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Tous les jours, du lundi au jeudi, Christophe Dansette et les autres chroniqueurs de France 24 décryptent un grand thème de l’actualité économique en France et à l’étranger. 

  1. -21 H

    Les États-Unis, grands gagnants énergétiques de la crise au Moyen-Orient

    Depuis le blocage du détroit d'Ormuz, les exportations américaines de pétrole explosent et Washington s'impose comme fournisseur de secours du reste du monde. Mais dans le gaz, les États-Unis se heurtent encore à des limites d'infrastructures. Les États-Unis profitent pleinement de la crise énergétique provoquée par la guerre au Moyen-Orient. Premier producteur mondial de pétrole avec 13,6 millions de barils par jour en 2025, le pays voit ses exportations bondir. En avril, elles ont atteint près de 6,5 millions de barils de brut par jour, un record. En ajoutant les produits raffinés, les exportations américaines dépassent désormais 14 millions de barils quotidiens, soit 4 millions de plus qu'il y a un an. À plus de 108 dollars le Brent et autour de 100 dollars pour le brut américain, les producteurs américains profitent d'un véritable jackpot. Prix du gaz américain en baisse La même logique se retrouve sur le gaz naturel liquéfié. Depuis la guerre en Ukraine, l'Europe s'est massivement tournée vers le GNL américain pour remplacer le gaz russe. L'an dernier, les États-Unis ont exporté un record de 155 milliards de mètres cubes de GNL. Avec le blocage du détroit d'Ormuz, près de 20 % des exportations mondiales de GNL — principalement qataries — sont perturbées. Mais les infrastructures américaines peinent encore à suivre : manque de gazoducs, terminaux saturés, difficultés logistiques. Résultat paradoxal : alors que les prix flambent en Europe et en Asie, les contrats de gaz américains ont reculé depuis le début du conflit. Washington accélère toutefois ses projets, avec l'entrée en service progressive de nouveaux terminaux comme Golden Pass, soutenu par le Qatar.

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  2. -2 J

    Crise du kérosène : faillites, vols annulés… Le transport aérien sous pression

    La flambée du prix du kérosène déstabilise le transport aérien mondial. Aux États-Unis, la faillite de Spirit Airlines marque un tournant, tandis que les compagnies européennes et asiatiques réduisent leurs vols pour limiter les pertes. La crise énergétique frappe désormais de plein fouet l’aviation. Aux États-Unis, Spirit Airlines, pionnière du low cost, a fait faillite après des années de fragilité financière. En cause notamment : l’explosion du prix du kérosène, passé d’environ 750 à près de 1 900 dollars la tonne. Un choc brutal pour un modèle fondé sur des billets à bas prix. Conséquence immédiate : 17 000 salariés touchés et des milliers de passagers à reclasser en urgence. Une industrie contrainte de réduire la voilure Partout dans le monde, les compagnies ajustent leur offre. En Europe, Transavia, KLM et le groupe Lufthansa multiplient les annulations de vols pour préserver leurs marges. Objectif : économiser du carburant sur les lignes les moins rentables. En Inde, Air India et ses concurrentes alertent sur un risque de faillite et demandent une aide publique. Pour les passagers en Europe, le Règlement (CE) n°261/2004 impose remboursement ou réacheminement en cas d’annulation, avec indemnisation possible dans certains cas. Mais une question reste ouverte : ces annulations liées aux coûts peuvent-elles être considérées comme des “circonstances extraordinaires” ? Un point qui pourrait rapidement se retrouver devant les tribunaux.

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  3. 22 AVR.

