PolySécure Podcast

Nicolas-Loïc Fortin et tous les collaborateurs

Podcast francophone sur la cybersécurité. Pour professionels et curieux.

  1. 1d ago

    PME - Résilience et fermeture de crise

    Parce que… c’est l’épisode 0x327! Shameless plug 19 septembre 2026 - Montréal Canada - Bsides Montréal 2026 - Bsides Montréal 2026 22 septembre 2026 - Belgique - BE-Cyber - BE-Cyber 24 au 25 septembre 2026 - Belgique - BruCON - BruCON 1er au 3 octobre 2026 - Krakow, Pologne - AligatorCon - AligatorCon Description Ce troisième et dernier volet de la série consacrée à la gestion de crise en cybersécurité s’attarde sur une question centrale : quand une crise est-elle réellement terminée ? Les invités s’accordent à dire qu’il faut distinguer deux moments bien différents : la gestion de crise proprement dite, et ce qu’ils appellent le « postcrise » ou le « relic » (les séquelles à traiter après coup). Quand la crise prend-elle fin ? Selon les intervenants, la crise se termine dès que l’organisation retrouve sa capacité à remplir sa mission, même en mode dégradé, et non lorsque tout est parfaitement résolu. Autrement dit, l’équipe de gestion de crise peut être allégée dès que le service essentiel peut être rendu à la clientèle — le reste (améliorations, projets de modernisation, correctifs secondaires) relève d’une phase ultérieure, distincte, et ne doit pas maintenir artificiellement l’organisation en « mode crise ». L’exemple de la pandémie de COVID-19 illustre bien ce piège : la véritable urgence (déployer le télétravail, fournir les équipements) n’a duré que trois semaines, mais certaines entreprises sont restées en « gestion de crise » pendant un an, confondant ajustements mineurs (port du masque, plexiglas) et véritable état de crise. Pour structurer les priorités pendant l’incident, un cadre à quatre niveaux est proposé : ce qui doit être réglé en 5-6 heures, ce qui doit l’être en 24 heures, ce qui relève du meilleur effort, et enfin ce qui devient un projet à part entière — souvent les nombreuses lacunes découvertes en cours de route, qui n’empêchent pas la reprise du service et peuvent donc attendre. L’impact humain, trop souvent négligé Une grande partie de la discussion porte sur les conséquences humaines, qui persistent bien après le retour du service. Deux effets majeurs touchent particulièrement les équipes TI : La surcharge de travail : reconstruction des données saisies manuellement pendant la panne, remise en état des systèmes non prioritaires laissés de côté, rattrapage du travail courant — tout cela s’ajoute au quotidien normal une fois la crise « officiellement » terminée. L’impact psychologique : les employés directement mobilisés vivent un choc parfois comparé à une agression personnelle, avec des effets pouvant relever du stress post-traumatique. Ceux qui ont été mis à l’arrêt pendant la crise peuvent aussi développer un sentiment d’inutilité. Un constat frappant revient : dans les semaines ou mois suivant une cyberattaque, certaines équipes TI perdent jusqu’à la moitié de leurs effectifs, soit par épuisement professionnel, soit à cause d’une gestion jugée catastrophique par les employés (par exemple, laisser les ressources humaines gérer seules les questions