Streaming Radar : les tendances tech et business dans le Streaming Media

Ludovic Bostral

Ludovic est consultant. Passionné par l’innovation digitale, il accompagne plateformes et contenus dans l’optimisation de leurs offres SVOD, AVOD et FAST. Sur Streaming Radar, il décrypte les tendances de la tech et du business dans le secteur du Streaming et de l'OTT www.streaming-radar.com

  1. 15 HRS AGO

    Streaming Radar #31 - Qui compte les téléspectateurs ? Personne (et c’est un problème à 38 milliards de dollars)

    TL;DR * YouTube envoie un “cease and desist” au BARB (institut de mesure TV britannique) pour stopper la mesure indépendante de ses chaînes sur CTV - au moment exact où YouTube dépasse la BBC en reach UK * Médiamétrie lance Watch en France : premier service de mesure unifié TV + streaming (Netflix, YouTube, Disney+, Prime Video), mais les comparaisons cross-plateformes restent interdites * Le marché pub CTV atteint 38 milliards de dollars en 2026 (+14%), et trois acteurs (YouTube, Amazon, Disney) contrôlent un tiers des revenus - sans standard de mesure commun * Le vertical drama arrive en Afrique : Binyuma TV (Ouganda), Mansa lance 27 épisodes de micro-dramas, et une académie de formation dédiée ouvre ses portes - mon rapport “Africa Streaming 2026” couvrira tout ça en mai * Unified Streaming prédit la fin du cloud-first : retour à l’edge computing, et C2PA (certification d’authenticité des contenus) comme nouveau standard obligatoire https://open.substack.com/pub/streamingradar/p/streaming-radar-31-qui-compte-les?r=5j8a&utm_campaign=post&utm_medium=web&showWelcomeOnShare=true Ludovic est consultant freelance en streaming et OTT. Il décrypte les tendances tech et business sur Streaming Radar, et publie des rapports de data intelligence et IA sur Streaming Lens. Disponible pour un call : bostral.com/call This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.streaming-radar.com

    6 min
  2. FEB 16

    Streaming Radar #30 - La deuxième guerre du streaming a commencé

    TL;DR * Deuxième guerre du streaming : la course aux abonnés est terminée, place à la bataille pour l’attention et les données. Renan Martins Frade (à qui j’ai plagié le titre) (UOL Splash) formalise la thèse, les chiffres confirment - 24% des nouveaux inscrits sont d’anciens abonnés qui reviennent (Recurly) * Invasion verticale + super-bundling : Paramount+ lance “Project Eagle” (objectif 1M clips UGC), Sky UK regroupe Netflix + Disney+ + HBO Max + Hayu à 24£/mois. Le câble est de retour, avec de meilleures interfaces * L’économie créateur devient infrastructure : MrBeast rachète une banque (Step, 7M users Gen Z), Dhar Mann signe avec Fox pour 40 microdramas verticaux, Webedia signe Kameto pour pousser les créateurs vers TV et plateformes * Amazon + Roku : AI Studio en bêta mars 2026 (350 plans IA dans House of David S2), Prime Video n°1 mondial en droits sportifs streaming (3,8 milliards de dollars). Roku premier exercice profitable - le modèle FAST tient ses promesses Quinze jours denses. Le genre où les signaux convergent suffisamment pour qu’on arrête de parler de coïncidences. D’un côté, Paramount+ révèle “Project Eagle” et confirme l’accélération verticale qu’on suit depuis SR #29 et La Dimension Interdite #2. De l’autre, Sky UK lance le plus gros super-bundle jamais vu, et les données Recurly confirment ce que tout le monde soupçonnait : la bataille ne se joue plus à l’inscription mais après. Renan Martins Frade, chroniqueur streaming chez UOL Splash (Brésil), l’a formulé cette semaine avec une clarté redoutable : nous sommes entrés dans la “segunda guerra do streaming”, la deuxième guerre du streaming. La première, c’était la course aux abonnés, au catalogue, au prix le plus bas. La deuxième, c’est la bataille pour l’attention, les données et la monétisation. Sa phrase-clé : “le produit n’est plus l’abonnement, c’est vous - votre attention, votre comportement, vos données.” Et les chiffres le confirment : une pub Netflix coûte de 2 à 16 fois plus cher qu’une pub YouTube. Les plateformes ne cherchent pas à vous forcer vers le plan premium - elles testent le seuil exact de votre tolérance publicitaire. Trois aveux simultanés : le vertical video dit “on n’est pas assez présent au quotidien”. Le bundling dit “notre produit seul ne retient pas”. L’IA production dit “nos coûts ne sont pas tenables”. Bienvenue en 2026. À venir : je prépare un rapport d’analyse complet sur l’invasion verticale (en anglais et en français) - chiffres détaillés, thèses stratégiques, playbooks par type d’acteur. Publication avril. Intéressé ? Contactez-moi sur bostral.com ou à ludovic@bostral.com. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.streaming-radar.com

