C'est Alain qui m'a dit

Eric Perez

Un espace de parole pour celles et ceux qui ont avancé, construit, parfois réussi, et sentent que continuer de la même manière n’a plus de goût. À travers des images et des phrases entendues, nous regardons autrement ce qui demande à changer. cestalainquimadit.substack.com

  1. -4 h

    Retrouver

    Le flow arrive quand on est vraiment soi. Plus un projet cherche à convaincre, moins il se laisse rencontrer. On n’écoute pas un rôle bien joué. On rencontre quelqu’un qui a arrêté de jouer. Si tu ne l’as pas encore fait le quiz Authentik est ici et il est gratuit. Bonjour. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement… on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit. Alain m’a dit : « Ce qui est déjà vivant trouve sa place sans la chercher. C’est ça, rencontrer. » Je ne sais pas vous, mais moi cette phrase, je trouve qu’elle fait du bien. On a tellement appris à chercher sa place qu’on a oublié qu’on pouvait simplement l’occuper. Ce que le vivant sait depuis toujours Sur la surface d’une feuille, il existe des milliers de petites ouvertures, fixées à leur place, qui ne bougent jamais. On les appelle des stomates. Chacun est positionné exactement à la frontière entre l’intérieur de la feuille et l’air qui l’entoure. Et c’est précisément cette position, cet ancrage immobile, qui rend possible ce qui se passe ensuite : l’échange. Le dioxyde de carbone entre, l’oxygène et la vapeur d’eau sortent, sans que le stomate aille chercher quoi que ce soit à l’extérieur. Il ne trie pas ce qui passe à travers lui. Il est simplement là, ouvert, et l’échange a lieu parce qu’il occupe cette place précise. Et tu sais comment un stomate s’ouvre vraiment ? Pas en faisant un effort vers l’extérieur. Pas en allant chercher l’air. Quand la plante a ce qu’il lui faut, sa pression interne monte, et c’est cette pression-là qui écarte mécaniquement les bords de l’ouverture. Le stomate ne s’ouvre pas pour aller chercher quelque chose dehors. Il s’ouvre parce qu’il est plein de ce qu’il est, à l’intérieur. C’est exactement ce que le vivant sait faire, depuis toujours : il lui suffit que chaque élément soit bien ancré à sa place pour que l’échange avec l’extérieur se produise de lui-même. Merci de lire C’est Alain qui m’a dit ! Vous pouvez inviter vos amis en cliquant ici : Le projet et le marché Reprenons le projet dont on parlait à l’épisode précédent. L’idée posée, le silence pour la laisser mûrir, les renoncements, l’engagement, puis l’énergie enfin utilisée plutôt que mise en pause. Toutes ces étapes ont rendu ce projet juste, c’est-à-dire bien ancré dans ce que la personne est vraiment, pas dans ce qu’elle voulait paraître. Et c’est précisément cet ancrage-là, pas un argumentaire ni une stratégie de communication, qui détermine ce qui se passe ensuite. Un projet juste prend naturellement sa place sur le marché, exactement comme le stomate à la frontière de la feuille : il n’a rien à conquérir, il a seulement besoin d’être à la bonne place pour que l’échange avec les gens commence à se produire. Mais ce n’est pas toujours aussi simple dans le réel. Beaucoup de porteurs de projets, au moment de rencontrer le marché, se mettent eux aussi à se défendre. On ajoute un argument de plus, on lisse le discours, on présente une version plus rassurante de ce qu’on propose, pour éviter le moindre refus. Et c’est précisément ce réflexe qui empêche la rencontre d’avoir lieu, parce qu’il pose une version polie, mais surtout dénaturée du projet. Alors que si tu rencontres un client potentiel avec le bon niveau d’ancrage, la conversation change de nature. Tu n’es plus en train de lui dérouler un pitch appris par cœur, tu décris ce que tu fais, simplement, sans fioritures, sans cette urgence presque invisible dans la voix qui dit s’il te plaît, achète-moi pour valider que j’existe. Tu laisses l’autre respirer dans le même espace que toi. Soit l’échange se fait parce que c’est le bon moment et la bonne personne, soit il ne se fait pas. Mais dans les deux cas, ton projet reste intact. Il ne s’est pas dénaturé pour plaire. Il a juste proposé une interface pure. Un projet qui rencontre vraiment son marché ne cherche pas à convaincre tout le monde. Il se présente tel qu’il est, et il laisse les bonnes personnes le reconnaître. Le conférencier Ce même piège prend une forme encore plus visible chez quelqu’un qui parle en public. Imagine un conférencier qui arrive avec des notes minutieuses et une présentation millimétrée. Au bout de quelques minutes, il sent que la salle s’ennuie. Les regards se détachent, les téléphones s’allument. Il a deux options. La première, c’est de résister : accélérer, insister sur le plan prévu, espérer que la suite rattrape l’attention perdue. La seconde, c’est de tout lâcher, d’utiliser son énergie naturelle, et de parler depuis ce qu’il est vraiment, sans les codes du conférencier idéal qu’il avait préparés. Quand il choisit la seconde option, quelque chose change immédiatement dans la salle. Les regards reviennent. Ce n’est pas parce que son discours est devenu meilleur techniquement. C’est parce que pour la première fois de la soirée, ce qu’il dit correspond exactement à ce qu’il est, et la salle reçoit ce contact-là sans qu’il ait eu besoin de le forcer. Ce que son audience ressent à ce moment-là, ce n’est pas juste de l’intérêt pour le sujet. C’est un immense soulagement. Voir quelqu’un jouer un rôle est épuisant pour ceux qui regardent. On sent la tension, on sent le masque, on sent l’effort pour retenir les morceaux de l’armure. Quand le conférencier lâche ses notes et accepte d’être simplement là, vulnérable et ancré, le public baisse les armes à son tour. L’air se remet à circuler. On passe d’un spectacle qu’on évalue à une expérience qu’on partage. La frontière est devenue poreuse. Le public n’écoute plus un expert, il rencontre un homme. C’est exactement la même logique que pour le projet, et que pour le stomate : la rencontre ne se produit pas parce qu’on travaille plus fort pour convaincre. Elle se produit quand ce qu’on porte à l’intérieur est suffisamment ancré pour que l’extérieur puisse enfin y avoir accès, sans qu’on ait besoin de se défendre ni de forcer le passage. Ce que ça change pour toi Ça vaut aussi pour un groupe entier. Un leader qui laisse circuler ce qu’il porte, sans le retenir ni le filtrer, ouvre à toute une équipe le même accès direct. Ce n’est pas une question de charisme. C’est une question de laisser l’échange se faire, dans les deux sens, au lieu de protéger une image. Une équipe où le leader protège son statut, son image ou son infaillibilité, c’est une équipe qui se ferme. Tout le monde marche sur des œufs, chacun filtre ses mots, et l’organisation finit par s’asphyxier sous le poids du non-dit. Mais quand tu acceptes d’être cette interface perméable, tu donnes aux autres l’autorisation implicite de s’ouvrir à leur tour. L’information se remet à circuler pour de vrai : les alertes remontent avant qu’il ne soit trop tard, les idées audacieuses osent se dire, et les erreurs sont partagées pour être résolues, pas pour être cachées. Ce n’est plus un groupe d’individus isolés qui se surveillent, c’est un seul système qui laisse l’information le traverser. La confiance, au fond, ce n’est rien d’autre que cela : une atmosphère où chacun a cessé de retenir ce qu’il est. Tiens, une question à emporter avec toi : Ce que tu portes en toi, est-ce que tu le laisses passer, ou est-ce que tu le retiens par précaution ? On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : la justesse favorise le maximum de vie en nous et autour de nous. Merci pour ton écoute, et à très bientôt. QUIZ Si cette question résonne, le Quiz Authentik est fait pour ce moment. Alain et moi l’avons créé pour ces instants où on sent qu’on porte quelque chose de trop, mais où on n’arrive pas encore à voir quoi. Il ne va pas te dire quoi lâcher. Il va t’aider à voir ce que tu portes. Merci d’avoir lu cet épisode de C’est Alain qui m’a dit ! Abonne-toi pour ne pas louper les prochains This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

