139 episodes

Deux fois par mois, au micro de Lauren Bastide, écrivaines, artistes, chercheuses et militantes se racontent et prennent le pouls des luttes féministes et antiracistes contemporaines. Un épisode un jeudi sur deux. 
Depuis 2016, la journaliste reçoit dans La Poudre des femmes artistes, militantes ou politiques pour des conversations intimes et profondes qui ont passionné de millions d’auditeurices. Ces récits, enrichis de documentaires événementiels, de tables rondes, et d’analyses par les plus grandes expertes des luttes pour les droits des femmes, en France et dans le monde, forment un tableau captivant de la société à l’heure de la révolution #MeToo. 
La Poudre was created by journalist and feminist activist Lauren Bastide, co-founder of Nouvelles Ecoutes studio, to offer women a safe space to express themselves. In a one-hour long, in-depth conversation, inspirational women artists, activists, scientists and politics talk about themselves, their path and struggles, but also about the incredible times we are living for women’s rights. Many episodes of La Poudre have been recorded or dubbed into English. Search for the 🇬🇧 !

La Poudr‪e‬ Nouvelles Écoutes

    • Society & Culture
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Deux fois par mois, au micro de Lauren Bastide, écrivaines, artistes, chercheuses et militantes se racontent et prennent le pouls des luttes féministes et antiracistes contemporaines. Un épisode un jeudi sur deux. 
Depuis 2016, la journaliste reçoit dans La Poudre des femmes artistes, militantes ou politiques pour des conversations intimes et profondes qui ont passionné de millions d’auditeurices. Ces récits, enrichis de documentaires événementiels, de tables rondes, et d’analyses par les plus grandes expertes des luttes pour les droits des femmes, en France et dans le monde, forment un tableau captivant de la société à l’heure de la révolution #MeToo. 
La Poudre was created by journalist and feminist activist Lauren Bastide, co-founder of Nouvelles Ecoutes studio, to offer women a safe space to express themselves. In a one-hour long, in-depth conversation, inspirational women artists, activists, scientists and politics talk about themselves, their path and struggles, but also about the incredible times we are living for women’s rights. Many episodes of La Poudre have been recorded or dubbed into English. Search for the 🇬🇧 !

    Épisode 89 - Une justice féministe avec Gwenola Ricordeau

    Épisode 89 - Une justice féministe avec Gwenola Ricordeau

    Gwenola Ricordeau, chercheuse et militante pour l’abolition du système pénal, est l’invitée du 89e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de prisons, de victimes et de justice.




    L’édito de Lauren :

    Bon anniversaire tout le monde ! On approche du mois de mars. Ça va faire bientôt un an que nous sommes plus ou moins confiné·e·s, complètement coupé·e·s de notre vie d’avant, celle où on allait boire des coups dans des bars et écouter des gens dans des salles. Cette saison, La Poudre devait se dérouler intégralement dans l’auditorium du Carreau du Temple et j’étais vraiment folle de joie à l’idée de sentir vos présences, vos souffles, vos chaleurs. Alors je suis un peu frustrée. Mais ma petite contrariété n’est pas grand chose comparée à celle des artistes scéniques et en ce moment mon cœur se sert souvent quand je pense à Clara, Yseult, Aloïse, Jeanne, Mélissa et les autres, privé·e·s de leur milieu naturel. Donc je leur envoie un peu d’amour, en passant. Parce que j’ai envie, et c’est comme ça. Enfin voilà on s’adapte et donc ça fait quelques mois que je fais mes conférences sur Zoom. Et y a un bon côté : c’est que je peux parler avec des gens qui sont loin, comme la chercheuse Gwenola Ricordeau qui enseigne en Californie. Et ça c’est une bonne nouvelle. Gwenola Ricordeau est la dernière chercheuse qui m’a retourné le cerveau. À cause d’elle, je ne peux plus lire des phrases comme « la fin de l’impunité » sans ressentir un petit dégoût. À cause d’elle, à chaque fois que je vois le gouvernement répondre aux violences par un durcissement de la répression pénale, je hoche tristement la tête. À cause d’elle, je pense qu’il faut qu’on se débarrasse des prisons, des cours d’assises et de tout ce système pénal, finalement incapable de répondre aux véritables besoins des victimes, ni de protéger quiconque des violences sexistes et sexuelles. Vous allez sortir de cet épisode avec la même certitude, vous verrez, ça fait drôle. 




