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Tous les jours, du lundi au jeudi, Christophe Dansette et les autres chroniqueurs de France 24 décryptent un grand thème de l’actualité économique en France et à l’étranger. 

  1. -20 H

    Iran : 47 jours de blackout d'internet

    Depuis le début du conflit, l'Iran vit presque totalement coupé du web mondial. Une situation inédite par son ampleur, rendue possible par un système de contrôle numérique développé depuis près de vingt ans. Depuis 47 jours, l'Iran est quasiment isolé d'internet. Selon les données de Cloudflare et de NetBlocks, il s'agit de la coupure la plus totale jamais observée, malgré quelques brèves connexions ponctuelles. Dans l'histoire, la Libye en 2011, au moment du Printemps arabe, ou le Soudan en 2019, ont connu des interruptions longues, mais jamais aussi hermétiques. "Prison numérique" Cette situation s'explique par le "Réseau national d’information", lancé dès 2006 sous Mahmoud Ahmadinejad. Ce système permet au régime de maintenir un internet local tout en bloquant l'accès au réseau mondial. Pensé comme un outil de souveraineté numérique, il agit aussi comme un véritable "interrupteur" national, capable de filtrer ou couper les flux en quelques heures et transformer le pays en "prison numérique". Malgré les tentatives de contournement via Starlink ou des VPN, l'accès reste limité et risqué. Sur le plan économique, le coût est élevé : jusqu'à 35 millions de dollars par jour selon les autorités, avec des pertes pouvant atteindre 80 % pour le e-commerce. Dans un pays où plus de 85 % de la population était connectée en 2024, cette coupure fragilise une économie de plus en plus dépendante du numérique.

    6 min
  2. -2 J

    Pétrole : les tensions autour du détroit d’Ormuz relancent la flambée des prix

    Le pétrole repasse au-dessus des 100 dollars le baril après l’annonce de Donald Trump de bloquer les ports iraniens. Une décision qui ravive les tensions autour du détroit d’Ormuz, point névralgique du commerce mondial d’hydrocarbures. Les prix du pétrole repartent à la hausse. Le Brent évolue autour de 102 dollars le baril. En cause : l’annonce américaine de bloquer les ports iraniens, dans un contexte de tensions croissantes dans le détroit d’Ormuz. Depuis le début du conflit, l’Iran contrôlait déjà de facto ce passage stratégique, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial. Le trafic y avait fortement chuté, filtré par Téhéran au profit de navires alliés. Ces derniers jours, un système controversé de “droits de passage” avait même été instauré, pouvant atteindre jusqu’à 2 millions de dollars par navire. Une pratique jugée illégale au regard du droit maritime international. Washington veut frapper les revenus pétroliers iraniens Les États-Unis changent désormais de stratégie en visant directement les exportations iraniennes. Objectif : priver les Gardiens de la Révolution d’une source de revenus estimée à plusieurs milliards de dollars par mois. Malgré les sanctions, les exportations de pétrole iranien ont progressé en mars, par rapport à janvier, notamment vers la Chine, profitant de la hausse des prix. Mais ce durcissement américain ouvre une période d’incertitude majeure. Entre menaces militaires, risques pour le commerce mondial et tensions sur les marchés, le détroit d’Ormuz redevient un point de fragilité central pour l’économie mondiale.

    6 min
  3. -6 J

    Dépendance énergétique : l’Europe face au retour du réel

    Avec la flambée des prix liée aux tensions au Moyen-Orient, la dépendance énergétique de l’Europe revient au cœur du débat. L’Union européenne importe près de 60 % de l’énergie qu’elle consomme. Un choix assumé depuis des années, mais qui expose aujourd’hui les économies européennes aux chocs géopolitiques. L’Europe paie-t-elle aujourd’hui le prix de ses choix énergétiques ? La question revient avec force alors que les tensions au Moyen-Orient font bondir les prix du pétrole et du gaz. L’Union européenne dépend à près de 60 % des importations pour son énergie, une proportion encore plus élevée pour les carburants. Pendant longtemps, l’Europe produisait une partie de ses hydrocarbures Dans les années 2000, la mer du Nord fournissait jusqu’à 7 millions de barils par jour. Les Pays-Bas exploitaient le gigantesque gisement gazier de Groningen. Même la France et l’Italie disposent de ressources, aujourd’hui très largement inexploitées, voire pas exploitées du tout. Mais en quinze ans, la production européenne a été divisée par deux. En cause : des coûts élevés, l’épuisement progressif des gisements… et surtout des choix politiques. Interdiction du gaz de schiste en France, arrêt progressif des hydrocarbures, fermeture de Groningen en 2024 : l’Europe a tourné la page des énergies fossiles domestiques. Des décisions cohérentes face à l’urgence climatique, mais qui rendent aujourd’hui le continent particulièrement vulnérable aux crises internationales. Résultat : à chaque choc géopolitique, les prix s’envolent… et la facture arrive directement chez les consommateurs.

    5 min
  4. 8 AVR.

