Le flow arrive quand on est vraiment soi. Plus un projet cherche à convaincre, moins il se laisse rencontrer. On n’écoute pas un rôle bien joué. On rencontre quelqu’un qui a arrêté de jouer. Si tu ne l’as pas encore fait le quiz Authentik est ici et il est gratuit. Bonjour. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement… on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit. Alain m’a dit : « Ce qui est déjà vivant trouve sa place sans la chercher. C’est ça, rencontrer. » Je ne sais pas vous, mais moi cette phrase, je trouve qu’elle fait du bien. On a tellement appris à chercher sa place qu’on a oublié qu’on pouvait simplement l’occuper. Ce que le vivant sait depuis toujours Sur la surface d’une feuille, il existe des milliers de petites ouvertures, fixées à leur place, qui ne bougent jamais. On les appelle des stomates. Chacun est positionné exactement à la frontière entre l’intérieur de la feuille et l’air qui l’entoure. Et c’est précisément cette position, cet ancrage immobile, qui rend possible ce qui se passe ensuite : l’échange. Le dioxyde de carbone entre, l’oxygène et la vapeur d’eau sortent, sans que le stomate aille chercher quoi que ce soit à l’extérieur. Il ne trie pas ce qui passe à travers lui. Il est simplement là, ouvert, et l’échange a lieu parce qu’il occupe cette place précise. Et tu sais comment un stomate s’ouvre vraiment ? Pas en faisant un effort vers l’extérieur. Pas en allant chercher l’air. Quand la plante a ce qu’il lui faut, sa pression interne monte, et c’est cette pression-là qui écarte mécaniquement les bords de l’ouverture. Le stomate ne s’ouvre pas pour aller chercher quelque chose dehors. Il s’ouvre parce qu’il est plein de ce qu’il est, à l’intérieur. C’est exactement ce que le vivant sait faire, depuis toujours : il lui suffit que chaque élément soit bien ancré à sa place pour que l’échange avec l’extérieur se produise de lui-même. Merci de lire C’est Alain qui m’a dit ! Vous pouvez inviter vos amis en cliquant ici : Le projet et le marché Reprenons le projet dont on parlait à l’épisode précédent. L’idée posée, le silence pour la laisser mûrir, les renoncements, l’engagement, puis l’énergie enfin utilisée plutôt que mise en pause. Toutes ces étapes ont rendu ce projet juste, c’est-à-dire bien ancré dans ce que la personne est vraiment, pas dans ce qu’elle voulait paraître. Et c’est précisément cet ancrage-là, pas un argumentaire ni une stratégie de communication, qui détermine ce qui se passe ensuite. Un projet juste prend naturellement sa place sur le marché, exactement comme le stomate à la frontière de la feuille : il n’a rien à conquérir, il a seulement besoin d’être à la bonne place pour que l’échange avec les gens commence à se produire. Mais ce n’est pas toujours aussi simple dans le réel. Beaucoup de porteurs de projets, au moment de rencontrer le marché, se mettent eux aussi à se défendre. On ajoute un argument de plus, on lisse le discours, on présente une version plus rassurante de ce qu’on propose, pour éviter le moindre refus. Et c’est précisément ce réflexe qui empêche la rencontre d’avoir lieu, parce qu’il pose une version polie, mais surtout dénaturée du projet. Alors que si tu rencontres un client potentiel avec le bon niveau d’ancrage, la conversation change de nature. Tu n’es plus en train de lui dérouler un pitch appris par cœur, tu décris ce que tu fais, simplement, sans fioritures, sans cette urgence presque invisible dans la voix qui dit s’il te plaît, achète-moi pour valider que j’existe. Tu laisses l’autre respirer dans le même espace que toi. Soit l’échange se fait parce que c’est le bon moment et la bonne personne, soit il ne se fait pas. Mais dans les deux cas, ton projet reste intact. Il ne s’est pas dénaturé pour plaire. Il a juste proposé une interface pure. Un projet qui rencontre vraiment son marché ne cherche pas à convaincre tout le monde. Il