Comme l'Afrique du Sud et l'Égypte, le Sénégal a connu cette année une fréquentation accrue de la part des touristes français (+18 % en 2025-2026). Ils se sont reportés vers les destinations africaines, face aux risques liés à la guerre au Moyen-Orient. Mais avec un million et demi de touristes en 2025, le Sénégal est loin de son objectif de 2 millions et demi de visiteurs annuels. Face à l'essoufflement du tourisme balnéaire, le pays de la Téranga veut diversifier son offre et sa clientèle. Dans le tourisme depuis plus de 40 ans, Boubacar Sabaly, directeur général de l'hôtel Bougainvillées à Saly-Portudal, sur la Petite Côte, au sud de Dakar, observe que beaucoup d'hébergements balnéaires ont fermé. « Dans notre zone, nous avons perdu 2 000 lits. Nous avons eu la fermeture de l'hôtel Aldiana, 300 chambres, la fermeture également du Domaine de Nianing, 300 chambres, liste ce professionnel de l'hôtellerie. Nous avons perdu deux hôtels Savana, 216 chambres. Nous avons perdu l'hôtel Teranga, 75 chambres. Nous avons perdu également l'hôtel L'Espadon… Ça fait beaucoup. » À lire aussiTourisme: le Maroc maintient le cap malgré les tensions géopolitiques Plus d'immersion culturelle Diversifier l'offre touristique du Sénégal est impératif, reconnaît Malick Mbaye, le secrétaire général de l'Agence sénégalaise de promotion touristique, et c'est l'objectif des États généraux du tourisme, qui se poursuivront jusqu'à la fin de l'année. « Le Sénégal est malheureusement positionné comme une destination "soleil d'hiver balnéaire", alors que le potentiel culturel que nous avons est beaucoup plus important que ce que nous avons sur le balnéaire, martèle-t-il. Et c'est ça qui fait l'originalité d'une destination. Les touristes d'aujourd'hui cherchent des expériences aussi bien sur la culture que sur la nature. Le Sénégal a un potentiel très important. » Le Sénégal cherche à mieux vendre ses rendez-vous culturels, Festival de jazz et Fanal de Saint-Louis, Biennale de Dakar, Festival des minorités, mais aussi à promouvoir l'immersion des touristes dans la culture et le mode de vie sénégalais. Et c'est ce qu'Oumy Sall, directrice de production de l'agence sénégalaise Sahel Découverte, veut proposer de plus en plus aux tour-opérateurs. « Nous faisons découvrir Saint-Louis à travers des programmes immersifs. Pendant le festival de jazz, c'est le développement économique, social, touristique et culturel de Saint-Louis. Il y a aussi les îles du Saloum, où nous avons la possibilité de faire des ateliers d'initiation aux foyers améliorés, de plantation de la mangrove, décrit-elle. En Casamance, on propose des ateliers dans les rizières ou des ateliers de transformation de la noix de cajou. Même à Saly, réputée station balnéaire, on a de l'immersion, avec des ateliers de batik sur la plage et on fait découvrir comment se passent les mariages. » Jeunes de la diaspora En recevant les Jeux olympiques de la jeunesse dans un peu plus d'un mois, le Sénégal veut prouver qu'il peut accueillir des événements d'ampleur et développer le tourisme d'affaires, mais aussi miser sur l'appétit culturel des nouvelles générations de la diaspora africaine, avec, en projet avec l'Unesco, une future scénographie ludique des grands héros d'Afrique au musée Théodore Monod de Dakar. Une plateforme numérique « Le Sénégal en un clic » devrait d'ici la fin de l'année rassembler toute l'offre touristique du pays et mobiliser les influenceurs. À lire aussiMadagascar: malgré les chocs des derniers mois, le tourisme repart sur la Grande Île