de rémunération pendant l’incident, sans communication claire de la direction). Les intervenants notent aussi un phénomène de cohésion : les équipes soudées dans l’urgence, en mode quasi militaire, ne sont pas toutes faites pour ce rythme, et un accompagnement post-crise — prendre le temps de vérifier comment chacun va, plutôt que de tourner la page trop vite — est jugé essentiel pour éviter les cicatrices durables. Retour à la normale : un concept à nuancer Le retour à la normale ne concerne, au fond, que le service rendu — pas les personnes qui l’ont vécu. Certains systèmes ou services jugés peu utiles ne sont d’ailleurs jamais relancés après une attaque, ce qui produit un effet de « ménage » parfois positif (vieux serveurs obsolètes abandonnés, par exemple). Mais du côté humain, il n’existe pas vraiment de retour en arrière : l’expérience laisse une trace durable chez les personnes impliquées. Ce vécu, bien que douloureux, comporte un avantage : une organisation qui a traversé une première cyberattaque sait mieux à quoi s’attendre. Les statistiques évoquées (à prendre avec prudence, précisent les invités) suggèrent qu’une entreprise déjà attaquée a de bonnes chances de l’être à nouveau dans les 12 à 24 mois suivants. D’où l’importance cruciale du retour d’expérience post-incident, souvent négligé par fatigue ou lassitude, alors qu’il permet de transformer une expérience coûteuse en amélioration réelle des procédures. Communication et leadership : les vrais facteurs de survie Deux facteurs reviennent comme déterminants pour la survie de l’entreprise après une cyberattaque : La communication. Une mauvaise communication de crise peut faire plus de dégâts que l’attaque elle-même. L’exemple cité d’une entreprise manufacturière ayant menti à ses clients et fournisseurs, et ayant fini par faire faillite un an plus tard malgré une reprise technique réussie, illustre ce point : la confiance perdue peut coûter plus cher que les données perdues. Le leadership. Un bon leader de crise doit projeter le contrôle même sous stress, savoir demander de l’aide extérieure sans hésiter, et surtout — point jugé le plus important — reconnaître ses propres limites et passer le relais si nécessaire. Un leader excellent en simulation peut s’effondrer en situation réelle pour des raisons personnelles imprévisibles ; l’humilité de céder sa place au bon moment est présentée comme la véritable marque du leadership. Ce leadership se construit d’ailleurs dès la phase de préparation, bien avant que la crise ne survienne, et continue de s’exercer après la résolution technique, notamment pour accompagner les équipes humaines vers la suite. En résumé Le message central de cet épisode : la fin technique d’une crise n’est pas la fin de la crise elle-même. Une gestion de crise réussie ne se mesure pas seulement à la vitesse de reprise des systèmes, mais à la façon dont l’organisation prend soin de ses équipes, communique honnêtement avec ses parties prenantes, et capitalise sur l’expérience vécue pour être mieux préparée la prochaine fois. Collaborateurs Nicolas-Loïc Fortin Dominique Derrier Cyndie Feltz Alexandre Fournier Nicholas Milot Crédits Montage par Intrasecure inc Locaux virtuels par Riverside.fm

