre en 1995. Lalou Roucayrol rejoint alors le team Banque Populaire, devenant équipier de Francis Joyon, skipper en titre à l'époque. Il lui succède en 1999, vivant, lui aussi, la grande épopée des trimarans Orma, et montant sur le podium de l'épique Route du Rhum 2002, où ils ne sont que trois à terminer en multicoque de 60 pieds.



    Il est débarqué deux ans plus tard. Un moment difficile : "Tu perds ton métier, tes amis, mais je ne m'en sors pas trop mal, même s'il a fallu batailler." Il redevient free lance, pour Ellen MacArthur, Yves Parlier, retourne chez CDK, travaille à une mission autour de La Base de Lorient. Et finit, en 2007, par lancer son propre projet en Multi50, construisant son propre 50 pieds dans le Médoc, chez lui. "Je voulais être maître de mon destin en armant mon propre bateau."

    Et ça marche : 4e de la Transat Jacques Vabre en 2007, 3e en 2009, 2e sur le Rhum en 2010, il chavire lors du convoyage retour et doit abandonner son bateau. Trois ans plus tard, il signe avec Arkema après avoir construit son nouveau trimaran, avec lequel il gagne la Route des Princes, se classe 2e du Rhum 2014, 3e de la Jacques Vabre 2015, 1er de la Québec Saint-Malo et 2e de The Transat en 2016, avant de remporter la Transat Jacques Vabre en 2017 avec Alex Pella.



    L'année suivante, il annonce la construction d'un troisième Multi50 aux couleurs d'Arkema, mis à l'eau 2 ans plus tard, après un chavirage rocambolesque dans le Rhum 2018. Parallèlement, sa structure Lalou Multi construit un Mini, un Class40 recyclable, et Lalou s'engage dans la formation de jeunes marins, comme Quentin Vlamynck d'abord, Keni Piperol, ensuite.

    A l'issue de la Transat Jacques Vabre 2021, Lalou Roucayrol annonce se retraite du multicoque, mais pas de la course : son objectif est désormais de participer au prochain tour du mond

    • 3 h 3 min
    #59 Lalou Roucayrol, le multi et le Médoc dans la peau ! - 1ère partie

    #59 Lalou Roucayrol, le multi et le Médoc dans la peau ! - 1ère partie

    Ce matin-là de printemps, le ciel charrie de lourds grains pluvieux sur l'estuaire de la Gironde tandis que le bac qui relie Royan au Verdon-sur-Mer entame sa manœuvre d'approche. Le temps rappelle les ambiances finistériennes ou morbihannaises qui servent souvent de décors aux enregistrements d'Into The Wind. Mais rien qu'à l'odeur de la forêt et du sable mouillé des dunes qui façonnent l'arrière-plan de la pointe du Médoc, on sent que les repères habituels de nos histoires de marins ont changé.



    Et pourtant, Lalou Roucayrol, que l'on vient visiter dans son fief - et qu'il ne manque pas de nous faire longuement visiter avant de s'asseoir devant le micro - connaît bien la Sailing Valley, dont il fut même - qui s'en souvient ? - l'un des pionniers. Mais à bientôt 58 ans, le Médocain reste plus que jamais attaché à ses racines, installé à quelques kilomètres de la plage où il a appris la voile.

    Fils de marin, il grandit au bord de la Gironde et apprend la voile au début des années 1970 dans le club de voile du Verdon-sur-Mer, où il est toujours licencié. Son père lui construit son premier Optimist et il participe à son premier championnat de France à... 7 ans. Il enchaîne en 420 avec sa sœur, passe à l'Europe (un dériveur solitaire) et s'en va à Marseille, à 14 ans, faire marine marchande en lycée professionnel.

    Il achète un quarter-tonner et navigue sans compter, embarque à la pêche, met de l'argent de côté et, comme beaucoup, se lance dans la Mini-Transat en 1985, à 21 ans, multipliant les métiers pour financer sa course, découvrant au passage le composite. Une expérience "juste incroyable", qui le lance dans le grand bain. Adieu les cargos, il veut faire de la voile son métier : il rentre chez CDK construire Poulain, le premier bateau du chantier, puis devient skipper de Lejaby-Rasurel, un cata de 60 pieds. Cette fois, c'est parti, "un foiler récent et moderne : le rêve absolu", en pleine époque dorée des multicoques.



