Jack dans les rues du globe

RFI

Une enveloppe anonyme contenant un billet d’avion, le nom d’une ville et un seul mot : voilà le point de départ de cette aventure. Sans connaître l’expéditeur ni la raison pour laquelle il a été choisi, Jack Souvant décide de suivre ces invitations énigmatiques. Micro en main, il part à la rencontre d’artistes, d’artisans, de créateurs et de passionnés. De Kinshasa à La Nouvelle-Orléans, de Québec à Casablanca, en passant notamment par Toulouse, chaque destination dévoile une nouvelle forme d’expression créative et ouvre les portes d’un univers singulier. Au fil de ce voyage inattendu, Jack explore la richesse des cultures du monde et découvre les multiples formes que peut prendre la créativité humaine. Une coproduction France Médias Monde et Mairie de Toulouse.

Episodes

  1. 21 Aug

    10. Babel chic à Cannes

    Deux jours avant l'ouverture du 79ᵉ Festival de Cannes, Jack débarque sur une Croisette encore en chantier. Entre sécurité privée, observateurs et photographes, l'effervescence de Cannes commence à se faire sentir. Mais Jack enchaîne les rencontres. Il croise un critique profondément marqué par sa découverte du film Un prophète, un projectionniste qui règle le son à l'oreille depuis quarante ans, et l'homme qui a longtemps prêté sa voix à l'accueil des stars sur le tapis rouge. Alors que Jack découvre l'envers du décor du plus prestigieux festival de cinéma du monde, sa mystérieuse quête prend un nouveau tournant… Cannes avant le Festival : les secrets de la Croisette Deux jours avant l'ouverture du 79ᵉ Festival de Cannes, la Croisette ressemble encore à un chantier – camions en double file, échafaudages, drapeaux qui claquent au vent. Face au Carlton, au Majestic et au Martinez, un habitué en chemise ouverte et arborant une chaîne en or explique sa technique et rassure sans le savoir Jack concernant sa quête impossible : il lui suggère de ne rien chercher, juste « être en réception » et attendre que les choses se passent. Plus loin, les plages privées se dessinent peu à peu sous les yeux de Jack. C'est là qu'il rencontre un agent de sécurité privé, qui lui raconte quelques anecdotes de la Croisette durant le festival, faisant notamment référence à un petit arrangement entre Madonna et l'un de ses amis photographes… Mais au milieu de tout ce bouillonnement, Jack a l'impression qu'un homme le suit à la trace… Jean Zay contre Mussolini : comment le Festival de Cannes est né en résistance au fascisme Un cinéaste rencontré au détour d'une rue raconte à Jack l'histoire méconnue du festival : créé en 1939 à l'initiative de Jean Zay et du gouvernement du Front populaire, le Festival de Cannes avait pour but de répondre à la Mostra de Venise voulue par Benito Mussolini comme vitrine du fascisme – et dont naîtront les péplums tournés à Cinecittà, cet immense complexe (studios, décors, ateliers, salles de montage…) créé pendant son régime. Non loin de là, au pied du Suquet, Aurélie Ferrier, qui dirige l'association Cannes Cinéma, poursuit ce même combat sous une autre forme : elle initie les enfants dès la maternelle aux émotions du cinéma, et s'interroge notamment sur la montée d'une forme de puritanisme chez les plus jeunes face aux scènes de fête ou de tendresse qui apparaissent à l'écran. La revendication politique de notre association porte sur l’ouverture de l’éducation artistique et culturelle au plus grand nombre. Pour que chacun puisse s’ouvrir l’esprit et évite de rester enfermé dans l’entre-soi. – Aurélie Ferrier, Directrice de Cannes Cinéma Pendant ce temps, la Cérémonie d'ouverture approche à grands pas. Le tapis rouge, dont la partie centrale est d'ailleurs changée une fois par jour, est déposé. Le public arrive en masse. La frénésie de Cannes monte d'un cran. Grand Théâtre Lumière, 2 300 sièges : la nuit où Jacques Audiard a fait basculer Cannes Alors que Jack se met en quête d'un rafraîchissement en terrasse, il remarque cet homme attablé au café California. Seul, il enregistre des notes vocales avec son téléphone. Jack comprend qu'il est critique de cinéma et part à sa rencontre. Celui-ci explique à Jack sa vision de son métier. Être critique de cinéma, c'est surtout apprendre à regarder. Je pourrais "juger" un film, comme au tribunal. Mais ce que j'aime, c'est me faire surprendre, être dérouté et réussir à mettre des mots sur ces émotions que je ne comprends qu'après coup. – Un critique de cinéma. Il se souvient d'ailleurs de sa première année d'accréditation, en 2005, puis d'un moment très marquant, en 2009. Il s'agit de sa découverte du film Un prophète de Jacques Audiard. Dans le Grand Théâtre Lumière et ses plus de 2 000 places, il se souvient des applaudissements spontanés à l'issue de la projection. À la seconde où le film s'est terminé, presque de façon mystique, il a senti que la salle avait totalement adhéré. Comme si l'ensemble des spectateurs ne faisait plus qu'un. De quoi sentir que « ce film allait créer l'événement », explique-t-il, et que le monde allait adopter ce grand film. Mais Jack est interrompu par un mystérieux photographe. C'est cet homme qui suit Jack depuis son arrivée sur la Croisette… Yves Mourousi, Tarantino incognito, Cate Blanchett : les secrets de la voix des marches Plus tard, Jack rencontre le projectionniste Joël Malton, qui est passé des projecteurs de 35 mm au numérique depuis 2013. Alors qu'il se revendique lui-même non-cinéphile, il fête cette année sa 40ᵉ participation au Festival de Cannes, et raconte les coulisses de son métier. À mon avis, le son, c'est 70% de la qualité d'un film. Le son, c'est la partie la plus délicate d'un film, je le règle à l'oreille en étant au fond de la salle. – Joël Malton, projectionniste. Jack poursuit sa découverte de l'identité cinématographique de Cannes. Contemplant les rues de la ville, il se rappelle que le cinéma vit aussi en dehors de ces douze jours sous le feu des projecteurs, la ville ayant souvent été décor de cinéma, de La Main au collet d'Hitchcock à De rouille et d'os d'Audiard pour ne citer qu'eux. Puis, Jack part à la rencontre de Patrick Fabre, directeur du Festival international du film de Saint-Jean-de-Luz, scénariste, réalisateur et « voix » de la montée des marches au festival de Cannes. Il raconte les quinze années durant lesquelles sa voix annonçait les stars sur le tapis rouge, dans la lignée d'Yves Mourousi, qui avait inventé ce rôle dans les années 1980. Il se souvient avoir repéré, année après année, Quentin Tarantino se glissant incognito à des séances de minuit, lunettes de soleil et bonnet vissé sur la tête. En 2018, il a d'ailleurs vécu la montée des marches de ces 82 femmes, à l'initiative de Cate Blanchett et Agnès Varda. Quatre-vingt-deux, comme le nombre de films réalisés par des femmes et sélectionnés à Cannes en 70 ans de festival, contre 1 688 films réalisés par des hommes à la même période. La montée des marches de ces 82 femmes est un geste politique hyper important pour l'industrie cinématographique mondiale et pour la société, c'était vraiment bouleversant. Heureusement, ça a évolué depuis. – Patrick Fabre, « voix » de la montée des marches à Cannes Mais au milieu de ses très nombreuses anecdotes, Patrick Fabre change de ton, et remet une dernière lettre à Jack… Une série écrite et présentée par Jack Souvant, coréalisée par Simon Decreuze, d’après une idée originale de Guillaume Ajavon.  Musique originale de Benjamin Moussay.  En partenariat avec l’UNESCO et le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.  Une coproduction France Médias Monde et Mairie de Toulouse.  Merci à la ville de Cannes pour le soutien apporté dans la production de cet épisode.

