De vive(s) voix

Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine des initiatives en faveur de la francophonie. Une émission consacrée à la langue écrite qui vit, s’adapte, se développe. Mais aussi une émission où la langue parlée, blablatée, tchatchée, déclamée et murmurée aura toute sa place. En compagnie d’historiens, linguistes, traducteurs, artistes… ce nouveau rendez-vous sur RFI sera aussi celui de l’oralité : ce qui est émis, qui est énoncé de vive voix. Théâtre, slam, poésie sonore, contes, traditions orales… Émission présentée par Pascal Paradou, en collaboration avec Cécile Lavolot. Réalisation : Laura Pinto. Et en podcast sur www.rfi.fr. *** Diffusions du lundi au jeudi : à 13h30 TU vers toutes cibles ; 18h30 vers l'Afrique lusophone ; à 22h30 vers l'Afrique haoussa ; du lundi au jeudi à 23h30 vers Malabo/Bata. Le vendredi à 23h30 vers l'Afrique peul & lusophone & Malabo/Bata. Et le dimanche à 15h30 vers l'Afrique peul & lusophone & Malabo/Bata. (Heure de Paris = TU + 2 en grille d'été).

  1. 19 HRS AGO

    Rodney Saint-Éloi, «Fais du feu» : un poème-monde sur le renouveau

    Dans le recueil de poésie Fais du feu, l'auteur Rodney Saint-Eloi fait du feu une obsession.  « Fais du feu » : ainsi, commence et s’achève le recueil de Rodney Saint-Éloi. Une injonction qui résonne comme un mantra, un refrain incantatoire traversant la centaine de poèmes du livre... mais comme si c'était un seul poème.    "Le feu, une fois allumé peut devenir imprévisible".   Détruire pour permettre le renouveau Mais de quel feu parle-t-on ? Chez Saint-Éloi, le feu n’est pas seulement la flamme : il est le recommencement. Il brûle les vieilles peaux, pour rendre possible un départ nouveau. « Le feu nous permet d’enlever toutes les anciennes peaux et de repartir. » Dans ce que nous traversons aujourd’hui, dit-il, il y a urgence à recommencer. Le poème devient alors le foyer de ce renouveau, le lieu où l’on rallume la braise. Un feu qui ramène à l'enfance L’auteur évoque aussi le premier feu, le feu primal, « celui qui a fondé l’humanité en nous ». Il le relie à l’enfance : la mémoire des braises en Haïti, celles des patates douces qu'il faisait cuire dans le feu. Là-bas, le feu est essentiel : là où il y a le feu, il y a la vie, la parole, le lien. Quand le monde s’effondre, quand tout semble s’obscurcir, nous avons besoin de voir une flamme.    Invité : Rodney Saint-Eloi, poète, éditeur et essayiste haïtien-canadien. Né en Haïti, il s’exile au Canada dans les années 2000 et s’installe à Montréal. Il est le fondateur de la maison d’édition Mémoire d’encrier, qui met en avant les voix de la diversité, de la Caraïbe et des Amériques. Son œuvre poétique aborde l’exil, la mémoire, Haïti, la dignité et la résistance. Il est aujourd’hui une figure importante de la littérature francophone contemporaine, à la fois comme auteur et comme passeur de textes.  Fais du feu est publié aux Editions Mémoire d'Encrier. Programmation musicale :  L'artiste Angélique Kidjo avec le titre Hope !

    29 min
  2. 1D AGO

    Festival des accents à Marseille : comment les Jobastres célèbrent les parlers régionaux