    Il va, ensuite, enchaîner les courses, en multicoque toujours, prao, F28, 60 pieds, se classant 4e de la Transat Jacques Vabre en 1995. Lalou Roucayrol rejoint alors le team Banque Populaire, devenant équipier de Francis Joyon, skipper en titre à l'époque. Il lui succède en 1999, vivant, lui aussi, la grande épopée des trimarans Orma, et montant sur le podium de l'épique Route du Rhum 2002, où ils ne sont que trois à terminer en multicoque de 60 pieds.



    Il est débarqué deux ans plus tard. Un moment difficile : "Tu perds ton métier, tes amis, mais je ne m'en sors pas trop mal, même s'il a fallu batailler." Il redevient free lance, pour Ellen MacArthur, Yves Parlier, retourne chez CDK, travaille à une mission autour de La Base de Lorient. Et finit, en 2007, par lancer son propre projet en Multi50, construisant son propre 50 pieds dans le Médoc, chez lui. "Je voulais être maître de mon destin en armant mon propre bateau."

    Et ça marche : 4e de la Transat Jacques Vabre en 2007, 3e en 2009, 2e sur le Rhum en 2010, il chavire lors du convoyage retour et doit abandonner son bateau. Trois ans plus tard, il signe avec Arkema après avoir construit son nouveau trimaran, avec lequel il gagne la Route des Princes, se classe 2e du Rhum 2014, 3e de la Jacques Vabre 2015, 1er de la Québec Saint-Malo et 2e de The Transat en 2016, avant de remporter la Transat Jacques Vabre en 2017 avec Alex Pella.



    L'année suivante, il annonce la construction d'un troisième Multi50 aux couleurs d'Arkema, mis à l'eau 2 ans plus tard, après un chavirage rocambolesque dans le Rhum 2018. Parallèlement, sa structure Lalou Multi construit un Mini, un Class40 recyclable, et Lalou s'engage dans la formation de jeunes marins, comme Quentin Vlamynck d'abord, Keni Piperol, ensuite.

    A l'issue de la Transat Jacques Vabre 2021, Lalou Roucayrol annonce se retraite du multicoque, mais pas de la course : son objectif est désormais de participer au prochain tour du mond

    • 2 h 13 min
    #58 Isabelle Autissier, la grande dame et la mer

    #58 Isabelle Autissier, la grande dame et la mer

    Il est des noms pas comme les autres ; des noms qui vous rappellent que la voile de course s'écrit parfois à coups de légende ; des noms qui parlent à bien d'autres publics qu'aux seuls voileux ; des noms qui vous incitent à bien relire une dernière fois la petite fiche que vous avez préparée avant de lancer l'enregistrement...



    Le nom d'Isabelle Autissier est de ceux-là. A 65 ans, celle qui reste "la-première-femme-à-avoir-fait-le-tour-du-monde-à-la-voile" - et qui s'amuse de cette étiquette - parle toujours aussi directement de ses multiples vies. Née dans une famille de la bourgeoisie moyenne de la banlieue parisienne, elle découvre la voile grâce à un père qui achète ses bateaux... au BHV. Bercée par les livres de Moitessier et de la saga des Damien, elle acquiert vite la conviction que sa vie sera liée à la mer. Diplômée de l'Agro Rennes, elle s'installe à La Rochelle et travaille pour l'Ifremer. Elle retape un bateau, boucle un tour de l'Atlantique qu'elle termine en solo.



    Elle a 30 ans, n'a jamais fait de compétition, mais le solitaire l'attire : elle s'engage dans la Mini Transat en 1987, qu'elle termine 3e. Elle adore ; sa liberté à elle sera de courir la mer en course. Une Solitaire du Figaro deux ans plus tard pour apprendre, et une évidence : la terre est ronde et boucler le tour du monde - en solitaire, toujours - est la prochaine étape. A l'issue du BOC Challenge 1991, elle devient donc la première femme à réaliser la giration planétaire.



    Cette fois, il s'agit d'arrêter de bricoler et devenir pro, et profiter de cette liberté à plein temps : Isabelle Autissier se lance dans la construction d'un Imoca (association qu'elle fonde en 1991 avec Christophe Auguin), le premier à quille pendulaire. Elle s'aligne dans le BOC Challenge suivant, et vit une odyssée : démâtage dans le Sud, remâtage aux Kerguélen, chavirage dans le Sud de l'Australie sous gréement de fortune puis hélitreuillage entre Noël et le jour de l'An...