    8 min
  2. 22 juin

    Incarner

    On a déjà l’énergie. Le piège, c’est d’aller en chercher une autre. Incarner, ce n’est pas produire un résultat. C’est utiliser ce qu’on a déjà. Ce n’est pas se présenter au monde qui compte. C’est se présenter aux personnes. Si tu ne l’as pas encore fait le quiz Authentik est ici et il est gratuit. Bonjour à toi. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement… on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit. Alain m’a dit : « Le leadership n’est pas une altitude. C’est une micro-compétence biologique. » Associer leadership et micro-compétence biologique, c’est bizarre, j’en conviens. Mais si on y réfléchit un peu, ce n’est pas si saugrenu que ça. Ce que le vivant sait depuis toujours Le vivant sait une chose qu’on oublie souvent. Il y a des moments où l’énergie ne demande pas à être créée. Juste à être transférée. Au cœur de chacune de tes cellules, il existe un mécanisme discret qui ne cherche pas à produire du nouveau. Il prend une énergie qui est déjà là, logée dans une tension, et au lieu de la laisser se perdre, il la capture pour la rendre disponible. C’est un transfert pur. Pas d’effort de création. Presque rien ne se perd. Juste le passage d’une forme à une autre, pour que ce qui était une simple tension devienne une force utilisable pour le mouvement. Le vivant nous enseigne qu’on n’a pas toujours besoin de faire plus, ou de chercher plus loin. Il nous enseigne que l’énergie dont on a besoin pour avancer est souvent déjà là, dans les tensions qu’on porte depuis un moment. La seule chose à faire, celle que le vivant accomplit avec une précision incroyable, c’est de permettre ce transfert. De rendre cette tension disponible, pour qu’elle devienne, enfin, de la vie en mouvement. Merci de lire C’est Alain qui m’a dit ! Vous pouvez inviter vos amis en cliquant ici : Le cheminement d’une personne C’est exactement ce qui se passe pour toi, à un moment de ton parcours qu’on ne sait pas toujours repérer. Pensons à ce cheminement depuis le début, parce qu’il faut le voir en entier pour comprendre ce qui se joue à la fin. Prenons quelqu’un qui veut lancer son propre projet, après des années à travailler pour d’autres. L’idée se pose d’abord sur un manque précis qu’il a fini par identifier : ce qu’il aurait aimé qu’on lui propose, et que personne ne propose vraiment. Cette idée a besoin de s’appuyer sur ce qu’il sait déjà faire, pas sur une version de lui-même qu’il invente pour impressionner. Pendant des mois, il n’en parle à personne. Pas pour le cacher, mais parce que l’idée a encore besoin de se préciser avant d’être montrée à qui que ce soit. S’il en parlait trop vite, elle se figerait dans sa première version, avant d’avoir pu devenir ce qu’elle pouvait vraiment être. Puis il renonce à quelque chose de réel : une partie de son salaire, le confort d’un poste stable, l’image de quelqu’un de prévisible que ses proches avaient de lui. Tant qu’il n’a rien lâché de concret, le projet reste une idée du soir, jamais une vraie priorité. Ce qui se voit avant qu’on le sache soi-même Et puis il y a ce moment où on ne peut plus revenir en arrière. Il dépose les statuts, ou il l’annonce à son entourage. Quelque chose a basculé pour de vrai. Ce qu’il a traversé lui a donné une énergie réelle, disponible tout de suite. Et souvent, les autres le perçoivent avant lui. Sa façon de répondre à une question change. Il ne cherche plus à se justifier autant qu’avant. Quelqu’un qui ne l’a pas vu depuis des mois lui dit, sans qu’il ait rien raconté de précis, qu’il a l’air différent, plus posé. Lui ne s’en rend pas compte tout de suite. L’énergie dont il a besoin pour déployer son projet est là, prête à sortir. Le piège C’est là qu’arrive le piège, et il est plus sournois qu’il n’y paraît. Il va publier des posts en lien avec son projet, et il attend qu’une réaction lui dise qu’il a le droit d’être là. Tant que cette confirmation ne vient pas, il reste à l’arrêt, à regarder si quelque chose se passe. Et c’est précisément là qu’on se trompe le plus souvent. On croit que mettre son projet face au monde, c’est déjà utiliser cette énergie. Mais en fait, ce n’est vu par personne, et on se donne bonne conscience tout en sachant qu’on se cache. Cette énergie qu’on n’utilise pas ne disparaît pas pour autant. Elle reste là, intacte, sans porte de sortie. Et plus les semaines passent sans confirmation, plus elle pèse, jusqu’à ce que ce ne soit plus seulement de la frustration, mais quelque chose qui ressemble à un doute sur soi entier, une remise en question de tout le travail déjà accompli, alors qu’aucun élément nouveau ne justifie cette remise en question. Ce que ça change pour toi Mais utiliser vraiment cette énergie, c’est autre chose. C’est en vivant qu’on devient vivant, pas en attendant qu’on nous confirme qu’on a le droit de vivre. C’est aller vers les gens directement, leur écrire, leur proposer, sans savoir d’avance ce qu’ils vont répondre. Ce n’est pas présenter son projet au monde donc à personne, c’est se présenter soi aux personnes avec lesquelles on veut interagir. C’est accepter de ne pas savoir si ça va aboutir, et avancer quand même. Et c’est souvent à ce moment précis que tout commence à bouger. Les portes que tu pousses toi-même s’ouvrent plus souvent que celles que tu attends de voir s’ouvrir. Une connexion en amène une autre, un échange en révèle un suivant, et sans l’avoir prévu, tu te retrouves déjà en train de rencontrer le monde, simplement parce que tu as utilisé cette énergie au lieu de la laisser enfermée. Allez. Prends une grande inspiration avec moi, et demande-toi : Cette énergie que j’ai déjà, est-ce que je l’utilise, ou est-ce que je suis en train d’aller en chercher une autre ailleurs ? On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : la justesse favorise le maximum de vie en nous et autour de nous. Merci pour ton écoute, et à très bientôt. QUIZ Si cette question résonne, le Quiz Authentik est fait pour ce moment. Alain et moi l’avons créé pour ces instants où on sent qu’on porte quelque chose de trop, mais où on n’arrive pas encore à voir quoi. Il ne va pas te dire quoi lâcher. Il va t’aider à voir ce que tu portes. Merci d’avoir lu cet épisode de C’est Alain qui m’a dit ! Abonne-toi pour ne pas louper les prochains This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