    Pendant trois jours, les villes de Marseille et d'Aix-en-Provence vont vivre au rythme des accents grâce au festival des accents.  Les accents sont des marqueurs existentiels, mais ce sont aussi des objets de recherches scientifiques. Le sociolinguiste Médéric Gasquet-Cyrus travaille avec d'autres chercheurs sur le sujet. Ils organisent cette semaine la deuxième édition du festival des accents.  Les accents : un objet de recherche Après Saint-Étienne et son « gaga stéphanois », le festival des accents aura lieu cette année à Marseille, une ville qui concentre une grande diversité d’accents. L’accent « pagnolesque » de Raimu, l’accent dit « jambon », un peu plus bourgeois, l’accent plus populaire des quartiers Nord, ou encore celui de Jul ou de Soprano : tous témoignent de la richesse linguistique marseillaise.    "On ne peut pas comprendre Marseille si on ne comprend pas les accents !" Mais, le festival a pour ambition de mettre tous les accents sur un pied d’égalité. « On parle des accents en général, de la francophonie, mais aussi des accents dans le monde anglophone », précise Médéric Gasquet-Cyrus. Il s’agira d’explorer comment se produisent les accents d’un point de vue phonologique. Il y aura par exemple des machines montrant comment se forment les voyelles nasales. Toute une dimension technique et scientifique des sciences du langage sera ainsi mise en avant. Le duo comique des Jobastres : montrer la diversité des accents et des parlers Hugo Balique et Romain Borelli, alias Balicus et Romano, sont tous les deux issus de familles provençales et se sont rencontrés durant leurs études. Ils ont fondé le duo des Jobastres qui s'est fait connaître sur les réseaux sociaux. Un « jobastre » en parler marseillais, c'est le summum du « fada », c'est celui qui met « sa folie au service d'une cause ». Leur cause à eux, c'est les parlers ! Dans leur sketch, ils s'amusent des différents accents et expressions de diverses régions et organisent des « battles » de régions.  « Il y a longtemps, nous explique Romano, je travaillais en radio mais on me disait de gommer mon accent, de l'arrondir, c'était comme gommer mon identité, je ne savais pas ce qu'était la glottophobie ! » Leur spectacle qui s’appelle En rodage et qui raconte le quotidien de deux collègues avec une bonne dose de caricature ou de « galejade », est une histoire inventée ou exagérée, pour plaisanter. Un véritable art de vivre marseillais !    Invités : Médéric Gasquet-Cyrus, maître de conférences en sociolinguistique et coorganisateur du festival des accents, et le duo des Jobastres avec Romani Borelli et Hugo Balique.  Le festival des accents du 9 au 11 avril à Aix-en-Provence et Marseille.  Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup s'amuse à décortiquer pour nous, les expressions de la langue française. Cette semaine c'est l'expression « Faire le mariole » qu'elle passe à la moulinette. Avec Benjamin Rouxel des éditions Le Robert.   Programmation musicale :  Les artistes Christophe Maé et Francis Cabrel avec le titre La fabrique des rêves.

    29 min
  3. 2D AGO

    Du football féminin aux graffeuses : les conférences drôlement savantes d'Hortense Belhôte

    Le football féminin, les graffeuses ou encore la Révolution française : autant de thèmes que la comédienne Hortense Belhôte distille dans ses conférences-performances qui mêlent savoirs académiques, humour et jeu scénique. Le théâtre de la Bastille propose une anthologie des conférences spectaculaires d'Hortense Belhôte. Il y en a six au total sur des thèmes variés.   Des conférences-spectacles entre savoir, pop culture et humour Hortense Belhôte mêle les références et vulgarise les thèmes avec une culture universitaire traversée par la pop-culture (le rap, les jeux vidéo) mais aussi des références autobiographiques. Elle trouve des liens inattendus entre ces univers. Dans ces conférences, l’humour reste central : car selon elle il « permet de décadrer. C'est un outil de la découverte ». Passionnée par l’histoire de l’art et le théâtre, elle crée ses conférences qui se sont professionnalisées en 2019 lorsque le CDN de Besançon lui passe commande.  Un regard féministe et décolonial pour réécrire l’histoire Ses conférences se veulent également féministes et décoloniales. Elle met un point d'honneur à mettre en avant « des histoires qui ont été minorisées ou tuées ». En 1664, elle revisite un pan de l'Histoire de France. « L'histoire de France m'intéresse mais aussi dans sa connexion aux autres histoires. » Son but : créer des ponts culturels, revisiter les récits dominants et proposer une histoire contemporaine mais vivante.   Invitée : Hortense Belhôte est actrice, autrice et historienne de l’art. Elle est la créatrice de Merci de ne pas Toucher, une websérie Arte réalisée par Cécilia de Arce, qui décrypte les chefs-d'œuvre de l’art classique européen. Comédienne, elle a joué pour le théâtre et le cinéma. Titulaire d’un master 2 en histoire de l’art, elle a enseigné dans des écoles d’art. À la croisée de ses pratiques, elle a créé ses six conférences spectaculaires.  Titulaire d’un master 2 en histoire de l’art, elle a longtemps enseigné dans des écoles de design, de marché de l’art et des universités. À la croisée de ses pratiques, elle s’est créée une forme sur mesure : la conférence spectaculaire, dont le catalogue se déploie au fil des ans. Une histoire du foot féminin tourne depuis 2019 dans des lieux de spectacle et d’éducation ; en 2021 Histoires de Graffeuses voit le jour à la demande du Centre Dramatique National de Besançon ; en 2022 sont créées Performeureuses (une histoire de la performance en danse contemporaine) pour le Théâtre de Vanves, puis Et la marmotte ? (une approche historique et sociologique de la montagne) commande du Centre chorégraphique national de Grenoble et 1664 (déboulonnage en règle de l’absolutisme de Louis XIV) au Centre National de la Danse. En 2023, Portraits de Famille – les oublié.es de la révolution française, produit par L’Espace 1789 de Saint-Ouen et joué au théâtre de l’Atelier à Paris, s’inscrit dans cette vaste relecture patrimoniale au-delà des frontières des arts et des idées reçues. ► A voir au Théâtre de la Bastille jusqu'au 22 avril. Programmation musicale :  L'artiste JeuneCrack avec le titre Jordan4.