    5 min
  3. La Dimension Interdite #2 : L’Invasion Verticale

    FEB 2

    La Dimension Interdite #2 : L’Invasion Verticale

    « Vous pénétrez dans une zone mystérieuse — celle de l’imagination. Un voyage dans une contrée prodigieuse dont les frontières sont celles de l’imagination. Au-delà de ce panneau se trouve une autre dimension : une dimension faite non seulement de son et d’image, mais aussi d’esprit. Un voyage dans une contrée prodigieuse dont les seules frontières sont celles de l’imagination... Vous entrez dans la dimension interdite du streaming. » — Imaginez, si vous le voulez bien, un format vidéo qui génère 26 milliards de dollars d’ici 2030 — dont 16 milliards rien qu’en Chine — et que personne, strictement personne, n’ose mentionner à voix haute dans les grandes conférences tech du streaming. Un format qui représente aujourd’hui 52,4% des utilisateurs internet chinois, invisible à l’IBC, absent du NAB, ignoré à Cannes. Seul MIPCOM ose placer les micro-dramas “au centre” en octobre 2025 avec deux sessions dédiées et des distributeurs vertical-first “sur des emplacements premium” — mais MIPCOM, c’est le marché des contenus TV, pas une conférence broadcast. Un format dont les coûts de production oscillent entre 2 000 et 300 000 dollars par série complète, et qui fait trembler les studios Hollywood qui dépensent 200 millions pour une saison de The Last of Us. Bienvenue dans le vertical drama — ou micro-drama, ou short-form drama, selon qui vous parle et à quel point il essaie de minimiser la menace. J’ai commencé à couvrir ce phénomène en avril 2025 avec un premier podcast, puis approfondi l’analyse en juillet avec un article détaillé sur l’économie des micro-dramas. Dans SR #27, j’évoquais le vertical drama comme l’un des signaux faibles à surveiller en 2026. Trois semaines plus tard, le signal n’est plus faible du tout. Vous venez d’entrer... dans la Dimension Interdite du streaming. — Ludovic Bostral est consultant spécialisé streaming/OTT. Ancien CTO chez Majelan, Platform Manager chez Trace+, vétéran M6 (6Play) et co-fondateur d’Afrostream. Il analyse les mutations du streaming sur Streaming Radar. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.streaming-radar.com

