Votre marque existe-t-elle encore si l’IA ne la mentionne pas ?Dans ce 151 ème épisode, je vous partage ce que révèle le Baromètre Assistants LLM de Havas Market — Janvier 2026, en 5 points à retenir et un plan d'action à mettre en place.Le nouveau terrain de jeu de la visibilitéImaginez qu’un de vos prospects ouvre ChatGPT ou Gemini et tape : “Quel est le meilleur prestataire pour [votre secteur] ?”. L’outil d’IA génère une réponse. Trois noms apparaissent. Le vôtre n’en fait pas partie. Ce scénario n’est plus hypothétique. Il se produit des millions de fois par jour. Et la troisième édition du Baromètre Assistants LLM, publiée par Havas Market en janvier 2026, permet de comprendre précisément comment Gemini (Google) et ChatGPT (OpenAI) construisent leurs réponses mais aussi quelles marques ils citent. L’étude est solide et porte sur 11 000 réponses analysées, 12 secteurs d’activité et 150 questions par secteur, représentatives des requêtes les plus fréquentes des Français. C’est une radiographie du nouveau paysage de la visibilité. 70 % des sources proviennent des médiasSur ChatGPT, 70 % des sources citées dans les réponses proviennent des médias : presse spécialisée, blogs de référence, sites de comparatifs, plateformes vidéo. Dans certains secteurs comme la technologie, ce chiffre monte même à 90 %. Cela signifie que lorsqu’un utilisateur de ChatGPT pose une question sur votre secteur, l’IA va majoritairement chercher ses réponses dans des contenus éditoriaux. Pas sur votre site corporate. Pas dans vos fiches produits mais dans des articles, des tests, des avis, des tutoriels publiés par des tiers. Pour Gemini, le profil est différent mais tout aussi instructif. Les fabricants et prestataires de services représentent 35 % des sources (en baisse de 11 points par rapport à septembre 2025), les media montent à 29 % et les institutions gagnent du terrain à 22 %. La leçon est double. Chaque assistant IA a sa propre logique de sourcing. Et aucun ne fonctionne comme Google Search, sinon ce serait trop simple ;) Deux outils, deux visions du mondeC’est peut-être l’enseignement le plus stratégique de cette étude. ChatGPT et Gemini ne puisent pas dans les mêmes sources et ne privilégient pas les mêmes types de contenus. Gemini construit un mix relativement équilibré entre contenus de marques, sources institutionnelles et contenus éditoriaux. Il a tendance à s’appuyer sur l’expertise métier et les données officielles. ChatGPT est massivement orienté media. Il privilégie les contenus pédagogiques, comparatifs et grand public. Les institutions y pèsent à peine 5 % et les fabricants 18 %. Ce que cela implique : une marque peut être bien référencée sur un LLM et totalement absente de l’autre. C’est comme si la moitié de vos prospects utilisait un moteur de recherche où vous n’apparaissez pas, sans que vous le sachiez. Une des grandes difficultés sera donc de ressortir sur chaque LLM. Secteur par secteur, les règles du jeu diffèrentEt pour corser encore le tout, l’étude démontre qu’il n’existe pas de stratégie unique pour être visible dans les réponses IA. Chaque secteur a son propre profil de sources. Oui vous avez bien lu. Les secteurs réglementés sont verrouillés par les institutions. En finance, les fabricants et prestataires de services pèsent 50 % et les institutions 40 %. En énergie, les institutions atteignent 60 %. En santé, elles représentent 31 %. Les sites comme service-public.fr, economie.gouv.fr ou ameli.fr y sont des passages obligés. Pour les entreprises de ces secteurs, la crédibilité institutionnelle : certifications, données réglementaires, partenariats publics, devient un critère déterminant pour être sélectionné par les outils d’IA. Les secteurs grand public sont dominés par les media. L’alimentaire affiche 63 % de sources media (cuisineaz.com, marmiton.org, marieclaire.fr). La technologie atteint 63 % également, tirée par Frandroid, Les Numériques, 01net. Le divertissement suit la même tendance. Pour ces secteurs, être cité dans la presse spécialisée et les comparatifs n’est plus un bonus RP, c’est un levier d’acquisition. Les secteurs transactionnels font la part belle aux distributeurs. La mode se distingue avec 43 % de sources liées à l’achat et à la recommandation produit. Le bricolage combine fabricants (37 %) et distributeurs (33 %). L’IA y joue un rôle de guide d’achat. La volatilité des sources : menace ou opportunité ?Un point important : les domaines les plus cités changent d’une édition à l’autre. Dans l’automobile, le top 10 de septembre 