Pendant des siècles, une idée s'est imposée dans l'imaginaire occidental : celle d'une vie après la mort où chacun serait jugé avant d'accéder au paradis ou d'être condamné aux enfers. Pourtant, cette représentation n'est pas celle des premiers textes de la Bible hébraïque. Dans l'Israël ancien, les morts ne montent pas au ciel et ne descendent pas dans un enfer de châtiment. Ils rejoignent un lieu énigmatique, le shéol, un royaume silencieux où semble s'effacer jusqu'à la relation avec Dieu. Comment les anciens Israélites se représentaient-ils réellement le destin des morts ? Que distingue le shéol de la tombe ? Les défunts y conservent-ils une forme d'existence ? Les vivants entretiennent-ils des relations avec eux, comme c'est le cas dans d'autres civilisations du Proche-Orient ou du monde grec ? Et pourquoi les textes les plus anciens portent-ils un regard si sombre sur la mort ? Mais cette conception n'est pas restée immuable. Les bouleversements de l'histoire, notamment l'exil à Babylone, les contacts avec les grandes cultures de l'Antiquité et les profondes interrogations sur la justice divine vont progressivement transformer la manière de penser le destin humain. Si les justes souffrent et que les impies prospèrent, que devient la promesse d'un Dieu juste ? Cette crise de la sagesse ouvre un immense chantier théologique qui conduira, plusieurs siècles plus tard, à l'apparition d'une idée nouvelle : la résurrection des morts. Comment cette croyance a-t-elle émergé ? Pourquoi apparaît-elle si tardivement dans la Bible ? Quel rôle ont joué les persécutions de l'époque des Maccabées ? Que nous dit le célèbre chapitre 12 du livre de Daniel, premier grand texte biblique à annoncer la résurrection ? Et comment ces débats ont-ils façonné les différents courants du judaïsme avant d'être repris, transformés et amplifiés par le christianisme naissant ? Pour répondre à toutes ces questions, j'ai le plaisir de recevoir le professeur Christophe Nihan Christophe Nihan est professeur à l’Université de Münster en Allemagne et y enseigne la Bible Hébraïque. Il est également membre du Laboratoire « Proche-Orient-Caucase : langues, archéologie, cultures » du CNRS. Ses domaines de recherche sont : Les Études du Pentateuque, en particulier les traditions sacerdotales Les Rituels bibliques L’Histoire religieuse d'Israël dans son contexte proche-oriental Et enfin, la Littérature prophétique, en particulier le livre d'Ézéchiel Parmi ses ouvrages, on peut citer : - Introduction à l’Ancien Testament, corédigé avec Thomas Römer et Jean-Daniel Macchi, sorti chez Labor et Fides en 2004 - “From Priestly Torah to Pentateuch: A Study in the Composition of the Book of Leviticus” sa thèse publiée en 2007 - Toujours chez Labor et Fides en 2013 « Clés pour le Pentateuque » avec Diana V. Edelman, Philip R. Davies et Thomas Römer - Avec Julia Rhyder, il a fait paraitre « Text and Ritual in the Pentateuch: A Comparative and Systematic Approach » en 2021 - La même année, avec Giuseppina Lenzo il a publié « Les Cultes aux rois et aux héros : continuités et changements à l’époque hellénistique » - Et En août de cette année, il sort chez Labor et Fides « Lévitique 10-16 » les chapitres consacrés au pur et à l’impur.