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Tous les jours, du lundi au jeudi, Christophe Dansette et les autres chroniqueurs de France 24 décryptent un grand thème de l’actualité économique en France et à l’étranger. 

  1. 10 HRS AGO

    L'Union européenne et l'Australie signent un accord de libre-échange d'ampleur

    Après près de dix ans de négociations, l'Union européenne et l'Australie ont conclu un accord de libre-échange. Un partenariat clé dans un contexte de tensions géopolitiques et de rivalités économiques accrues. L'Union européenne accélère sa stratégie commerciale. Après le Mercosur, l'Inde et l'Indonésie, Bruxelles signe avec Canberra un accord couvrant un marché de 27 millions d'habitants. Au cœur de cet accord, les matières premières critiques. L'Australie est le premier producteur mondial de lithium et un acteur majeur pour le manganèse, la bauxite et l'aluminium, essentiels à la transition énergétique européenne. Dans un monde fragmenté, l'objectif est clair : diversifier ses partenaires et réduire sa dépendance à la Chine. Sécuriser les approvisionnements Au total, 98 à 99 % des droits de douane seront supprimés. L'Union européenne espère économiser près d'un milliard d'euros de taxes par an et générer jusqu'à 4 milliards d'euros de PIB supplémentaires d'ici 2030, en boostant ses exportations industrielles. Des coopérations dans la défense sont également prévues, notamment avec des groupes comme Thales ou Rheinmetall. Mais l'accord reste sensible sur le plan agricole : des quotas limités ont été fixés, notamment 30 600 tonnes de bœuf et 25 000 tonnes d’agneau sans droits de douane. Suffisant pour inquiéter les agriculteurs européens, mais insuffisant pour satisfaire leurs homologues australiens. Le texte doit encore être validé par les États membres et ratifié par les parlements avant d’entrer en vigueur.

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  2. 1D AGO

    Guerre au Moyen-Orient : une facture qui s'envole et inquiète déjà les États-Unis et Israël

    Alors que les opérations militaires se poursuivent, le coût du conflit grimpe à grande vitesse. Entre dépenses directes, pression sur les budgets et tensions industrielles, la soutenabilité financière de la guerre devient un enjeu central pour les États-Unis comme pour Israël. La guerre au Moyen-Orient pourrait devenir l'un des conflits les plus coûteux de ces dernières décennies. L'administration américaine s'apprête à demander une rallonge de 200 milliards de dollars pour son budget de défense, qui franchirait ainsi le seuil symbolique des 1 000 milliards. Selon le Center for Strategic and International Studies, les coûts directs dépassent déjà les 20 milliards de dollars, tirés notamment par l'utilisation massive de missiles et le déploiement permanent de moyens aériens et navals. Une pression croissante sur les finances publiques Mais ces montants ne reflètent qu'une partie de la facture. En intégrant les coûts indirects – intérêts de la dette, soins aux vétérans ou reconstruction – les économistes estiment que la note pourrait atteindre jusqu’à 3 000 milliards de dollars à long terme. Côté israélien, les dépenses s'accélèrent également, avec plus de six milliards d'euros engagés en trois semaines. Cette intensité pose la question de la capacité à tenir dans la durée sans soutien extérieur. Au-delà des finances publiques, le conflit met aussi sous tension les capacités industrielles. Les États-Unis, comme leurs alliés, consomment des quantités importantes de munitions, dans un contexte où les chaînes de production tournent déjà à plein régime. Une situation qui alimente les craintes de pénurie et souligne un déséquilibre croissant entre le coût des systèmes de défense et celui des menaces qu'ils cherchent à neutraliser.