  2. 20 Aug

    9. Maravane Caravane à Port-Louis

    À Port-Louis, Jack plonge dans l'âme musicale de l'île Maurice. Entre le séga envoûtant et les vinyles oubliés du disco mauricien, il explore les trésors sonores de l'île, comme ces 6 000 disques précieusement archivés par le label Babani. Son voyage l'amène aussi à rencontrer Menwar, maître de la ravanne, et Manu Desroches, l'un de ses héritiers musicaux. Mais au bout du voyage, une mystérieuse lettre écrite en créole mauricien l'attend… Briani Express : le restaurant de Port-Louis qu'on entend avant de voir  Près de la gare routière, un haut-parleur d'un mètre de haut crache le menu en continu dans toute la rue : briani poulet, bœuf ou poisson. Un plat de riz épicé d’origine indienne, popularisé à Maurice par les travailleurs venus d’Inde après l’abolition de l’esclavage. Pas de doute, Jack est bien arrivé à Maurice. Au marché central, les marchands chantent les carottes et les betteraves comme une radio vivante, entre caramboles, letchis et chou palmiste, le cœur de palmier frais. Jack en tire naturellement un premier constat : à Maurice, tout passe par le son. Studio Boucan : 6 000 vinyles pour sauver la mémoire sonore de l'océan Indien Pour poursuivre sa quête musicale, Jack quitte le marché pour se rendre à Phoenix, au sud de Port-Louis. Il y rencontre Avneesh, qui a bâti son studio d'enregistrement sur le modèle de la Factory d'Andy Warhol, située à New York – un espace ouvert, collectif et collaboratif, un studio d'enregistrement au milieu de la végétation tropicale. Avneesh est une rencontre de choix pour Jack. Le DJ et producteur déniche notamment les perles rares de la musique vintage de l'océan Indien. Avec son label Babani, il numérise, restaure et remasterise des trésors oubliés : séga vintage, disco mauricien des années 1970, maloya de La Réunion signé Danyel Waro ou Gramoun Lélé. Avneesh est un grand passionné, et il n'a qu'une obsession : donner enfin une couleur sonore à l'océan Indien et à Maurice, cette île que le monde réduit à une carte postale. Quand je te dis Égypte, Chine ou Rio de Janeiro, tu entends quelque chose. Quand je te dis Maurice, tu n'entends rien. La musique mauricienne n'a pas été médiatisée. – Avneesh, DJ, producteur et curateur musical. Menwar et la ravanne : l'instrument qui a survécu aux maîtres des plantations Le séga est né des réunions d'esclaves qui jouaient durant leur temps libre. Une histoire qui rappelle celle de Congo Square, à La Nouvelle-Orléans. Quand les instruments étaient confisqués, la ravanne, percussion plate qui se dissimule facilement, a, elle, bien résisté. Et pour aider Jack à mieux comprendre la culture musicale de l'île, Avneesh l'oriente vers l'un de ses acteurs incontournables : Menwar. Un grand joueur de ravanne, qui a développé son propre style, le sagaï, une forme de séga acoustique nourrie d’influences blues, jazz, reggae et africaines. Dans sa maison proche de la mer, Menwar, 70 ans, raconte comment il a fusionné ce tambour avec différentes influences musicales, et inventé son propre style à partir du geste des matelassiers battant la paille de coco, « comme des percussionnistes », précise-t-il. Son inspiration pour l'écriture ? La vie qui l'entoure. Mais Menwar défend aussi son engagement, en chantant la société et en dénonçant l'appropriation des terres dans un monde qu'il souhaite égalitaire. De Sarah Honoré à Manu Desroches : la lettre en créole qui ramène Jack à Toulouse Le lendemain, Jack se dirige vers la maison de la jeune chanteuse Sarah Honoré. L’artiste, musicienne et chanteuse, défend une pratique de la musique en live et revendique la dimension brute de la musique traditionnelle, qu’elle aime particulièrement explorer. Une approche qui contraste avec la puissance de diffusion et de résonance offerte aujourd’hui par les plateformes numériques. La ravanne est un instrument cru et subtil, pas aussi puissant qu'un tambour, tu le joues principalement à la force de tes mains. Mais aujourd'hui, il y a la ravanne synthétique pour prioriser le niveau sonore. Il y a désormais deux écoles. – Sarah Honoré, chanteuse et musicienne. Jack découvre aussi la dimension spirituelle du séga et de ses instruments. Ils connectent Sarah Honoré aux précédentes générations et aux cultes que ses ancêtres ont initiés pour exorciser leurs émotions. C'est, selon la jeune chanteuse et musicienne, le seul héritage traditionnel afro-mauricien qui lui est accessible. À Cap Malheureux, Jack rencontre un finaliste du Prix RFI Découvertes Sur les conseils de Sarah Honoré, Jack part à la rencontre du chanteur et multi-instrumentiste Manu Desroches. L'occasion pour Jack de comprendre le parcours et les inspirations de l'artiste qui mêle jazz, blues, musiques traditionnelles africaines et mauriciennes. Bercé par Whitney Houston, chantée par sa mère, ou par le chanteur et guitariste mauricien Eric Triton, Manu Desroches grandit dans une famille où la musique tient une place toute particulière. Toutes ces influences se retrouvent dans son EP de sept titres, Chapter of Sound, qui compte d'ailleurs six morceaux en langue créole. Mais alors que l'artiste revient sur ses meilleurs souvenirs de concert, il évoque le Rio Loco, le fameux festival toulousain. Jack y voit forcément un signe. C'est à ce moment précis qu'un voisin entre dans la pièce muni d'une lettre trouvée par terre. Son destinataire ? Jack, évidemment. À l'intérieur, une lettre écrite en créole mauricien. Manu Desroches assure la traduction : « Si ces mots sont arrivés dans tes mains, crois-moi, ce n'est pas par hasard. Mon ami, ta quête prend une nouvelle direction : Cannes. » Une série écrite et présentée par Jack Souvant, coréalisée par Simon Decreuze, d’après une idée originale de Guillaume Ajavon.  Musique originale de Benjamin Moussay.   En partenariat avec l’UNESCO et le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.  Une coproduction France Médias Monde et Mairie de Toulouse.  Un merci tout particulier à la ville de Port-Louis pour son aide.