    7 min
  3. 15 juin

    Franchir

    Il y a des moments dans une vie où on sait. Avant même d’avoir réfléchi. L’ego calcule. L’âme a déjà décidé. Certaines décisions ne viennent pas de la tête. Elles viennent d’ailleurs. Si tu ne l’as pas encore fait le quiz Authentik est ici et il est gratuit. Bonjour à toi. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement… on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit. Alain m’a dit : « Le seul leader à qui tu peux vraiment faire confiance, c’est celui qui cesse de poursuivre son ombre pour habiter enfin son souffle. » Cesser de poursuivre son ombre. Habiter son souffle. Ces deux mots ne s’expliquent pas. Ils se reconnaissent. Ce qu’on confond avec le courage Il y a une idée reçue sur ce genre de moment. On croit que c’est un acte de courage. Qu’il faut être fort, prêt, certain. Qu’il faut avoir tout calculé avant de sauter. Ce n’est pas ça. Ce n’est pas une décision de tête. Ce n’est pas la conclusion d’une réflexion bien menée. Ce n’est pas non plus une impulsion émotionnelle. C’est autre chose. Quelque chose de plus tranquille et de plus profond à la fois. Une certitude qui arrive avant les arguments. Qui n’a pas besoin d’être justifiée pour être vraie. On peut l’appeler intuition. On peut l’appeler voix intérieure. Moi je l’appelle une décision d’âme. Et une décision d’âme ne ressemble pas à ce qu’on imagine. Elle n’est pas spectaculaire. Elle est silencieuse. Et irréversible. Le vivant sait ça depuis bien plus longtemps que nous. Ce que le vivant sait depuis toujours La fécondation. Le moment exact où deux cellules fusionnent et où quelque chose d’irréversible se produit. Ce qui existait avant, deux cellules séparées, n’existe plus. Ce qui existe après n’existait pas encore une seconde avant. Et ce moment ne se négocie pas. Il ne s’anticipe pas. Il ne se défait pas. C’est une fusion irréversible qui crée quelque chose de nouveau. Quelque chose qui ne ressemble ni à l’un ni à l’autre de ce qui l’a précédé. Et dans le végétal c’est encore plus discret et plus poétique. Le moment où le pollen touche le pistil. Rien de visible. Rien de spectaculaire. Mais à cet instant précis, quelque chose a changé de nature définitivement. Le fruit qui va naître ne pouvait pas exister avant ce moment. Et ce moment ne se répète pas. Ce qui me frappe dans ces deux images, la fécondation et le pollen, c’est qu’elles ne font aucun bruit. On ne les voit pas se produire. On ne les planifie pas. Et pourtant elles changent tout. Le fruit ne sait pas encore qu’il va exister. La graine ne sait pas encore ce qu’elle va devenir. Mais quelque chose a basculé. Définitivement. Et la vie qui suit est organisée autour de ce basculement invisible. C’est ça ce dont je veux parler dans cet épisode. Un mouvement irréversible. Silencieux. Et fondateur. Merci de lire C’est Alain qui m’a dit ! Vous pouvez inviter vos amis en cliquant ici : Ce que j’ai vécu Je vais te raconter quelque chose. Il y a des années, je dirigeais une équipe. Une équipe que j’aimais. Des gens qui travaillaient bien et qui méritaient mieux que ce qu’ils avaient. J’ai demandé une augmentation pour eux à mon directeur. Il a refusé. Puis il m’a fait une proposition. Une augmentation colossale. Pour moi seul. J’étais abasourdi. J’ai cru qu’il n’avait pas compris. Alors je lui ai réexpliqué. Et là j’ai compris que si. Il avait très bien compris. Et il avait quand même fait cette proposition. J’ai refusé. Il a augmenté son offre. J’ai refusé encore. Alors il a menacé. Et dans ce moment, quelque chose d’étrange s’est produit en moi. Pas de la colère. Une espèce de calme que je n’avais pas cherché. Comme si une partie de moi avait déjà tranché, bien avant que la conversation commence. Je n’ai pas hésité une seconde. Quelque chose en moi savait que ce n’était pas négociable. Ce que je n’ai jamais dit, c’est ce qui s’est passé plus tard, seul chez moi. Mon ego a regardé cette offre. Et il s’est dit : c’est une sacrée proposition. Il aurait eu raison sur le papier. Mais mon âme savait que ce n’était pas moi. Que si j’acceptais, je ne pourrais plus jamais travailler avec cette équipe depuis l’endroit juste. Que j’aurais trahi quelque chose d’irréversible. C’était une décision d’âme. Et une décision d’âme, une fois prise, ne se renégocie pas. La différence entre l’ego et l’âme Pour comprendre ce qui s’est passé ce jour-là, il faut comprendre la différence entre deux voix. Celles qu’on porte tous. L’ego calcule. Il pèse le pour et le contre. Il regarde ce qu’il y a à gagner et ce qu’il y a à perdre. Il n’est pas mauvais. Il fait son travail. Et parfois il fait bien son travail. Mais l’âme sait. Elle sait, même dans l’inconfort, même quand ce serait plus simple de ne pas entendre. La différence entre les deux ne s’explique pas. Elle se ressent. Quand c’est l’ego qui parle, il y a de la négociation. Une conversation intérieure qui tourne, qui hésite, qui repart dans tous les sens. Quand c’est l’âme qui parle, il y a du silence. Puis une certitude. Qui n’a besoin de convaincre personne, pas même toi. Ce n’est pas une pensée. C’est une évidence. Tu l’as peut-être ressenti dans un moment ordinaire. Une conversation où tu savais que quelque chose devait être dit, et tu as gardé le silence. Juste parce que ce n’était pas le moment juste. Cette retenue-là venait d’un endroit différent. Plus calme. Plus ancré. Cesser de poursuivre son ombre pour habiter enfin son souffle. C’est la définition la plus juste de ce que je veux dire aujourd’hui. Ce que ce moment change Ce moment ne résout rien. Il ne garantit rien. Il ne promet pas que ce qui vient après sera plus facile. Parfois c’est même l’inverse. Les conséquences peuvent être lourdes. Les résistances réelles. Le chemin incertain. Ce qu’il fait, c’est autre chose. Il change l’endroit depuis lequel tu vis. Avant, tu vis depuis le calcul. Depuis ce que les autres attendent. Depuis une version de toi construite pour tenir un rôle. Après, tu vis depuis toi. Depuis ce que tu sais être juste. Et même si ce qui suit est difficile, ça l’est depuis un endroit différent. Plus tranquille. Plus ancré. Plus vivant. Ce que j’ai remarqué dans les jours qui ont suivi ma décision, c’est que je dormais différemment. Pas plus longtemps. Autrement. Comme si quelque chose qui était en tension depuis longtemps avait enfin pu se relâcher. Le corps sait avant la tête. Et quand la décision vient du bon endroit, il le reconnaît. Les gens autour de toi le ressentent aussi. Pas parce que tu leur expliques. Parce que quelque chose dans ta façon d’être a changé. Tu n’as plus rien à défendre. Tu habites enfin ce que tu es. C’est ça le point de non-retour. Pas une destination. Un changement d’endroit. Avant de te laisser, une question. Prends un moment. Laisse-la descendre plus bas que la tête. Qu’est-ce que ton âme sait déjà et que ton ego n’a pas encore accepté d’entendre ? On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : la justesse favorise le maximum de vie en nous et autour de nous. Merci pour ton écoute, et à très bientôt. QUIZ Si cette question résonne, le Quiz Authentik est fait pour ce moment. Alain et moi l’avons créé pour ces instants où quelque chose en toi sait déjà, mais où la voix de l’ego est encore trop forte pour l’entendre. Il ne va pas te dire quoi décider. Il va t’aider à distinguer les deux voix. Merci d’avoir lu cet épisode de C’est Alain qui m’a dit ! Abonne-toi pour ne pas louper les prochains This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