    29 min
  4. 3D AGO

    Vivante ! La langue française selon la linguiste Julie Neveux

    Dans son essai, Avec la langue, la linguiste Julie Neveux nous propose une immersion dans le français qu'on parle aujourd'hui.  Avec la langue est le nouveau livre de Julie Neveux, linguiste et autrice qui se passionne pour le français, celui qu’on parle, que ce soit au boulot ou en amour.  Le français parlé v. s. le français écrit Elle fait le distinguo entre le « français écrit » et le « français parlé ». Elle s'intéresse particulièrement à la parole car elle considère que c'est grâce à elle qu'une langue reste vivante. Elle décrypte des expressions en partant parfois de situations ordinaires. « Comment arrive-t-on à parler de la météo, par exemple ? Ce sont des discussions triviales qu'on a avec son prochain et qui permettent d'échanger tout en gardant contact avec son interlocuteur : c'est ce qu'on appelle les conversations phatiques. » Une langue trop normée ? Elle trouve la langue trop normée, la langue de l'écrit et de la grammaire qu'elle appelle la « grammatisation » de la langue. Elle souligne l’ironie qu’il y a à appeler le français « langue de Molière », cet auteur du XVIIᵉ siècle qui s’amusait justement à malmener et à tordre le français.  Le français, une langue plus que vivante !  Elle s'oppose aux puristes qui charrient un discours décliniste, le « tout fout le camp, la langue française est foutue », or elle est persuadée qu’une « nouvelle langue est à venir ». Son livre regorge de nouvelles expressions ou mots tels que « Quoicoubeh ». Elle analyse aussi des mots comme « situationship » : une relation amoureuse, qui ne rentre dans aucune case.  Invitée : Julie Neveux, linguiste, enseignante-chercheuse en linguistique anglaise à Sorbonne. Son dernier ouvrage, Avec la langue est publié aux éditions Grasset.  Et la chronique Ailleurs nous emmène à Lomé, au Togo où l'institut français célèbre le livre et le droit d’auteur tout le mois d'avril avec comme axe principal, la médiation autour du livre.   Programmation musicale : Les artistes Gabi Hartmann et Arat Kilo avec le titre « Les larmes d’un temps passé ».