  3. 19 Aug

    8. Dessiner la ville à Montréal

    Pour cette huitième étape, Jack poursuit son périple à Montréal pour une plongée au cœur de son design urbain. Il découvre ainsi l'âme de la ville à travers ses formes audacieuses, ses détails insolites et ses usages innovants. Et comme d'habitude, de nombreuses rencontres jonchent son parcours : de Michel Dallaire, qui a imaginé le cadre en boomerang des vélos BIXI, à l'un des plus fins connaisseurs du patrimoine urbain de la ville, Dinu Bumbaru, qui lui ouvre les portes de ruelles, friches et jardins secrets. Mais alors que que Jack arpente l'île, le mystérieux organisateur de ce périple trouve le moyen de lui remettre une enveloppe supplémentaire... À peine arrivé, Jack croise Nicolas. Un Montréalais allongé sur un drôle d'engin à deux roues fabriqué à Seattle, qui lui permet d'aller 15 % plus vite qu'un vélo traditionnel. Jack songe à ce qui pourrait être une première leçon montréalaise : ici, même la façon de traverser la rue est une affaire de design. Michel Dallaire, le père des BIXI : « S'il n'y a pas de surprise, il n'y a pas de séduction »   Poursuivant son chemin, Jack rencontre l'immense designer québécois, Michel Dallaire, qui a donné aux vélos partagés de Montréal leur cadre en forme de boomerang. Il faut dire que la symbolique est forte. Le boomerang est parfait pour un vélo en libre-service, puisqu'il a vocation à systématiquement revenir à son point de départ. La « patte » de Michel Dallaire est forcément originale. Inutile de faire comme les autres. Il travaille alors son propre propos esthétique. Et les contraintes imposées par ses bailleurs, ou la fonction du produit qu'il conçoit, font naître chez lui une créativité débordante. Il y ajoute une couche d'esthétisme, en recherchant le « beau » qui rassemble le collectif, passant ainsi entre les mailles du filet de la subjectivité individuelle. Un jour on m'a demandé de dessiner une bouteille d'eau de javel. Il fallait être motivé car personne n'a le désir d'en acheter une, c'est un besoin. Alors je m'y suis mis, pour qu'elle soit la plus désirable des bouteilles d'eau de javel du marché. J'ai proposé une bouteille avec plusieurs possibilités de prises en main. Pour toutes les mains, pour tous les âges. J'ai essayé de convaincre les usagers qu'en prenant cette bouteille, ils obtiendraient un plaisir tactile. – Michel Dallaire, designer. Jack poursuit sa route. Et celle-ci, le mène jusqu'à ce quartier, où se sont installées différentes diasporas d'Afrique de l'Ouest, dans la plus grande ville du Québec. Après un échange quasi philosophique, empreint de positivisme, Jack reçoit un nouveau message de son ami Gaël. Ce dernier l'accompagne dans sa recherche de l'occulte pourvoyeur de ces lettres anonymes. Mais entre radio secrète et émetteur mystérieux, Gaël sème le trouble dans une quête dont Jack pensait enfin détenir le secret... Ruelles, moufettes et friches aménagées : une ode à la promenade selon Dinu Bumbaru Jack poursuit sa découverte de Montréal, en se rapprochant de l'un de ses plus grands ambassadeurs : Dinu Bumbaru, architecte, auteur de Carnet d'un promeneur dans Montréal, et engagé au sein de l'association Héritage Montréal. Il entraîne Jack dans les ruelles du XIXe siècle (créées pour freiner la propagation des incendies) jusqu'au Champ des Possibles, une friche ferroviaire devenue jardin citoyen. Jack est embarqué dans une promenade urbaine aux côtés de l'un de ses pratiquants réguliers, qui a d'ailleurs inventé un mot qui exprime le droit de flâner. Un terme validé par Dany Laferrière en personne, écrivain haïtien et canadien, élu à l'Académie française en 2013. Il s'agit du mot « promenabilité », son inventeur précise : On parle beaucoup des villes marchables. Le bétail marche, mais les citoyens doivent avoir le droit de se promener, d'avoir des bancs pour s'asseoir, de l'ombre, des fontaines pour boire de l'eau... La promenabilité exige de penser la ville autrement que par ses fonctions. – Dinu Bumbaru, architecte et auteur de Carnet d'un promeneur dans Montréal. C'est après une étape dans une « auberge de silence », un havre d'apaisement en pleine ville, que Jack et Dinu Bumbaru se dirigent vers une grande friche au milieu de la ville, au risque d'y rencontrer des moufettes et autres formes de diversité biologique. L'architecte en profite pour partager sa vision engagée du design urbain. Il serait intéressant de valoriser le design d'adaptation. Le défi du XXIe siècle n'est pas de créer le plus bel objet neuf. Mais comment on requalifie un quartier avec talent et inventivité. En design, on devrait imaginer l'excellence sous l'angle de l'adaptation de milieux existants. - Dinu Bumbaru, architecte. Du circuit d'autobus 80 à la bibliothèque Maisonneuve : les monuments vivants de Montréal Pour Bumbaru, le vrai monument montréalais n'est pas toujours en pierre : à ses yeux, c'est le bus 80, qui file de la Place des Arts à l'aréna Howie-Morenz et où défilent les accents grecs, haïtiens et nord-africains d'une ville marquée par la diversité des locuteurs francophones. Les transports collectifs des villes sont imaginés uniquement sous l'angle du service technique. Il faut aussi les voir dans la perspective de l'urbanité, comme une part entière de la culture de la ville. C'est la société montréalaise qui passe dans ces autobus. – Dinu Bumbaru, architecte et auteur de Carnet d'un promeneur dans Montréal. Alors que Jack a mis en œuvre le concept de « promenabilité » aux côtés de l'architecte, Jack s'apprête à regagner l'aéroport depuis la bibliothèque Maisonneuve. Interpellé par son architecture, Jack découvre cette ancienne mairie devenue ce que les Montréalais appellent le « troisième lieu ». Car, « après la maison et le travail, c'est ici que l'on se retrouve », disent-ils. Mais sur le chemin du retour, Jack sent une présence.  Une limousine blanche approche. Elle s'arrête à ses côtés. Un homme lui tend alors une boîte nacrée contenant une enveloppe. Jack en a désormais l'habitude, celle-ci ne contient qu'un seul mot : Séga. Et un billet d'avion pour Port-Louis, à l'île Maurice. Une série écrite et présentée par Jack Souvant, coréalisée par Simon Decreuze, d’après une idée originale de Guillaume Ajavon.  Musique originale de Benjamin Moussay.  En partenariat avec l’UNESCO et le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères.  Une coproduction France Médias Monde et Mairie de Toulouse.  Merci à la ville de Montréal pour le soutien apporté dans la production de cet épisode.