    Résumé de l’épisode :

    Gwenola Ricordeau est chercheuse et enseignante en justice criminelle. Elle est l’autrice de Pour elles toutes, femmes contre la prison, un essai argumentant sa position pour l’abolition du système pénal, un point de vue rarement partagé dans un certain nombre de courants féministes dominants (13:03). Pourtant, l’intensification du recours au système pénal – rejeton d’une société raciste et patriarcale –, a peu de résultats, des conséquences problématiques et des applications peu réalistes (15:00). Gwenola Ricordeau invite à remettre en cause ce système au lieu de se fonder sur la morale individuelle pour évaluer sa pertinence (17:45) et avance les outils de la justice transformative comme solution pour se concentrer sur les besoins des personnes victimes (20:33). Cette forme alternative de justice est d’ailleurs née au cœur de ces besoins puisqu’elle vient des plus vulnérables et marginalisé·e·s, celleux qui n’ont généralement aucun réel accès à la justice telle qu’elle est rendue actuellement (26:48). Remettre les personnes victimes au centre du processus (29:19) est bien tout l’enjeu de la déconstruction de la justice et de ses fonctionnements selon la chercheuse. Elle a elle-même fait l’expérience du parloir et c’est en partant de là qu’elle s’est intéressée au système pénal, à la prison, puis à l’impact de la prison sur la vie des femmes (35:00). Elles notent ainsi l’incidence directe du fonctionnement d’une société raciste et hétérosexiste sur qui est incarcéré·e, comment, et qui en payent les conséquences (38:01). Elle réfute la naturalisation de ce système (48:57) et appelle de ses vœux sa dissolution plutôt que son énième réforme (53:29).




    Merci à t

    • 1 hr 12 min
    Épisode 88 - Le care avec Sandra Laugier et Najat Vallaud-Belkacem

    Épisode 88 - Le care avec Sandra Laugier et Najat Vallaud-Belkacem

    La philosophe Sandra Laugier et Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre et directrice de l’ONG One en France sont les invitées du 88e épisode de La Poudre, enregistré en live le 10 décembre 2020. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de vulnérabilité, d’interdépendance et de soin.




    L’édito de Lauren :

    L’autre jour quelqu’un m’a dit que La Poudre était moins sexy depuis que je recevais plus de savantEs et moins d’artistes. Ça m’a même pas énervée, parce que c’est pas vrai. Je trouve qu’il n’y a rien de plus excitant, de plus désirable, que la pensée féministe. Personnellement je ressens des frissons d’extase quand on me donne un mot pour nommer une intuition, quand on me déroule une logique qui me fait voir les choses sous un jour nouveau. L’une des notions théoriques qui m’a donné la plus grande jouissance ces dernières années, c’est celle de care. On la croise à peu près partout où l’on essaie de penser le genre. Pour vous en parler, je vous ai chopé LA chercheuse du care en France : Sandra Laugier. Il y en a deux-trois autres que je cite dans l’épisode. Elle a co-écrit, avec Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre, un petit livre captivant : La société des vulnérables. On s’est parlées un soir d’hiver, sur Zoom. Et vous étiez là, et on s’est donné·e·s chaud avec de l’amour et des idées. Et je vous promets, c’était super sexy.