  2. 2d ago

    Actu - 02 août 2026

    Parce que… c’est l’épisode 0x326! Shameless plug 19 septembre 2026 - Montréal Canada - Bsides Montréal 2026 - Bsides Montréal 2026 22 septembre 2026 - Belgique - BE-Cyber - BE-Cyber 24 au 25 septembre 2026 - Belgique - BruCON - BruCON 1er au 3 octobre 2026 - Krakow, Pologne - AligatorCon - AligatorCon Notes IA ou Ghost in the shell A l’ère du marketing du Terminator Lessons from the OpenAI/HuggingFace AI Security Incident Anatomy of a Frontier Lab Agent Intrusion: A Technical Timeline of the July 2026 Incident Anthropic and OpenAI are competing to see whose agents can go rogue harder Anthropic Says Claude Hacked Into 3 Organizations During Cybersecurity Tests Anthropic’s Claude escaped test sandbox to attack three organizations Claude published malicious code to the Internet and attacked 3 real companies Cyber-Capable AI Agents: Vulnerabilities, Evaluation Containment, and Defensive Response Hugging Face Breach Raises Hard Questions on Liability Tailscale in the Hugging Face intrusion: The good news and the bad news The OpenAI and Anthropic AI Hacking Sprees Are a Messy New Legal Frontier What the Hugging Face breach reveals about defense in the age of agentic AI When AI Agents Escape Sandboxes, Old Security Rules Apply OpenAI Agent Used Exposed Credentials Across Four Services During Hugging Face Breach OpenAI says its rogue AI tried to hack other companies OpenAI’s Hacking Debacle Comes Down to Human Error OpenAI’s rogue agent shows why we need federal rules for autonomous AI OpenAI’s Rogue AI Agent Hacked More Than Just Hugging Face JFrog tries to spin OpenAI 0-day exploit of its app into a success story Investigating three real-world incidents in our cybersecurity evaluations Petite autonomie Hacker uses DeepSeek AI to autonomously attack vulnerable servers Autonomie virale Copilot worm can spread through Microsoft Word docs Context Collapse, Part 3 - AI Worming through Word Casser la glace AI-assisted security tools are finding more bugs, but the threat level has not changed Anthropic is finding bugs faster than Microsoft can fix them Chrome Needs Twice-a-Week Patching Thanks to AI Bug Hunting Claude Mythos Preview Discovers Cryptographic Weaknesses That Human Experts Missed for Years Some thoughts about Anthropic’s new cryptanalysis results – A Few Thoughts on Cryptographic Engineering Nu est le problème Elon Musk’s xAI is trying to sue its way out of a Grok reckoning Hugging Face Has a Deepfake Nudes Problem High school defends staying silent while boys made AI nudes of 59 classmates Pas si libre Closed models refuse to help researcher swat Linux bug Tech giants link hands to praise open AI models after OpenAI - Hugging Face attack Industry Leaders Join Open Secure AI Alliance for AI Safety and Security Jensen Huang’s first-ever post on X is in defense of open access to AI models, alongside Google, OpenAI, and Meta A Fundamental Flaw Leaves LLMs Strikingly Vulnerable To Attack Google Earth risked ruin with retracted AI tool for making fake satellite pics How platform engineering 2.0 mitigates AI security and compliance risks Microsoft’s solution to AI security: more AI and more acronyms Private Claude Chats Exposed in Google and Bing Search Results Professor’s invisible prompt trap catches 32 students cheating on their midterm with AI La guerre, la guerre, c’est pas une raison pour se faire mal! En eau trouble A Leaked Memo Ties Cyberattacks on Minnesota Water Utilities to Iran CISA warns of spike in attacks on water systems as Minnesota incidents probed Hackers Targeted Municipal Water Systems In 7 States This Week, FBI Says Trump blames Minnesota for cyberattacks on water sector, drawing pushback from cyber world How Pro-Iran Hacktivist Networks Mobilize During Kinetic Conflict Souveraineté ou vive le numérique libre! Trump Administration Bans New Chinese Humanoid Robots Pluralistic: How the EU can punish Google (despite Trump) Privacy ou cachez ces informations que je ne saurais voir What the Flock ‘I Would Never Do This To You:’ Protesting Flock, Arizona Man Presents Plan to Surveil Government Officials Flock Cameras Are Being Destroyed Across the US Apple’s smart glasses are running late because they don’t want to stir a privacy storm DEF CON bans Meta-style ‘pervert glasses’ FTC sues Hims & Hers for allegedly sharing patient information with third-party platforms GrapheneOS Defends Data-Wiping Function That Blocked US Border Search Measuring Healthcare Data Leaks and Security Flaws at Internet Scale OTI - Le lien à usage unique que les bots ne crament plus I am the law As New York Finalizes New Social Media Rules, US Senate Considers Nationwide ‘SCREEN’ Act Most Australian teens still on social media three months after under-16 ban began, study finds Robustness and Cybersecurity in the EU Artificial Intelligence Act Russia Charges Telegram Founder Durov With Facilitating Terrorism Red ou tout ce qui est brisé Adversaries Don’t Need a Zero-Day — They Read Your Rulebook The Gentlemen Ransomware Kills Nearly 180 Security Processes Before Encrypting Your Files What does GitHub’s security team even do? Blue ou tout ce qui améliore notre posture Divers ou parce que j’ai aucune idée où les placer Google goes it alone with a new cybercrime crew taxonomy Collaborateurs Nicolas-Loïc Fortin Crédits Montage par Intrasecure inc Locaux réels par Intrasecure inc