  4. 12 Aug

    7. Medina virtuelle à Casablanca

    Septième enveloppe, septième billet : Jack Souvant atterrit cette fois à Casablanca. Et le chauffeur de taxi lui souhaite la bienvenue dans l'année 2976... selon le calendrier amazigh. Comme à son habitude, Jack multiplie les rencontres plus ou moins formelles : du directeur d'un festival d'art vidéo, à une écaillère qui marie huîtres de Oualidia et Red Bull, en passant par un photographe qui fabrique de fausses images plus vraies que nature... Une seule question traverse le séjour de Jack : qu'est-ce qui relève de la réalité ? La réponse l'attend peut-être dans le métavers, là où sa prochaine destination lui sera annoncée... Rick's Café : quand le faux décor de « Casablanca » devient un vrai lieu mythique  Pour comprendre l'identité de Casablanca, Jack se dirige naturellement vers l'ancienne Médina. C'est aux alentours qu'il rencontre Majid Seddati, directeur du Festival International d'Art Vidéo de Casablanca (FIAV). Jack en profite pour interroger l'acteur culturel et précurseur marocain au sujet de sa définition des arts numériques, à ne pas confondre avec la simple création de contenu sur les réseaux sociaux. Dans les arts numériques, il y a une démarche, une vision, un processus artistique. Les artistes utilisent le numérique comme médium ou comme outil pour la création d'œuvres d'art à part entière. - Majid Seddati, directeur du FIAV. Pour le défenseur de l'art vidéo marocain, le numérique et l'avènement technologique ont clairement démocratisé l'accès à l'art : les installations immersives, la réalité augmentée et les films en réalité virtuelle, désormais primés de Cannes à Venise, en sont la preuve. Il raconte aussi à Jack la venue du réalisateur iranien Nader Homayoun, empêché de tourner en Iran, qui a retrouvé dans les rues de Casablanca les décors de son prochain film qu'il avait en grande partie imaginés avec l'intelligence artificielle. La ville est coutumière de ces frontières entre la réalité et la fiction : le Rick's Café, que tout le monde croit être le décor du film mythique « Casablanca », a en réalité été construit d'après le film. Une autre forme de création fictionnelle aboutissant à une construction bien réelle... Nous les réalisateurs, nous fabriquons des mensonges qui mènent à des vérités. - Majid Seddati citant le réalisateur iranien Abbas Kiarostami. Sur le chemin qui le mène jusqu'à Christian Mamoun, Jack passe devant l'immanquable grande mosquée Hassan II, qui domine la mer. Un décor irréel. Christian Mamoun : de Kreuzberg à Mers-Sultan, les images fausses qu'on croit vraies En scooter dans une ville qu’Hubert Lyautey – qui a instauré le Protectorat français au Maroc – avait transformée en laboratoire pour architectes, Jack se dirige vers Mers-Sultan. Il se retrouve donc dans le quartier des artistes, que Christian Mamoun compare au Kreuzberg d'il y a quarante ans, ce quartier berlinois rebelle et alternatif. Photographe de mode germano-franco-marocain, Christian Mamoun a vu l'IA générative reproduire ses photos en trois minutes à peine. Il interroge désormais la véracité de l'image, notamment avec sa série « What could have been? », datant de 2024, présentant des œuvres tantôt créées par le photographe, tantôt par l'intelligence artificielle. La véracité de l'image est d'actualité d'un point de vue politique. L'IA est de plus en plus performante et utilisée aussi par les leaders mondiaux. À quoi se fier ? Qu'est-ce qui est vrai ? Qu'est-ce qui est faux ? Que signifient d'ailleurs vrai et faux en photographie ? - Christian Mamoun, photographe. Pour étayer sa réflexion, le photographe partage une anecdote autour de la série Evidence d’Alain Declercq. Dans ce travail, il met en scène de faux documents liés au terrorisme, construits pour donner une apparence de crédibilité à des rumeurs complotistes et interroger ainsi les mécanismes de fabrication de la preuve. À travers cette démarche, l’artiste ne cherche pas à valider ces récits, mais à révéler la fragilité de nos rapports à l’information, à l’image et aux dispositifs qui construisent la croyance. Son échange avec Jack se poursuit par une ode aux invisibles du Maroc, que Christian Mamoun s'attache à mettre en lumière à travers ses différentes œuvres. Je rencontre beaucoup de personnes âgées, on ne les voit pas mais elles sont des piliers de leur communauté. Le Maroc est aussi construit par ceux que l'on ne voit pas, et ils m'ont beaucoup appris sur ma marocanité. - Christian Mamoun, photographe. Jack enfourche à nouveau le scooter du photographe, pour poursuivre son immersion dans la ville blanche... Louis Cacciuttolo : dans le métavers, une enveloppe et un billet pour Montréal Au marché, Jack fait la rencontre d'Aïcha Nour, « number one » autoproclamée des crustacés, qui lui fait goûter ses huîtres de Oualidia et de Dakhla, accompagnées de Red Bull, sa dernière invention. Après une généreuse dégustation et une proposition de collaboration Instagram, Jack poursuit sa route et sa quête de vérité, guidé par ces artistes du monde entier... C'est alors que Jack fait la rencontre de Louis Cacciuttolo, créateur à l'avant-garde de l'art immersif, qui adapte la création virtuelle au continent africain. Parmi les spécificités du continent ? Une culture très ancrée dans le réel, dans l'interaction sociale directe, et une utilisation massive du téléphone. Qui dit téléphone, dit réalité augmentée, et pas réalité virtuelle. J'ai adapté mon approche à cette interface qui permet de toucher un large public, en sensibilisant à ces mondes qui se superposent au réel. On propose des extensions du monde physique, sans jamais s'en déconnecter complètement. - Louis Cacciuttolo, fondateur de la plateforme VRrOOm La réalité se brouille, la quête de Jack également. Le créateur visionnaire apporte donc à Jack une couche de précisions supplémentaires afin d'ancrer ces concepts dans sa propre réalité. Les métavers, ce sont des mondes virtuels dans lesquels l'être humain peut se projeter sous forme d'avatar. Soit via un casque de réalité virtuelle, soit directement via un écran. « Le métavers, en somme, c'est quand on rentre dans l'écran », résume-t-il. Une pratique qui, contrairement aux idées reçues, n'est pas antinomique du lien social réel. En passant par un monde virtuel, nous pourrons aussi naturellement nous y rencontrer. La technologie s'érigerait alors en une prolongation du monde réel. Et Jack va s'y essayer, en s'équipant d'une paire de lunettes de réalité virtuelle. Il s'immisce alors dans le métavers, ou plutôt dans une salle virtuelle : le Totem Club. Il y rencontre un autre avatar, qui se charge de lui délivrer une mystérieuse lettre. Rebelote. Dans deux heures, Jack doit quitter Casablanca pour Montréal. La discipline qu'il doit y découvrir ? Le design. Une série écrite et présentée par Jack Souvant, coréalisée par Simon Decreuze, d’après une idée originale de Guillaume Ajavon.  Musique originale de Benjamin Moussay.  En partenariat avec l’UNESCO et le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères.  Une coproduction France Médias Monde et Mairie de Toulouse.  Un merci tout particulier à la ville de Casablanca pour son aide.

