A la Une de la presse, ce lundi 30 mars, les réactions à la décision de la police israélienne d’empêcher le patriarche latin de Jérusalem d’accéder au Saint-Sépulcre, hier, pour la messe des Rameaux. Le gouvernement israélien critiqué par l’Italie, mais aussi la France, l’Allemagne, et le Royaume-Uni, pour un projet de loi visant à élargir le recours à la peine de mort. Les témoignages d'Iraniens sous les bombes. Et ces expressions que l'on doit à Jean de La Fontaine. Le + : Recevez tous les matins la Revue de presse de France 24 sur votre iPhone ou sur tout autre mobile. Et également toujours sur votre PC en devenant fan sur Facebook… A la Une de la presse, les réactions à la décision de la police israélienne d’empêcher le patriarche latin de Jérusalem d’accéder au Saint-Sépulcre, hier, pour la messe des Rameaux. Cette décision prise officiellement pour des "raisons de sécurité" suscite un déluge de critiques, notamment en Italie. La Repubblica évoque une "interdiction choc", qui a provoqué la "colère" de l’Eglise catholique et du gouvernement italien, avant que le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou ne redonne finalement "un accès total" au cardinal Pierbattista Pizzaballa. Ce dernier est décrit par le journal comme un homme de "dialogue", dont les dernières déclarations ont toutefois été "particulièrement mal accueillies en Israël" - celle concernant l’auto-proclamé "Conseil de paix" trumpien, qualifié d’"opération colonialiste", comme celle affirmant que "la communauté internationale laisse Israël faire à Gaza ce que la Russie ne peut faire en Ukraine". Fait notable, l’interdiction israélienne est critiquée jusque dans les colonnes de la presse de gauche. Il Fatto Quotidiano ironisant sur ces "Joyeuses Pâques de la part de Bibi" Netanyahou. A droite, Il Giornale voit Pâques "crucifié" par le gouvernement israélien, mais accuse la gauche de "surfer sur la polémique pour attaquer Israël". En France, La Croix rappelle que depuis le début de la guerre, et comme à chaque crise, la basilique du Saint-Sépulcre n’accueille plus de public. Mais le journal catholique rapporte que la messe des Rameaux devait se tenir sans assistance - d’où les critiques de l’Eglise qui estime que l’interdiction d’hier constituait "une mesure manifestement déraisonnable et grossièrement disproportionnée". "Il est urgent d'agir" à Gaza Le gouvernement israélien est également critiqué par l’Italie, mais aussi la France, l’Allemagne, et le Royaume-Uni, pour un projet de loi visant à élargir le recours à la peine de mort. Dans une déclaration publiée hier, citée par le Huffington Post, leurs ministres des Affaires étrangères alertent sur le caractère "discriminatoire de fait" de ce texte cherchant à étendre l’application de la peine de mort aux affaires de terrorisme. Selon plusieurs ONG de défense des droits humains, cette loi pourrait en pratique "viser presque exclusivement des Palestiniens". La question du "terrorisme", qui prend un nouveau visage en Israël, avec la montée des violences des colons en Cisjordanie occupée. Le quotidien de gauche Haaretz appelle les responsables de l’Administration Trump à "reconnaître que le gouvernement israélien n'a aucun intérêt à mettre fin (au) terrorisme’ " des colons juifs et à "contraindre Netanyahou à agir avec fermeté et à accélérer les négociations pour une solution à deux États". Arab News cite, lui, l’avertissement des Nations unies sur "les conditions de précarité et de déshumanisation" des Gazaouis. "Il est urgent d'agir. Gaza ne peut supporter un nouveau cycle de trêves temporaires et de vies brisées", interpelle le journal saoudien, plus de cinq mois après la proclamation du "cessez-le-feu". "Colère aveugle" en Iran Des vies brisées de Gaza aux vies brisées d’Iran. A la Une, ce matin, du Guardian, le journal britannique, les témoignages de familles de victimes de l’école de Minab, bombardée le 28 février par l’armée américaine. Sobhan Ahmadi, Arya Bahadori et Zahra Behroozi étaient tous trois élèves de l'école primaire Shajareh Tayyebeh, dont le bombardement a tué au moins 160 enfants et enseignants. Hossein, le père de Zahra raconte avoir a retrouvé sa fille à la morgue. "Elle avait le crâne fracturé ses côtes étaient également enfoncées mais le reste de son corps était intact. Elle était recouverte de poussière. Elle avait huit ans". Après un mois de bombardements, plus de 1 900 personnes ont été tuées et au moins 20 000 autres blessées en Iran. Contactés par téléphone par Le Figaro, des Téhéranais témoignent de leur vie sous les bombes. Maryam raconte qu’elle n’a pas voulu partir. "Ici, il n’y a ni sirène, ni abris (mais) si Téhéran doit disparaître, je disparaîtrai avec elle". Cette photographe dit avoir des proches "qui applaudissent les frappes" et "comprendre leur colère", mais selon elle, "c’est une colère aveugle" car "ni l’Amérique ni Israël, guidés par leurs propres intérêts, n’ont l’intention de libérer les Iraniens". Le journal raconte la répression féroce et la propagande partout, notamment à la télé, où un responsable des Gardiens de la révolution a annoncé la mise en place d’un plan de recrutement d’adolescents "âgés de 12 ans et plus" pour la "défense et la sécurité" du pays. Les leçons de Jean de La Fontaine Un mot, pour terminer, d’un fait-divers surprenant, en France. Libération rapporte que quatre mois de prison avec sursis ont été requis, en fin de semaine dernière à l’encontre d’une Alsacienne poursuivie pour avoir tué un lynx entré dans son jardin. Le félidé s’était attaqué à Marie-Thérèse, une de ses poules - or la loi établit que lorsqu’un animal est attaqué par un autre, l’être humain doit s’écarter. L’accusée dit avoir confondu le lynx avec un "gros chaton". La destruction d’un animal protégé comme le lynx est passible d’une peine plus sévère encore : 3 ans de prison et 150 000 euros d’amende. A la rubrique "bestioles", toujours, dans un registre beaucoup plus plaisant, je vous recommande le papier du Monde sur ces expressions de la langue française qu’on doit au fabuleux fabuliste Jean de La Fontaine. "Rien ne sert de courir, il faut partir à point", "montrer patte blanche" ou encore "la mouche du coche", c’est lui! Une belle invitation à relire Jean de La Fontaine. Et vous, laquelle préférez-vous? "La raison du plus fort est toujours la meilleure" ou "On a souvent besoin d’un plus petit que soi" ? Retrouvez tous les matins sur France 24 la Revue de presse (du lundi au vendredi, à 7h20 et 9h20 heure de Paris). Suivez également tous les week-ends en multidiffusion la Revue des Hebdos.