  3. 6d ago

    PME - Résilience et préparation du nombril

    Parce que… c’est l’épisode 0x325! Shameless plug 19 septembre 2026 - Montréal Canada - Bsides Montréal 2026 - Bsides Montréal 2026 22 septembre 2026 - Belgique - BE-Cyber - BE-Cyber 24 au 25 septembre 2026 - Belgique - BruCON - BruCON 1er au 3 octobre 2026 - Krakow, Pologne - AligatorCon - AligatorCon Description Deuxième acte d’une trilogie Après un premier épisode consacré à la préparation, cette discussion aborde le cœur même de la crise : le moment où l’entreprise se retrouve, selon l’expression employée, « dans l’eau bouillante ». Les intervenants rappellent que tout ce qui se joue à ce stade repose sur le travail effectué en amont. Une organisation préparée applique simplement son plan, ce qui réduit considérablement la charge émotionnelle. À l’inverse, une entreprise non préparée vit un véritable effet de sidération, comparable à des lapins pris dans les phares d’une voiture. Pour illustrer les conséquences d’un manque de préparation, Alexandre raconte l’histoire d’un dirigeant breton qui, après une cyberattaque, est resté 24 heures sans savoir quoi faire en découvrant ses serveurs hors service. Soixante-douze heures plus tard, son entreprise cessait ses activités, un coup encore aggravé par un redressement fiscal survenu peu après. Une liste de parties prenantes à gérer dans l’urgence Nicholas propose de dresser rapidement la liste des personnes et entités à gérer simultanément lors d’une crise : soi-même en tant que dirigeant, les communications internes, les employés, éventuellement les médias, les fournisseurs, les commandes et livraisons, ainsi que les clients. Cette énumération, improvisée en quelques secondes, donne une idée de l’ampleur des décisions à prendre dans les premières minutes et heures suivant l’incident. La carte réflexe et les cercles concentriques Alexandre revient sur l’outil présenté lors de l’épisode précédent : la carte réflexe. La toute première instruction qui y figure, avant même le nom de son propriétaire, est simple : « prends une grande respiration ». L’idée est d’accepter que le mal est déjà fait et qu’il faut désormais agir avec lucidité plutôt que dans la panique. La gestion de crise est ensuite pensée comme une série de cercles concentriques. Le dirigeant doit d’abord se stabiliser lui-même, avant de s’occuper de son cercle N-1 (les directeurs et responsables directs), qui pourra ensuite relayer l’information et les consignes vers le reste des équipes. Une fois ce cadrage effectué, l’entreprise peut dresser un état des lieux : qu’est-ce qui fonctionne encore, qu’est-ce qui ne fonctionne plus, et que peut-on faire avec les ressources restantes ? Employés : rassurer, trier, parfois libérer La gestion des employés est identifiée comme une priorité immédiate. Il s’agit d’abord de communiquer pour les rassurer, car ils peuvent se retrouver face à des écrans noirs, voire des messages explicites annonçant une cyberattaque. Ensuite se pose une question stratégique : faut-il garder tout le monde sur place ou renvoyer une partie du personnel ? Les intervenants soulignent qu’il est souvent préférable d’offrir une journée de congé à la majorité des employés et de ne conserver que ceux dont le rôle est essentiel à la gestion de l’après-crise. Garder tout le monde alors que la direction elle-même ne sait pas quoi faire ne fait qu’ajouter du stress collectif. Communiquer vers l’extérieur et maintenir l’activité Une fois les communications internes traitées, l’entreprise doit s’adresser à ses cercles extérieurs : clients, fournisseurs, partenaires bancaires et assureurs, qui perçoivent déjà qu’un problème existe. Il faut ensuite maintenir une activité minimale en s’appuyant sur ce qui fonctionne encore, pendant que l’on reconstruit ce qui a été perdu. Dominique insiste sur l’importance, pour une PME, de disposer de bonnes métriques permettant de savoir objectivement si l’entreprise est en bonne ou mauvaise posture, un point souvent négligé. Qui est responsable de la carte réflexe ? Contrairement à une intuition répandue, la carte réflexe n’appartient pas à une seule personne (le PDG, les RH ou l’informatique) mais à chaque direction du comité de crise. Chacun y définit ses propres actions prioritaires pour la première heure. Par exemple, du côté finance, l’une des premières actions consiste à appeler la banque pour bloquer tous les paiements sortants tout en laissant entrer les fonds. Cet outil permet à chaque responsable d’arriver au comité de crise avec un état des lieux clair de son périmètre, sans dépendre d’un audit préalable coûteux : les directeurs connaissent déjà le fonctionnement de leur entreprise. Le rôle central — et fragile — du dirigeant La discussion aborde ensuite la question de la décision finale. Juridiquement, c’est toujours le dirigeant qui porte la responsabilité ultime, même lorsqu’un N-1 prend temporairement les rênes du comité de crise. Mais certains dirigeants, très compétents en temps normal, peuvent se retrouver dépassés émotionnellement en situation de crise. Les intervenants insistent sur l’importance d’anticiper ce scénario en désignant à l’avance un remplaçant en cas de blocage, plutôt que de laisser l’incertitude paralyser toute prise de décision au pire moment. Reconnaître ses limites humaines Un thème récurrent est celui de l’émotion. Cyndie souligne qu’il faut avoir le courage, collectivement, de retirer une personne du comité de crise si son état émotionnel nuit plus qu’il n’aide, y compris lorsqu’il s’agit du PDG lui-même. Les intervenants rappellent aussi que la gestion de crise ne signifie pas travailler sans relâche : prendre des pauses, reconnaître ses limites et savoir déléguer sont essentiels. Les décisions prises sous le coup du stress ne sont pas toujours les meilleures, et la précipitation reste mauvaise conseillère. Conclusion L’échange se termine sur une note d’espoir : lorsque le dirigeant accepte de prendre du recul et de confier temporairement les rênes à une autre personne, l’entreprise a souvent de meilleures chances de s’en sortir. Cette transition annonce le troisième et dernier épisode de la série, consacré à la phase de reconstruction (« recover »). Collaborateurs Nicolas-Loïc Fortin Dominique Derrier Cyndie Feltz Alexandre Fournier Nicholas Milot Crédits Montage par Intrasecure inc Locaux virtuels par Riverside.fm

