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Tous les jours, du lundi au jeudi, Christophe Dansette et les autres chroniqueurs de France 24 décryptent un grand thème de l’actualité économique en France et à l’étranger. 

  1. 2 DAYS AGO

    Les banques, au cœur de la guerre dans le Golfe

    Après les menaces des Gardiens de la révolution visant des banques et entreprises occidentales dans le Golfe, plusieurs institutions financières internationales ont décidé de fermer temporairement leurs bureaux ou de placer leurs employés en télétravail par mesure de sécurité. Plusieurs grandes institutions financières internationales prennent des mesures de précaution dans le Golfe après les menaces iraniennes de frapper des cibles économiques occidentales, notamment à Dubaï et Abou Dhabi. Le cabinet de conseil PwC a décidé de fermer temporairement plusieurs bureaux dans la région, notamment à Dubaï, Doha, Koweït City et en Arabie saoudite. Deloitte a pris des mesures similaires pour ses équipes basées aux Émirats. Côté bancaire, la banque américaine Citigroup a évacué en urgence une partie de ses bureaux régionaux, tandis que la britannique Standard Chartered a renforcé ses dispositifs de sécurité. Les grandes banques françaises sont elles aussi très présentes dans la région. BNP Paribas, qui compte environ 500 employés dans le Golfe, ainsi que Natixis, Crédit Agricole ou encore Société Générale, ont placé une partie de leurs équipes en télétravail. Hub financier stratégique Ces précautions illustrent l’importance économique de la région. Dubaï est aujourd’hui le principal hub financier du Moyen-Orient avec plus de 8 000 entreprises financières enregistrées. Le secteur financier y génère plus de 70 milliards de dollars de revenus, soit environ 12 à 13 % du PIB de l’émirat. Plus largement, dans les six pays du Conseil de coopération du Golfe, les actifs financiers représentent plus de 3 000 milliards de dollars.

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  2. 3 DAYS AGO

    Pétrole, carburants... quelles stratégies pour se préparer à un choc énergétique ?

    Alors que le détroit d’Ormuz est paralysé et que 20 % du pétrole mondial transite habituellement par cette voie stratégique, plusieurs pays se préparent à un choc énergétique. L'Agence internationale de l'énergie envisage une libération massive de réserves stratégiques, tandis que certains États commencent déjà à rationner le carburant. Selon le Wall Street Journal, l'Agence internationale de l'énergie pourrait libérer une quantité record de pétrole issue des réserves stratégiques de ses 32 États membres. Une décision doit être prise à l'unanimité. Si elle est adoptée, ce serait seulement la troisième fois dans l'histoire après la guerre du Golfe en 1991 et l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, lorsque 182 millions de barils avaient été injectés sur les marchés. Les stocks stratégiques représentent environ 1,2 milliard de barils, soit l'équivalent de quatre mois de consommation pour les pays concernés. En Asie, la crainte de pénuries La fermeture du détroit d'Ormuz inquiète particulièrement l'Asie, destination principale du pétrole qui transite par ce passage stratégique. Plus d'un tiers de ces flux vont vers la Chine, 15 % vers l'Inde, 12 % vers la Corée du Sud et 11 % vers le Japon. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient et pétrole : "On assiste à la plus grave crise énergétique" Dans plusieurs pays émergents, très dépendants des importations, des mesures d'urgence ont déjà été prises : rationnement du carburant au Bangladesh et en Birmanie, télétravail et semaine de quatre jours pour les fonctionnaires aux Philippines. En Europe, l'inquiétude porte surtout sur les prix. Certains pays plafonnent déjà les tarifs ou réduisent les taxes, tandis qu'en France le gouvernement privilégie pour l'instant les contrôles sur les distributeurs.

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  3. 4 DAYS AGO

    L’empire économique de Mojtaba Khamenei, nouveau guide suprême d’Iran

    Alors que la tradition chiite impose une vie austère aux autorités religieuses, plusieurs enquêtes de presse décrivent au contraire un vaste empire financier lié au nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, héritier du système économique construit autour de son père. Selon plusieurs enquêtes du Financial Times, de Bloomberg ou encore de Reuters, le nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei contrôlerait un vaste réseau d’actifs économiques et immobiliers. Au cœur de cet empire figure Setad, un conglomérat créé après la révolution islamique pour gérer les biens confisqués aux partisans du Shah. Avec le temps, cette structure s’est transformée en un gigantesque holding présent dans l’immobilier, la finance, les télécommunications ou encore l’industrie. Une enquête de Reuters estimait déjà en 2013 la valeur de cet empire à près de 95 milliards de dollars d’actifs. Luxe Parallèlement, plusieurs investigations de Bloomberg et du Financial Times évoquent au moins 400 millions d’euros d’actifs immobiliers liés à Mojtaba Khamenei en Europe et en Amérique du Nord. Ces investissements incluent notamment des propriétés à Londres, sur la très exclusive Bishops Avenue, un ancien penthouse de luxe à Toronto, des biens immobiliers à Majorque, une villa à Dubaï ainsi qu’une participation dans un hôtel de luxe à Francfort. Pour contourner les sanctions internationales, ces actifs seraient détenus via un réseau complexe de sociétés offshore enregistrées dans différentes juridictions, notamment à Dubaï, sur l’île de Man ou à Saint-Kitts-et-Nevis, toutes liées à un homme, Ali Ansari, riche oligarque iranien, possédant la nationalité chypriote. Il n'est pas visé par des sanctions européennes pour le moment.