    29 min
  5. APR 2

    Le Petit Prince a 80 ans : pas une ride et toujours au firmament

    Une rencontre dans le désert: un aviateur dont le moteur d'avion est tombé en panne avec un blondinet vêtu d'une cape verte tout droit descendu d’une minuscule planète, l’astéroïde B 612. Ainsi commence le dernier roman d’Antoine de Saint-Exupéry publié en 1943 et qui connait depuis sa publication, un succès constant.    Le Petit Prince est un conte poétique et philosophique écrit par Antoine de Saint-Exupéry, publié pour la première fois aux États-Unis en 1943, alors que Saint‑Exupéry est en exil à New York pendant la guerre. C'est une commande de ses éditeurs américains.  L'histoire d'une publication Il paraît simultanément en français et en anglais. La première version est écrite à la main. Le texte est destiné à la communauté française exilée, comme lui aux Etats-Unis, mais aussi au public anglo-saxon. Le livre a été un véritable succès de librairie.  Il est publié en France après la disparition de l'auteur, en 1946, après la fin de la Seconde Guerre mondiale. En effet, le livre n’avait pas pu être publié dans la France occupée. Le roman est alors très populaire, Saint-Exupéry étant considéré comme un héros par la population. Près de 700 traductions du Petit Prince C'est à Soleure, en Suisse que Jean-Marc Probst conserve son trésor : des dizaines de milliers d'objets autour du Petit Prince parmi lesquelles toutes les traductions du Petit Prince dans toutes les langues. L’œuvre de Saint-Exupéry est le livre le plus traduit après la Bible et l’œuvre littéraire la plus traduite dans le monde. Jean-Marc Probst a pour objectif « que chacun puisse avoir accès à ce texte dans sa langue maternelle. Nous avons effectué par exemple une traduction en changana, une langue du mozambique grâce au concours de l'Alliance française ».   D'autres traductions en tzonga (une langue principalement parlée en Afrique du Sud et au Mozambique) et en moré ont également été effectuées.  Une traduction en aymara, une langue parlée dans une zone entre le Pérou, la Bolivie, le Chili et l’Argentine a également permis à deux millions de locuteurs de lire Le Petit Prince dans leur langue. Une histoire universelle et un récit d'apprentissage L’histoire débute lorsqu’un aviateur, tombé en panne dans le désert, rencontre un étrange enfant venu d’un autre astéroïde : le Petit Prince. Au fil de leurs échanges, le garçon lui raconte sa vie sur sa petite planète, sa rose, et son voyage à travers différents astéroïdes où il rencontre des « grandes personnes » aux comportements absurdes (roi, vaniteux, buveur, businessman, etc.). À travers un langage simple et des images poétiques, le livre aborde des thèmes profonds : l’amitié, l’amour, la solitude, la perte, le regard d’enfant opposé sur le monde des adultes. C’est une œuvre qui semble destinée aux enfants, mais qui parle aussi au cœur des adultes, rappelant l’importance de l’imagination, de la sincérité et des liens que l’on crée avec les autres.    Invités: - Alban Cerisier, spécialiste d'Antoine de Saint-Exupéry, historien de l’édition et archiviste aux éditions Gallimard. Il a coordonnée la parution du manuscrit original, en fac-similé bien, qui vient de sortir aux éditions Gallimard.  - Jean-Marc Probst, « collectionneur » du Petit Prince. Il est à l'origine du musée du Petit Prince qui a ouvert à Soleure, en Suisse. Programmation musicale :  L'artiste Tété avec le titre « Vertige du seum ».

    29 min
  6. APR 1

    Etienne Ghys : des maths et des lettres

    Dans La Petite Histoire des lettres, le mathématicien Étienne Ghys explore cinq siècles d’évolution typographique, entre art, mathématiques et algorithmes. Une invitation à redécouvrir l’alphabet comme un objet scientifique autant qu’esthétique.  On les lit sans y penser, mais chaque lettre obéit à une géométrie, une hauteur d’x, une ligne de base, des courbes bien dessinées ou délibérément brisées. Dans son livre, l'auteur, nous incite à regarder les lettres, individuellement.  Une fascination pour les lettres Dès son plus jeune âge, Etienne Ghys, est fasciné par les lettres : et pour cause son père était imprimeur. Il regarde les lettres en tant qu'objet géométrique. Etienne Ghys aime les lettres car selon lui « elles incarnent la pensée ».  Il nous apprend, par exemple, que les polices varient en fonction de ce qu'on est en train de lire : les empattement ralentissent la lecture mais permettent qu'elle soit plus approfondie quand les panneaux d'autoroute sont eux lisibleS au premier coup d'oeil. L'imprimeur, c'est l'architecte du langage. La police, une histoire de style ! L'histoire des polices commence avec Gutenberg et l'imprimerie. À l'époque, les Bibles sont écrites et recopiées à la main par des scribes et coûtent cher. L'idée lui vient alors de créer des caractères mobiles en plomb, calqués sur les caractères des scribes pour imprimer et vendre des Bibles à grande échelle et à prix abordable. Une géométrisation des caractères Vient alors l'époque des humanistes et des belles choses ! On va observer les caractères romains gravés dans de vieilles pierres de l'époque romaine avec des lettres travaillées. Des artistes tels que Léonard de Vinci commence à géométriser les lettres comme il le fait dans le livre de mathématiques La Divine proportion de Luca Pacioli dans lequel il illustre les écrits de l'auteur. Puis, vient la série de polices grecques cursives avec des caractères romains, inventés par Claude Garamond qui ont inspiré de nombreuses polices qui portent son nom.  Les choses se sont un peu plus figées un peu plus tard lorsque Colbert demande à l'Académie des Sciences de dessiner une police à la gloire du roi Louis XIV: c'est le "romain du Roi", utilisée par l'imprimerie royale.   Derrière chaque police, une manière de pensée Depuis, les choses évoluent. Chaque pays, impose une écriture de celle du pays, chaque police a une histoire politique. La typographie "Marianne" est une police de caractères dessinée en 2020, à l'usage unique de l'État français.  Certains graphistes inventent des alphabets et fusionnent les lettres, pour rendre l'écriture inclusive. Cette typographie repose sur différents procédés graphiques comme l'entrelacement de lettres    Invité : Etienne Ghys, mathématicien, spécialisé en géométrie. Directeur de recherche émérite au CNRS, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences. Il vient de publier La petite histoire des lettres chez Odile Jacob.      Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup s'amuse à décortiquer pour nous, les expressions de la langue française. Cette semaine c'est l'expression « C'est carré » qu'elle passe à la moulinette. Avec Géraldine Moinard des éditions Le Robert.   Programmation musicale :  L'artiste Jyeuhair avec le titre çA crÉpiTe.

