51 épisodes

Le monde des médias est en mutation. Comment informe-t-on aujourd’hui ? Et demain ? 
Notre but, c’est de donner la parole à de nouvelles voix du monde des médias et de l’inspiration à toutes celles et tous ceux qui veulent lancer de nouveaux projets dans le monde de l’information.
A Parte est produit par Ginkio (http://www.ginkio.com), la communauté des talents de l'information
A Parte est un podcast animé par Jean-Baptiste Diebold. Idée originale : Elise Colette et Jean-Baptiste Diebold.

A Parte Ginkio

    • Actualités
    • 5.0 • 42 notes

Le monde des médias est en mutation. Comment informe-t-on aujourd’hui ? Et demain ? 
Notre but, c’est de donner la parole à de nouvelles voix du monde des médias et de l’inspiration à toutes celles et tous ceux qui veulent lancer de nouveaux projets dans le monde de l’information.
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    Un média à deux voix pour penser le monde d’après, avec Laetitia Vitaud

    Un média à deux voix pour penser le monde d’après, avec Laetitia Vitaud

    Mi-mars, en plein confinement en Normandie, Laetitia Vitaud et son conjoint Nicolas Colin se posent beaucoup de questions existentielles. “Nous avions envie de prendre la parole et de travailler ensemble.” Ainsi naît “Nouveau Départ, le média de la crise et de la transition” avec la volonté pour eux d’en tirer un revenu dans ce monde incertain pour des indépendants.

    Laetitia Vitaud est autrice : elle a publié en 2019 le livre Du Labeur à l’ouvrage, elle anime la newsletter gratuite Laetitia@work sur le futur du travail et le féminisme, et elle est aussi rédactrice en en chef pour la startup Welcome to the jungle. Quant à Nicolas Colin, cofondateur de l’accélérateur de startups The Family, il est spécialiste du monde numérique et édite la newsletter “European Straits”.

    “Nouveau Média” a démarré en vidéo mais les tests sur ce format ne sont pas révélés concluants : format trop complexe à produire. La newsletter inclut finalement des contenus écrits - éditos ou notes de lecture - ainsi que les épisodes du podcast “A Deux Voix”, réservés aux abonnés. Tout l’enjeu est en effet de convaincre l’audience de soutenir le projet à hauteur de 150 euros par an. Résultat au bout de 6 mois : environ 5% des inscrits - 3000 en tout - sautent le pas du payant.

    La suite est déjà en construction : “Building Bridges”, sorte de version européenne de “Nouveau Départ”, propose des interviews sous forme de podcast en anglais, déclinées en français, allemand et bientôt espagnol.

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    Pour aller plus loin (liens à mentionner)

    Laëtitia Vitaud est présente sur LinkedIn et sur Twitter.

    “Nouveau Départ” a sa page LinkedIn, sa chaîne YouTube, son compte Twitter.

    Les conseils newsletter de Laetitia...

    ...sur le futur du travail...

    Zevillage (Xavier de Mazenod)

    Billet du futur (Samuel Durand)

    La Mutante (Noémie Aubron)

    Remotive (Rodolphe Dutel)

    Fwd: Economy (MIT) 

    The Professional Freelancer (Anna Codrea-Rado)

    O'Reilly Next Economy (Tim O'Reilly)

    … sur d’autres sujets...

    European Straits (la newsletter de Nicolas Colin)

    Idée fixe (Toni Cowan-Brown)

    The Uncertainty Mindset (Vaughn Tan)

    Behavioral Scientist 

    Maker Mind (Anne-Laure Le Cunff)

    Les Glorieuses (Rebecca Amsellem)

    Culture Study (Anne Helen Petersen) 

    Plumes with Attitude (Benjamin Perrin)

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    L’essentiel de l’épisode (avec time code)

    [06:25] Les usages du podcast ont évolué. Les gens avaient l’habitude de les écouter sur le chemin du travail, un demi-épisode le matin et l’autre le soir. Le confinement a créé de nouveaux usages : en faisant la cuisine ou en faisant son sport. On y revient d’autant plus qu’on en a marre d’avoir les yeux rivés sur l’écran, le fameux tunnel zoom.

    [06:43] Une fois qu’on a levé le verrou technique, sur les outils et la qualité du son, il y a quand même un petit coût d’entrée. Après, il n’y a plus de limite. Les gens sont plus disponibles.