  4. Jul 29

    Teknik - N8ive by design - one leaked key, three attack chains (leHACK)

    Parce que… c’est l’épisode 0x324! Shameless plug 19 septembre 2026 - Montréal Canada - Bsides Montréal 2026 - Bsides Montréal 2026 22 septembre 2026 - Belgique - BE-Cyber - BE-Cyber 24 au 25 septembre 2026 - Belgique - BruCON - BruCON 1er au 3 octobre 2026 - Krakow, Pologne - AligatorCon - AligatorCon Description Comment est né ce projet de recherche Guillaume explique que l’intérêt pour n8n n’est pas né d’un coup de chance isolé, mais de la convergence de plusieurs facteurs. Chez GitGuardian, des collègues de la sécurité interne ont commencé à déployer n8n en interne, un outil rapidement adopté par des équipes non techniques (marketing, finance) qui automatisent leurs tâches sans forcément avoir de culture sécurité. Parallèlement, il a observé une explosion du nombre de CVE touchant n8n fin 2025, avec certaines vulnérabilités entrant dans le catalogue KEV de la CISA, preuve d’une exploitation active. En creusant les CVE, il a remarqué des motifs récurrents, notamment autour de composants liés à SSH, suggérant que la sécurité de l’outil est traitée au coup par coup plutôt que de façon structurelle. Comme n8n interconnecte de nombreux services (Google Workspace, Notion, HubSpot, etc.), c’est aussi un concentrateur de secrets particulièrement intéressant à étudier. Guillaume insiste sur le fait que cette recherche s’appuie surtout sur du travail de fond et sur des années d’échanges avec la communauté, plus que sur l’intuition pure ; la vraie part de chance résidant plutôt dans le bon timing de publication. Il souligne aussi la chance d’évoluer dans une entreprise à taille encore humaine, ce qui permet un dialogue hebdomadaire direct entre l’équipe recherche et l’équipe sécurité interne, dont les retours terrain (par exemple sur le stockage des secrets ou la nécessité d’un coffre-fort/Vault) ont directement nourri les travaux présentés à leHACK. Trois phases de recherche Phase 1 – Détection et validation des secrets n8n. En s’appuyant sur les données publiques issues de leurs outils d’analyse de GitHub et de Docker Hub, l’équipe a cherché à identifier la structure d’un jeton d’authentification n8n (un token JWT) afin de détecter des marqueurs spécifiques et de valider sa validité réelle. Cette démarche a permis de repérer environ 300 cibles valides sur la période d’avril 2025 à mars 2026, suivies d’un processus de divulgation responsable auprès des hébergeurs et sociétés concernées. Un bug bounty de 1200 € a même été obtenu, un cas jugé exceptionnel tant les retours sont habituellement inexistants ou négatifs. Cette recherche est en cours d’intégration au produit GitGuardian, avec un système de détection et de validation des clés n8n attendu vers septembre-octobre. Phase 2 – Perspective attaquant sur une instance à jour. L’équipe s’est demandé ce qu’un attaquant pouvait faire avec un token n8n compromis. Résultat : il est possible d’énumérer des utilisateurs, d’exfiltrer des « data tables » (une forme de base de données interne proche de SQL), et même de faire fuiter des secrets typés (Notion, OpenAI…) censés être protégés, via une forme de confusion interne au système. Certains signalements faits à l’équipe n8n sont restés sans réponse ou ont été jugés mineurs. Phase 3 – Exploitation d’une instance non à jour. Sur une version vulnérable, l’équipe a démontré la possibilité de faire fuiter à la fois la base de données SQLite et la clé de chiffrement utilisée pour protéger les secrets stockés. Guillaume précise la distinction entre deux types de secrets : la « n8n key » (jeton JWT d’authentification à l’API) et l’« encryption key » (clé servant à chiffrer les identifiants de services tiers stockés dans n8n). Pour retrouver les propriétaires des instances identifiées, l’équipe a utilisé des techniques classiques basées sur le nom de domaine, ainsi qu’un endpoint d’API permettant d’énumérer certaines informations non personnelles (comme des domaines d’adresses e-mail), suffisantes pour identifier les entreprises concernées. Une plateforme puissante mais fragile Une partie importante de la discussion porte sur le risque structurel de n8n : conçu pour permettre à des utilisateurs non techniques (marketing notamment) de construire des automatisations, via des webhooks par exemple pour des inscriptions à une newsletter, l’outil ne propose aucune brique native de validation ou de nettoyage des données d’entrée. Rien n’empêche qu’un champ censé recevoir une adresse e-mail serve de vecteur d’injection SQL. Les deux intervenants s’accordent sur le fait que n8n devrait être cloisonné, jamais exposé directement sur internet, et idéalement protégé par une authentification forte, un peu à l’image du problème plus général du « vibe coding » qui met des outils puissants entre les mains de personnes sans formation aux enjeux de sécurité logicielle. L’apport des LLM dans la recherche de vulnérabilités Enfin, Guillaume revient sur sa propre découverte des LLM comme outil de recherche en sécurité, n’étant pas lui-même expert de Node.js. Il décrit un usage très concret : demander à Claude d’analyser des CVE existantes pour repérer des variantes potentielles, générer des preuves de concept sur des versions vulnérables connues, ou encore rédiger rapidement des supports de présentation à partir d’idées survenues en dehors du contexte de travail (par exemple pendant une course à pied). Il insiste toutefois sur l’importance de toujours vérifier manuellement les résultats produits par le modèle avant de les diffuser. Il conclut en recommandant n8n comme un excellent terrain d’entraînement pour quiconque souhaite explorer la recherche de vulnérabilités assistée par IA. Notes N8ive by design - one leaked key, three attack chains Collaborateurs Nicolas-Loïc Fortin Guillaume Valadon Crédits Montage par Intrasecure inc Locaux réels par Intrasecure inc