  5. 5 Aug

    6. Jazz roots & rock spirit à Montreux

    À Montreux, Jack Souvant remonte le fil d'une nuit de 1967 : d'une fusée de détresse et d'un casino en flammes est né le riff le plus célèbre du rock, Smoke on the Water. Il retrouve aussi Eugène Chaplin, qui raconte comment son anniversaire a réuni David Bowie et Queen dans le salon familial, et donné naissance à Under Pressure quelques heures plus tard. Entre le fils de Charlie Chaplin et l'ancienne « studio manager » du Mountain Studio, la petite ville suisse dévoile ses secrets de rock les mieux gardés. C'est en arrivant à Montreux que Jack tisse finalement le lien entre ses derniers voyages :  Kinshasa, la Nouvelle-Orléans, Québec, Toulouse, Bohicon, Montreux... toutes font en effet partie du réseau des villes créatives UNESCO. Concrètement, ces villes tissent un réseau de protection et de promotion de la diversité culturelle en encourageant la valorisation du potentiel créatif, social et économique des collectivités locales à travers le monde. Ce réseau est colossal, et compte environ 400 villes. Alors Jack s'interroge : cela signifie-t-il que son voyage ne s'arrêtera pas avant de les avoir toutes visitées ? Mais très vite, Jack est interrompu par l'accueil chaleureux des Montreusiens et Montreusiennes qui délivrent au fil des discussions les nombreux secrets qui font de Montreux une place centrale de l'industrie musicale mondiale. Montreux : le Mountain Studio a transformé la ville en capitale du rock  Car à Montreux, l'histoire de la musique passe forcément par le Mountain Studio. Jack doit impérativement se rendre dans ce lieu mythique racheté en 1979 par le groupe Queen, où ont notamment enregistré des artistes légendaires tels que le groupe britannique évidemment, mais également David Bowie et Nile Rodgers pour ne citer qu'eux. Adossé à l'ancien casino, ce lieu est pensé pour enregistrer aussi bien des concerts que les albums des nombreux artistes de passage. Grâce à son acoustique modulable et à son environnement paisible, le studio devient un refuge pour les musiciens, qui peuvent alors créer loin de l'agitation des grandes villes. Smoke on the Water, Under Pressure, Let's Dance : les tubes mythiques enregistrés à Montreux Dans les couloirs du studio résonnent bientôt les histoires du tube Smoke on the Water, né après l'incendie du casino pendant un concert de Frank Zappa, mais aussi celles de Under Pressure et de Let's Dance. Pendant le concert de Frank Zappa, un spectateur lance une fusée de détresse dans la salle. Avec les décorations de Noël, le plafond s'embrase. [...] Les Deep Purple assistent à la catastrophe et voient le feu jaillir du lac Léman. Dans la nuit, ils écrivaient Smoke on the Water, directement inspiré par cet événement. - Stéphanie-Aloysia Moretti  Pour Let's Dance, les micros de conversation sont restés ouverts, permettant de conserver les échanges entre David Bowie et Nile Rodgers pendant la création du morceau. Une véritable plongée dans les coulisses de ce tube interplanétaire, donnant à entendre les commentaires et analyses des deux superstars internationales, qui ont pensé le morceau comme un tube accessible à tous. Concernant Under Pressure, Jack apprend avec étonnement qu'Eugène Chaplin, le fils du grand maître du cinéma muet, n'est pas pour rien dans la rencontre entre Queen et David Bowie... Car Charlie Chaplin avait lui aussi trouvé la quiétude en s'installant en Suisse en 1952. Il y vit, accompagné de sa famille, jusqu'à la fin de ses jours en 1977 et y sera d'ailleurs enterré. Pour son anniversaire, Eugène Chaplin a eu la très bonne idée de convier les deux chanteurs britanniques. Leurs échanges auraient fait naître l’idée de collaborer, projet concrétisé peu de temps après cette première rencontre... Eugène Chaplin raconte David Bowie et la musique chez les Chaplin Alors Jack entre naturellement en contact avec Eugène Chaplin. Il découvre alors une autre facette de l'histoire de Montreux. Le fils de Charlie Chaplin, né sur les rives du lac Léman, se souvient de David Bowie, de sa manière de composer ses textes en découpant des mots dans les journaux, mais aussi de la place qu'occupait sa musique dans sa propre famille. "Quand David Bowie écrivait les paroles de ses chansons, il lisait le journal et découpait des mots, des phrases. Il constituait un genre de puzzle dont il s'inspirait pour écrire ses textes." - Eugène Chaplin. Jack apprend aussi que Chaplin père, lui, composait à l'oreille les musiques de ses films muets, sans jamais écrire une partition, jusqu'à ce qu'un arrangeur transcrive la mélodie. Sa conviction ? La musique ne devait jamais dominer l'image, mais l'accompagner comme un contrepoint silencieux, une règle qu'il appliquait à chaque scène burlesque ou dramatique. Émergences : Jack prend le train pour rejoindre une nouvelle génération d'artistes Après cette plongée dans l'histoire du rock et du cinéma de Chaplin, Jack monte dans un vieux train pour rejoindre une résidence de jeunes talents de la chanson francophone organisée dans le cadre du festival Émergences. "Ici, les jeunes suivent différents modules, on fait de la formation en les interrogeant sur les différentes manières de faire la chanson, on essaie de les ouvrir." - Pascal Miralles, Directeur artistique du Festival des Émergences. Pendant cinq jours, des artistes venus d'horizons différents, entre 20 et 45 ans, écrivent et composent ensemble, avec pour objectif de présenter un spectacle d'environ une heure au public. Francis Cabrel et Voix du Sud : rompre la solitude des artistes Encadrés par des artistes français et suisses, les jeunes créateurs de la résidence travaillent par groupes de trois. Loin du tumulte de la vie quotidienne, la résidence leur offre une bulle d'échange, de créativité et de quiétude incomparable. Francis Cabrel, fondateur de Voix du Sud, le centre des écritures de la chanson et partenaire de la résidence, défend ici une idée simple : rompre la solitude des artistes en leur apprenant à créer ensemble, dans un environnement sublime. En contemplant le paysage grandiose qui s'offre à lui, Jack commence à apprécier le privilège que lui offre l'expéditeur de ces lettres anonymes. Car Montreux marque une étape importante dans le périple de Jack. D'abord préoccupé, presque inquiet, Jack savoure de plus en plus ses rencontres avec les artistes, créateurs et passionnés du monde entier. À l'image de cet échange avec les membres du Yodleurclub Montreux. L'occasion pour Jack de s'initier à ce chant traditionnel suisse, conçu à l'origine pour communiquer d'une montagne à l'autre. Ou encore cet échange avec la « studio manager » du Mountain Studio, qui regorge naturellement d'anecdotes. Sans aucun doute, Montreux fait vivre un patrimoine musical profondément ancré dans son territoire. Alors Jack attend désormais avec hâte sa prochaine étape. C'est en rentrant à l'hôtel que le téléphone sonne, un courrier l'attend à la réception. Cette enveloppe contient un billet pour Casablanca, et une discipline : Arts numériques. Une série écrite et présentée par Jack Souvant, coréalisée par Simon Decreuze, d’après une idée originale de Guillaume Ajavon.  Musique originale de Benjamin Moussay.  En partenariat avec l’UNESCO et le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères.  Une coproduction France Médias Monde et Mairie de Toulouse.  Merci à la ville de Montreux pour le soutien apporté dans la production de cet épisode.

  6. 29 Jul

    5. Vaudou & Bomiwô à Bohicon

    À Bohicon, au Bénin, Jack Souvant plonge dans les secrets d'un plat rituel né dans les couvents vaudou. Entre un prêtre du Fâ consulté par les puissants, une cheffe qui dévoile les codes d'un mets sacré et une vieille maison qui cache des lettres inquiétantes, chaque rencontre brouille un peu plus la quête de Jack. Jusqu'où est-il prêt à aller pour comprendre ce qui dirige son voyage ? Le bomiwô à Bohicon : un plat de communion vaudou rebaptisé « plat du grigri »   Le plat que Jack est venu chercher à Bohicon a un nom que peu de visiteurs prononcent correctement. Né dans les couvents vaudou, ce mets de pâte de maïs et de poulet entier servait à sceller la communion après les rituels et les libations - chacun se partageant le même poulet pour symboliser l'union. Mais avec l'arrivée de nouvelles religions, la recette a été rebaptisée avec mépris « plat du grigri » ou « plat du fétiche ». Un glissement de sens que Socrate, jeune habitant de Bohicon baptisé comme le philosophe grec, tient à corriger : à l'origine, ce plat n'avait rien de maléfique, seulement l'ambition de réunir les vivants autour d'une même assiette. Quand vous tuez le poulet, le vaudou ne consomme que le sang de la viande. C'est dans le sang que réside l'énergie qui permet de traverser l'espace pour aller vers l'être suprême. Le sang constitue ce câble. - Socrate, habitant de Bohicon. Mais c'est suite à cette rencontre que la quête de Jack vient percuter de plein fouet son immersion dans la culture vaudou. Son ami Gaël lui laisse un message vocal qui remet en question toute son approche de ce périple... Diana Johnson dévoile à Jack la recette du bomiwô C'est dans son restaurant, au bord de la route de Bohicon, que la cheffe Diana Johnson prépare le bomiwô sous les yeux de Jack : farine de maïs, gingembre, ail, graines de fenouil, feuilles de laurier et petites noix de muscade africaines viennent parfumer un bouillon de poulet longuement mijoté. Bohicon : le prêtre du Fâ qui conseille les présidents Après avoir savouré ce plat traditionnel, Jack reprend sa route, et se rend chez un Bokonon - un devin, gardien de la tradition et de l'oracle du Fâ. Cet homme reçoit tellement de monde qu'il faut parfois attendre de longues minutes avant qu'il ne libère un instant pour ses invités. Il se présente aussi comme un « bokor », celui qui autrefois conseillait les rois et qui, dit-il, conseille aujourd'hui les présidents. J'ai démarré l'oracle en 1986, quand mon père est décédé. C'est comme un signe divin, j'ai réussi à m'imposer et poursuivre ce qu'il avait entrepris. - Bokonon de Bohicon Sa consultation repose sur 256 signes, issus de seize figures fondatrices, qu'il interprète à travers des proverbes et des contes transmis depuis son grand-père. Un système de divination qui, précise-t-il, permet de guider ceux qui s'apprêtent à franchir une nouvelle étape de leur vie. Bohicon, 1904 : dans une maison promise à l'art contemporain, une lettre relance le mystère de Jack Mais ce séjour à Bohicon va connaître un second bouleversement. Dans une bâtisse centenaire de Bohicon, construite en 1904 par un riche commerçant, Jack tombe sur des malles oubliées. Il y trouve notamment des photographies de la fête de l'indépendance. Il met également la main sur une lettre inquiétante, griffonnée à la main. Son auteur menace quiconque tenterait de « sortir » sans respecter un sacrifice, et incite à « garder les enregistrements ». Refroidi par sa lecture, Jack glisse son regard au fond de cette malle... Cette trouvaille est sans doute la plus importante de ce séjour. Une nouvelle lettre comportant le nom de la ville de Montreux, et un seul mot : Musique. Une série écrite et présentée par Jack Souvant, coréalisée par Simon Decreuze, d’après une idée originale de Guillaume Ajavon.  Musique originale de Benjamin Moussay.  En partenariat avec l’UNESCO et le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères.  Une coproduction France Médias Monde et Mairie de Toulouse.  Un merci tout particulier à la ville de Bohicon pour son aide.