    [08:00] Nouveau Départ est une newsletter : les abonnés qui paient un abonnement reçoivent des contenus exclusifs, le podcast “A deux voix”, qui est une conversation avec nos deux approches différentes qui est différent de ce qu’on entend à la radio. On en fait deux fois par semaine.
    Le chapeau, c’est “le média de la crise et de la transition”. On a compris que la crise actuelle accélère un certain nombre de phénomènes en germe et qui nous font passer d’un paradigme à un autre. Le prisme de Nicolas  c’est l’économie numérique et l'entrepreneuriat. Mon angle de travail est le futur du travail, les transformations des organisations. 

    [13:43] La newsletter permet d’envoyer des formats différents. Le lundi par exemple on envoie un édito écrit avec une version audio et à tous nos inscrits.

    [15:39] La newsletter est du coup plutôt un canal

    • 44 min
    Une «ONG» pour révolutionner l'économie des médias, avec Cécile Calmon et Assen Lekarski

    Une «ONG» pour révolutionner l'économie des médias, avec Cécile Calmon et Assen Lekarski

    La défiance vis-à-vis des grands médias tient en partie à l’actionnariat de ces entreprises, avec la présence de nombreux milliardaires, et au doute sur l’indépendance des rédactions qui en découle. Ce constat constitue le point de départ d’Un Bout du Monde qui propose, via un financement participatif, à tout un chacun de devenir membre de cette association qui a vocation à peser sur la gouvernance du Monde et d’autres médias.

    Les deux animateurs de la campagne, Assen Lekarski, fondateur de l'agence Kokoshka (ex-Newspayper), et Cécile Calmon, chargée d'opérations au sein d'Un Bout du Monde, nous racontent ce projet porté par l’économiste Julia Cagé, autrice de Sauver les médias et présidente de la société des lecteurs du Monde. 

    Cette association souhaite devenir une sorte d’ «ONG» pour les médias français, permettant à la fois de mobiliser une communauté impliquée dans l’indépendance des rédactions et de fournir un support logistique, juridique… aux médias ayant des problématiques d’actionnariat.

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    Pour suivre Un Bout du Monde

    Site Un Bout du Monde : https://unboutdumonde.org/
    Campagne KisskissBankbank : https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/unboutdumonde?utm_source=unboutdumonde&utm_campaign=aparte&utm_medium=podcast
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    L’essentiel de l’épisode

    [06:07] L’idée de Julia Cagé est de concrétiser pour le Monde et les grands médias la capacité à fédérer de manière citoyenne et démocratique les journalistes, les salariés et les lecteurs afin de leur permettre d’entrer dans le capital de ces médias

    [07:14] Pourquoi c’est intéressant de faire appel au grand public ? En France la question de la production de l’information est éminemment politique, c’est très présent dans le débat. Tout le monde a un avis sur les médias, notamment mainstream. Il suffit de regarder l’arrivée de Daniel Kretinski au capital du Monde.

    [08:37] Il y a un besoin de fiabilité, un besoin de comprendre, avec beaucoup de sujets complexes à appréhender (climat, 5G…). L’association fait aussi le constat d’un manque de confiance dans l’information proposée avec, parmi les facteurs évoqués, la question de l’actionnariat. Il y a une volonté de s’investir à l’échelle individuelle et pas forcément la structure qui permet de s’organiser collectivement pour peser dans le débat public et participer au financement des médias. 

    Donc l’idée du financement participatif, c’est de remettre les citoyens au centre du jeu. Les médias sont un pilier de la démocratie : aujourd’hui on fait le constat d’un doute grandissant vis-à-vis des médias dits mainstream. Le financement participatif permet de parler à chacun et de peser collectivement. Il y a vraiment cet effet de bascule. 

    [11:21] Quand Daniel Kretinski a racheté la participation de Mathieu Pigasse dans Le Monde, c’est uniquement grâce à la mobilisation des journalistes, des salariés et des lecteurs mobilisés par le journal contre cet actionnaire non désiré qu’un droit d’agrément a pu être obtenu par les journalistes et le pôle d’indépendance.

    L’association Un Bout du Monde vise à consolider ce soutien dans le temps et de se doter de fonds pour mener des actions d’entrée au capital là où ce sera possible, avec une présence au conseil d’administration. Et tout simplement aussi avoir cette foule prête à se battre pour l’indépendance des journalistes, des gens identifiés, prêts à se battre et facilement mobilisables.