  5. Jul 28

    Peter Thiel et bro selon Cyber Citoyen et Polysécure

    Parce que… c’est l’épisode 0x323! Shameless plug 19 septembre 2026 - Montréal Canada - Bsides Montréal 2026 - Bsides Montréal 2026 22 septembre 2026 - Belgique - BE-Cyber - BE-Cyber 24 au 25 septembre 2026 - Belgique - BruCON - BruCON 1er au 3 octobre 2026 - Krakow, Pologne - AligatorCon - AligatorCon Description Les origines d’un idéologue L’épisode retrace le parcours de Peter Thiel, né en Allemagne en 1967, immigré aux États-Unis dès l’âge d’un an et ayant grandi en partie en Afrique du Sud — un point commun frappant avec plusieurs autres figures de son entourage, dont Elon Musk. Aujourd’hui évalué à environ 27,5 milliards de dollars, Thiel n’est pas informaticien de formation : il a étudié le droit à Stanford avant de bifurquer vers la finance. C’est à Stanford qu’il cofonde le Stanford Review, un journal étudiant conservateur et libertarien né en réaction aux mouvements progressistes du campus et aux tentatives de diversifier le programme scolaire. Cette revue, toujours active aujourd’hui grâce aux dons d’anciens étudiants devenus fortunés, sert encore de pépinière de talents pour ses entreprises. En 1998, Thiel publie avec David Sacks The Diversity Myth, un livre dénonçant déjà les excès du multiculturalisme — un discours que les animatrices comparent directement à la rhétorique « anti-woke » contemporaine. De PayPal à la fortune Après avoir levé un million de dollars auprès de sa famille et de ses relations, Thiel cofonde Confinity en 1998, qui deviendra PayPal. La revente de PayPal à eBay en 2002 pour 1,5 milliard transforme toute son équipe en millionnaires : c’est la naissance de la fameuse « PayPal Mafia », un réseau qui essaimera dans YouTube, LinkedIn, Yelp et d’innombrables autres entreprises. Thiel devient ensuite l’un des tout premiers investisseurs externes de Facebook avec 500 000 $ contre 10 % de l’entreprise, ce qui fera de lui un milliardaire. Palantir : la compagnie qui ne dit jamais non Fondée en 2006, Palantir se spécialise dans la collecte, le nettoyage et l’analyse de données. Autrefois perçue comme un outil légitime d’enquête, l’entreprise est aujourd’hui largement critiquée pour sa « souplesse morale » : contrairement à d’autres firmes technologiques, elle accepterait pratiquement tous les contrats, y compris ceux liés au ciblage de populations ou au repérage de personnes à déporter pour l’ICE. Des articles du New York Times évoquent même un projet de centralisation des bases de données de l’État américain piloté par Palantir. Au Royaume-Uni, l’entreprise a été payée pour centraliser les données du NHS via son produit Foundry, créant un effet de verrouillage difficile à défaire. Le total des contrats gouvernementaux américains dépasserait 2,7 milliards depuis 2009, dont 1,3 milliard pour le seul Pentagone. Au Canada, un contrat de défense nationale annoncé à 14 millions se serait finalement chiffré à 44 millions, selon des révélations de Radio-Canada. Vengeance, pouvoir et idéologie L’épisode aborde l’affaire Gawker : après que ce média ait révélé son homosexualité en 2007, Thiel finance secrètement en coulisse la poursuite d’Hulk Hogan contre le site, entraînant sa faillite en 2016. Les animatrices soulignent aussi son influence politique directe, notamment son rôle de mentor auprès de JD Vance, qu’il a financé, guidé vers Trump et aidé à faire élire, jusqu’à sa nomination comme candidat à la vice-présidence. Sur le plan philosophique, Thiel se dit catholique intégriste, obsédé par la figure de l’Antéchrist — qu’il imagine comme quelqu’un prêchant la paix, la sécurité et la réglementation environnementale pour freiner le commerce et l’innovation technologique. Il est aussi influencé par le juriste allemand Carl Schmitt, théoricien juridique proche du régime nazi, et défend des positions clairement antidémocratiques, allant jusqu’à remettre en question le droit de vote des femmes. Un écosystème tentaculaire La deuxième moitié de l’épisode dresse un inventaire vertigineux des entreprises liées à ce réseau : des fonds de capital-risque comme Founders Fund et Craft Ventures, des plateformes comme Ramp, Rippling, Figma, Affirm et SpaceX, jusqu’à une entreprise de vérification d’âge (Persona) partageant un investisseur avec Palantir. Une entreprise canadienne, Zeno (spécialisée en IA pour les institutions financières), est également citée comme exemple de l’influence de ce réseau au pays. Les animatrices notent aussi le va-et-vient constant entre Palantir et des postes gouvernementaux stratégiques — un véritable « chaise musicale » entre secteur privé et fonction publique. Le fil conducteur qui se dégage : une vision technocratique où l’ingénierie et les mathématiques résoudraient tous les problèmes humains, combinée à une volonté d’absorber la totalité des données produites par l’humanité — particulièrement les données corporatives, jugées plus « propres » que celles d’Internet. Que faire ? L’épisode se conclut sur une note à la fois lucide et mobilisatrice. Si l’on ne peut individuellement se soustraire à la surveillance corporative, la solidarité syndicale et l’engagement citoyen local (conseils municipaux, commissions scolaires, comités de santé) demeurent des leviers concrets. Les animatrices comparent la mobilisation naissante aux États-Unis à la relative léthargie citoyenne au Québec et au Canada, tout en rappelant l’héritage syndical fort du Québec comme source potentielle de résistance collective. Collaborateurs Nicolas-Loïc Fortin Catherine Dupont-Gagnon Samuel Harper Crédits Montage par Intrasecure inc Locaux virtuels par Riverside.fm