    Dépendance énergétique : Emmanuel Macron parie sur le lithium français

    En déplacement ce mercredi dans l’Allier, Emmanuel Macron inaugure la mine de lithium d’Échassières. Un projet stratégique pour la filière française des batteries, alors que la crise pétrolière ravive la question de la souveraineté énergétique et industrielle. En inaugurant la mine d’Échassières mercredi 22 avril, Emmanuel Macron ne vient pas seulement soutenir un projet industriel : il met en scène une réponse française aux nouvelles dépendances. Car derrière l’essor de la voiture électrique, relancé par la crise pétrolière, il y a un métal devenu stratégique : le lithium. Porté par Imerys, le projet EMILI prévoit une mine souterraine à 400 mètres de profondeur, avec à la clé 34 000 tonnes d’hydroxyde de lithium par an. De quoi équiper environ 700 000 voitures électriques chaque année, deux fois les ventes de modèles 100 % électriques en France l’an dernier. L’investissement total atteint 1,8 milliard d’euros, avec un soutien de l’État français et de la Banque européenne d’investissement. Une mine stratégique, mais contestée La production n’est toutefois pas attendue avant 2030, après plusieurs retards. Bruxelles considère le site comme stratégique dans le cadre de son Critical Raw Materials Act, destiné à réduire la dépendance européenne, notamment vis-à-vis de la Chine. Mais sur le terrain, le projet suscite de fortes oppositions locales autour de l’eau, de l’environnement et des nuisances. Le dossier pose donc une question très politique : jusqu’où l’Europe est-elle prête à aller pour sécuriser son autonomie industrielle ? C’est aussi sur ce terrain-là que Macron veut avancer, en promettant des procédures plus rapides pour les projets jugés stratégiques.

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  4. 21 AVR.

    Apple : Tim Cook passe la main à John Ternus, pur produit maison

    Après quinze ans à la tête d’Apple, Tim Cook passera la main le 1er septembre à John Ternus. Une succession très préparée, mais qui ouvre une nouvelle phase pour le groupe à la pomme, sommé de relancer l’innovation, surtout dans l’intelligence artificielle. C’est une page majeure qui se tourne dans la tech mondiale. Apple a annoncé le départ prochain de Tim Cook qui avait pris la direction de la marque à la pomme à la mort de Steve Jobs en 2011. Pendant ses 15 ans de règne, le groupe est devenu une redoutable machine à cash, porté par l’iPhone et la montée en puissance des services. Le géant américain a dépassé les 4 000 milliards de dollars de valorisation, l'équivalent de la cinquième économie mondiale. Apple mise sur la continuité Pour lui succéder, Apple a choisi un pur produit maison : John Ternus, 51 ans, ingénieur et patron du développement des produits. Cet homme discret supervise depuis des années les grandes lignes matérielles du groupe, de l’iPhone aux Mac. Son arrivée rassure sur la continuité, mais elle pose une question centrale : cela suffira-t-il à relancer la dynamique d’innovation ? Si Apple reste ultra-profitable, le groupe doit répondre aux attentes sur l’IA et sur sa capacité à recréer l’effet de rupture. En septembre, John Ternus jouera déjà gros avec la keynote de rentrée celle de la présentation du prochain prochain iPhone.

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  5. 20 AVR.

    Bulgarie : Roumen Radev s'impose avec sa ligne pro-russe et anti-corruption

    Vainqueur des élections législatives dimanche 19 avril, l'ancien président Roumen Radev revient au centre du jeu politique bulgare avec un discours critique envers Bruxelles, sceptique sur la politique énergétique de l'Union européenne et réservé sur le soutien à l'Ukraine. Une ligne qui pourrait peser sur les choix économiques du pays. La coalition emmenée par Roumen Radev est arrivée largement en tête en Bulgarie, dans un pays épuisé par l'instabilité après huit élections en cinq ans. L'ancien président, souvent vu comme "pro-russe" a bâti sa campagne sur le rejet des élites et la promesse de remettre de l'ordre dans un système politique fragmenté. Sur le papier, les fondamentaux économiques du pays ne sont pas mauvais : la croissance est attendue autour de 2,8 % cette année, selon le FMI, le chômage reste faible, la dette publique contenue, et la Bulgarie a rejoint la zone euro le 1er janvier 2026, devenant le 21e membre de la Zone euro. Moscou en arrière-plan de l'économie bulgare Mais la victoire de Roumen Radev relance une autre question : celle du rapport du pays à Moscou. L'ancien président a souvent critiqué la politique énergétique de l'Union européenne, ainsi que les montants investis dans le soutien militaire à l'Ukraine, au nom des intérêts économiques bulgares. Le futur gouvernement devra donc gérer une équation délicate : préserver la stabilité économique tout en rassurant ses partenaires européens sur sa trajectoire géopolitique. Car au-delà de la croissance, la Bulgarie reste minée par la corruption, la faiblesse du niveau de vie et des institutions fragiles, autant de handicaps pour attirer durablement l'investissement.

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