    [12:58] C’est une sorte d’ONG des médias qu’on est en train de créer avec Au Bout du Monde, comme dans l’environnement, avec des gens prêts à se mobiliser pour des causes et des initiatives.

    [14:12] Julia Cagé, en tant que présidente de la Société des Lecteurs du Monde, participe aux réunions avec les ac

    • 24 min
    Créer des mini-magazines sur mobile grâce à des newsletters, avec Jean Abbiateci

    Créer des mini-magazines sur mobile grâce à des newsletters, avec Jean Abbiateci

    Après des années passées en Suisse au journal Le Temps et au sein du jeune site Heidi.news, médias où il a développé de nombreuses newsletters, Jean Abbiateci a lancé Bulletin.fr en juin 2020. Un média à taille humaine qui va pouvoir grandir avec le nombre de ses abonnés.
    Le point de départ de son aventure entrepreneuriale ? Franchir le mur du temps !  Les formats courts des bulletins sont en effet pensés pour s’adapter aux vies très denses des 30-45 ans. Concrètement, Bulletin utilise le canal de la newsletter pour proposer de mini-magazines à haute valeur ajoutée en terme de confort visuel et avec la promesse d’être lisibles en 5 minutes.

    Jean Abbiateci mise sur la curiosité, une vertu selon lui délaissée par les médias, en mélangeant infos concernantes et découvertes. Son modèle économique est “freemium” : on s’abonne gratuitement à un bulletin et, si on en veut plus, il faut s’abonner. Prochaines thématiques à venir : parentalité, écrans, psycho-sciences...

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    Pour aller plus loin 

    Le site de Bulletin
    Les coups de coeur de Jean Abbiateci : la revue Pays actuellement en campagne de financement participatif, le collectif Argos sur les questions climatiques et le collectif Youpress qui travaille beaucoup sur les questions de harcèlement au travail. 
    Un petit coup de coeur personnel : le magazine Sphères. 
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    L’essentiel de l’épisode (avec time code)

    [05:53] : Le sentiment que j’ai, qui est peut-être iconoclaste, est qu’il faut aller vers le format court. Je ne voulais pas faire un média qui soit mis dans une bibliothèque de manière un peu cérémonielle mais un média qui soit lu.

    [08:25] J’ai l’impression aujourd’hui qu’un média doit devenir un média compagnon, qui nous accompagne au long de la journée, de la semaine, du mois.  On ne peut plus juste dire : venez chez nous, on a du contenu. 

    [08:59] : La newsletter, par son format simple, régulier, qui crée un rendez-vous, ouvre sur d’autres sources, permet de réaliser ce média compagnon. La newsletter du New York Times est très incarnée. Un média doit être comme un guide de musée qui indique ce qui est intéressant à regarder aujourd’hui sur un sujet. C’est un mélange de recommandations, de conseils de lectures...

    [10:24] Une bonne newsletter c’est de l’info et de l’esprit. Dans cet ordre-là. 

    [11:05] Une des promesses initiales de la newsletter c’est : moi lecteur, je vous donne mon adresse email et vous, éditeur,vous engagez à m’envoyer du contenu ma ma boîte mail, sinon je vous supprime. Cela crée un lien très fort.

    [11:25] Le modèle des pages vues ne permet plus de créer ce lien entre le lectorat et une rédaction

    [12:03] L’idée est de créer de mini-magazines pour le mobile. On a vraiment travaillé sur le design, avec un découpage court, de petites formats, on a créé des cartes de textes, d’images, de quizz… Faire l’expérience la plus simple, la plus agréable possible. Qu’on puisse lire un Bulletin avec un café le matin 

    [15:03] Mon obsession était d’éviter de faire un média de journaliste pour des journalistes. C’est un des biais quand on crée des médias, on s’écoute beaucoup et on a envie d’être reconnus par nos pairs. Il faut beaucoup plus écouter les gens qui seront vos lecteurs : bouchers, fonctionnaires… Quand je travaille sur mes audiences, je chasse ceux que j’ai identifiés comme journalistes pour ne pas être biaisé dans l’analyse.