    Quelques mois plus tard, elle signe avec PRB pour un bateau neuf et s'aligne dans le Vendée Globe 1996-1997. Une édition épique et tragique : elle perd un safran et doit s'arrêter au Cap, mais repart - "évidemment, j'étais venue faire le tour du monde". Dans le Grand Sud, elle est prise dans une tempête homérique et part à la recherche de Gerry Roufs qui ne répond plus. Elle ne retrouvera pas et doit reprendre sa route, livrant quelques jours plus tard un texte pour Libération qui restera dans les mémoires. Elle termine 24 heurs après le vainqueur, Christophe Auguin ; qu'elle le veuille ou non, la légende Autissier est née.



    Un dernier BOC Challenge - devenu Around Alone - en 1999, où elle chavire, secourue par Giovanni Soldini, une dernière AG2R, en 2000, avec Sidney Gavignet, et Isabelle Autissier se retire de la compétition. Place, désormais, à l'écriture, au voyage et à l'engagement. Un premier ouvrage chez Grasset en 2006 (Kerguelen, le voyageur au pays de l'ombre) et le marin entame sa mue pour devenir écrivain ; un peu moins d'une décennie plus tard, elle se retrouve sur la première liste du Goncourt avec Soudain, seuls.



    En parallèle, elle décide de mettre sa "petite part de notoriété" au service de la cause environnementale, présidant le WWF France pendant une dizaine d'années, sillonnant la France et les conférences internationales pour alerter, avec la franchise habituelle qui est la sienne, sur l'urgence de la situation. "Au Pakistan, il a fait 50 degrés ; à 55 degrés l'homme cuit", rappelle-t-elle.



    Elle continue bien sûr à prendre la mer, chaque été, pendant deux mois. Après l'Antarctique, elle sillonne l'Arctique depuis l'Islande où est basé son bateau. Inutile de chercher à la joindre, le téléphone satellite ne sert que pour recevoir les fichiers météo.



    La liberté sur la mer, encore et toujours.



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    Diffusé le 10 juin 2022

    Générique : In Closing – Days Past

    • 2 h 3 min
    #57 Marc Guillemot, quatre décennies en course - 2e partie

    #57 Marc Guillemot, quatre décennies en course - 2e partie

    Ils ne sont pas nombreux à pouvoir afficher autant de milles au compteur : Marc Guillemot a commencé sa carrière de coureur en 1979, en participant à la Twostar, et se prépare en ce printemps, plus de quatre décennies plus tard, à bientôt 63 ans, à courir... la prochaine Route du Rhum à bord d'un catamaran de course-croisière de 52 pieds ! Une vie entière consacrée à la voile de compétition.

    Natif de Quimper, élevé près de Sainte-Marine par des parents qui naviguent et marqué par La Longue Route de Moitessier, il découvre la régate avec son cousin Bertrand de Broc, avec qui il court sa première transat en double sur le même parcours que la transat anglaise. Il fait la rencontre de Patrick Morvan, qui l'embarque dans l'épopée des Jet Services : constructions, courses, records à la pelle, mais aussi des drames, notamment un chavirage dans les derniers jours de 1985, qui voit Jean Castenet disparaître et Marc Guillemot  être sérieusement amoché - il lui faudra deux années pour s'en remettre.



    S'ensuivent des Solitaires du Figaro - avec plusieurs places dans les 10 -, une Mini-Transat, des étapes de la Whitbread, des AG2R... en ces années du début de la professionnalisation, Marco, comme beaucoup l'appellent, navigue en boulimique.



    Equipier recherché en multicoque, il navigue avec Loïck Peyron et Mike Birch, dont il prend, en 1997, la succession à la barre du trimaran Orma La Trinitaine. Guillemot va connaître la grande époque de l'Orma, en particulier ses grands prix, mais aussi les Transat Jacques Vabre, les Québec Saint-Malo et sa première Route du Rhum, la course qui l'a tant fait rêver 20 ans plus tôt. Il y aura des podiums - beaucoup - des abandons, aussi, et un drame encore : la disparition de Nicolas Florin, équipier sur la Course de l'Europe en 1999.

    Après un passage chez Gitana en 2004, il est choisi par Safran pour courir le Vendée Globe. A 45 ans, c'est une nouvelle page de sa carrière qui s'ouvre, avec la conception d'un Imoca sur plan VPLP-Verdier qui va révolutionner la catégorie ; une troisième place dans un Vendée Globe de légende - édition 2008-2009 - fini sans quille après avoir escorté Yann Eliès gravement blessé ; une victoire dans la Transat Jacques Vabre en 2009 avec Charles Caudrelier ; un second Vendée Globe terminé quelques heures après le départ quand sa quille disparaît au fond de la mer ; un record de l'Atlantique en solo...