    9 min
  4. 8 juin

    Le Vide qui Crée

    On porte des choses qui ont fait leur temps. Et on appelle ça de la fidélité. L’énergie ne vient pas de ce qu’on ajoute. Elle vient de ce qu’on accepte de poser. Lâcher n’est pas renoncer. C’est faire de la place pour ce qui cherche à arriver. Si tu ne l’as pas encore fait le quiz Authentik est ici et il est gratuit. Bonjour à toi. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement… on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit. Alain m’a dit : « On ne transforme pas, on laisse revenir. » Pas d’effort. Pas de méthode. Pas de nouveau carburant. Juste l’espace pour que quelque chose revienne. C’est une de ces petites phrases dont Alain a le secret, qui peuvent retourner une conviction sans prévenir. Ce qu’on maintient en vie sans le savoir Il y a des choses qu’on porte depuis si longtemps qu’on ne les voit plus. Pas parce qu’elles sont invisibles. Parce qu’on vit tellement avec qu’on ne se pose pas la question. Il y a cette relation qui a changé de nature depuis longtemps. On le sait. Mais on reste. Par habitude. Par peur de ce que l’absence produirait. Par fidélité à ce qu’elle a été plutôt qu’à ce qu’elle est aujourd’hui. Il y a ce projet sous perfusion. On y a mis du temps, de l’argent, de l’espoir. L’arrêter ressemblerait à un aveu. Alors on cherche le prochain angle, la prochaine version, la prochaine raison d’y croire encore. Et pendant ce temps, il occupe toute la place sans rien produire. Il y a ce rôle qu’on joue encore. Celui qu’on s’est construit à un moment de sa vie et qui ne correspond plus à qui on est devenu. On le sait. Mais le changer demanderait d’expliquer, de justifier, peut-être de décevoir. Alors on continue à l’incarner. Et on s’étonne de se sentir à l’étroit. Ce rôle-là est peut-être le plus difficile à lâcher. Parce qu’il ne ressemble pas à un fardeau. Il ressemble à une identité. On ne sait plus très bien où il finit et quand il a commencé. On le joue depuis si longtemps qu’il fait partie de nous. Et donc, on ne le remet pas en question. On vit avec. Jusqu’au jour où on réalise que le rôle a été écrit pour quelqu’un qu’on n’est plus tout à fait. Chacune de ces choses prend de la place. Elle n’est pas neutre. Elle occupe un espace qui ne peut pas être occupé par autre chose. Et tant qu’elle est là, ce qui cherche à arriver ne trouve nulle part où se poser. Ce que j’ai compris sur moi Pendant longtemps, j’ai porté l’image d’un roc. Quelqu’un de solide. Quelqu’un qui tient. Qui ne doute pas, ou du moins qui ne le montre pas. C’était une identité construite pour avancer, pour rassurer, pour exister d’une certaine façon dans le regard des autres. Et un jour j’ai réalisé que cette image me coûtait plus qu’elle ne me donnait. Pas parce que je n’étais pas moi, j’étais moi mais pas complètement, pas en totalité. J’avais bâti une carapace, et une carapace ça protège. Mais ça enferme aussi. J’ai lâché ça. Pas d’un coup. Pas avec une grande déclaration. Doucement. J’ai accepté de montrer mes doutes. J’ai accepté de dire que je ne savais pas. J’ai accepté que mes émotions se voient. Ce qui m’a surpris, c’est ce que les autres ont ressenti. Pas du tout ce que je craignais. Pas de la déception. Plutôt quelque chose qui ressemble à du soulagement. Comme si ma solidité affichée leur demandait, sans que je le sache, de jouer un rôle eux aussi. Et le jour où j’ai lâché ça, ils ont pu poser quelque chose aussi. Et dans cet espace libéré, quelque chose de différent est arrivé. Une énergie plus tranquille. Plus durable. Plus écologique pour mon corps et mon esprit. Ce n’était pas une transformation. C’était un retour à quelque chose de plus juste. Merci de lire C’est Alain qui m’a dit ! Vous pouvez inviter vos amis en cliquant ici : Ce que le vivant sait depuis toujours Chaque automne, les arbres lâchent leurs feuilles. On dit qu’ils les perdent. Ce n’est pas exact. L’arbre ne perd pas ses feuilles. Il les lâche. Il fabrique, à la base de chaque feuille, une couche de cellules qui coupe progressivement l’alimentation. C’est un acte délibéré. Une décision biologique. L’arbre choisit de ne plus nourrir ce qui ne lui est plus utile pour concentrer son énergie sur ce qui va lui permettre de survivre l’hiver et de refleurir au printemps. Sans ce lâcher, pas de printemps. Et nous, on fait l’inverse. On continue à nourrir ce qui ne produit plus. On maintient sous perfusion des projets, des rôles, des versions de nous-mêmes qui ont fait leur temps. On appelle ça de la persévérance. Le vivant appelle ça du gaspillage. L’énergie naît de la soustraction. Pas de l’accumulation. C’est une loi. Elle s’applique aux arbres. Elle s’applique à nous. La différence entre lâcher et abandonner Il y a deux façons de lâcher quelque chose. Et elles ne viennent pas du même endroit. Il y a le lâcher par épuisement. Celui qui arrive quand on n’a plus le choix. Un burnout. Une nuit noire de l’âme. Un moment où tout ce qu’on avait construit s’effondre d’un coup ou s’effrite lentement jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien à soutenir. Beaucoup de personnes que je connais ont traversé ça. Et c’est souvent là, dans ce moment qu’ils n’avaient pas choisi, qu’ils ont trouvé quelque chose de vrai. Quelque chose qu’ils n’auraient peut-être pas trouvé autrement. Ce lâcher-là libère. Il transforme même. Mais à quel prix. Combien d’heures perdues à se battre contre des chimères. Combien d’énergie dépensée à retenir ce qui aurait pu être lâché bien avant. Et il y a le lâcher par lucidité. Celui qui arrive avant l’effondrement. Quand on voit clairement que ce qu’on porte n’a plus de sens à être porté. Quand on choisit de faire de la place avant d’y être contraint. Ce lâcher-là demande quelque chose de particulier. Pas du courage au sens héroïque. Une honnêteté envers soi-même. La capacité de regarder ce qu’on maintient en vie et de se demander vraiment, pas pour la forme, vraiment, si c’est encore juste. Les deux peuvent mener au même résultat. Mais l’un coûte énormément. L’autre demande juste d’être lucide assez tôt (oui je sais ce n’est pas évident). On ne transforme pas, on laisse revenir. Je crois qu’accepter ce retour est l’acte le plus difficile à vivre. Parce qu’il demande de faire confiance à un processus qu’on ne contrôle pas. De tolérer le vide sans le remplir immédiatement. D’accepter que ce qui va revenir ne ressemblera peut-être pas à ce qu’on avait. Et que c’est exactement pour ça que ça fonctionne. Allez. Prends une grande inspiration avec moi, et demande-toi : En ce moment, je suis pleinement vivant ou j’ai peur du vide ? On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : la justesse favorise le maximum de vie en nous et autour de nous. Merci pour ton écoute, et à très bientôt. QUIZ Si cette question résonne, le Quiz Authentik est fait pour ce moment. Alain et moi l’avons créé pour ces instants où on sent qu’on porte quelque chose de trop, mais où on n’arrive pas encore à voir quoi. Il ne va pas te dire quoi lâcher. Il va t’aider à voir ce que tu portes. Merci d’avoir lu cet épisode de C’est Alain qui m’a dit ! Abonne-toi pour ne pas louper les prochains This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