    [16:38] La cible de Bulletin, ce sont les CSP+ - parce que ce sont eux qui lisent de l’information - dans les villes de province. En fait j’ai pensé à ma femme qui est institutrice. Comment faire un média pour elle ? Comment est-ce qu’elle consulte l’info, qu’est-ce qu’elle lit, qu’est-ce qui l’intéresse ? Réponse, un mélange entre des

    • 38 min
    Google au secours des médias ?, avec Ludovic Blecher

    Google au secours des médias ?, avec Ludovic Blecher

    Le dernier invité de la deuxième saison d’A Parte est Ludovic Blecher, le responsable de Google News Initiative Innovation (GNI), la structure mondiale créée il y a 3 ans au sein du géant du numérique pour favoriser la “collaboration et le soutien aux initiatives dans les médias”. Un poste d’observation particulièrement intéressant sur le monde de l’information.

    Ludovic Blecher raconte comment, en pleine crise du covid 19, Google a lancé en quelques jours un fonds d’urgence d’aide aux médias qui a permis à plus de 5000 d’entre eux à travers le monde, surtout de petites structures locales, de recevoir quelques milliers d’euros pour faire face aux besoins matériels liés au confinement.

    Cette opération s’inscrit dans une stratégie globale de Google depuis 2013 d’accompagnement de la transformation numérique des médias. La plateforme, décriée comme fossoyeuse des revenus des éditeurs mais devenue indispensable pour leur trafic, lance des appels à projets innovants, finance des études du Reuters Institute ou encore crée des produits utiles à la presse, comme Subscribe with Google, récemment adopté par Le Monde.

    Dans son parcours l’amenant du site internet de Libération jusqu’à Google, en passant par une bourse d’étude à Harvard, Ludovic Blecher raconte sa passion pour le journalisme de qualité et son constat qu’à l’ère numérique il n’existe plus de recette magique. A chaque média d’inventer son modèle.

    Pour aller plus loin 

    Le site de Google News Initiative 
    Subscribe with Google


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    L’essentiel de l’épisode 

    L’urgence face à la crise du Covid

    [00:07:45] C'est une lame de fond qui vient toucher, impacter absolument tout le monde. Et moi, ça fait des années, quasiment dix ans, que le cœur de mon métier, c'est de stimuler l'innovation, de pousser les médias à réfléchir, mettre en place des habitudes nouvelles, à tester des choses, à travailler aussi sur leur culture, sur des logiques d'accompagnement du changement, sur les nouveaux modes de production, des nouveaux modes de distribution. Et finalement, là, il n’était plus tellement question d'innovation dans les discussions que j'avais, ou en tout cas plus question de pousser à innover puisque l'innovation et l'adaptation étaient forcées du jour au lendemain. Il fallait réinventer des méthodes de travail. Il fallait inventer immédiatement, mettre en place du jour au lendemain d'autres méthodes de distribution, etc.

    [00:08:49] En revanche, là où s'est vraiment focalisée la conversation, ça a été de dire : le choc est tel que l'on n'est pas sûr d'avoir le minimum pour pouvoir continuer à faire le boulot minimum. Comment on paie nos journalistes? Comment on fait pour s'équiper, pour travailler à la maison? Comment on fait pour s'adapter et assurer le besoin d'information dans cette période si particulière, alors même que les gens ont plus que jamais besoin d'être informés? 

    [00:17:18] On a reçu tout de suite, dès le premier jour, un nombre extrêmement conséquent de projets. Alors, je vous donne le chiffre, évidemment. On a reçu au final plus de 12 000 projets de 140 pays éligibles. Donc, c'est absolument énorme, gigantesque. Et 90% de ces projets venaient de salles de rédaction, d'entités, d'organisation médias, de moins de 26 journalistes. Il y en avait des beaucoup plus grosses, évidemment, mais ça dit à quel point il y avait cet impact, à quel point la crise touchait tout le monde et était dure, brutale, violente.

    [00:19:54] Le nombre de médias aidés, c'est plus de 5300 médias et qui ont reçu ou sont en train de recevoir un soutien entre 5 000 dollars et 30.000 US dollars.

