À LA UNE / Carburants : l’État impuissant ? Alors que les prix de l’essence et du gazole ont dépassé 2 euros le litre en France du fait de la guerre au Moyen-Orient, ce mardi 7 avril, des blocages à l'initiative d'entreprises de travaux publics et de paysages ont eu lieu sur le périphérique nantais. En Corse, les six principaux ports de l'île sont bloqués par des pêcheurs qui demandent la fin de la « spirale mortifère » de l'augmentation du prix des carburants, déjà plus chers sur l'île que sur le continent. Ce même jour, TotalEnergies met fin au plafonnement général des prix de l’essence et du gazole dans ses 3 300 stations françaises. Face à cet enlisement, la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a demandé, le lundi 6 avril, à la veille d’une rencontre entre les syndicats et les ministres de l’Économie, du Travail et de l’Energie, la mise en place d’une « prix maximum à la pompe de 1,70 euro ». Elle enjoint également de limiter les prix de vente des pétroliers, ces derniers « font des marges énormes et des bénéfices records » estiment-elle. Le gouvernement a dit prévoir un nouveau dispositif d’aides pour certaines professions mais la ministre de l’Énergie, Maud Bregeon, a de nouveau rejeté un blocage des prix et repoussé toute « aide universelle ». Or, selon un sondage publié par le HuffPost, 84 % des Français réclament une baisse des taxes sur le carburant. Si l’Espagne a décidé une baisse de la TVA de 21%à 10% et a appelé, aux côtés de l’Autriche, de l’Allemagne etc., l'Europe à mettre en place une taxe sur les bénéfices exceptionnels des entreprises énergétiques, les réponses du gouvernement français sont-elles à la hauteur ? Invités : • Michel Picon, résident de l'Union des entreprises de proximité (U2P) • Bruno Cautrès, enseignant à Sciences Po et chercheur CNRS au Centre de recherches politiques de Sciences Po • Emmanuel Duteil, directeur de la rédaction de L'Usine Nouvelle Chroniques : « Le chiffre du jour » par Fanny Guinochet « Quelle histoire ! » par Olivier Ravanello LA QUESTION QUI FÂCHE / Région Grand Est : l'Alsace demande le divorce Les députés examinent, ce mardi 7 avril, une proposition de loi transpartisane, visant à sortir l’Alsace de la région Grand Est afin d’en faire une région à part entière. Portée par la députée Ensemble pour la République alsacienne Brigitte Klinkert, le texte a été adopté sous un format réduit en commission. Depuis 2021 et la création de la Collectivité européenne d’Alsace (CEA), les deux départements alsaciens (Haut-Rhin et Bas-Rhin) jouissent d’ores et déjà d’un fonctionnement distinct. La PPL prévoit donc que l’Alsace devienne une « collectivité à statut particulier » sur le modèle de la Corse ou de la métropole de Lyon. Si la loi est adoptée, l’Alsace cumulerait alors les compétences de la CEA et celles de la région. « Une simplification du millefeuille territorial » justifiait la députée, Brigitte Klinkert. Cela impliquerait de quitter la région Grand Est, qui depuis la réforme de François Hollande en 2015 regroupe l’Alsace, la Lorraine et la Champagne-Ardenne. Gabriel Attal, président du groupe Ensemble pour la République, fervent soutien de cette réforme, soulignait une « demande très forte des Alsaciens ». De son côté, le président de la région Grand Est, Franck Leroy, appelle à « ne pas défaire ce qu’on a mis dix ans à construire ». Opposés à cette PPL, les socialistes ont déposé une motion de rejet. L’exécutif a, quant-à-lui, fait le choix d’un « avis de sagesse », tout en présentant toutefois un amendement afin de prévoir une consultation des habitants du Grand Est. Entre région autonome ou maintien dans le Grand Est : quel sort prochain pour l’Alsace ? Invités : • Benjamin Morel, constitutionnaliste • Olivier Becht, député « Ensemble pour la République » du Haut-Rhin En duplex : • Peio Dufau, député « Socialistes et apparentés » des Pyrénées-Atlantiques « Bourbon express » par Marco Paumier Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.