  6. Jul 27

    Actu - 26 juillet 2026

    Parce que… c’est l’épisode 0x322! Shameless plug 19 septembre 2026 - Montréal Canada - Bsides Montréal 2026 - Bsides Montréal 2026 22 septembre 2026 - Belgique - BE-Cyber - BE-Cyber 24 au 25 septembre 2026 - Belgique - BruCON - BruCON 1er au 3 octobre 2026 - Krakow, Pologne - AligatorCon - AligatorCon Notes IA ou Ghost in the shell Rogue ou pas rogue, là est la question OpenAI says its AI agent broke out of testing sandbox to hack Hugging Face OpenAI says its AI models hacked Hugging Face during testing OpenAI’s accidental cyberattack against Hugging Face is science fiction that happened OpenAI Hacks Hugging Face, What Happened, Alignment and Paper Clips Frontier LLMs couldn’t help Hugging Face fight off evil agents OpenAI scored an own goal with Hugging Face attack, showing how open Chinese models are winning OpenAI-Hugging Face attack doesn’t mean agents are evil – unless you tell them to be The OpenAI Models That Hacked Hugging Face Were ‘Active on the Internet’ for Days AI arms race in line for a reckoning after OpenAI hacking incident OpenAI says its AI went rogue and launched ‘unprecedented’ cyber-attack An OpenAI model left notes about how to evade containment; we need more details OpenAI’s Rogue Agent Went Unnoticed For a Week Be skeptical of OpenAI’s rogue hacker agent story The first known runaway AI agent - or a very bad marketing stunt? Digital Intelligence: Why Humanity Created What It Does Not Understand Petit rogue Claude Cowork Flaw Could Let AI Agent Escape Its VM and Access Mac Files Recherche The Language of Security: How Prompt Syntax Shapes Secure Code Generation in Open LLMs Understanding How University Guidelines Address Privacy and Security Issues of Generative AI in Academic Settings LLM Unlearning for Cyber Defense: A Survey on Methods, Challenges, and Emerging Threats Adaptive Incident Prioritization for Security Operations at Scale AI Kill Switch Act would let Trump admin order shutdown of rogue AI systems Hermes AI agent used to automate attack on Thai Finance Ministry Why blocking AI models won’t stop the cyber threats they create Linux Patches 400+ Kernel Vulnerabilities in 24 Hours With AI-Powered Detection UK AISI / CAISI Preliminary Assessment of Kimi K3’s Cyber Capabilities Seeing AI Agents Is Not Enough. Security Teams Must Enforce What They Can Do Connecting AI agents to outside services explodes the risk radius La guerre, la guerre, c’est pas une raison pour se faire mal! Apps targeted at US troops contain Chinese and Russian code Souveraineté ou vive le numérique libre! Rien Privacy ou cachez ces informations que je ne saurais voir What the Flock The creepiest ‘sales demo’ of all time A 77-year-old Republican man is staging a solo protest against St. Pete’s Flock cameras Inside the growing vigilante movement to knock out Flock surveillance cameras Flock Safety kills acoustic system designed to detect ‘human distress’ Graphene GrapheneOS protections against data extraction from locked devices US Accuses American of Allegedly Wiping His Phone Using a ‘Duress’ Password During Border Search Tile’s Security Is So Bad It’s a Feature for Stalkers « Adafruit Industries – Makers, hackers, artists, designers and engineers! The EU is about to sell our most sensitive data to the US for visa-free travel - European Digital Rights (EDRi) Pluralistic: California’s privacy obstacle course (23 Jul 2026) Encryption and Globalization 15 Years Later: End-to-End Encryption and the Third Round of the “Going Dark” Debate by Peter Swire, Kenesa Ahmad, Michael Specter :: SSRN I am the law Canada Rushing Lawful Access Backfires: Wyden Letter on Bill C-22 Highlights Political, Trade and Business Risks A Surveillance Treaty in Disguise: The Trouble With Canada’s Quiet Decision to Sign the UN Cybercrime Convention Bitinde L’Inde coupe internet, puis exige le retrait du code de bitchat bitchat · Decentralized mesh messaging (iOS/macOS) Pif pouf Google hit with $1 billion in fines as EU braces for Trump battle Trump threatens new tariffs against EU over Google fine France Becomes First European Country To Ban Social Media Access For Under-15s Uncle Sam tells overseas cybercrooks their visas are canceled Red ou tout ce qui est brisé Researchers replace downloaded macOS apps with evil twins, Apple shrugs Malicious cloud customers can bring down the power grid Blue ou tout ce qui améliore notre posture Cool head npm’s release cooldown is security theater A quote from Seth Larson Apple Fixes Hide My Email Vulnerability After 404 Media Coverage Threat-INFORM to Optimize Security Operations OVH reveals semi-secret plan to fix critical Januscape hypervisor bug with mass reboots – and an Australian crash-test dummy Divers ou parce que j’ai aucune idée où les placer CISOs vs. Boards: Myth or Misunderstanding? Microsoft Responds to LG Monitors Installing McAfee Ads On Windows Collaborateurs Nicolas-Loïc Fortin Crédits Montage par Intrasecure inc Locaux réels par Intrasecure inc

  7. Jul 23

    H'umain - Le futur s'invente avant-hier (nsec)