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  4. 3 MAR

    Iran : l'armement au cœur des relations avec ses partenaires russe et chinois

    La Russie et la Chine gardent leur place en coulisses alors que l’Iran est en guerre. Malgré de vives condamnations des bombardements américains et russes contre le régime de Téhéran, ni Moscou ni Pékin n’ont l’intention d’intervenir militairement. En revanche, l’Iran compte – ou a pu compter sur leur soutien en termes d’armement. Entre Moscou et Téhéran, c’est un accord armes contre armes.  Le Financial Times a révélé qu'un accord secret prévoyait la livraison de 500 millions d'euros d'armement russe à Téhéran, étalonnée entre 2027 et 2029, comprenant 500 "Verba" (un système de défense aérienne portable), 2 500 missiles sol-air 9M336 et 500 viseurs nocturnes Mowgli-2.  De son côté, Téhéran fournit la Russie en drones Shahed et en missiles balistiques Fateh-360 que Moscou utilise pour sa guerre contre l’Ukraine. La Chine a elle un accord de type pétrole-contre-armes : elle achète à prix bradé 80 % de ses exportations de pétrole à l’Iran et lui fournit en échange des armes. Depuis deux ans, un accord était en cours de négociation pour que l'Iran achète des missiles supersoniques chinois CM-302. L'accord n’a pas été finalisé avant les bombardements de samedi, mais en novembre, l’armée américain a saisi la cargaison d’un navire en provenance de Chine et à destination de l’Iran contenant des éléments pour aider à rebâtir le stock de missiles iraniens.

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  5. 3 MAR

    Marchés prédictifs et guerre : Polymarket et Kalshi à nouveau dans le viseur

    Polymarket, Kalshi… ces plateformes de "marchés de prédiction" attirent des volumes financiers gigantesques en permettant de miser sur des événements géopolitiques, y compris des frappes ou le sort de dirigeants. Mais après des gains suspects et des contrats liés à la mort d’Ayatollah Khamenei, elles se retrouvent dans le collimateur des régulateurs. Sur les plateformes de marchés prédictifs, on peut littéralement parier sur l’issue d’événements géopolitiques — de dates de frappes militaires à la disparition d’un chef d’État. Dans les jours précédant les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, des utilisateurs ont engrangé des centaines de milliers de dollars sur Polymarket, certains comptes créés juste avant l’opération affichant des gains inédits, alimentant des soupçons de délits d'initiés.  Risques et régulation Aux États-Unis, des élus démocrates ont fustigé ces pratiques, affirmant que laisser parier sur la guerre et la mort de dirigeants peut encourager des comportements immoraux et dangereux, et plaidant pour un encadrement plus strict. Kalshi, qui opère sous la régulation de la CFTC, a annulé certains contrats sensibles et remboursé des clients, au prix de plusieurs millions de dollars, soulignant la fragilité du cadre actuel. En France et en Europe, ces plateformes ne sont pas autorisées : l’Autorité nationale des jeux les considère comme des jeux d’argent illégaux sans licence, et les principaux acteurs sont géobloqués. Malgré cela, certains utilisateurs contournent parfois ces blocages via VPN ou crypto.