se présente tel qu’il est, et il laisse les bonnes personnes le reconnaître. Le conférencier Ce même piège prend une forme encore plus visible chez quelqu’un qui parle en public. Imagine un conférencier qui arrive avec des notes minutieuses et une présentation millimétrée. Au bout de quelques minutes, il sent que la salle s’ennuie. Les regards se détachent, les téléphones s’allument. Il a deux options. La première, c’est de résister : accélérer, insister sur le plan prévu, espérer que la suite rattrape l’attention perdue. La seconde, c’est de tout lâcher, d’utiliser son énergie naturelle, et de parler depuis ce qu’il est vraiment, sans les codes du conférencier idéal qu’il avait préparés. Quand il choisit la seconde option, quelque chose change immédiatement dans la salle. Les regards reviennent. Ce n’est pas parce que son discours est devenu meilleur techniquement. C’est parce que pour la première fois de la soirée, ce qu’il dit correspond exactement à ce qu’il est, et la salle reçoit ce contact-là sans qu’il ait eu besoin de le forcer. Ce que son audience ressent à ce moment-là, ce n’est pas juste de l’intérêt pour le sujet. C’est un immense soulagement. Voir quelqu’un jouer un rôle est épuisant pour ceux qui regardent. On sent la tension, on sent le masque, on sent l’effort pour retenir les morceaux de l’armure. Quand le conférencier lâche ses notes et accepte d’être simplement là, vulnérable et ancré, le public baisse les armes à son tour. L’air se remet à circuler. On passe d’un spectacle qu’on évalue à une expérience qu’on partage. La frontière est devenue poreuse. Le public n’écoute plus un expert, il rencontre un homme. C’est exactement la même logique que pour le projet, et que pour le stomate : la rencontre ne se produit pas parce qu’on travaille plus fort pour convaincre. Elle se produit quand ce qu’on porte à l’intérieur est suffisamment ancré pour que l’extérieur puisse enfin y avoir accès, sans qu’on ait besoin de se défendre ni de forcer le passage. Ce que ça change pour toi Ça vaut aussi pour un groupe entier. Un leader qui laisse circuler ce qu’il porte, sans le retenir ni le filtrer, ouvre à toute une équipe le même accès direct. Ce n’est pas une question de charisme. C’est une question de laisser l’échange se faire, dans les deux sens, au lieu de protéger une image. Une équipe où le leader protège son statut, son image ou son infaillibilité, c’est une équipe qui se ferme. Tout le monde marche sur des œufs, chacun filtre ses mots, et l’organisation finit par s’asphyxier sous le poids du non-dit. Mais quand tu acceptes d’être cette interface perméable, tu donnes aux autres l’autorisation implicite de s’ouvrir à leur tour. L’information se remet à circuler pour de vrai : les alertes remontent avant qu’il ne soit trop tard, les idées audacieuses osent se dire, et les erreurs sont partagées pour être résolues, pas pour être cachées. Ce n’est plus un groupe d’individus isolés qui se surveillent, c’est un seul système qui laisse l’information le traverser. La confiance, au fond, ce n’est rien d’autre que cela : une atmosphère où chacun a cessé de retenir ce qu’il est. Tiens, une question à emporter avec toi : Ce que tu portes en toi, est-ce que tu le laisses passer, ou est-ce que tu le retiens par précaution ? On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : la justesse favorise le maximum de vie en nous et autour de nous. Merci pour ton écoute, et à très bientôt. QUIZ Si cette question résonne, le Quiz Authentik est fait pour ce moment. Alain et moi l’avons créé pour ces instants où on sent qu’on porte quelque chose de trop, mais où on n’arrive pas encore à voir quoi. Il ne va pas te dire quoi lâcher. Il va t’aider à voir ce que tu portes. Merci d’avoir lu cet épisode de C’est Alain qui m’a dit ! Abonne-toi pour ne pas louper les prochains This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com