A la Une de la presse, ce lundi 9 mars, les réactions à la désignation du nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, le fils d’Ali Khamenei. Le spectre d’une "guerre sans fin" au Moyen-Orient, sur fond d’embrasement du conflit. Une bonne nouvelle pour l’audiovisuel public suisse. Et une course… surprenante. Le + : Recevez tous les matins la Revue de presse de France 24 sur votre iPhone ou sur tout autre mobile. Et également toujours sur votre PC en devenant fan sur Facebook… A la Une de la presse, les réactions à la désignation du nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, le fils d’Ali Khamenei. "La légitimité du sang" : Al Akhbar, quotidien libanais proche du Hezbollah voit dans cette nomination "un message de cohésion politique et militaire", selon lequel "le pari américano-israélien visant à déstabiliser le régime ou à paralyser ses capacités n'a pas été couronné de succès". Une nomination saluée par "les mouvements de résistance au Liban, en Irak et au Yémen", d’après Tehran Times, qui publie un photomontage sur le réseau social X du fils auprès de son père, et ne trouve rien à redire à cette transmission familiale du pouvoir, dans un régime qui se targuait d’avoir mis fin à la monarchie héréditaire. "L’Iran au fils de Khamenei": La Repubblica, le quotidien italien, parle d’une "victoire de l’aile dure" des Gardiens de la révolution, incarnée par celui qui fut notamment l’artisan de la réélection frauduleuse d’Ahmadinejad en 2009 et de la répression qui s’ensuivit. "Spectre d'une guerre sans fin" The Times, le quotidien britannique évoque, lui, un signe de "défi" envoyé au président Trump. L’entrée en scène d’un homme de l’ombre, qui a lui-même le sien : Ali Ansari, actuellement en fuite en Turquie, d’après L’Opinion. Le quotidien français, qui évalue le pactole de Mojtaba Khamenei caché à l’étranger à 400 millions d’euros, au moins, raconte comment cet homme d’affaires iranien, propriétaire d’un passeport chypriote depuis 2016, est parvenu à blanchir le patrimoine de Mojtaba Khamenei à-travers une multitude sociétés-écrans basées dans des paradis fiscaux, mais aussi dans des banques ayant pignon sur rue, en Allemagne, en Espagne, en Autriche et à Londres. Mojtaba Khamenei, dont la désignation intervient après dix jours de guerre qui ont embrasé le Moyen-Orient. L’extension du conflit fait planer "le spectre d’une guerre sans fin" - d’où le dessin de Kak pour L’Opinion où Trump promet aux Européens qu’il y en a "pour 4 à 5 semaines" - "on dit ça au début", réplique Poutine. Arab News, quotidien saoudien, rapporte que deux personnes, un Indien et un Bangladais, sont mortes et douze autres, tous Bangladais, blessées, dans la chute, hier, d’un "projectile" sur le site d’une société d’entretien et de nettoyage dans le gouvernorat d’Al-Kharj, tandis que d’autres attaques ont touché les Emirats arabes unis et une usine de désalinisation à Bahrein, provoquant la fureur de la Ligue arabe. "Crime de guerre" israélien au Liban ? La guerre avec l’Iran pourrait aussi provoquer l’ouverture d’un autre front anti-Hezbollah en Syrie, d’après Le Parisien/Aujourd’hui en France, qui fait état de 15 000 soldats déployés par le président Ahmed al-Charaa le long de la frontière syro-libanaise. Au Liban, où une crise humanitaire liée au déplacement de près d’un demi-million de personnes, est redoutée, le pilonnage, vendredi, par l’armée israélienne du village de Nabi Chit, dans l’est du pays, pour retrouver la dépouille d’un pilote disparu il y a quarante ans, a provoqué la mort de 41 personnes, fait 48 blessés, dont une majorité de civils, et viré au fiasco. Libération, qui a retracé la chronologie des faits, indique que "certains aspects" de cette opération "pourraient se rapprocher de la définition d’un crime de guerre", notamment le fait que des soldats israéliens aient porté des uniformes de l’armée libanaise, pour aggraver la confusion et agir plus librement. L’armée israélienne, et des colons ont également tué trois Palestiniens dans un village près de Ramallah, samedi soir, en Cisjordanie. The Guardian, le quotidien britannique, relève que cette attaque meurtrière est la troisième en Cisjordanie en une semaine, "alors que la violence israélienne s'intensifie et que l'attention internationale est focalisée sur la guerre contre l'Iran". "Israël, par le biais de pillards juifs, poursuit l'expulsion progressive des Palestiniens de leurs terres et, ce faisant, pourrait se rendre coupable de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité", condamne Haaretz, le quotidien de gauche israélien. Besoin d’un média public En Suisse, une votation était organisée hier pour une baisse drastique de la redevance, finalement refusée à 62% par les électeurs. Le Temps estime que le rejet de cette proposition de la droite populiste, contre une institution accusée de dérive gauchiste, s’explique en partie, justement, par "le contexte international": "Face à Donald Trump, le chaos et la forte instabilité qu’il provoque, le besoin d’un média public est vif. Prendre le risque de tout détruire alors que le monde tangue? C’était trop", écrit le journal. L’audiovisuel public, également en proie aux assauts de l’Administration Trump, aux Etats-Unis. Le site de NPR indique qu’un tribunal fédéral a jugé illégale, samedi, la décision de l'agence chargée de superviser les médias publics, d'ordonner une réorganisation d’envergure en 2025, qui avait conduit au licenciement de près d’un millier de journalistes de la radio VOA - la "Voix de l’Amérique", lancée en 1942, pour contribuer à la diffusion de la démocratie à-travers le monde. Un mot, pour terminer, d’une course pour le moins surprenante, qui s’est déroulée hier au Royaume-Uni. Alors que des milliers de manifestants étaient mobilisées à-travers la planète, pour la Journée internationale des droits des femmes, The Times rapporte que des dizaines de personnes ont participé à "la course de portage de femmes" - un événement dont la tradition remonterait à un raid viking en 793 sur une île du nord de l’Angleterre, au cours duquel une église fut pillée et plusieurs femmes enlevées. Il s’agit de porter sa compagne sur son dos sur quelques centaines de mètres. The Times précise que presque tous les participants, dont ces gagnants finlandais, ont opté pour ce que l'on appelle la "prise estonienne", la femme à l'envers sur le dos de l'homme, ses jambes serrées autour de son cou. Je ne sais pas ce que vous en pensez; personnellement, ce genre d’épreuve me donnerait plutôt envie de prendre mes jambes… à mon cou. Retrouvez tous les matins sur France 24 la Revue de presse (du lundi au vendredi, à 7h20 et 9h20 heure de Paris). 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