    [00:24:59] Cet d'amortisseur a permis de mieux mettre en place toute cette mécanique indispensable pour se mettre en ordre de bataille et essayer de s'ada

    • 59 min
    Une radio participative sur WhatsApp en Afrique de l’Ouest, avec Israël Guebo

    Une radio participative sur WhatsApp en Afrique de l’Ouest, avec Israël Guebo

    Ce nouvel épisode d’A parte nous emmène en Côte d’Ivoire, où les jeunes journalistes se tournent de plus en plus vers la communication digitale. Formé à l’ESJ Lille, puis revenu à Abidjan, Israël Guebo innove depuis 10 ans dans les médias en Afrique de l’Ouest. Son dernier projet en date est une radio militante et bénévole qui lutte contre les fake news en diffusant des informations vérifiées sur WhatsApp, Twitter et Facebook. Depuis le début de la crise du coronavirus, WAmédias joue ainsi un rôle fondamental pour sensibiliser et éduquer la population. Son JT touche de nombreux Ivoiriens, au pays et à l’étranger, notamment grâce à la reprise des contenus par des radios communautaires, qui assurent une traduction en langues locales. Dans les prochains mois, WAmédias pourrait continuer son travail de fact-checking à l’occasion de la prochaine élection présidentielle en Côte d’Ivoire.

    Avant Wamédias, Israël Guebo a mené de nombreux autres projets journalistiques, souvent participatif, toujours militant, pour que les médias gardent toute leur place dans le pays. Il a notamment créé une école de journalisme afin d'insuffler aux jeunes le même enthousiasme qui l’anime depuis 10 ans.

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    L'essentiel de l'épisode 

    [00:04:05.460]

    La Côte d'Ivoire a eu son premier cas d'infection au coronavirus le 11 mars. Et dans la foulée, il y a eu beaucoup d'informations qui circulaient, disant par exemple que le soleil tue le coronavirus. Que les Noirs ne meurent pas du coronavirus. Qu’il faut boire de l'eau chaude pour lutter contre le coronavirus. Et à côté de ça, on s'est rendu compte que l'information institutionnelle donnée par le gouvernement restait au niveau au sommet, ne descendait pas auprès des populations. On s'est dit : il faut qu'on arrive à récupérer ces informations, à vérifier et à les diffuser auprès des populations, qu'elles soient en ville ou village. Parce que finalement, ces informations trouvent le bouche à oreille et deuxièmement, faire un écho, faire un relais aux informations officielles qui permettent également de contrer les fake news.

    [00:05:27.970]

    Au tout début, on a lancé un appel à contribution. On a dit : que vous soyez en Chine, au Japon, au Congo-Kinshasa, à Brazzaville, au Sénégal, en Côte d'Ivoire, si vous avez envie de témoigner sur la situation du coronavirus chez vous, rejoignez ce qu'on appelle la salle de rédaction, qui est en fait un groupe Facebook. Aujourd'hui, près de 600 personnes ont adhéré. Et c'est ainsi que on reçoit des éléments un peu partout dans le monde. Ensuite, nous, on a trois, quatre journalistes qui sont ici à Abidjan et qui vérifient l'information et ensuite diffusent via WhatsApp.

    [00:07:47.070]

    WA médias est inspiré de situations qui existent ici en Côte d'Ivoire. Je me suis rendu compte que dans un village, une femme qui ne savait ni lire ni écrire utilisait WhatsApp pour vendre de l'huile de palme. Elle faisait des notes vocales dans la langue locale, les personnes passaient commande également via une note vocale. J’ai trouvé que c'était une façon assez innovante de communiquer et qu’on pouvait l'adapter à la diffusion de l'information. D'autant plus qu'aujourd'hui aujourd'hui, WhatsApp devient un grand diffuseur de la désinformation. Si on veut contrer les fakes news, c’est sur ce terrain là que nous devons jouer et c’est pourquoi on est arrivé sur WhatsApp.

    [00:09:05.070]

    C’est entièrement bénévole. Et pour être très honnête, je l’ai fait sur un coup de tête. Moi, j'adore la radio, et je me suis dit : qu'est ce qu'on peut faire avec des amis ?

    [00:09:40.970]

    On a eu des radios rurales, des radios communautaires qui nous ont approché. Il y en a aujourd'hui qui récupèrent le son brut du journal et le diffusent sur leurs antennes ensuite, notamme

    • 30 min
    Le collectif “journalistes solidaires” : une open newsroom qui démonte les fake news, avec Lina Fourneau

    Le collectif “journalistes solidaires” : une open newsroom qui démonte les fake news, avec Lina Fourneau

    Chez les Journalistes Solidaires, on fait les conférences de rédaction sur Discord et les enquêtes en mode collaboratif sur AirTable. Ce collectif de pigistes bénévoles répartis dans plusieurs pays a vu le jour au début du confinement. Ensemble, ils traquent les fake news  qui se multiplient depuis le début de la crise sanitaire.