    Résumé de l’épisode :

    Si la crise du Covid a mis un élément en pleine lumière dès le premier confinement, c’est bien la place centrale des enjeux de l’éthique du care et de celles et ceux qui exercent des fonctions s’y rapportant. Le 10 décembre dernier, au micro de Lauren Bastide et en public, Sandra Laugier, l’une des plus importantes penseuses de ce concept féministe en France et Najat Vallaud-Belkacem, directrice France de l’ONG One qui lutte contre l’extrême pauvreté ont décortiqué tout l’apport de cette philosophie à la situation actuelle. Toutes deux déplorent la réaction du gouvernement et sa rhétorique guerrière face à la pandémie (06:00), mais aussi la disparition des femmes de l’espace médiatique, au moment même où leurs rôles sont au cœur de la réponse au virus (08:32). En effet, si nos interdépendances ont été visibilisées de façon flagrante, cette vulnérabilité partagée n’est pas égalitaire : certain·e·s y sont bien plus exposé·e·s que d’autres (10:57). Et sans prisme féministe (14:30) et antiraciste (31:54), impossible de comprendre pourquoi les fonctions les plus essentielles sont aussi les plus dévalorisées et pourquoi les personnes exerçant ces fonctions sont aussi parmi les moins protégées. Ce concept philosophique introduit en France sur la base des travaux de Carol Gilligan grâce à Sandra Laugier, Pascale Molinier ou encore Patricia Paperman (23:15), a mis longtemps avant de trouver sa place comme outil d’analyse dans le champ politique (19:10). Par ailleurs, Vallaud-Belkacem et Sandra Laugier soulignent comment l’obsession de l’universalisme empêche de s’en saisir pleinement en refusant de nommer et visibiliser les inégalités existantes (28:18). Elles relient les enjeux du care à la préoccupation écologique (42:00) et appellent à s’appuyer sur l’expertise citoyenne, celle des femmes et des personnes racisées pour qu’une politique de l’attention et du soin puisse voir le jour (58:15). 




    Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !




    La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes

    Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu

    Programmation, prise de son et coordination : Gaïa Marty

    Mixage : Marion Emerit

    • 1 hr 12 min
    Épisode 87 - La révolution transféministe avec Sam Bourcier

    Épisode 87 - La révolution transféministe avec Sam Bourcier

    Sam Bourcier, activiste queer et penseur transféministe, est l’invité du 87e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, ils ont parlé d’université, de travail et de transféminisme.




    L’édito de Lauren :

    Cet épisode est riche, complexe, fourmillant, peut-être un peu déroutant pour quelqu’un qui n’est pas familier avec la recherche en études de genre et ses textes emblématiques. On y croise en vrac Butler, Foucault, Marx, Cixous, Wittig, Solanas, Deleuze, Preciado. On y entend des expressions un peu impressionnantes comme « féminisme matérialiste », «post-porn », « études genre », « agentivité », « désidentification », « anarcoqueer »... Waouh, j’espère que je ne viens pas de vous dissuader, ça serait dommage. La pensée de Sam Bourcier est un fil, qui s’enroule, se déroule, va et vient, qui boucle, qui boucle encore, bref qui déroute un peu. Mais elle est aussi limpide, joyeuse, éclairante. Faites-moi confiance. Laissez-vous porter par le flot, peut-être bercé·e·s. L’écouter peut être une initiation et vous donner envie d’aller creuser un peu partout. Elle peut aussi allumer en vous une étincelle, qui vous fera voir le monde de façon radicalement différente : le god comme une main, le porno comme une technologie, le genre comme un travail. Bref, de penser queer. Un conseil, suivez La Poudre sur Instagram. Nous allons partager avec vous toutes les références évoquées dans l’épisode. Et préparez-vous pour la suite du programme. Dans La Poudre, c’est Judith Butler elle-même qui poursuivra notre séminaire sur le féminisme et le queer. Restez à l’écoute !




    Résumé de l’épisode :