  7. 22 Jul

    4. Occitània groove à Toulouse

    À Toulouse, Jack Souvant arrive dans la ville où tout semble avoir commencé, et s'attend à enfin résoudre ce mystère. Mais la ville rose l'embarque dans un itinéraire qu'il n'avait pas prévu, des géants mécaniques de François Delarozière aux chants de lutte de Zebda, jusqu'aux coulisses de l'Opéra national du Capitole. Jack s'immerge dans la ville mais s'interroge : lui remettra-t-on une nouvelle enveloppe au terme de son séjour à Toulouse ? Lila Fraysse et les Cocanha : la langue occitane comme tremplin vers le présent  Toulouse revêt une saveur particulière pour Jack, celle de l'espoir. La croix occitane orne en effet les enveloppes anonymes qu'il reçoit depuis quelque temps. À l'affût du moindre indice, Jack scrute la ville rose, là où semblent se situer les racines de toute cette histoire. Pour mettre toutes les chances de son côté, Jack pousse les portes du Conservatoire occitan des musiques et danses traditionnelles, où il rencontre Lila Fraysse, chanteuse du groupe Cocanha. Si Toulouse est sans nul doute un carrefour culturel, la culture occitane, dit-elle, ne se referme pas sur elle-même : être ancré, c'est surtout savoir accueillir. La cantèra, chanter en chœur, c'est une des spécificités puissantes qui permet de se retrouver, de partager. Ça vient de "Canta", de chanter. Ça parle de l'impulsion, du besoin de chanter. Tu poses ta tonalité, et le collectif te suit. - Lila Fraysse, chanteuse du groupe Cocanha. À la recherche d'un lien entre les douze pommes d'or qui entourent la croix occitane et sa quête obsédante, la réflexion de Jack est interrompue par l'apparition, au loin, d'une immense tête de taureau dont les narines crachent de la fumée. Il avance dans sa direction... François Delarozière et Mino Malan : les instruments-sculptures qui font entrer les géants dans la ville Non loin de la station Montaudran, Jack entre dans un hangar habité par un bestiaire mécanique improbable. Le Minotaure Astérion, un dragon, un varan : les créatures géantes de la compagnie La Machine et de son créateur François Delarozière voisinent avec les inventions de Mino Malan, fabricant d'instruments-sculptures. Ces machines ont été conçues pour la Symphonie mécanique, un spectacle mêlant musiciens classiques et engins manipulés par des ouvriers. La règle est simple et guide l'ensemble des créations : ici, le son doit être visible. Zebda, Origines Contrôlées : Toulouse, carrefour de la créolisation du son français Dans la rue, Jack rencontre une ville où les générations musicales se croisent et se nourrissent. Mustapha Amokrane, chanteur du groupe Zebda, lui raconte la naissance de "Motivés" en 1997, recueil de chants de lutte pensé pour animer les manifestations, et évoque la créolisation de la culture, concept théorisé par Édouard Glissant et Patrick Chamoiseau. Celui qui se fait surnommer "Mouss" résume sa pensée ainsi : « L'identité est en mouvement depuis la nuit des temps. On s'invente ensemble. C'est bien plus fort que de simplement vivre ensemble. On grandit avec les autres. » - "Mouss", du groupe Zebda. Chez le disquaire Le Laboratoire, Jack pense enfin trouver des réponses... Mais preuve que la musique est au cœur de l'identité du lieu et de la ville, les nombreuses rencontres (musiciens, acteurs associatifs ou chanteurs...) viennent interrompre ses réflexions, et enrichir sa compréhension du pouvoir culturel et musical au sein de la ville rose. Don Giovanni au Capitole : dans les coulisses de l'opéra, le chant comme mystère Sur le chemin de l'Opéra national du Capitole, Jack traverse la station de métro portant le nom de Claude Nougaro, enfant de Toulouse et fils d'un chanteur de l'Opéra de Paris. La légende toulousaine voyait dans le chant « un mystère dont on est le détenteur ». Mais pour Jack, le mystère perdure bel et bien... À l'Opéra national du Capitole, Jack est accueilli par le soliste Vincenzo Taormina, qui l'initie aux échauffements vocaux - labiaux, bouches fermées, vocalises en douceur...  avant d'assister à la représentation. Mais à l'issue de celle-ci, et alors que l'un de ses amis semble avoir une piste sérieuse à partager à Jack, une nouvelle enveloppe l'attend à la sortie. Le nom de la ville ? Bohicon. Le mot associé ? Bomiwô. Jack se fait une raison : dans quelques jours, il devra se rendre au Bénin pour y découvrir les secrets de cette recette traditionnelle vodou. Et il l'espère, enfin résoudre ce mystère... Une série écrite et présentée par Jack Souvant, coréalisée par Simon Decreuze, d’après une idée originale de Guillaume Ajavon.  Musique originale de Benjamin Moussay.  En partenariat avec l’UNESCO et le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères.  Une coproduction France Médias Monde et Mairie de Toulouse.  Merci à la ville de Toulouse pour le soutien apporté dans la production de cet épisode.