    10 min
  4. 2025-12-30

    La Dimension Interdite : quand l'IA automatise les chaînes FAST

    TL;DR • Chaînes FAST autonomes pilotées par IA : Frequency construit des chaînes qui se reprogramment en temps réel selon l’audience, sans intervention humaine • Automatisation remplace programmateurs : OTT Studio passe du scheduling manuel à l’IA (Amagi Smart Scheduler) — temps de création de grilles divisé par 10 • Consolidation brutale du marché : 90% du visionnage FAST sur 10% des chaînes, STIRR -49%, ViX -34% entre 2023-2024 (Dan Rayburn) • Chillfree TV : plateforme 100% IA : Première OTT entièrement bâtie avec Claude 4.0, Manus, Cursor — 7500h de contenu, chaînes FAST 24/7 • IA comprend le contenu scène par scène : Akta déploie des agents qui analysent les moments clés pour placer coupures pub au timing optimal “Vous pénétrez dans une autre dimension, une dimension faite non seulement de vue et de son, mais aussi d’esprit...” Cette phrase culte de Rod Serling ouvrait chaque épisode de La Quatrième Dimension (The Twilight Zone). En 2025, les chaînes FAST entrent dans leur propre Quatrième Dimension : celle où les machines apprennent à programmer mieux que les humains, où les chaînes se reprogramment toutes seules selon les audiences, où l’automatisation remplace quinze ans de savoir-faire métier. Pendant que Streaming Radar #24 analysait comment les plateformes devenaient le produit — comment être visible sur l’écran d’accueil comptait plus que la qualité du contenu —, une transformation plus radicale s’opérait en coulisses. Les chaînes FAST, ces chaînes gratuites financées par la pub qui ont explosé ces dernières années, basculent massivement vers l’automatisation pilotée par l’IA. Et contrairement aux buzzwords habituels autour de l’intelligence artificielle, cette fois c’est opérationnel. Vraiment opérationnel. Le timing n’est pas anodin. Avec 1000 à 2000 chaînes FAST uniques aux États-Unis selon Gracenote (mars 2025), le marché se consolide brutalement. Certaines plateformes ont déjà réduit drastiquement leur offre : STIRR a perdu 49% de ses chaînes entre 2023 et 2024, ViX 34%, Redbox 9%. Seules les chaînes rentables survivent. Et pour être rentable dans cet océan de contenu, il faut être efficace. Très efficace. C’est là que l’IA entre en scène. “L’Homme obsolète” : quand le programmateur humain devient optionnel L’épisode iconique “L’Homme obsolète“ de La Quatrième Dimension racontait l’histoire d’un bibliothécaire devenu inutile dans une société où les livres n’existaient plus. En 2025, les programmateurs de chaînes FAST vivent un moment similaire — pas pour disparaître, mais pour voir leur métier radicalement transformé. Blair Harrison, CEO de Frequency, l’explique crûment dans son intervention au StreamTV Show 2025 : “Nous construisons des logiciels qui permettent aux chaînes de fonctionner essentiellement toutes seules.” (“We’re building software that allows channels to essentially run themselves”) L’autonomie qu’il décrit n’est pas théorique. Frequency aide les propriétaires de contenu à bâtir des chaînes qui s’adaptent dynamiquement au comportement des spectateurs, aux événements externes, aux tendances saisonnières. En temps réel. Concrètement, qu’est-ce que ça change ? Ryan James, co-fondateur et CEO d’OTT Studio, témoigne dans un webinar Amagi : “Avant l’automatisation, programmer une chaîne de qualité nécessitait de s’asseoir, de comprendre le contenu en profondeur, de cartographier les connexions entre différents titres, et de construire des blocs de programmes qui ont du sens ensemble.” (“Before automation, programming a quality channel required sitting down, deeply understanding the content, mapping out connections between different titles, and building programming blocks that made sense together”) Le processus prenait des jours. Avec l’IA, il faut des heures. OTT Studio opère désormais plus de 20 chaînes FAST avec une équipe minuscule, grâce à l’automatisation de la programmation. Le passage du manuel à l’automatisé n’est pas juste un gain de productivité — c’est un changement de paradigme. Traditionnellement, un programmateur de chaîne prenait des décisions basées sur l’expérience, l’intuition, et des données d’audience passées. L’IA, elle, analyse des volumes massifs de data : heures de pic de visionnage par démographie, taux de complétion par genre, engagement cross-platform, saisonnalité. Selon une étude Parks Associates et SymphonyAI citée par Streaming Media, près de 70% des exécutifs de contenu évaluent les données séparément pour chaque service de distribution. L’IA, elle, peut combiner ces datasets — par exemple, croiser les heures de pic pour une démographie spécifique sur plusieurs plateformes — et programmer en conséquence. Le résultat ? Des grilles plus performantes. Des audiences mieux ciblées. Et surtout, une scalabilité impossible en manuel. OTT Studio a bâti plus de 17 millions d’installations organiques avec 20+ marques sans quasiment dépenser en