2025 (service-public.fr, ornikar.com, envoituresimone.com) n’a quasiment rien à voir avec celui de janvier 2026 (morbihan-auto.com, kidioui.fr, autojm.fr). Même constat en énergie, en immobilier ou en tourisme. Cette instabilité envoie un message clair : les positions dans les réponses des LLM ne sont pas acquises. Contrairement au SEO traditionnel où un site bien établi conserve ses positions pendant des mois, la visibilité IA est dynamique et imprévisible. C’est une menace pour ceux qui pensent que leur notoriété suffit. Mais c’est une fenêtre d’opportunité majeure pour ceux qui s’y prennent maintenant. Les leaders historiques du référencement n’ont pas d’avance structurelle sur ce terrain. Un acteur agile et bien positionné peut prendre des parts de voix rapidement. Les zones blanches de ChatGPTL’étude révèle un angle mort surprenant : dans plusieurs secteurs, ChatGPT ne cite aucune source identifiable. C’est le cas de la beauté, de l’alimentaire et de la santé. Cela signifie que pour des millions d’utilisateurs de ChatGPT qui posent des questions sur ces thématiques, l’IA répond sans s’appuyer sur des sources traçables ou s’appuie sur des sources que l’étude n’a pas pu identifier. Pour les entreprises de ces secteurs, c’est un signal d’alerte. L’IA répond tout de même. Elle recommande même. Mais sans transparence sur les sources, il est quasi impossible d’influencer ce qui est dit. C’est un territoire à conquérir de toute urgence. Le retour en grâce du earned mediaSi les media représentent 70 % des sources de ChatGPT, cela redonne une valeur stratégique considérable à tout ce qui relève du contenu éditorial tiers : articles de presse, tests produits, avis d’experts, contenus de blogs spécialisés, vidéos YouTube pédagogiques. Le schéma classique du marketing digital : publicité payante, SEO, réseaux sociaux, ne couvre pas ce nouveau canal. Les relations presse, le content marketing et les partenariats éditoriaux redeviennent des investissements de premier plan, non pas pour leur impact médiatique traditionnel, mais parce qu’ils alimentent directement les réponses des IA. Un article publié sur un site de référence de votre secteur a désormais une double valeur : sa visibilité propre, et sa probabilité d’être repris dans les réponses d’un assistant IA. Votre plan d’action immédiatL’étude Havas Market n’est pas qu’un constat. Elle dessine trois axes d’action immédiats. Auditer sa visibilité IA dès maintenant. Prenez les 10 questions que vos clients posent le plus souvent. Posez-les à ChatGPT et à Gemini. Notez si votre marque apparaît, en quelle position, et quels concurrents sont cités à votre place. Faites-le régulièrement : les résultats changent vite. Repenser la structure de ses contenus pour les rendre “AI-ready”. Les assistants LLM privilégient les contenus factuels, structurés et sourcés. Les FAQ détaillées, les données chiffrées, les guides pratiques et les comparatifs ont plus de chances d’être captés par les IA que les pages corporate institutionnelles. Le contenu doit répondre aux questions, pas raconter la marque. Investir dans les sources que les IA privilégient dans votre secteur. Si vous êtes dans la tech, visez les Frandroid, Les Numériques, 01net. Si vous êtes dans la finance, assurez-vous d’être présent sur les sites institutionnels et les comparateurs comme meilleurtaux.com ou lafinancepourtous.com. Si vous êtes dans l’alimentaire, les sites de recettes et de conseils pratiques sont vos alliés. En conclusionLe Baromètre Assistants LLM de Havas Market pose une question que chaque entreprise devra se poser en 2026 : quelle est ma stratégie de visibilité dans les réponses de l’IA ? Ce n’est pas une question de demain. C’est une question d’aujourd’hui. Les assistants LLM sont déjà le premier réflexe de millions d’utilisateurs. Et contrairement à Google, ils ne renvoient pas vers 10 liens bleus. Ils donnent une réponse. Avec quelques noms. Si le vôtre n’y est pas, le client ne saura même pas que vous existez. La bonne nouvelle : ce terrain est encore en construction. Les règles ne sont pas figées. Les positions ne sont pas verrouillées. Et ceux qui comprennent maintenant comment fonctionnent ces nouveaux moteurs de recommandation prendront un avantage décisif. 💡 Soutenez le podcast : ✅ Abonnez-vous à DigitalFeeling sur LinkedIn ✅ Rejoignez ma newsletter : substack.com/@elodiechenol ✅ Laissez 5 ⭐ sur Apple Podcasts ou Spotify Ensemble, faisons de vos projets un succès grâce à l’IA générative ! Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.