  8. 15 Jul

    3. Québec, l'Autre qui bat en nous

    À Québec, la littérature s'affiche sur les murs en graffitis ou en banderoles poétiques. Elle se distribue dans les boîtes aux lettres et se retrouve entre les murs d'une ancienne église, bref, elle est partout. Dans les rues de Québec, Jack Souvant rencontre une écrivaine qui a changé son rapport au monde en observant des abeilles de cinq millimètres, des postiers qui livrent des poèmes à la place des factures et, au bord du fleuve Saint-Laurent, un inconnu qui lui délivre un mystérieux message... La Maison de la littérature : à Québec, la poésie s'affiche partout   C'est une banderole tendue entre deux immeubles qui lance l'immersion littéraire de Jack dans les rues de Québec : « Ouvrons les yeux, nous sommes l'éclaircie ». Une phrase qui change chaque semaine sur les artères commerciales de la ville, signée d'auteurs invités à écrire un fragment autour du thème du festival Québec en toutes lettres : « L'Autre qui bat en nous », d'après la poète Denise Desautels. Pour suivre l'indication contenue dans la dernière enveloppe reçue à la Nouvelle-Orléans, Jack décide de se rendre à la Maison de la littérature, installée dans une ancienne église transformée bibliothèque. Les arts littéraires, c'est l'idée de sortir la littérature du livre, d'aller au-devant des publics [...], par des affiches, des cartes, des bonbons à lire comme on trouverait un distributeur de confiseries [...]. La littérature, c'est une porte d'entrée pour rêver, pour réfléchir, pour échanger. – Tania Massault, Responsable partenariats de la Maison de la Littérature. C'est en se baladant dans les rues de la ville, que Jack identifie un lien entre ses premières destinations. Les trois villes qu'il a eu l'occasion de visiter sont toutes traversées par un fleuve important : le Congo, le Mississippi et le Saint-Laurent. Mais quel lien tisser avec ces mystérieux indices, "Musique" et "Littérature" ? L'issue semble toujours aussi insaisissable. Geneviève Boudreault : l'émerveillement à hauteur d'abeille Alors Jack approfondit la piste de son seul indice, la Littérature. Dans une librairie, il avait feuilleté Une abeille suffit, le carnet d'observation d'un jardin urbain signé Geneviève Boudreau. Il la rencontre pour comprendre sa méthode d'écriture, devenue une véritable façon de vivre. Peut-être un peu aussi pour, sait-on jamais, prendre un peu de sa faculté à s'arrêter pour observer ce qui échappe à l'œil pressé. Avant d'écrire mon livre, j'avais la volonté de montrer mon propre émerveillement et de permettre aux autres de s'émerveiller à leur tour. Voir que cette abeille, à laquelle on n'a pas prêté attention, est éclatante. Sous la lentille d'un appareil photo performant, elle est très spectaculaire. – Geneviève Boudreau, autrice québécoise. Puis, dans le quartier de La Cité-Limoilou, des postiers littéraires – Mohamed le conteur, Rose l'artiste – distribuent des poèmes aux passants, ceux d'Ariane Tapp notamment. Un véritable facteur croise ces imposteurs avec émerveillement. Mais Jack n'avance pas dans sa quête. Peut-être que quelques indices émergeront de son immersion au sein des peuples dits autochtones... Louis-Karl Picard-Sioui à Wendake : la littérature dite « autochtone » n'a plus à se justifier La dernière étape mène Jack à Wendake, réserve de la communauté wendat près de Québec. Au restaurant La Traite, il rencontre Louis-Karl Picard-Sioui, auteur, artiste pluridisciplinaire et co-organisateur du Salon du livre des Premières Nations. Depuis dix ans, la littérature des Premières Nations a explosé. L'auteure innue JD Kurtness en est un très bon exemple, se libérant des attentes, ses œuvres trouvent désormais une place parmi les ouvrages grand public. Au bord du fleuve Saint-Laurent, un message qui n'était pas prévu Au port, un inconnu s'approche de Jack pour lui emprunter un stylo. L'homme ne semble pas en pleine possession de ses moyens. Ce dernier lui montre alors un mur vert à quelques mètres de là. Il est recouvert d'une peinture blanche dessinant les mots : « La musique. 5 000 ans d'histoire de la paix. Rendez-vous à Toulouse ». Kinshasa, la Nouvelle-Orléans, Québec, et maintenant Toulouse... C'est de là que partent toutes les enveloppes reçues jusqu'alors. Est-ce enfin le moment pour Jack de boucler la boucle ? Rien n'est moins sûr. Une série écrite et présentée par Jack Souvant, coréalisée par Simon Decreuze, d’après une idée originale de Guillaume Ajavon.  Musique originale de Benjamin Moussay.  En partenariat avec l’UNESCO et le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères.  Une coproduction France Médias Monde et Mairie de Toulouse.  Merci à la ville de Québec pour le soutien apporté dans la production de cet épisode.

  9. 8 Jul

    2. En seconde ligne avec les Black Indians à la Nouvelle-Orléans

    À la recherche du secret de ces mystérieuses enveloppes, Jack suit les rares indications que contient celle qui lui a été remise à Kinshasa. Il s'envole donc pour la Nouvelle-Orléans, et s'apprête à s'immerger dans la frénésie musicale de celle que l'on surnomme NOLA. Dans le quartier de Tremé, berceau de la musique afro-américaine, il remonte jusqu'à Congo Square, rencontre les Lost Bayou Ramblers et se retrouve embarqué dans la parade des Black Indians du Downtown Super Sunday... Dans le French Quarter, tout est matière à célébration   Soixante heures après Kinshasa, Jack Souvant poursuit sa quête dans le French Quarter de la Nouvelle-Orléans. Balcons en fer forgé, architectures créoles et trompettes accrochées aux grilles dessinent le décor de cette deuxième étape du périple de Jack. Ville de Louis Armstrong, Jelly Roll Morton, Fats Domino ou Trombone Shorty, la musique est ici bien plus qu'un art. Et pour le comprendre, il part en quête de locuteurs français. Isabelle Jacopin, artiste peintre française installée à Royal Street depuis trente ans, lui explique les quelques spécificités de la ville. Car ici la liberté, la musique et les individus de tous horizons cohabitent et communiquent sans aucune restriction. "La musique est partout, jour et nuit [...], c'est une ville qui est très musicale. Tout est matière à célébration ici - y compris les enterrements." – Isabelle Jacopin, artiste peintre française. Congo Square, quartier Tremé : là où est née la musique afro-américaine Jack pourrait bien dénicher un indice en remontant l'histoire du Congo Square, jardin intégré au parc Louis Armstrong, dans le quartier Tremé, où conteurs et musiciens se chargent de le renseigner. Car au XVIIIe siècle, c'est à Congo Square que les esclaves bénéficiaient chaque dimanche de six heures de liberté. Ils en profitaient pour se rencontrer, chanter et danser... jusqu'à la vente par la France de la Louisiane aux Américains en 1803. Ensuite ? Silence forcé jusqu'à la libération des esclaves par Abraham Lincoln en 1863. De quoi considérer que c'est ici, à Congo Square, que la musique afro-américaine est née. "Cette musique de Nouvelle-Orléans, c'est le truc le plus démocratique au monde. C'est la démocratie pure. Tu es obligé de communiquer avec les autres, tu es obligé de faire avec les autres." – Jérôme, membre d'un brass band. Plus loin, Jack est interpellé par la mélodie entraînante d'un violon cajun. Au bout de l'archet ? Louis Michot, violoniste et chanteur des Lost Bayou Ramblers, deux fois récompensé aux Grammy Awards et défenseur de la langue française en Louisiane. "Notre musique fait du bien parce que la vie n'est pas facile. Les mélodies nous font du bien. Mais les paroles sont tristes." – Louis Michot, violoniste et chanteur des Lost Bayou Ramblers. Mais alors que Jack poursuit son immersion, il tombe par hasard sur une rue au nom évocateur : la Toulouse Street. Simple hasard ou clin d'œil de l'expéditeur des lettres anonymes ? Jack s'interroge. C'est alors qu'une poète de rue surgit de nulle part, et lui soumet quelques vers... Downtown Super Sunday : les Black Indians mènent leur guerre avec le fil et l'aiguille Dépourvu d'indices, Jack se contente de se laisser diriger par la musique. C'est là qu'intervient la parade du Downtown Super Sunday, réunissant les Black Indians. Ces Afro-Américains rendent hommage depuis l'époque coloniale aux tribus amérindiennes qui ont offert un refuge à leurs ancêtres en fuite. Ici, chaque costume est cousu à la main, tout au long de l'année. Et depuis Tootie Montana (légendaire chef de la tribu Yellow Pocahontas) la règle est simple : entre les tribus, la guerre se fait désormais avec le fil et l'aiguille, pas avec la violence. Mais pendant que tout le monde chante à l'unisson, que la fumée et les costumes des cavaliers urbains inondent les rues de la ville, Jack s'extirpe et se dirige vers l'aéroport... C'est en salle d'embarquement qu'il se rend compte que l'enveloppe censée contenir le poème concocté plus tôt dans la journée, abritait finalement un billet d'avion pour Québec. Et un mot : Littérature. Une série écrite et présentée par Jack Souvant, coréalisée par Simon Decreuze, d’après une idée originale de Guillaume Ajavon.  Musique originale de Benjamin Moussay.  En partenariat avec l’UNESCO et le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères.  Une coproduction France Médias Monde et Mairie de Toulouse.  Merci à la ville de la Nouvelle-Orléans pour le soutien apporté dans la production de cet épisode.