    Trêve au Moyen-Orient : les marchés respirent

    L’annonce d’une trêve entre l’Iran et les États-Unis provoque un soulagement immédiat sur les marchés. Le pétrole recule nettement et les places boursières s’envolent en Asie ainsi qu'en Europe. Mais derrière cette accalmie, de nombreuses incertitudes demeurent, notamment autour de la reprise effective du trafic dans le détroit d’Ormuz, artère clé du commerce mondial. La trêve annoncée entre Washington et Téhéran a immédiatement détendu les marchés mondiaux. Les cours du pétrole reculent nettement après plusieurs jours de forte tension, tandis que les bourses asiatiques et européennes enregistrent de vives hausses, en particulier dans les pays très dépendants des importations d’énergie du Golfe. Cette réaction s’explique par le rôle central du détroit d’Ormuz, par lequel transitent une part majeure du pétrole, du gaz naturel liquéfié et des engrais dans le monde. Sa fermeture partielle faisait craindre un choc économique global. Une reprise encore incertaine Malgré l’annonce d’une réouverture, le retour à la normale reste loin d’être acquis. De nombreux armateurs attendent des garanties de sécurité avant de reprendre leurs rotations, alors que des centaines de navires restent immobilisés dans la région. Les interrogations persistent sur les conditions de passage et la solidité de l’accord dans le temps. Conséquence : si une détente sur les prix de l’énergie est attendue à court terme, elle pourrait rester progressive. Le secteur aérien, notamment, anticipe des coûts encore élevés pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, le temps que les chaînes d’approvisionnement se stabilisent.

    6 min
  5. 7 AVR.

    Détroit d’Ormuz : entre diplomatie et "péage iranien"

    Alors que Donald Trump exige la réouverture du détroit d’Ormuz, l’Iran maintient un contrôle strict du passage. Malgré les tensions, certains navires continuent de circuler, au prix de négociations discrètes… et de coûts en forte hausse. Le détroit d’Ormuz, par où transitait avant la guerre près de 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial, reste sous haute tension. Téhéran a rejeté l’ultimatum de Washington, tandis qu’une quarantaine de pays se réunissent à Londres pour envisager une réponse. Sur le terrain, le trafic reprend timidement. Environ sept navires par jour ont réussi à franchir le détroit ces derniers jours, contre moins de cinq la semaine précédente et plus de 60 avant la guerre. Parmi les pétroliers, la majorité transporte du pétrole iranien, très peu du brut saoudien. Un passage sous conditions Pour traverser, deux leviers dominent : la négociation et l’argent. L’Iran autorise certains navires au cas par cas, selon leur origine et leurs liens politiques. Un système de "droit de passage" s’est également installé, surnommé le "péage iranien" par l'assureur Lloyd's list. Selon plusieurs sources, les navires doivent verser l’équivalent d’environ un dollar par baril transporté, soit jusqu’à deux millions de dollars pour un supertanker. Des paiements souvent réalisés en yuan ou en cryptomonnaies. À ces coûts s’ajoutent des primes d’assurance en forte hausse, voire l’impossibilité de s’assurer. Résultat : franchir Ormuz reste une opération à haut risque. Plusieurs centaines de navires sont toujours bloqués dans la zone, et certains méthaniers ont récemment dû faire demi-tour. Dans ce contexte, le pétrole qui parvient à sortir devient stratégique. Un tanker initialement destiné à l’Inde a ainsi été redirigé vers la Chine, plus habituée à contourner les sanctions et sécuriser les paiements.

    5 min
  6. 6 AVR.

    Pétrole : cinq pays européens veulent relancer la taxe sur les superprofits, mais pas la France

    Face à la flambée des prix du pétrole, cinq pays européens demandent à l’Union européenne de taxer les superprofits des compagnies énergétiques. Une réponse politiquement forte, mais dont l’efficacité reste largement contestée. La pression monte sur les compagnies pétrolières. Dans une lettre adressée à la Commission européenne, cinq États – Espagne, Allemagne, Italie, Portugal et Autriche – réclament une taxation des superprofits générés par la hausse des prix du pétrole. En cause : un baril qui dépasse les 110 dollars, dans un marché sous tension après le blocage du détroit d’Ormuz. Une flambée mondiale qui alimente aussi les prix à la pompe en Europe. Selon une étude de Greenpeace, les groupes pétroliers auraient engrangé plus de 80 millions d'euros de profits supplémentaires par jour, soit plus de 2,9 milliards d’euros depuis le début du conflit. Une taxe déjà testée… et décevante Taxer ces profits exceptionnels peut être symboliquement et politiquement fort, mais ce n'est pas forcément efficace. En 2022, l’Union européenne avait déjà instauré une contribution de 33 % sur les bénéfices jugés excessifs. Résultat : en France, à peine 69 millions d’euros récoltés, trois fois moins que les attentes initiales. En cause, une base taxable limitée, des stratégies d’optimisation fiscale et de nombreuses exemptions. Face à ces limites, le gouvernement français reste prudent et privilégie, pour l’instant, des enquêtes sur les marges plutôt qu’une nouvelle taxation.

    5 min

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