marketing, en misant sur la découvrabilité CTV et la programmation efficace. Quand on lui demande comment son équipe équilibre curation humaine et automatisation IA, Ryan James répond : “Quand nous avons démarré, nous traitions la programmation de contenu comme un art.” (“When we started, we treated content programming like an art”) Aujourd’hui, c’est devenu une science assistée par apprentissage automatique. Cette transformation rappelle ce qu’on vivait chez M6 en 2008-2010. À l’époque, encoder une vidéo pour le multi-écrans était artisanal : on testait les presets h.264 à la main, on ajustait les bitrates manuellement. Puis les outils d’encodage adaptatif sont arrivés, et soudain le process s’automatisait. La différence ? L’encodage adaptatif optimisait pour la qualité technique. L’IA scheduling optimise pour le business : watch time, completion rate, ad fill rate, revenue per hour. C’est la même révolution, mais appliquée au contenu plutôt qu’au tuyau. “Pour servir l’homme” : l’IA au service de la monétisation (et pourquoi les géants SVOD hésitent) Dans l’épisode “Pour servir l’homme“, les extraterrestres arrivent sur Terre avec un livre titré “Pour servir l’homme” — que les humains découvrent trop tard être un livre de recettes. Avec l’IA dans les chaînes FAST, la question se pose : qui sert-on vraiment ? Le spectateur, l’annonceur, ou la plateforme ? Prenons Chillfree TV, lancé par dotstudioPRO cette année. C’est la première plateforme OTT entièrement construite par l’IA — pas juste l’interface ou la recommandation, mais tout le flux de travail : développement, curation de contenu, programmation, diffusion. Bâtie avec Claude 4.0, Manus, et Cursor. 7500 heures de contenu au lancement, avec des chaînes FAST 24/7 et un guide de programmes optimisé par IA. Le détail intéressant ? Selon dotstudioPRO, la curation de contenu se base sur “des titres qui ont démontré de fortes métriques de monétisation et d’engagement à travers le vaste réseau de distribution AVOD, TVOD et FAST tiers de dotstudioPRO.” (“titles that have demonstrated strong monetization and engagement metrics across dotstudioPRO’s extensive third-party AVOD, TVOD and FAST distribution network”) Autrement dit, l’IA ne choisit pas le meilleur contenu pour le spectateur. Elle choisit le contenu qui rapporte le plus et engage le mieux. Nuance. C’est là que le modèle devient trouble. Dan Rayburn, dans un article publié sur le blog Amagi en août 2024, révèle un secret de polichinelle : “90% des heures de visionnage FAST proviennent de moins de 10% des chaînes.” (“90% of FAST viewing hours come from less than 10% of channels”) La majorité des chaînes FAST perdent de l’argent. Seules celles qui cumulent audience massive ET optimisation publicitaire efficace survivent. L’IA devient alors un outil darwinien : maximiser le CPM (coût pour mille impressions publicitaires), minimiser les coûts opérationnels, éliminer tout ce qui ne performe pas. Le paradoxe des géants absents Et c’est là qu’intervient le vrai paradoxe. Netflix, Disney+, Amazon Prime Video — tous ont des tiers ad-supported, des catalogues gigantesques, et des investissements IA massifs. Alors pourquoi laissent-ils Frequency, OTT Studio et Chillfree TV occuper le terrain FAST avec l’IA ? Trois blocages concrets. D’abord, les droits contractuels : Netflix paie pour des droits SVOD (on-demand), pas des droits linéaires. Pour diffuser Stranger Things en chaîne FAST, il faudrait renégocier. ESPN facturait 9,42 dollars/mois par abonné aux câblo-opérateurs en 2023 pour du linéaire — Netflix paie autrement. Renégocier des milliers de contrats ? Coût titanesque. Ensuite, l’économie ne fonctionne pas : un abonné Netflix tier ad-supported rapporte 7,99 dollars/mois. Un utilisateur FAST gratuit ? Moins de 10 dollars... par an. Si 10% des 300 millions d’abonnés Netflix migrent vers du FAST gratuit, c’est 2,8 milliards de dollars évaporés annuellement. Les revenus pub FAST ne compensent jamais à court terme. Enfin, la cannibalisation est déjà visible : chez Paramount+, 60% des nouveaux abonnés US Q1 2025 ont choisi le tier ad-supported à 7,99 dollars au lieu du Premium à 12,99 dollars. Preuve que dès qu’une alternative moins chère existe, les gens migrent. Mais la prospective devient intéressante. Une fois les droits SVOD épuisés — une fois que Orange Is The New Black, Daredevil ou Stranger Things saisons 1-2 ont terminé leur cycle premium — pourquoi ne pas recycler ce catalogue sur des chaînes FAST tierces ? Pas sur Netflix.com (trop risqué), mais sur Pluto TV, Samsung TV Plus, Molotov en France. Ce n’est pas nouveau. La vie est un éternel recommencement. Disn

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Ludovic est consultant. Passionné par l’innovation digitale, il accompagne plateformes et contenus dans l’optimisation de leurs offres SVOD, AVOD et FAST. Sur Streaming Radar, il décrypte les tendances de la tech et du business dans le secteur du Streaming et de l'OTT www.streaming-radar.com