  10. 1 Jul

    1. Booster le monde à Kinshasa

    Depuis Toulouse, un inconnu envoie une enveloppe anonyme à Jack Souvant. Celle-ci contient un billet d'avion pour Kinshasa, et un mot : "Musique". Pour cette première étape du périple, les rencontres s'enchaînent rapidement dans les rues de Matonge et de Lemba. Ici, la musique résonne partout : des airs de guitares fabriquées avec des câbles de frein, à l'atelier du luthier légendaire de Papa Wemba, Jack s'immisce sans trop savoir pourquoi dans l'effervescence musicale de la capitale de la République démocratique du Congo. À Matonge, Héros le taxi lui explique Kinshasa en quinze minutes  Pas de pancarte, pas de guide. Jack Souvant débarque seul à l'aéroport de Kinshasa en quête de réponse. Héros, chauffeur de taxi, le dépose à Matonge – commune de Molokaï, quartier mythique de la capitale congolaise – en lui dressant sur le chemin le portrait de la ville. À Kinshasa, la philosophie tient en deux mots : "même moral". On sort les poches vides, on sait que l'on rentrera avec quelque chose. Et ce "quelque chose", le secret qu'abrite cette enveloppe, Jack ne l'a pas encore identifié... Ngwaka Son Système : des guitares fabriquées à partir des déchets de Kinshasa  Alors Jack se concentre sur son seul indice, "Musique", lorsqu’un homme recouvert de canettes d'aluminium bruyantes traverse les rues de Matonge. Intrigué, Jack le suit jusqu'à une cour intérieure. C'est là qu'il rencontre le groupe Ngwaka Son Système. Love Lokombe, directeur du groupe, fabrique tous ses instruments à partir de ce qu'il récupère dans la rue : filtres à air, tuyaux PVC, câbles de frein en guise de cordes. Leur musique, Love Lokombe l'appelle "graffiti", improvisée et jamais répétée à l’identique. À Lemba, Sonor et le luthier Socklo C'est dans le quartier de Lemba – celui des intellectuels – que Jack poursuit sa route. Après tout, sa quête est guidée par la musique, et c'est dans ce quartier que Koffi Olomidé, Rosny Kayiba ou encore Jean Goubald Kalala, star de la rumba avec "Bombe anatomique", ont fait leurs premiers pas. Jack y rencontre Sonor, leader du groupe Ba Nkosi et inventeur du Malinga-rock, fusion entre rumba congolaise et rock. Ce qui le pousse à créer ? Sa volonté de "booster le monde". La musique à Kinshasa c'est un peu comme le football au Brésil ou le cinéma à Hollywood, c'est tellement vaste. – Jack Souvant. Mais Jack n'en oublie pas pour autant sa quête. Et lorsqu'il partage ce mystère à ses interlocuteurs, ils lui proposent de rencontrer l'un des piliers de l'ombre de la musique congolaise. Celui que l'on surnomme "le génie" : Socklo. Ce luthier est à l'œuvre depuis 1978, et a notamment fabriqué les guitares de Papa Wemba, Koffi Olomidé ou encore Jupiter Bokondji. Si Jack devait rencontrer quelqu'un à Kinshasa, c'est bien lui... Au Grand Tambour, l'Orchestre symphonique kimbanguiste et le mausolée de Lumumba Un soir, Jack assiste à un concert de l'Orchestre symphonique kimbanguiste au Centre culturel et artistique pour les pays d'Afrique centrale, surnommé le Grand Tambour. La rencontre avec son directeur, le cinéaste Balufu Bakupa-Kanyinda, est l'occasion pour Jack de mieux comprendre le pouvoir de la musique congolaise, sa diversité et ses vertus. On est au cœur d'une ville qui est d'abord perçue comme un lieu de musique, mais qui est aussi une ville de bruits. Est-ce que le bruit c'est de la musique, est-ce que la musique c'est du bruit ? C'est la question que Kinshasa pose. – Balufu Bakupa-Kanyinda, directeur du Centre culturel et artistique pour les pays d'Afrique centrale. Lorsque Jack évoque sa mystérieuse quête à Balufu Bakupa-Kanyinda, l'intellectuel congolais l'oriente tout naturellement vers le père de l’indépendance congolaise : Patrice Lumumba. Balufu Bakupa-Kanyinda a dirigé le rapatriement de ses restes et accueilli en 2022 la restitution par la Belgique de la dent du Premier ministre congolais assassiné en 1961. Selon lui, la solution se situe du côté de son mausolée... C'est là que le mystère s'épaissit encore un peu plus : alors que Jack pense enfin tenir une piste sérieuse en se rendant au pied du mausolée du héros national, place de la Reconstruction, un inconnu surgit, et lui remet une nouvelle enveloppe. À l'intérieur : un billet d'avion pour la Nouvelle-Orléans. Et un seul mot : Musique. Une série écrite et présentée par Jack Souvant, coréalisée par Simon Decreuze, d’après une idée originale de Guillaume Ajavon.  Musique originale de Benjamin Moussay.  En partenariat avec l’UNESCO et le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères.  Une coproduction France Médias Monde et Mairie de Toulouse.  Un merci tout particulier à la ville de Kinshasa pour son aide.

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Une enveloppe anonyme contenant un billet d’avion, le nom d’une ville et un seul mot : voilà le point de départ de cette aventure. Sans connaître l’expéditeur ni la raison pour laquelle il a été choisi, Jack Souvant décide de suivre ces invitations énigmatiques. Micro en main, il part à la rencontre d’artistes, d’artisans, de créateurs et de passionnés. De Kinshasa à La Nouvelle-Orléans, de Québec à Casablanca, en passant notamment par Toulouse, chaque destination dévoile une nouvelle forme d’expression créative et ouvre les portes d’un univers singulier. Au fil de ce voyage inattendu, Jack explore la richesse des cultures du monde et découvre les multiples formes que peut prendre la créativité humaine. Une coproduction France Médias Monde et Mairie de Toulouse.