    29 min
  7. MAR 31

    « Kabuliwalla, c'est moi » d'Atiq Rahimi, un roman d'exil entre l'Afghanistan et l'Inde

    Dans son nouveau roman, l'auteur et cinéaste franco-afghan, Atiq Rahimi, raconte l'histoire d'un cinéaste afghan à Kolkata, en Inde, sur le point de se suicider, dévoré par une lassitude existentielle, notamment après un projet de film avorté. Au moment de passer à l'acte, il distingue au loin sur un bateau, une silhouette. Il reconnaît Kabuliwalla lui-même, le personnage qu’il devait filmer, et qu’il n’a pas su incarner. C’est l’histoire d’un homme aujourd’hui qui raconte celle d’un écrivain du passé et de son personnage de la projection de l’un dans l’autre, d’un dédoublement. Une mise en abyme « Kabuliwalla » c'était le terme qu'on donnait aux Afghans qui venaient en Inde pour travailler, à l'époque des Indes britanniques.  Dans « Kabuliwalla, c'est moi », Atiq Rahimi effectue une mise en abyme. Porté par une nouvelle de Rabindranath Tagore, l’écrivain franco-afghan met en scène le destin entrelacé d’un cinéaste et de son protagoniste et réfugiés à Kolkata pour raconter l'exil.  Un roman inspiré par une nouvelle de Rabindranath Tagore Rabindranath Tagore (1861-1941) est un poète, écrivain, philosophe et musicien indien. Il est la première grande figure littéraire asiatique à recevoir le prix Nobel de littérature, en 1913. Né à Calcutta dans une famille bengalie cultivée et engagée, il écrit très tôt poésie, théâtre, nouvelles et essais. Il fait partie des auteurs indiens les plus importants.  Kabuliwalla  - « l'homme de Kaboul »- est le nom d'un personnage tiré d'une nouvelle, Kabuliwallah publiée en 1892 et dans laquelle, Rahmat, un vendeur de fruits secs afghan exilé en Inde rencontre une jeune fille. "L'exilé est toujours dans un sentiment de culpabilité permanente." Atiq Rahimi développe un jeu de miroirs entre lui, l'auteur exilé afghan venu en France, et le vendeur de fruits secs, exilé en Inde.  Invité: Atiq Rahimi, né en 1962 à Kaboul, en Afghanistan est un écrivain, cinéaste et scénariste franco-afghan. Après avoir fui son pays en guerre, il trouve d'abord refuge au Pakistan avant de venir en France dans en 1984. Il étudie l’audiovisuel et commence une carrière de réalisateur de documentaires et de films de fiction. Il se fait d’abord connaître par ses romans écrits en persan, dont Terre et cendres, qui sera adapté au cinéma et présenté au Festival de Cannes. Naturalisé français, il poursuit une œuvre à la croisée de plusieurs langues et cultures, où se mêlent récit intime, histoire politique et mémoire de l’exil.  En 2008, Atiq Rahimi reçoit le prix Goncourt pour Syngué sabour. Pierre de patience, son premier roman écrit directement en français.   Programmation musicale :  L'artiste Camille avec le titre « La terre ».

