Pour le 108e épisode de Creative Mood, j’ai reçu Les Louanges, alias Vincent Roberge, pour discuter de son troisième album, Alouette, paru chez Bonsound. Dans cet épisode, on fait une vraie mise à nu, instrument par instrument, à partir des multipistes de « Au pied de la montagne (Sauvez mon âme) » et « Promis juré ». On traverse les arrangements, les textures, les idées, les couches cachées dans les chansons. On écoute aussi plusieurs maquettes, dans leur forme initiale, pour les entendre évoluer jusqu’à leur version finale. Et on termine avec une écoute des deux chansons en intégralité. Mais au-delà de l’exercice musical, cette conversation va beaucoup plus loin. Alouette, c’est un album dense, lucide, chargé. Un album qui regarde son époque en pleine face. Un commentaire social, mais aussi le snapshot d’un moment charnière dans la vie de Vincent : sa quête d’identité, son rapport au Québec, à la masculinité, au deuil, à la création, à la place qu’il occupe comme artiste. Dès « Je confirme ma présence », Vincent met le Québec au complet sur la table : le souper steak, blé d’Inde, patates, le fleuve, la souche, la nouvelle branche. C’est familier, c’est politique, c’est beau, pis criss que c’est real. J’ai été vraiment touché par cette prise de parole-là, parce que je sais à quel point ça peut faire mal de parler d’identité québécoise. En quelques lignes, il parle pas juste d’identité : il demande ce qu’on fait avec l’héritage qu’on traîne, pis ce qu’on a le courage de laisser changer. Ça faisait longtemps que je voulais rencontrer Vincent, que je voulais m’asseoir avec lui pour parler de création. Et je dois dire que cette rencontre est allée au-delà de mes attentes. Elle m’a vraiment marqué. Vincent est arrivé focus, posé, ouvert, avec une vraie envie d’aller au fond des choses. Pas juste de parler de ses chansons, mais de ce qu’elles portent. De ce qu’elles brassent en lui comme autour de lui. On parle aussi de sa rencontre avec sa copine, qui semble l’avoir profondément transformé de bien des façons. Étant fils d’immigrant, avec une identité multiple, en l’occurrence un père turc qui s’exprime principalement en anglais, c’est un lien qui m’a tout de suite interpellé. J’étais curieux de comprendre ce que cette rencontre-là avait déplacé en lui : dans son rapport à lui-même, aux autres, au Québec, à l’identité, à la place qu’il occupe comme homme et comme artiste. Je voulais aussi mieux comprendre les influences de Vincent, particulièrement quand on a parlé de « Au pied de la montagne (Sauvez mon âme) ». On a parlé de Damon Albarn, des Gorillaz, de Parliament-Funkadelic, de Marvin Gaye, de soul des années 70, de funk psychédélique. Des référents que je connais très bien, donc on a pu rentrer dans le détail, faire des liens, suivre les fils. Cette partie-là m’a vraiment permis de mieux comprendre, de mieux entendre sa musique. Je sais pas pour vous, mais moi, après cette conversation-là, je ne pourrai plus jamais écouter Les Louanges de la même façon. Considérant tout ce qui a été abordé durant notre rencontre, cet épisode s’inscrit parmi les plus belles rencontres que j’ai faites à Creative Mood. Une de celles où le processus créatif devient une porte d’entrée vers quelque chose de plus grand : l’époque, l’intime, le doute, le réel. J’espère sincèrement qu’elle va vous toucher autant qu’elle m’a touché. Pour toute chose Creative Mood 🧿 https://linktr.ee/Creative_Mood Pour plonger dans l’univers de Les Louanges 🌱❤️ https://www.instagram.com/lil_louanges En passant voici 3 bonnes raisons de vous abonner à ma chaîne : 👉 Ça me permet de continuer à produire le podcast. 👉 Plus il y a d’abonnés, plus les gens acceptent mon invitation. 👉 Ça rend aussi les partenariats possibles pour financer le projet.