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  3. 6D AGO

    La France lance le chantier de son futur porte-avions

    Emmanuel Macron se rend mercredi sur le site de Naval Group à Indret, près de Nantes, pour officialiser le lancement du futur porte-avions français. Un projet stratégique, militaire mais aussi industriel, appelé à remplacer le Charles-de-Gaulle à l’horizon 2038. C’est un chantier hors norme qui s’ouvre pour l’industrie française. En déplacement à Indret, près de Nantes, Emmanuel Macron doit dévoiler le nom du futur porte-avions de la Marine nationale et lancer officiellement sa construction. Baptisé jusqu’ici PANG (Porte-avions de nouvelle génération), le navire s’annonce comme le plus grand jamais construit en Europe : 310 mètres de long, 78 000 tonnes à pleine charge, soit près du double du Charles-de-Gaulle. Doté d’une propulsion nucléaire, il pourra atteindre 27 nœuds et embarquer une trentaine d’avions de combat, des drones et des hélicoptères. Il sera surtout équipé de catapultes électromagnétiques et de systèmes de combat largement numérisés. Un projet industriel colossal Derrière l’enjeu militaire, c’est toute une filière qui est mobilisée. Le coût du programme est estimé entre 10 et 15 milliards d’euros. Naval Group pilotera le projet, avec les Chantiers de l’Atlantique pour la coque et TechnicAtome pour le nucléaire. Autour d’eux, près de 800 entreprises, dont une large majorité de PME françaises. Au total, ce sont environ 15 000 emplois qui seront mobilisés d'ici 2038, date d'entrée en service du navire. Un investissement massif, critiqué par certains syndicats, mais défendu par l’exécutif comme essentiel à la souveraineté et à la base industrielle de défense française.

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  4. 6D AGO

    Engrais, denrées alimentaires et médicaments bloqués aux portes du détroit d’Ormuz

    Environ un tiers de l'engrais transporté par voie maritime dans le monde transite habituellement par le détroit d'Ormuz. Ces intrants agricoles sont produits en grande partie avec du gaz présent en grande quantité dans la région, faisant des pays du Golfe de grands producteurs. L'urée, engrais azoté le plus riche du marché principalement produit par l'Iran, le Qatar, Oman et l'Arabie saoudite, se trouve aujourd’hui en panne de clients.  Certaines denrées alimentaires passent aussi par le détroit d’Ormuz et elles sont critiques pour les pays du Golfe qui importent jusqu'à 85 % de leurs besoins alimentaires. Avec le blocage du détroit d’Ormuz, le Programme alimentaire mondial de l'ONU redoute que 45 millions de personnes se retrouvent bientôt en insécurité alimentaire. La hausse générale des prix rendrait certaines denrées inaccessibles aux pays les plus pauvres comme le Soudan, qui importe 80 % de son blé et où la famine est déjà présente après trois ans de conflit.  Enfin, de nombreux produits pharmaceutiques sont également bloqués dans le détroit d’Ormuz ou par la fermeture des espaces aériens du Golfe. Dans quelques semaines, les pharmacies risquent de se retrouver en pénurie de génériques. L’Inde, première productrice mondiale, a vu le tarif des expéditions aériennes de médicaments vers l’Europe augmenter avec le prix du pétrole.

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  5. MAR 17

    Fujaïrah ciblé : la stratégie iranienne du chaos économique

    En frappant Fujairah, l’Iran ne vise pas seulement une infrastructure pétrolière. Téhéran cherche à bloquer les rares alternatives au détroit d’Ormuz, par où transite près de 20 % du pétrole mondial. Une stratégie de pression maximale sur les marchés énergétiques. En s’attaquant à Fujairah, l’Iran franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de déstabilisation économique du Golfe. Situé au sud-est du détroit d’Ormuz, cet émirat joue un rôle clé : il permet d’exporter du pétrole sans passer par ce point de passage ultra-stratégique. Grâce à un oléoduc reliant les champs d’Abou Dhabi au terminal de Fujairah, les Émirats arabes unis peuvent y acheminer jusqu’à 1,5 million de barils par jour, voire 1,8 million à pleine capacité, soit près de la moitié de leur production. La suspension des chargements annoncée par ADNOC illustre l’impact immédiat de ces frappes. Un verrouillage progressif des routes pétrolières Au-delà d’Ormuz, l’objectif semble clair : neutraliser toutes les voies alternatives. La seule autre option majeure passe par l’Arabie saoudite, avec le terminal de Yanbu, en mer Rouge. Mais ses capacités restent limitées à court terme, et la zone est elle aussi fragilisée par les tensions sécuritaires. Résultat : le Golfe se transforme progressivement en goulot d’étranglement énergétique, avec des conséquences directes sur les prix du pétrole, repartis à la hausse.

    4 min

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