    29 min
  8. MAR 30

    Printemps des Poètes, la poésie en circulation entre scène, rap et littérature

    Depuis près de 30 ans, le Printemps des poètes organise chaque année des milliers d'évènements dans toute la France et à l'Internationale. Pour cette nouvelle édition, poétesses et poètes d'ici et d'ailleurs célèbreront la Liberté : Force vive, déployée.  Chaque année, le Printemps des poètes célèbre en France et dans quelques villes à l’étranger la vitalité de la poésie et essaye de l’exposer hors des cercles littéraires. Près de cinquante pays y participent chaque année, 500 auteurs y prennent part.    « Remettre la poésie en circulation » Paloma Hermina Hidalgo est philosophe, romancière, actrice, danseuse, poétesse, et secrétaire générale de la manifestation Le Printemps des Poètes 2026. Pour elle, la poésie est une « intensification du langage », une affaire publique et politique. Le festival a pour vocation de remettre la poésie en circulation, de l’arracher à l’« entre-soi ». Pour elle c'est une « intensification du langage », une affaire publique et politique. Le festival a pour vocation à remettre la poésie en circulation, arracher la poésie à cet « entre-soi ».  Son dernier recueil, Féérie, ma perte, est paru en juin 2025 aux Éditions Corlevour. Il se situe entre poésie, théâtre, autobiographie cryptée et conte. Tous ses textes partent d’un matériau autobiographique. Elle considère son écriture comme inclassable, et ce recueil est très marqué par l’oralité. Lémofil, « la poésie a le pouvoir de nous reconnecter à la lecture »  L'artiste Lémofil, poète, slameur. De son vrai prénom Tom, est un artiste émergent de la scène rap française, dont l’approche se distingue par une forte dimension littéraire et scénique. Originaire de Chambon-sur-Lignon, il s’inscrit dans un parcours mêlant littérature, théâtre et musique, ce qui nourrit profondément son rapport à l’écriture et à l’interprétation.  La poésie des mots sert à se réveiller quand on s'endort, de s'emerveiller à nouveau.  À mi-chemin entre rap, poésie et chanson française, son univers puise autant dans l’héritage de Rimbaud ou Césaire que dans celui d’artistes comme Dinos ou Disiz. Ses performances, souvent accompagnées de musiciens. Il a récemment mené une série sur les réseaux sociaux « un poème par jour » dans laquelle il récite des poèmes d'auteurs classiques, mais aussi des poètes plus contemporains.    Et la chronique Ailleurs nous emmène à Karachi, au Pakistan qui célèbre la francophonie en ce mois d'avril 2026. L’Alliance Française de Karachi est présente depuis plus de 60 ans dans le paysage culturel de la ville pakistanaise.  Avec Emmanuel Breurec, directeur de l'Alliance française de Karachi, l'une des trois Alliances Françaises présentes au Pakistan.    Programmation musicale : L'artiste Lémofil avec le titre « L'hiver s'en ira ».

    29 min

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Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine des initiatives en faveur de la francophonie. Une émission consacrée à la langue écrite qui vit, s’adapte, se développe. Mais aussi une émission où la langue parlée, blablatée, tchatchée, déclamée et murmurée aura toute sa place. En compagnie d’historiens, linguistes, traducteurs, artistes… ce nouveau rendez-vous sur RFI sera aussi celui de l’oralité : ce qui est émis, qui est énoncé de vive voix. Théâtre, slam, poésie sonore, contes, traditions orales… Émission présentée par Pascal Paradou, en collaboration avec Cécile Lavolot. Réalisation : Laura Pinto. Et en podcast sur www.rfi.fr. *** Diffusions du lundi au jeudi : à 13h30 TU vers toutes cibles ; 18h30 vers l'Afrique lusophone ; à 22h30 vers l'Afrique haoussa ; du lundi au jeudi à 23h30 vers Malabo/Bata. Le vendredi à 23h30 vers l'Afrique peul & lusophone & Malabo/Bata. Et le dimanche à 15h30 vers l'Afrique peul & lusophone & Malabo/Bata. (Heure de Paris = TU + 2 en grille d'été).

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