    Sam Bourcier est un activiste et théoricien queer et transféministe, auteur de certains des textes les plus essentiels de ce champ d’étude en France, comme le recueil Queer Zone. De formation littéraire, il passe entre autres par l’ENS et étend son travail de recherche à l’étude des médias et des objets culturels. C’est la découverte de Gender Trouble de Judith Butler dans une librairie londonienne qui signe son entrée sur le terrain du queer, un concept et un sujet d’étude que la sphère universitaire française continue de tenir à l’écart (06:40). Il a largement œuvré à introduire cette notion et ses ramifications en France, en traduisant notamment Teresa de Lauretis. L’un des autres tournants de son parcours est le visionnage de B***e-moi, le film de Virginie Despentes, qui le mène à la formulation du concept de post-porn pour étudier les rapports de domination sur les corps (25:36). Même s’il appelle aujourd’hui à dépasser Butler (20:00), les premiers outils de définition du genre comme performance apportés par Gender Trouble sont toujours autant d’actualité. Sam Bourcier propose ainsi de s’emparer du pouvoir recelé par cette approche pour faire la grève du genre et dénaturaliser sa mise au travail (33:20). Il met pareillement en garde contre le management de la diversité (38:00) et l’institutionnalisation des luttes débouchant dans certains cas sur l’homonationalisme (40:00). Au drapeau, Sam Bourcier préférera toujours la licorne (48:28). Dans les débats qui agitent les courants féministes aujourd’hui, il rappelle combien culture trans et féminisme sont interdépendants et marchent d’ailleurs main dans la main depuis leurs débuts (43:53). Pour que ces Histoires soient commémorées et transmises, il est engagé depuis de nombreuses années dans la création d’un lieu d’archives LGBT et souhaite des archives vivantes, communautaires, à la portée de tou·te·s (57:50). Ce lieu pour lequel il s’est tant battu deviendra très bientôt, on l’espère, une réalité : le projet vient tout juste d’être voté par la mairie de Paris. 

    Merci à toute l’équipe du Carreau du Temple pour leur a

    • 1 hr 8 min
    Épisode 86 - Dépasser la honte avec Fatima Daas

    Épisode 86 - Dépasser la honte avec Fatima Daas

    La primo-romancière prodige Fatima Daas est l’invitée du 86e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Faïza Guène, d’Annie Ernaux et de Virginie Despentes.




    L’édito de Lauren :

    Il y a des livres qui mettent des claques. Pas seulement aux lectrices et aux lecteurs, individuellement, mais aussi à la société toute entière. La Petite dernière est de ceux-là. Je l’avais reçu au début de l’été dernier, avec sa couverture florale et la critique dithyrambique d’une autrice adulée s’étalant sur le bandeau. Il avait tout pour séduire et je l’ai aussitôt dévoré. C’est un livre qui se lit vite, mais qui se relit et se re-relit. C’est un livre avec lequel on n’en a jamais vraiment fini. J’étais convaincue que la France ne s’en remettrait pas, de ce livre-là. Et ce fut le cas. Fatima Daas a bien mis le bazar avec son récit immensément complexe, composé de mots immensément simples. Je suis heureuse d’avoir pu échanger avec elle quelques mois après la sortie, pour une conversation en forme de bilan mais aussi de perspective.




    Résumé de l’épisode :

    Fatima Daas est l’autrice de La Petite dernière, un court et brillant roman sorti à l’été 2020, si percutant qu’elle sort tout juste la tête du tourbillon médiatique qu’il a engendré (04:50). Un accueil qui présente des similitudes avec celui qu’avait pu connaître Faïza Guène (06:56), entre autres par la volonté de la cantonner aux cases réservées aux écrivain·e·s ayant grandi en banlieue. Des cases qu’elle explose pourtant dans son ouvrage, à coups de phrases météores. Elle se protège aussi de ces raccourcis grâce au personnage qu’elle s’est créé : Fatima Daas est l’héroïne de son roman et son nom de plume, habile esquive pour porter ce récit tout en préservant une certaine distance (11:26). Fatima Daas, personnage comme écrivaine, ont donc en effet grandi à Clichy-sous-bois et l’autrice parle de tout l’amour qu’elle a pour cette ville (14:02). Elle y a été confrontée très jeune aux questions de langues et de langage, à l’impossibilité de dire, leur préférant souvent le silence. C’est une tragédie familiale qui déclenche l’écriture chez elle : elle ne peut parler, elle écrira (19:10). C’est pendant son master de création littéraire que naît le premier jet qui deviendra La Petite dernière (33:22). Entre ses lignes, elle expose une réalité complexe et toute pleine d’intersections, celle d’une jeune femme asthmatique (44:23), lesbienne (20:40) et musulmane (35:48). Elle y décrit la honte sous plusieurs formes, sans chercher à y échapper, une recherche littéraire qu’elle partage avec Annie Ernaux, une écrivaine qu’elle admire (29:17). C’est une autre femme de lettres qui a accompagné de sa plume la parution de son livre : Virginie Despentes. Comme elle, on ne peut qu’admirer le talent de Fatima Daas pour « danser dans une impasse jusqu’à ouvrir une porte là où se dressait un mur » et attendre avec impatience son prochain roman.




    Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! 




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    Mixage : Marion Emerit

    • 47 min
    Épisode 85 - Politiser nos corps avec Bertoulle Beaurebec

    Épisode 85 - Politiser nos corps avec Bertoulle Beaurebec

    Bertoulle Beaurebec, performeuse et autrice, est l’invitée du 85e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de corps, de sexe et de sorcellerie.




    L’édito de Lauren :

    Pour ce premier épisode de 2021, année dans laquelle je mets beaucoup, beaucoup d’espoir, je vous gardais au chaud la voix et la pensée de Bertoulle Beaurebec. La voix du futur. Une femme du futur. On s’est retrouvées toutes les deux dans un nouveau format de La Poudre. Un format un peu improvisé, quelque part entre la conversation et l’interview et qui a eu lieu chez moi, autour d’un thé. Dans cette interview il y a de la chaleur, et des rires. Il y a aussi quelques idées politiques qui vont faire du bien à toutes les méninges. Ah oui, parce qu’en 2021, être abolitionniste, c’est plus possible…




    Résumé de l’épisode :

    Bertoulle Beaurebec est une artiste afroféministe queer et l’autrice du formidable essai « Balance ton corps, manifeste pour le droit des femmes à disposer de leurs corps ». Dans cet essai, son expérience de travailleuse du sexe et performeuse lui sert de point de départ pour porter un regard critique et constructif sur nos rapports à nos corps et à la sexualité. C’est bien en raison de ce parcours particulier que son ouvrage aux ramifications profondément féministes intersectionnelles a été traité de façon sensationnaliste lors de son accueil public (05:51). Elle dénonce ce traitement médiatique, qui bien trop souvent déshumanise les travailleur·euse·s du sexe et dont la conséquence la plus récente est le silence du gouvernement face à leur détresse dans la crise sanitaire actuelle (18:28). Après des débuts en étude d’histoire de l’art, Bertoulle Beaurebec rencontre la scène dans un théâtre érotique en tant qu’effeuilleuse (25:55). Elle y découvre la diversité des corps des performeur·euse·s et la créativité qui en découle, tout comme la sororité qui lie les artistes avec lesquelles elle travaille (36:15). Escort par la suite, elle apprend avec les années à assumer être une s****e, mot qu’elle se réapproprie aujourd’hui avec fierté en soulignant la pudibonderie de la société actuelle (24:50). Selon elle, c’est cette pudibonderie qui empêche la mise en place d’une vraie éducation sexuelle, laissant le porno comme seule ressource (20:38), ce qui n’est ni le rôle ni le but de cette industrie de divertissement. Si elle témoigne des défauts de cette dernière, comme le racisme auquel elle a dû faire face en tant que performeuse, elle rappelle que le porno ne fait qu’exister dans une société elle-même sexiste et raciste, ne reproduisant que les schémas systémiques de l’environnement dans lequel il est créé. Pour sa part, elle joue à présent dans des films porno féministes, faisant la part belle aux enjeux des mouvements sociaux actuels au cœur des œuvres dans lesquelles elle figure (52:27). Elle fait aujourd’hui du rapport à son corps un lieu d’exploration curieuse, intrépide et bienveillante et conçoit des performances où elle transcende son rapport à la douleur et porte son message politique et spirituel au sommet de l’art (42:32).




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    • 1 hr 5 min
    Épisode 84 - La cancel culture avec ContraPoints et Loretta Ross - 🇫🇷

    Épisode 84 - La cancel culture avec ContraPoints et Loretta Ross - 🇫🇷

    This episode of La Poudre was originally recorded in English. To listen to the undubbed version, click here.