    8 min
  5. 1 juin

    Se taire

    Le silence fait peur. Alors on parle. Et on passe à côté de ce qui cherchait à arriver. Se taire n’est pas ne rien faire. C’est faire quelque chose de plus difficile. Ce que tu cherches n’arrive pas dans le bruit. Il arrive dans un silence assumé. Si tu ne l’as pas encore fait le quiz Authentik est ici et il est gratuit. Bonjour à toi. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement… on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit. Alain m’a dit : « La justesse ne se trouve pas à la croisée des chemins mais dans le silence que tu acceptes enfin de ne plus remplir. » C’est une de ces phrases qui n’ont pas besoin d’explication. Elle arrive et elle fait son travail toute seule. Ce qu’on fait du silence On nous a appris que le silence est un problème. Dans une conversation, c’est une gêne à combler. Dans une réunion, c’est un signe que quelque chose ne va pas. Dans notre tête, c’est un espace dangereux qu’il vaut mieux remplir avant que quelque chose d’inconfortable n’y prenne place. Alors on parle. On répond avant d’avoir vraiment entendu. On enchaîne avant d’avoir vraiment digéré. On remplit les blancs parce que les blancs ressemblent à du vide, et que le vide, on ne sait plus quoi en faire. Mais ce qu’on appelle vide n’est pas un vide. C’est un espace pour recevoir. Ce que j’ai appris en marchant Chaque matin je marche. Pas pour réfléchir. Pas pour résoudre. Juste pour marcher. Et c’est précisément là, dans ce moment où je n’alimente rien, où je ne produis rien, où je n’attends rien, que les choses arrivent. Une clarté sur une décision que je retardais. Une phrase qui cherchait ses mots depuis des jours. Une évidence que l’agenda avait réussi à tenir à distance. Je n’ai rien fait pour les provoquer. J’ai juste arrêté de remplir l’espace où elles pouvaient arriver. Ce qui est étrange, c’est que ces moments-là ne ressemblent pas à une révélation. Il n’y a pas de lumière soudaine. Pas de grand frisson. C’est plus discret que ça. Une pensée qui se pose tranquillement. Une certitude qui arrive sans s’annoncer. Comme si elle avait toujours été là, et qu’elle attendait juste que je cesse de faire du bruit pour se montrer. Le silence de la marche n’est pas un silence de vacances. Ce n’est pas un silence de repos. C’est un silence actif. Un silence qui reçoit. Ce que j’ai appris en accompagnant Il y a un autre silence que je pratique. Différent. Plus difficile. C’est le silence de l’accompagnement. Parfois, quand j’accompagne quelqu’un, l’information arrive. Je la sens, je la vois, je sais ce qui serait juste de dire. Et je me tais. Pas parce que je n’ai rien à dire. Parce que la personne en face n’a pas encore fini d’arriver à ce qu’elle cherche. Et si je parle maintenant, je lui vole ce dernier pas. Ce dernier pas qui est le sien, pas le mien. Alors je laisse. Je laisse la phrase aller jusqu’au bout. Je laisse le silence s’installer après. Parfois plusieurs secondes. Parfois plus. Et dans ce silence, quelque chose se passe. Pas chez moi. Chez l’autre. Une pensée qui va plus loin que ce qu’elle venait de dire. Une émotion qui remonte. Une vérité qui n’aurait pas eu la place d’exister si j’avais parlé trop vite. Et ensuite je laisse venir les mots, les miens, depuis cet endroit-là. Pas depuis ma tête qui a déjà la réponse. Depuis quelque chose de plus lent, de plus juste. Les mots qui arrivent depuis ce silence-là ne ressemblent pas à ceux que j’aurais dits si je n’avais pas attendu. Ils sont différents. Plus précis. Moins brillants peut-être. Mais plus vrais. Ce silence-là demande quelque chose de particulier. Pas du savoir. Pas de la technique. Une forme de confiance. La confiance que ce qui doit arriver arrivera, si on lui laisse la place. Merci de lire C’est Alain qui m’a dit ! Vous pouvez inviter vos amis en cliquant ici : Ce que le vivant sait depuis toujours En 2013, des chercheurs de l’Université de Rochester ont découvert quelque chose d’inattendu sur le cerveau. Le jour, il produit. Il traite, il décide, il analyse. Mais pendant ce temps, il accumule des déchets. Des protéines mal repliées, des toxines, des résidus de toute cette activité. Et ces déchets, il ne peut pas les évacuer pendant qu’il travaille. Les canaux qui permettent ce nettoyage sont trop petits, trop fragiles. Ils ne s’ouvrent que la nuit. Que dans le silence. Que dans l’immobilité du sommeil. Si ce silence n’a pas lieu, les toxines s’accumulent. Les décisions deviennent floues. La clarté disparaît. Pas par manque d’information. Par manque de silence pour traiter ce qui est déjà là. Le vivant a besoin de silence pour se régénérer. Pas comme récompense après l’effort. Pas comme pause entre deux productions. Comme condition de tout le reste. On a construit des vies sans silence. Des journées sans blanc. Des nuits trop courtes. Des matins où l’écran s’allume avant que le cerveau ait fini son nettoyage. Et on se demande pourquoi les idées ne viennent plus, pourquoi les décisions coûtent autant, pourquoi on avance sans vraiment savoir où on va. Ce n’est pas un manque de méthode. C’est un manque de silence. La différence entre se taire et se retenir Il y a deux façons de ne pas parler. Et elles ne produisent pas la même chose. Se retenir, c’est avoir quelque chose à dire et le bloquer. C’est tendu. C’est inconfortable. L’énergie est là mais elle n’a nulle part où aller. On sent la pression de ce qu’on n’a pas dit. On reste dans sa tête, à tourner autour de ce qu’on aurait voulu exprimer. Ce silence-là épuise autant que la parole. Parfois plus. Se taire, c’est autre chose. C’est choisir de laisser de la place. Pour l’autre. Pour ce qui cherche à arriver. Pour les mots qui ne sont pas encore prêts. Ce silence-là n’est pas vide. Il est plein d’une attention que la parole ne peut pas tenir. La différence entre les deux ne s’entend pas. Elle se ressent. Quelqu’un qui se retient remplit le silence d’une tension invisible. Quelqu’un qui se tait vraiment crée quelque chose d’autre. Un espace. Et dans cet espace, les gens se détendent. Ils vont plus loin. Ils disent ce qu’ils n’auraient pas dit si on les avait pressés de conclure. La justesse se trouve dans le silence qu’on accepte enfin de ne plus remplir. Ce mot, accepter, est important. Ce n’est pas un effort. C’est un consentement. On accepte de ne pas savoir immédiatement. On accepte de ne pas avoir la réponse tout de suite. On accepte que quelque chose de plus juste que ce qu’on aurait dit puisse encore arriver. Et souvent, c’est là que ça arrive. Bon. Avant de me taire et de te laisser profiter du silence, j’ai une question pour toi. Est-ce que tu donnes assez de place au silence dans ta vie ? On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : la justesse favorise le maximum de vie en nous et autour de nous. Merci pour ton écoute, et à très bientôt. QUIZ Si cette question résonne, le Quiz Authentik est fait pour ce moment. Alain et moi l’avons créé pour ces instants où on sent qu’il y a quelque chose à entendre, mais où le bruit est encore trop fort. Il ne va pas te dire quoi faire. Il va t’aider à voir ce que tu évites d’écouter. Merci d’avoir lu cet épisode de C’est Alain qui m’a dit ! Abonne-toi pour ne pas louper les prochains This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

