On parle beaucoup de mode responsable, d’engagement, de bonnes intentions. Mais que se passe-t-il vraiment lorsque ces intentions doivent se traduire en loi ? Et surtout : qui résiste, pourquoi, et comment ?Dans cet épisode, Décousu quitte les podiums pour entrer dans les arcanes du pouvoir. Car derrière la loi dite « anti–fast fashion » se joue une bataille bien plus vaste qu’un simple texte réglementaire : une confrontation entre urgence climatique, intérêts économiques colossaux, cadres juridiques européens, diplomatie commerciale… et réalité très concrète du travail parlementaire.Pour en parler, j’ai reçu Anne-Cécile Violland, députée de Haute-Savoie, porteuse du texte à l’Assemblée nationale, issue du groupe Horizons, et engagée sur une ligne qu’elle qualifie d’« écologie de responsabilité » — une écologie qui se veut compatible avec la compétitivité industrielle, sans renoncer à l’ambition environnementale.Ensemble, nous décortiquons ce que contient réellement cette loi, au-delà des slogans : écocontributions, restrictions publicitaires, information du consommateur, définition juridique de l’ultra-fast fashion, articulation avec la filière REP, rôle de l’affichage environnemental… mais aussi ce que la loi ne fait pas — volontairement, stratégiquement, ou faute de marge de manœuvre.Nous parlons de la tension permanente entre la France et l’Europe : peut-on avancer seul sans s’exposer à l’illégalité européenne ? Faut-il forcer l’agenda pour entraîner les autres États membres, ou au contraire attendre une harmonisation qui tarde dangereusement face à l’urgence climatique ? Et que révèle, en creux, l’avis de la Commission européenne de septembre 2025 qui juge certaines dispositions françaises incompatibles avec le droit de l’Union ?Mais surtout, nous levons le voile sur le nœud dur du dossier : les plateformes, les petits colis, les zones grises du droit douanier, et les réseaux d’influence. Comment s’exerce concrètement le lobbying dans ce type de bataille réglementaire ? Que signifie, démocratiquement, la porosité entre sphère politique et intérêts économiques ? Et que nous dit ce dossier sur la capacité — ou l’incapacité — de l’Europe à réguler des géants globaux ?Bonne écoute, et venez poursuivre la discussion sur Instagram : @decousupodcast