    L’immense militante antiraciste et féministe Loretta Ross et la youtubeuse de génie Natalie Wynn créatrice de la chaîne ContraPoints sont les invitées du 84e épisode de La Poudre, enregistré en public sur Zoom le 21 novembre 2020. 




    L’édito de Lauren :

    Cet épisode a été enregistré en novembre 2020 dans le cadre du festival Les Créatives à Genève. Je les adore et je les embrasse. Mes deux invitées sont juste… énormes, en fait. C’est Natalie Wynn, la créatrice de la chaîne YouTube américaine ContraPoints et Loretta Ross, une militante afroféministe pour la justice reproductive absolument mythique. Alors comme c’était long, et compliqué, et – on va pas se mentir – un peu cher de doubler entièrement la rencontre en français, je vous ai fait cette version commentée, où en gros je double mes questions et puis après je vous explique moi-même ce que répondent mes invitées. J’espère que ça vous va. Allez, c’est parti !




    Résumé de l’épisode :

    Au festival des Créatives, les activistes Loretta Ross et Natalie Wynn décortiquent au micro de Lauren Bastide le phénomène complexe de la “cancel culture”. Si le mécanisme de l’humiliation publique ne date pas d’internet et des réseaux sociaux, pour la militante afroféministe et antiraciste chevronnée Loretta Ross, ces derniers accélèrent et amplifient ce phénomène (05:24). Pour Natalie Wynn, créatrice de la chaîne YouTube ContraPoints aux longues vidéos très documentées et articulées, il faut être vigilant·e à bien différencier les différentes formes que peut prendre la “cancel culture” (06:58), entre remise en cause de personnes en position hégémonique dont les carrières sont en réalité rarement menacées (09:32) et ce qu’elle appelle la “cancel culture” horizontale, entre militant·e·s en désaccord (11:42). Toutes deux mettent en garde contre l’essentialisation des personnes et de leurs avis, encouragée par les mécanismes des réseaux sociaux et l’éternel présent d’internet (15:07). Dans ses cours comme dans ses engagements militants, Loretta Ross invite au “call-in” plutôt qu’au “call-out” (22:44) : tenter d’abord d’expliquer avec compassion plutôt que de commencer par une confrontation publique. C’est également une question de stratégie selon Natalie Wynn : personne n’est prêt à écouter lorsqu’attaqué·e frontalement (24:40). Vrai travail émotionnel, elles précisent toutes deux que le “call-in” est un choix, chacun·e est libre d’investir temps et énergie ou de ne pas plonger dans une situation conflictuelle (26:37). Elles reconnaissent que la tentation est grande, et que même elles s’y sont laissées prendre, oubliant parfois les humain·e·s de l’autre côté de l’écran (34:37). Mais les conséquences sont parfois dramatiques pour les militant·e·s visé·e·s, surtout lorsqu’iels n’ont que leur communauté en ligne pour les soutenir, ce qui est souvent le cas dans les sphères militantes, notamment LGBT+ (41:34). Elles appellent à affirmer la diversité d’opinion au sein des mouvements de lutte qui est aussi leur richesse, plutôt qu’à tendre vers une pureté politique aussi inatteignable qu’indésirable (47:22).




    Merci au festival Les Créatives d’avoir rendu cet enregistrement possible.




    Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! 




    La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes

    Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu

    Traduction : Lauren Bastide

    Coordination et prise de son version française : Gaïa Marty

    Mixage : Marion Emerit




    Merci aux box à cuisiner HelloFresh de soutenir La Poudre. Rendez-vous sur hellofresh.fr/lapoudre pour bénéfici

    • 35 min

Customer Reviews

4.9 out of 5
192 Ratings

192 Ratings

marionbo ,

100% intéressant

Comment creuser et s’interroger sur des sujets tellement importants. Merci Lauren pour ta voix douce qui nous transporte et nous donne espoir pour une société meilleure. Des personnes comme toi, il en faut plus!

Emmanuel 111 ,

I love La Poudre!

Thank you for such a great show women needed such a podcast ... and men did too!

Armelle12 ,

La poudre

Une merveille.
Merci Lauren Bastide et ses invitées.

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