    8 min
  6. 25 mai

    Revenir à soi

    Le vivant sait comment on devient vivant. Nous, on a oublié. On ne tire pas son énergie de ce qu’on accumule. On la tire de ce qu’on accepte de lâcher. La saison 2 commence ici. Depuis un endroit différent. Si tu ne l’as pas encore fait le quiz Authentik est ici et il est gratuit. Bonjour à toi. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement… on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit. Alain m’a dit : « Tu n’es pas en retard sur ta vie. Tu es juste en fuite devant le seul homme qui peut la vivre. » J’ai lu cette phrase trois fois. La première fois, je l’ai trouvée belle. La deuxième fois, je l’ai trouvée juste. La troisième fois, c’est maintenant. LA SAISON 2 COMMENCE AUJOURD’HUI Et elle commence depuis un endroit différent. Pas parce que la saison 1 était fausse. Elle était vraie. Elle était même nécessaire. Mais quelque chose a changé en moi depuis. Pas une révélation. Pas une crise. Plutôt une évidence qui s’est posée doucement, comme ces choses qui étaient déjà là et qu’on finit par voir un matin sans savoir pourquoi ce matin-là plutôt qu’un autre. Je me suis rendu compte que je parlais aux dirigeants, aux bâtisseurs, à ceux qui courent vite. Et que pendant ce temps, il y avait quelqu’un d’autre qui écoutait. Quelqu’un qui n’avait pas de titre particulier, pas de chiffre d’affaires à défendre, pas d’équipe à diriger. Juste cette voix intérieure, discrète et tenace, qui murmurait qu’il y avait autre chose. Juste une sensation d’être à l’étroit dans sa propre vie. C’est à cette personne que je veux parler maintenant. Peut-être que c’est toi. Peut-être que ça l’a toujours été. Le vivant ne tire pas son énergie de l’accumulation. Il la tire du renoncement. J’ai lâché ce que la saison 1 était pour que quelque chose de plus juste puisse arriver. Ce renoncement ce n’est pas une perte. C’est le premier mouvement de cette saison. C’est en vivant qu’on devient vivant. C’est depuis cette conviction que je veux continuer ce podcast. Pas pour t’apporter une méthode de plus. Pour qu’on retrouve ensemble ce que tu sais déjà, et que le bruit de ta vie t’empêche d’entendre. CE QUE J’AI COMPRIS ET VÉCU La phrase d’Alain parle d’une fuite, oui, une fuite. Et ce qu’elle pointe avec précision, c’est que cette fuite a souvent l’apparence du mouvement. Tu avances. Tu construis. Tu te projettes vers une version future de toi qui sera enfin à la hauteur, enfin libre, enfin juste. Toujours à dix ans de toi. Toujours hors d’atteinte. Ce n’est pas de l’ambition. C’est un report de vie déguisé en projet de vie. Et pendant ce temps, la seule personne qui pourrait vraiment tenir le gouvernail, tu passes devant elle sans t’arrêter. Sans même la reconnaître. Parce que tu l’as quittée depuis si longtemps qu’elle te ressemble à peine. Parce que la vie que tu mènes ne lui a pas laissé beaucoup de place. Parce qu’elle est silencieuse, et que le silence, dans une vie qui tourne à plein régime, n’a aucune chance d’être entendu. Le vivant ne fonctionne pas comme ça. Une cellule ne produit pas d’énergie en accumulant. Elle en produit en lâchant. À deux moments précis de son cycle, elle expire. Elle rejette. Et c’est précisément dans cet acte de renoncement que l’énergie se libère. Et ce n’est pas un effet secondaire. C’est le mécanisme central. Ce n’est pas une métaphore. C’est une loi du vivant. Une loi vieille de deux milliards d’années. Qui ne s’est jamais démentie. Et qui s’applique à chaque cellule de ton corps en ce moment même, pendant que tu écoutes ces mots. Et cette loi, on l’a oubliée. On accumule des outils, des méthodes, des projets, des versions améliorées de nous-mêmes. On retient. On porte. On s’épuise à maintenir en vie des choses qui ont fait leur temps, des rôles qu’on joue encore par habitude, des combats qu’on mène par peur de ce que le silence produirait si on s’arrêtait. Et on appelle ça avancer. Le vivant appelle ça s’étouffer. Je connais cette fuite de l’intérieur. Pendant des années, j’ai confondu le mouvement avec la vie. J’accélérais parce que ralentir ressemblait à renoncer. Je construisais parce que m’arrêter ressemblait à échouer. Je portais des projets qui avaient fait leur temps, des postures qui ne me ressemblaient plus, une version de moi construite pour les autres et que je continuais d’habiter par habitude . Et je me racontais que c’était ça, avancer. Que la fatigue était normale. Que l’essoufflement était le prix à payer. Que les gens qui s’arrêtaient manquaient simplement de discipline. Et un jour, tout s’est arrêté sans que je le choisisse. Ce que j’avais bâti s’est défait. Et dans ce silence que je n’avais pas demandé, j’ai rencontré quelqu’un que j’avais fui pendant des années. Moi. Pas la version que j’avais construite pour les autres. Pas le rôle que je jouais avec conviction. Quelqu’un de plus simple, de plus tranquille, et étrangement, de plus juste. Quelqu’un qui n’avait rien à prouver. Qui n’avait plus besoin de courir pour exister. Ce n’était pas une transformation. C’était un retour. Merci de lire C’est Alain qui m’a dit ! Vous pouvez inviter vos amis en cliquant ici : CE QUE CETTE SAISON VA ÊTRE Chaque épisode de cette saison sera un mouvement. Pas une leçon. Pas une méthode. Un mouvement que tu reconnaîtras parce que tu l’as déjà vécu, ou parce que tu l’évites depuis longtemps. Le vivant traverse huit mouvements pour produire de l’énergie. Huit. Pas un de plus, pas un de moins. Et chacun est nécessaire. On ne saute pas une étape. On ne court pas plus vite pour compenser. Le vivant prend le temps qu’il faut. Il ne négocie pas avec son propre rythme. Nous allons traverser ces mouvements ensemble. Accueillir ce qui est vraiment là. Se taire, vraiment, sans rien produire. Lâcher ce qui n’est plus nous. Franchir ce seuil intérieur qu’on repousse depuis trop longtemps. Incarner ce qu’on est devenu quand on arrête de jouer un rôle. Rencontrer le monde sans se défendre. Intégrer ce que la vie nous renvoie quand on accepte de l’entendre. Et revenir à soi, plus tranquille, plus juste, prêt pour le prochain tour. Pas dans l’ordre d’un programme. Selon ce que la vie dépose devant nous. Une phrase qui arrive parfois à l’improviste et qui change quelque chose sans qu’on sache exactement comment. Et Alain sera là, comme toujours. C’est lui qui commence. C’est moi qui continue. C’est toi qui décides ce que tu en fais. C’est en vivant qu’on devient vivant. C’est ce qu’on va explorer ensemble. Avant qu’on se quitte, une question. Elle est pour toi. C’est cadeau. Qu’est-ce que tu accumules en ce moment en appelant ça avancer ? On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : la justesse favorise le maximum de vie en nous et autour de nous. Merci pour ton écoute, et à très bientôt. QUIZ Si cette question résonne, le Quiz Authentik est fait pour ce moment. Pas pour te dire quoi changer. Pour t’aider à voir ce que tu portes sans le savoir. Merci d’avoir lu cet épisode de C’est Alain qui m’a dit ! Abonne-toi pour ne pas louper les prochains This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