    Parce que… c’est l’épisode 0x321! Shameless plug 19 septembre 2026 - Montréal Canada - Bsides Montréal 2026 - Bsides Montréal 2026 22 septembre 2026 - Belgique - BE-Cyber - BE-Cyber 24 au 25 septembre 2026 - Belgique - BruCON - BruCON 1er au 3 octobre 2026 - Krakow, Pologne - AligatorCon - AligatorCon Description Dans cet épisode spécial enregistré à Montpellier, Nicolas reçoit Xavier Facélina, entrepreneur en cybersécurité depuis près de 30 ans, fondateur de la société CLAB (créée en 2011, vendue il y a deux ans et demi) et sur le point de lancer une nouvelle entreprise au Québec. La discussion reprend le fil d’une conférence que Xavier a donnée à Nordic sur la place de la science-fiction dans la façon dont l’avenir se construit réellement, et sur les liens étroits entre cet imaginaire et sa propre carrière en cybersécurité. La red team du ministère des armées : quand la science-fiction éclaire la stratégie Xavier explique une initiative française singulière : la red team du ministère des armées, animée pendant plusieurs années par son ami Nicolas Mainvie. Contrairement à une red team de pentesting, cette équipe rassemble des militaires de carrière, des diplomates et des auteurs de science-fiction (scénaristes, romanciers) pour réfléchir collectivement aux futurs possibles de la conflictualité — sociale, écologique, militaire. Les récits produits, en partie publics, visent à anticiper des scénarios plausibles pour préparer la France à défendre ses valeurs démocratiques. Xavier souligne que si d’autres pays comme les États-Unis mènent des exercices de prospective similaires, ils le font surtout via des analyses techniques plutôt que par le récit romancé, alors que l’être humain reste fondamentalement un animal d’histoires. Les auteurs de science-fiction, spécialistes de l’avenir Un des points centraux de l’échange est l’idée que les autrices et auteurs de science-fiction sont, par leur pratique quotidienne, particulièrement entraînés à imaginer des futurs plausibles. Nicolas et Xavier remontent aux mythes grecs, à Jules Verne (dont les récits de voyage vers la Lune ont inspiré des générations), et même à Tintin, dont les fusées annoncent étonnamment bien les technologies actuelles — démontrant une forme de « contamination » des idées entre œuvres, y compris celles qui ne se revendiquent pas explicitement de la science-fiction. L’imaginaire d’enfance comme moteur de carrière Xavier raconte comment son ami Nicolas Mainvie lui a fait remarquer que ses deux passions apparemment séparées — la science-fiction et la cybersécurité — sont en réalité intimement liées : ses produits et entreprises répondent souvent, sans qu’il en ait eu pleinement conscience, à des questions posées par des œuvres de son enfance comme Wargames, Ghost in the Shell ou Star Trek. Il insiste sur l’importance de continuer à nourrir son imaginaire d’adulte, au risque sinon de se laisser gagner par des représentations plus sombres ou dépressives de l’avenir. Il cite Ghost in the Shell (2006, saison Standalone Complex) comme un exemple d’œuvre à la fois futuriste et étonnamment optimiste sur la continuité des dynamiques sociales humaines malgré la présence de cyborgs et d’IA. De l’imaginaire à l’innovation concrète La conversation explore ensuite comment la science-fiction fonctionne comme un espace de liberté permettant d’explorer l’humain sans les contraintes du réel, un peu comme les nombres imaginaires en mathématiques permettent de résoudre des équations autrement impossibles. Xavier établit un parallèle frappant entre le téléphone Motorola StarTAC (1996) et le communicateur à charnière de Star Trek (1966) : bien que l’ingénieur en lui trouve ce choix de design peu pratique, cette influence culturelle a poussé à des innovations techniques réelles (nappes flexibles), dont on retrouve l’héritage dans les écrans pliables actuels. Il évoque aussi l’iPad et la visioconférence, anticipés dès la première saison de Star Trek en 1966, une œuvre qu’il recommande vivement pour sa modernité sociale et politique surprenante pour l’époque. Les deux interlocuteurs formulent une « règle des 30 ans » : il faudrait environ trois décennies entre l’apparition d’un concept en science-fiction et sa réalisation technique ou scientifique. Ils appliquent cette règle à la téléportation (Star Trek, années 60) et à l’interface neuronale de Matrix (1999), suggérant qu’on pourrait voir des avancées significatives d’ici 2029-2036. Xavier insiste également sur le rôle de la science-fiction comme outil de vulgarisation : les entrepreneurs qui peuvent ancrer leur pitch dans une référence culturelle connue (Matrice, Star Wars) captent l’attention bien plus vite que ceux qui présentent une idée totalement inédite. L’intelligence artificielle : de la dystopie à la bienveillance La dernière partie de l’échange porte sur l’évolution des représentations de l’IA à travers la trilogie Tron (Tron, Tron Legacy, Tron Ares). Xavier observe un glissement progressif : dans le premier film, l’IA a une volonté propre hostile ; dans le second, sa dangerosité vient d’un ordre humain mal formulé (« créer un monde parfait ») plutôt que d’une malveillance intrinsèque ; dans le troisième, une IA militarisée choisit finalement la bienveillance et l’empathie comme moteur, plutôt que la vengeance ou la puissance — un cas rare au cinéma. Nicolas fait le lien avec l’approche d’Anthropic, qui privilégie une philosophie d’entraînement fondée sur des principes plutôt que des règles rigides, rappelant les trois lois de la robotique d’Isaac Asimov, elles-mêmes une invention littéraire devenue référence scientifique et philosophique incontournable. L’épisode se conclut sur l’idée que ces récits, bien qu’imaginaires, façonnent concrètement notre manière de penser, d’innover et d’aborder des sujets aussi sérieux que l’intelligence artificielle — et les deux animateurs promettent de poursuivre cette conversation lors d’une prochaine rencontre au Québec. Notes Le futur s’invente avant-hier Collaborateurs Nicolas-Loïc Fortin Xavier Facélina Crédits Montage par Intrasecure inc Locaux réels par Repère secret de Xavier

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Podcast francophone sur la cybersécurité. Pour professionels et curieux.

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