    Après une dernière Route du Rhum en 2014 - et un nouveau podium - il conçoit Safran 2, premier Imoca à foils, avec son équipe et doit passer la main au nouveau skipper choisi par le sponsor, Morgan Lagravière. Une fin de contrat difficile pour Marc Guillemot, qui doit licencier une bonne partie de son équipe.



    Il rebondit en organisant le Trophée des Multicoques, en lançant une équipe mixte sur la Solitaire, en naviguant en Class40... et en montant un nouveau projet de Route du Rhum pour 2022. Jamais rassasié. 



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    Diffusé le 3 juin 2022

    Générique : In Closing – Days Past

    Post-production : Julien Badoil/Studio Juno

    • 1h 55 min
    #57 Marc Guillemot, quatre décennies en course - 1ère partie

    #57 Marc Guillemot, quatre décennies en course - 1ère partie

    Ils ne sont pas nombreux à pouvoir afficher autant de milles au compteur : Marc Guillemot a commencé sa carrière de coureur en 1979, en participant à la Twostar, et se prépare en ce printemps, plus de quatre décennies plus tard, à bientôt 63 ans, à courir... la prochaine Route du Rhum à bord d'un catamaran de course-croisière de 52 pieds ! Une vie entière consacrée à la voile de compétition.

    Natif de Quimper, élevé près de Sainte-Marine par des parents qui naviguent et marqué par La Longue Route de Moitessier, il découvre la régate avec son cousin Bertrand de Broc, avec qui il court sa première transat en double sur le même parcours que la transat anglaise. Il fait la rencontre de Patrick Morvan, qui l'embarque dans l'épopée des Jet Services : constructions, courses, records à la pelle, mais aussi des drames, notamment un chavirage dans les derniers jours de 1985, qui voit Jean Castenet disparaître et Marc Guillemot  être sérieusement amoché - il lui faudra deux années pour s'en remettre.



    S'ensuivent des Solitaires du Figaro - avec plusieurs places dans les 10 -, une Mini-Transat, des étapes de la Whitbread, des AG2R... en ces années du début de la professionnalisation, Marco, comme beaucoup l'appellent, navigue en boulimique.



    Equipier recherché en multicoque, il navigue avec Loïck Peyron et Mike Birch, dont il prend, en 1997, la succession à la barre du trimaran Orma La Trinitaine. Guillemot va connaître la grande époque de l'Orma, en particulier ses grands prix, mais aussi les Transat Jacques Vabre, les Québec Saint-Malo et sa première Route du Rhum, la course qui l'a tant fait rêver 20 ans plus tôt. Il y aura des podiums - beaucoup - des abandons, aussi, et un drame encore : la disparition de Nicolas Florin, équipier sur la Course de l'Europe en 1999.

    Après un passage chez Gitana en 2004, il est choisi par Safran pour courir le Vendée Globe. A 45 ans, c'est une nouvelle page de sa carrière qui s'ouvre, avec la conception d'un Imoca sur plan VPLP-Verdier qui va révolutionner la catégorie ; une troisième place dans un Vendée Globe de légende - édition 2008-2009 - fini sans quille après avoir escorté Yann Eliès gravement blessé ; une victoire dans la Transat Jacques Vabre en 2009 avec Charles Caudrelier ; un second Vendée Globe terminé quelques heures après le départ quand sa quille disparaît au fond de la mer ; un record de l'Atlantique en solo...



    Après une dernière Route du Rhum en 2014 - et un nouveau podium - il conçoit Safran 2, premier Imoca à foils, avec son équipe et doit passer la main au nouveau skipper choisi par le sponsor, Morgan Lagravière. Une fin de contrat difficile pour Marc Guillemot, qui doit licencier une bonne partie de son équipe.



    Il rebondit en organisant le Trophée des Multicoques, en lançant une équipe mixte sur la Solitaire, en naviguant en Class40... et en montant un nouveau projet de Route du Rhum pour 2022. Jamais rassasié. 