    8 min
  7. 18 mai

    Le Premier Domino

    Vous regardez vos concurrents pour savoir où aller. C’est le meilleur moyen de ne jamais trouver votre propre chemin. Analyser le marché, c’est utile. S’y noyer pour éviter de se regarder, c’est autre chose. La vraie question n’est pas : suis-je meilleur que les autres ? C’est : suis-je juste ? Bonjour à toi. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement… on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit. Alain m’a dit : « Es-tu juste ? » Trois mots. J’ai tourné cette question dans tous les sens. Parce qu’elle ne demande pas si tu es bon. Pas si tu es en avance. Pas si tu es meilleur que les autres. Elle demande quelque chose de plus difficile et de plus précis. Si ce que tu fais vient du bon endroit. Il m’a raconté une scène. Un gymnase plongé dans le noir. Les spectateurs sont partis, les projecteurs éteints. Au centre, un homme transpire. Michael Jordan enchaîne les paniers, seul avec le bruit mat du ballon sur le parquet. Il ne cherche pas à battre un adversaire imaginaire. Il cherche le moment où son geste devient une évidence. C’est ça, être juste. Pas parfait. Pas meilleur. Juste. Ce que le marché ne dit pas Il y a une croyance très répandue dans le monde des affaires. Celle qui dit que pour savoir où aller, il faut regarder où vont les autres. Analyser la concurrence. Surveiller les tendances. Se positionner par rapport au marché. C’est une forme d’intelligence. Et c’est parfois une forme de fuite. Parce que regarder les autres, c’est confortable. Ca donne l’impression d’agir. Ca ressemble à de la stratégie. Mais pendant qu’on regarde ailleurs, la vraie question reste sans réponse. Est-ce que ce que je vois est juste ? Pas juste pour le marché. Pas juste selon les études et les benchmarks. Juste pour toi. Depuis ton regard propre. Depuis ta lecture du réel que personne d’autre n’a exactement. L’histoire du studio Il y a longtemps, j’étais directeur d’un studio de création graphique. A cette époque, le modèle était simple et immuable. Les annonceurs passaient par les agences de publicité. Les agences sous-traitaient la création aux studios. Personne ne remettait ce schéma en question. C’était comme ça depuis toujours. Sauf que j’avais remarqué quelque chose. Sur certaines commandes, l’agence ne servait à rien. Elle prenait le brief chez l’annonceur, le transmettait au studio sans le transformer, récupérait le travail fini et le livrait. Aucune valeur ajoutée. Un filtre inutile qui rallongeait les délais et renchérissait le coût. Je me suis posé une question simple. Pas « que font les autres studios ? » Pas « quel est le modèle dominant du marché ? » Juste : est-ce que ce que je vois est juste ? Et ce que je voyais était juste. Pour cette partie du travail, le passage par l’agence n’avait aucun sens. Il y avait une part de doute. C’était une rupture avec un modèle établi. Je ne savais pas comment les agences allaient réagir. Je ne savais pas si les annonceurs seraient intéressés. Mais il y avait quelque chose de plus fort que le doute. Une conviction que ce que je voyais était juste. Pas parfait. Pas sans risque. Juste. Alors j’ai agi dessus. J’ai créé mon propre studio en partant directement vers les annonceurs. Les annonceurs ont été intéressés. Ils travaillaient directement avec ceux qui produisaient. Sans filtre. Et les agences ne m’en ont pas voulu. Ca les soulageait d’une charge qu’elles n’aimaient pas porter. Quand une décision est juste, elle ne crée pas de résistance inutile. Elle trouve sa place naturellement. Ce que cette décision m’a appris Ce qui m’a frappé après coup, c’est que je n’avais pas pris cette décision en analysant le marché. Je ne m’étais pas demandé ce que faisaient les autres studios. Je n’avais pas commandé une étude. J’avais juste regardé ce que je voyais tous les jours avec mes propres yeux, et j’avais eu le courage de lui faire confiance. C’est ça que j’ai compris ce jour-là. Pas une technique. Pas une méthode. Juste ceci : ton regard sur ton secteur, ton marché, ta situation, a une valeur que aucune analyse externe ne peut remplacer. Parce que personne d’autre n’a ton histoire, ton expérience terrain, ta façon de lire les signaux faibles. Le problème, c’est qu’on apprend à se méfier de ce regard. On nous enseigne à valider, à benchmarker, à comparer. Comme si notre propre lecture ne suffisait pas. Comme si elle avait besoin d’être confirmée par quelqu’un d’autre pour avoir de la valeur. Et pendant qu’on attend cette confirmation, les évidences passent. Ce que Jordan fait dans le gymnase obscur Michael Jordan seul dans ce gymnase ne se demande pas ce que font ses rivaux. Il ne surveille pas ses statistiques. Il ne calcule pas son avance. Il se demande si son geste est juste. C’est ça, le premier domino. Pas la stratégie. Pas la comparaison. Pas l’analyse de marché. L’état interne qui précède toute action. L’alignement entre ce qu’on perçoit et ce qu’on fait. Quand cet état est juste, tout ce qui suit est plus fluide. Les décisions se prennent plus clairement. Les résistances s’effacent. Les bonnes personnes arrivent. Pas parce que la chance sourit, mais parce qu’on agit depuis le bon endroit. Quand cet état est faux, quand on agit depuis la comparaison, la peur de rater quelque chose, l’envie de ressembler à quelqu’un d’autre, tout est plus lourd. Même les bons résultats ne satisfont pas vraiment. Parce qu’ils ne sont pas les tiens. Le piège de la comparaison Regarder ses concurrents n’est pas mauvais en soi. C’est même nécessaire. Le problème arrive quand c’est le seul endroit où on regarde. Quand on commence sa journée en vérifiant ce que font les autres plutôt qu’en se demandant ce qui est juste pour soi. Quand on ajuste sa trajectoire non pas parce qu’on a vu quelque chose de pertinent mais parce qu’on a peur de rater ce que les autres font. Quand on prend des décisions qui ressemblent à des décisions intelligentes mais qui ne viennent pas de sa propre lecture du réel. Ce n’est plus de la stratégie. C’est de la réaction. Et il y a un coût invisible à vivre en réaction permanente. On s’épuise à ajuster une trajectoire qui n’est pas la sienne. On dépense une énergie considérable à suivre des signaux extérieurs qui n’ont pas forcément de sens pour ce qu’on construit. Et à la fin de la journée, on a bougé sans vraiment avancer. Le premier domino, c’est toujours intérieur. C’est l’état depuis lequel tu agis. Pas ce que tu fais. Depuis quel endroit tu le fais. La question que je te laisse Ce matin, avant d’ouvrir ton agenda, avant de regarder ce que font les autres, avant de vérifier tes indicateurs, pose-toi la question : Es-tu juste ? On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : parfois, il suffit de changer de regard pour que la suite apparaisse. Merci pour ton écoute, et à très bientôt. QUIZ Si cette réflexion résonne en toi, on a créé avec Alain le Quiz Authentik pour ces moments où on ne sait plus très bien depuis quel endroit on agit. Il ne va pas te donner une direction. Il va t’aider à voir si tu es juste avec toi-même. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