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  6. 2 MAR

    Avec l'embrasement au Moyen-Orient, l'économie mondiale est chahutée

    Les bombardements qui secouent le Moyen-Orient depuis samedi ont des effets immédiats sur l'économie globale. Le gaz et le pétrole, largement produits dans la région, voient leurs cours grimper, jusqu'à 50 % pour Dutch TFF, référence européenne du gaz, et des barils de pétrole qui flirtent avec les 80 $. Ces augmentations s'expliquent aussi bien par les bombardements sur les infrastructures d'hydrocarbures que par le blocage des navires pétroliers dans le détroit d'Ormuz. Un baril de pétrole sur cinq dans le monde transite habituellement par cette étroite bande de mer entre la péninsule arabique et l'Iran. Ces navires doivent désormais opérer des détours, mais le canal de Suez, qui ouvre les portes de la Méditerranée, n'est pas une meilleure option. Les responsables houthistes du Yémen, armés par Téhéran, ont prévenu que "les premières frappes auraient lieu prochainement".  L'industrie du tourisme en souffrance L'espace aérien est lui aussi compromis. De nombreux avions sont annulés, laissant des milliers de touristes sans solution de rapatriement alors que les voisins de l'Iran sont visés par les missiles et les drones du régime de Téhéran. L'industrie du tourisme souffre donc elle aussi.  Quant aux bourses européennes et asiatiques, elles ont franchement reculé lundi 2 mars. Wall Street s'en sortait mieux à la clôture, mais si les cours de l'or noir restent hauts, cela devrait se concrétiser par une hausse des produits de consommation qui en dépendent par une reprise de l'inflation et éventuellement des taux directeurs des banques centrales revus à la hausse. La durée et l'intensité du conflit détermineront la puissance de l'effet domino dans l'économie globale.

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  7. 2 MAR

    Guerre Iran-États-Unis/Israël : pétrole, gaz, fret maritime… l’économie mondiale sous tension

    Les marchés scrutent la moindre information en provenance du Golfe : le Brent a bondi puis s’est replié dans une séance très volatile, alors que le détroit d’Ormuz – passage stratégique pour le pétrole, le GNL et une partie des engrais – est de plus en plus évité par les armateurs et les assureurs. L’effet est immédiat… et il se lit d’abord sur les écrans des traders. Avec l’escalade militaire autour de l’Iran, les cours du pétrole se sont envolés puis calmés avant de repartir, au gré des rumeurs de négociations, puis des démentis et des signaux de durcissement. Dans la nuit de dimanche 1ᵉʳ mars à lundi 2 mars, le Brent a pu grimper autour de 82 dollars avant de retomber sous les 80, tandis que le WTI s’est hissé au-dessus des 70 dollars : une forte volatilité donc.  Pourquoi le pétrole réagit-il aussi fort ? Parce que le cœur du problème ne se limite pas aux barils iraniens : il se situe au niveau des routes maritimes. À lire aussiGuerre Israël-Iran : en bloquant le détroit d'Ormuz, Téhéran "signerait son arrêt de mort" L’Iran pèse dans l’équation énergétique mondiale par ses réserves — parmi les toutes premières au monde, selon les données agrégées des grands organismes internationaux — même si sa production et ses exportations sont contraintes par les sanctions. Mais surtout, Téhéran est au contact d’un point de passage vital : le détroit d’Ormuz, un couloir étroit entre l’Iran et Oman. Ormuz : le "goulet" qui fait trembler les marchés En temps normal, environ 20 millions de barils par jour (brut, condensats, produits pétroliers) transitent par Ormuz — soit autour d’un cinquième de la consommation mondiale de pétrole et plus d’un quart du commerce maritime de pétrole. Un flux est massivement destiné à l’Asie : environ 84 % des cargaisons de brut et condensats qui passent par Ormuz prennent cette direction. L’impact dépasse d’ailleurs le pétrole. Ormuz est aussi une artère majeure pour le gaz : en 2024, environ 20 % du commerce mondial de GNL y transite, principalement depuis le Qatar. À lire aussiBlocage du détroit d'Ormuz : quels risques pour les pétroliers et le commerce mondial ? Conséquence très concrète : armateurs et assureurs commencent à se retirer. Plusieurs grandes compagnies maritimes annoncent des détours et des suspensions de passage. Côté assurance, des acteurs majeurs ont signalé des annulations de couvertures "war risk" dans les zones concernées. Détourner, cela veut dire rallonger. En pratique, contourner par le cap de Bonne-Espérance peut ajouter de l’ordre de 10 à 15 jours sur certaines routes, avec des coûts supplémentaires (carburant, disponibilité des navires, délais) qui finissent par se retrouver — partiellement — dans le prix du transport et des marchandises. Un tiers des engrais mondiaux dépendrait de ce passage Enfin, un angle souvent moins visible existe : les engrais. Selon une analyse sectorielle, environ un tiers des engrais mondiaux (ammoniac, soufre, etc.) dépendrait aussi de ce passage. Autrement dit, une crise prolongée à Ormuz peut nourrir un double choc : énergie plus chère… et intrants agricoles plus coûteux. Finalement, tout dépendra d’un facteur : la durée du conflit. Une chute rapide du régime pourrait au contraire faire refluer les cours du pétrole, mais si le conflit s'éternise, la facture se paiera cher : inflation importée via l’énergie, tensions sur le fret, et inquiétudes sur l’approvisionnement en gaz et en intrants agricoles.

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