    Leur rédactrice en cheffe, Lina Fourneau, dévoile dans cet épisode le fonctionnement du collectif.  Journalistes Solidaires rassemble une soixantaine de journalistes, dont certains sont des experts du fact-checking et endossent la position de mentors pour encadrer les enquêtes. Enquêtes qui sont relayées par des médias  partenaires.

    Le collectif travaille en open newsroom : toutes les enquêtes sont accessibles à tous en ligne dans des fiches collaboratives. Un fonctionnement qui demande beaucoup de rigueur mais qui crée une grande confiance chez les internautes. 

    Ceux-ci ont la possibilité d’adresser des “signalements” aux Journalistes solidaires, c’est à dire des informations à vérifier ou démonter. Peu de moyens, mais beaucoup de motivation : tel est le credo des JS, qui ne comptent pas arrêter leur travail de fact-checking avec le déconfinement. 

    Leur dernière trouvaille ? Un outil d’intelligence artificielle pour anticiper la viralité potentielle d’une fake news. Une innovation applicable bien au delà du seul coronavirus.

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    Pour aller plus loin 

    https://journalistessolidaires.com/

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    L’essentiel de l’épisode 

    [00:01:08.360]

    Bonjour tout le monde. Malgré le confinement, on continue d'enregistrer à distance et on parle aujourd'hui de Journalistes Solidaires ou JS pour les intimes. Il s'agit d'un collectif de pigistes né pendant la crise du coronavirus et qui traque les fake news. Nous sommes donc en ligne avec Lina Fourneau. Bonjour Lina, tu es journaliste pigiste et rédactrice en cheffe de Journalistes solidaires. Ou es tu actuellement? Et où sont les autres membres de JS ?

    [00:01:39.420]

    Je suis dans un appartement à Paris et les autres sont un peu partout. Comme le virus, on s'est propagé. On est entre la Belgique et la France principalement. On a quelqu'un en Alaska, au Mexique. On a créé une espèce de d'internationale. Ce sont des journalistes qui se sont regroupés à partir du 16 mars, au moment du discours d’Emmanuel Macron, qui annonçait le confinement. On a eu un message de Julien Cazenave, qui est un journaliste monteur vidéo qui nous proposait de faire quelque chose. Il y avait déjà plein de fake news différentes, tout le monde était un peu perdu sur le flux d'information qu'il y avait face à nous. Sur les réseaux sociaux, on voyait n'importe quoi, donc on se dit qu'il y avait quelque chose à faire.

    [00:05:23.080]

    On est principalement des pigistes. Les pigistes se sont fait couper les commandes au début du confinement. Donc on avait du temps devant nous. On s’est dit :  est ce que je décide de commencer une nouvelle série sur Netflix ou je participe à l'utilité publique? On a tous pris la deuxième option. Moi je suis un bébé de la PQR, j'ai commencé ma carrière il y a un an et demi. Je fais des piges principalement pour la presse économique. On a voulu prendre tout le monde, ouvrir la porte à des étudiants, à des jeunes journalistes comme je l'étais, mais aussi se faire aider par ce qu'on a appelé après des mentors qui étaient des experts du fact checking, qui avaient déjà leur expérience et qui pouvaient nous offrir aussi leurs ressources. Ca a hyper bien marché comme ça, parce qu'il y avait de l'entraide. Parce que, justement, ces journalistes spécialisés dans le fact checking avaient peut être moins de temps, mais beaucoup de choses à nous apprendre.

    [00:08:40.180]

    On a fait comme dans toutes les rédactions. On a créé un salon sur Discord : il y a vraimen

    • 39 min

Avis d’utilisateurs

5.0 sur 5
42 notes

42 notes

@gregoire ,

Appréhender le futur des médias

Une couverture très complète et avec le ton approprié de la façon dont les médias se transforment et des chemins à suivre et explorer pour les nouvelles générations des talents de l’information.

TheBulgaro ,

Excellent

Vraiment super pour les gens intéressés par les médias :)

Cyceron92 ,

Eclairant et dynamique !

Un éclairage constructif, dynamique sur les problématiques médiatiques, l'avenir des médias, des journalistes et de l'information. Très agréable !

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