    8 min
  8. 11 mai

    Les Muscles de la Peur

    Vous appelez ça de la rigueur. C’est de la peur qui fait des heures supplémentaires. Plus vous serrez les rênes, plus le cheval résiste. Et vous appelez ça du leadership. Le contrôle ne calme pas l’anxiété. Il lui construit une salle de sport. Bonjour à toi. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement… on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit. Alain m’a dit : « Le contrôle ne calme pas la peur, il lui donne des muscles. Plus tu forces le monde à s’ajuster, plus tu amplifies ton anxiété. » J’ai laissé cette phrase travailler quelques jours. Parce qu’elle touche à quelque chose que beaucoup de dirigeants ne veulent pas regarder en face. L’idée que ce qu’on appelle de la rigueur, de la méthode, de la discipline, pourrait être en réalité une stratégie d’évitement sophistiquée. Ce que le contrôle dit vraiment Il y a une croyance profondément ancrée dans le monde du leadership. Celle qui dit que plus tu maîtrises les variables, plus tu réduis le risque. Plus tu anticipes les scénarios, plus tu es en sécurité. Plus tu surveilles les indicateurs, plus tu es en contrôle. C’est logique. C’est enseigné dans toutes les écoles de management. Et c’est faux. Parce que chaque acte de contrôle envoie un signal au cerveau. Ce signal dit : il y a quelque chose à craindre ici. Et le cerveau enregistre. Il s’adapte. Il construit des muscles pour gérer cette menace. Plus tu contrôles, plus tu confirmes qu’il faut contrôler. La peur ne disparaît pas sous la pression du contrôle. Elle s’adapte. Elle grossit. Elle trouve des nouvelles formes. Elle devient de l’insomnie, de l’hypervigilance, de l’irritabilité, de cette sensation d’être toujours en retard sur quelque chose même quand tout va bien. On appelle ça du perfectionnisme. On appelle ça de l’exigence. On appelle ça du professionnalisme. C’est de l’anxiété. Rien d’autre. La spirale Ce mécanisme, je l’ai vu de près. Un dirigeant que j’accompagnais m’a raconté une période de sa vie où la peur de perdre sa place l’avait fait basculer dans quelque chose qu’il n’aurait jamais cru possible. Il avait commencé à contrôler. D’abord les chiffres, ce qui est normal. Puis les informations qui remontaient, pour filtrer ce qui ne devait pas être vu. Puis les interactions, pour éviter les questions auxquelles il n’avait pas de réponse. Il avait créé des zones d’ombre. Des écrans. Chaque couche de contrôle supplémentaire était censée le protéger. Chaque couche creusait un peu plus le fossé entre ce qui était réel et ce qu’il montrait. Il m’a dit que pendant cette période, il ne dormait presque plus. Pas parce qu’il travaillait trop. Parce que la nuit, il n’y avait plus rien entre lui et ce qu’il savait. Le contrôle avait besoin de lui à plein temps. La peur, elle, travaillait en continu. Le lapin dans les phares Et puis un jour, tout a explosé. Pas progressivement. En une seconde. Il m’a décrit ce moment avec une précision que je n’oublierai pas. Son corps a lâché avant que sa tête comprenne ce qui se passait. Les jambes qui ne répondent plus. La respiration qui se coupe. Cette sensation d’être un lapin dans les phares d’une voiture, paralysé, incapable de fuir, incapable d’avancer. Il marchait en long, en large, en travers. Il cherchait le trou de souris. Sachant que la confrontation était inévitable. Que tout allait sortir. Que tout le monde allait savoir. Et là, quelque chose d’inattendu s’est passé. Pendant qu’il attendait la confrontation, pendant que son cerveau continuait à tourner à plein régime, son corps, lui, a commencé à se détendre. Lentement. Imperceptiblement. Comme si quelque chose de lourd se posait enfin par terre. Ce n’était pas du soulagement. C’était quelque chose de plus profond. La fin d’une tension qu’il portait depuis si longtemps qu’il avait oublié ce que c’était de ne pas la porter. Ce que la reddition apprend La confrontation a été difficile. La déception, l’incompréhension, la colère des autres. Tout ce qu’il avait essayé d’éviter en construisant tous ces muscles de contrôle, il a dû le traverser quand même. Mais il l’a traversé debout. Et de l’autre côté, quelque chose avait changé. Il m’a dit, des mois plus tard, que depuis ce jour il avait adopté une règle simple. Une seule. N’agir que sur les leviers qui dépendent de lui. Pas parce que c’est une bonne méthode de management. Parce qu’il avait compris dans son corps ce que ça coûte de dépenser son énergie sur ce qu’on ne peut pas contrôler. Ce n’est pas du détachement. Ce n’est pas de la résignation. C’est une forme de lucidité physique. Une économie d’énergie radicale qui laisse de la place pour ce qui compte vraiment. Ce que cette histoire dit sur nous Ce dirigeant n’est pas une exception. Il est l’exemple le plus visible d’un mécanisme que la plupart d’entre nous pratiquent dans des versions plus discrètes. Les réunions qu’on multiplie pour éviter de prendre une décision seul. Les process qu’on alourdit pour ne pas avoir à faire confiance. Les indicateurs qu’on surveille de façon obsessionnelle pour ne pas regarder ce qui ne peut pas se mesurer. Les agendas surchargés qui ne laissent aucun espace au vide, et donc aucun espace à ce que le vide pourrait révéler. Chacun de ces comportements est rationnel. Chacun est défendable. Et chacun nourrit silencieusement les muscles de la peur. Je le vis moi-même en ce moment. Il y a un projet que je porte depuis des mois. Je peaufine. J’ajuste. J’affine. Je veux que tout soit bon avant de lancer. Sauf que je sais exactement ce que je fais. Je travaille sur la qualité parce que je n’ai aucun retour. Et je n’ai aucun retour parce que je n’ai rien lancé. Je contrôle ce que je peux contrôler, la forme, les détails, la préparation, pour ne pas avoir à affronter ce que je ne peux pas contrôler : la réception. Ce que les gens en pensent. Si ça résonne ou pas. Le levier sur lequel j’agis ne dépend pas de moi. Pas encore. Il dépendra de moi le jour où j’aurai lancé. Là, je pourrai ajuster, affiner, corriger. Là, le contrôle aura un sens. Mais tant que je n’ai pas lancé, je construis des muscles de la peur. Pas un projet. La question n’est pas de tout lâcher. C’est de regarder honnêtement ce qu’on contrôle par peur et ce qu’on contrôle par justesse. Les deux se ressemblent de l’extérieur. Ils ne se ressemblent pas du tout de l’intérieur. La question que je te laisse Et toi, sur quels leviers tu agis aujourd’hui ? Tous ou seulement les tiens ? On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : parfois, il suffit de changer de regard pour que la suite apparaisse. Merci pour ton écoute, et à très bientôt. QUIZ Si cette réflexion résonne en toi, on a créé avec Alain le Quiz Authentik pour ces moments où le contrôle commence à coûter plus qu’il ne protège. Il ne va pas te donner une méthode. Il va t’aider à voir depuis quel endroit tu agis vraiment. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

    8 min

À propos

Un espace de parole pour celles et ceux qui ont avancé, construit, parfois réussi, et sentent que continuer de la même manière n’a plus de goût. À travers des images et des phrases entendues, nous regardons autrement ce qui demande à changer. cestalainquimadit.substack.com