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    Diffusé le 27 mai 2022

    Générique : In Closing – Days Past

    Post-production : Julien Badoil/Studio Juno

    • 1h 48 min
    #56 Thomas Rouxel, l'équipier discret mais recherché

    #56 Thomas Rouxel, l'équipier discret mais recherché

    Il s'est mis au bateau... pour pouvoir faire de la planche à voile ! Trois décennies plus tard, Thomas Rouxel, 40 ans fin novembre, peut se targuer d'une carrière discrète mais brillante d'équipier recherché, lui qui est désormais le co-skipper de Thomas Coville à bord de Sodebo Ultim 3.

    Des parents restaurateurs à Erquy qui casent les deux frères à l'école de voile pour l'été et c'est parti : Optimist puis Equipe avec son aîné, il enchaîne avec le 420 et c'est le déclic "du jour au lendemain", avec les résultats qui arrivent et emmènent les frères Rouxel au championnat du monde. Pour autant, la vraie passion du jeune Thomas reste... le funboard : "Si on m'avait laissé choisir, je n'aurais fait que de la planche".



    Ils enchaînent avec le 470, s'installent à Brest pour leurs études en fac de sport, deviennent sportifs de haut niveau. Leur avenir olympique est un peu bouché, à cause d'un gabarit "pas idéal du tout", alors le jeune Rouxel glisse presque naturellement vers l'habitable, découvert en parallèle : First Class 8, match racing, Tours de France à la voile, Melges 24... Presque par hasard, il découvre en 2003 le Figaro via le Challenge Crédit Agricole, embarque ensuite avec Benoît Petit et se retrouve en 2006 au départ de sa première Solitaire du Figaro.

    Cinq saisons de Figaro 2 vont faire de lui un figariste qui joue dans le haut du tableau, avec trois places dans les 10 sur la Solitaire, une deuxième place sur le Trophée BPE Belle-ïle Marie-Galante et une victoire, après le déclassement de Nicolas Lunven, sur la Transat Bénodet-Martinique, sans parler d'une cinquième place avec Nicolas Troussel lors de l'AG2R 2010 - "une rencontre qui a beaucoup compté pour moi". Pas mal pour un marin qui, lors de sa première transat, en 2006, avait conclu à son arrivée : "Plus jamais ça !"



    Il est ensuite recruté par Sébastien Josse pour naviguer sur le MOD70 Gitana, et c'est un nouveau déclic : la navigation en multicoque comble le planchiste - et le touche-à-tout - qu'il est toujours. En 2014, c'est au tour de Charles Caudrelier de l'appeler pour embarquer dans l'aventure incroyable du projet Dongfeng, où un petit groupe de marins français se rend en Chine sélectionner des navigants avant de partir autour du monde sur la Volvo Ocean Race - la seule course qui le faisait rêver, ado - pour décrocher une incroyable troisième place.



    Une tentative de trophée Jules Verne en 2015 sur Spindrift et c'est à nouveau Sébastien Josse qui le rappelle pour embarquer sur le tout nouveau Gitana 17 : l'occasion pour "Tom Roux", comme beaucoup le surnomme, d'entrer dans le club très fermé des barreurs d'Ultime. Il signe chez Sodebo quand Gitana se sépare de Sébastien Josse en 2019 et développe sa capacité à voler au large, tout en continuant les piges en Figaro ou en IRC, convaincu, comme nombre de marins, que varier les supports, "c'est bon pour la performance".



    Sans cacher, désormais, ses envies d'un projet à lui en Ocean Fifty... et sans en faire, non plus "une fin en soi" en équipier "épanoui" qu'il est. 



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    Diffusé le 13 mai 2022

    Générique : In Closing – Days Past

    Post-production : Julien Badoil/Studio Juno

    • 2 h 15 min

Avis

4,9 sur 5
805 notes

805 notes

murieldi ,

Merci

Merci pour ce partage d’une tranche de vie et d’une expérience de ténacité dans l’adversité avec humanité abnégation sincérité Bel entretien qui laisse la place à l’invité

clubb ,

Juste le meilleur podcast qui existe !

Incroyable de pouvoir écouter tous ces grands marins raconter leurs histoires !
Des détails et des anecdotes passionnantes.
Merci PY pour ton travail ainsi que pour tes qualités d’interviewer !

Bluewaterman ,

Un podcast dont on ne se lasse jamais !

Je suis Into the wind presque depuis le début, il est donc grand temps de mettre les 5 étoiles largement méritées.
Au fil des épisodes et des rencontres, c’est toujours un grand plaisir d’écouter ce podcast, racontant les parcours de vie de ces hommes et de ces femmes qui font le monde de la voile!
Des interviews bien préparées, de belles histoires, Merci!

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