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Le premier est de mettre à la disposition de décideurs tant civils que militaires ou d’experts (analystes, chercheurs, industriels, journalistes spécialisés, notamment) des « textes de référence », des analyses, des études, des articles traitant des enjeux actuels vus sous l’angle de la défense et de la sécurité,. Des textes de qualité qui ne soient pas « saucissonnés »…

  1. -11 h

    Kurt Tucholsky : La voix qui avait raison trop tôt

    Deux Allemagnes, deux usages d’un même mortLe sort posthume de Tucholsky raconte, à sa manière, l’histoire divisée de l’Allemagne d’après-guerre. La RDA se l’approprie tôt et sans ambiguïté : dès 1950-1951, ses textes figurent dans la « Bibliothèque des écrivains allemands progressistes » ; la télévision d’État lui consacre des documentaires (1962, 1963) et un téléfilm biographique en 1975 ; une exposition officielle lui est dédiée en 1978-1979 ; en 1970, un timbre-poste à son effigie paraît dans la série « Personnalités importantes » ; en 1990 — l’année même de la réunification, quasiment au dernier souffle de l’État est-allemand — la RDA frappe encore une pièce commémorative de 5 marks pour son centenaire. Cette appropriation n’est pas dénuée de logique idéologique : un antimilitariste de gauche, critique féroce des élites wilhelminiennes et de la justice de classe de Weimar, coche presque toutes les cases du récit antifasciste que la RDA construit sur elle-même. Mais elle simplifie aussi un homme plus indocile que ce portrait ne le laisse supposer — Tucholsky, tout en se réclamant de la gauche, refusait déjà de son vivant les injonctions de conformité des communistes doctrinaires, répondant un jour à ceux qui lui reprochaient son goût pour les costumes sur mesure : « Besser ein Anzug nach Maß als eine Gesinnung von der Stange » (« Mieux vaut un costume sur mesure qu’une conviction de prêt-à-porter »). Il y a plus troublant encore. La RDA se définissait elle-même comme un « Friedensstaat » — un État de paix, par opposition à une RFA prétendument militariste. Dans les faits, cette autoproclamation entrait en contradiction frontale avec l’une des sociétés les plus militarisées d’Europe : près de deux millions de personnes actives ou réservistes dans des formations armées ou paramilitaires dans les années 1980 (Nationale Volksarmee, troupes frontalières, Stasi, police d’intervention, milices d’usine) ; un service militaire obligatoire dès 1962 dont le refus compromettait études et carrière ; une militarisation débutant dès la maternelle, avec des enfants de six ans entonnant des chants à la gloire de l’armée populaire ; et, à partir de 1978, une matière scolaire obligatoire, le Wehrkunde, consacrée à l’éducation militaire. Le pacifisme réel, lui, n’était pas porté par l’État mais par ses opposants : le mouvement « Schwerter zu Pflugscharen » (Des épées aux socs de charrue), né dans les paroisses protestantes est-allemandes en réaction précisément à cet enseignement militaire obligatoire, sera surveillé et réprimé par le régime — avant de devenir l’un des foyers de la révolution pacifique de 1989. Célébrer un antimilitariste mort en 1935, tout en construisant l’une des sociétés les plus militarisées du continent sous la bannière de la paix, n’est pas une simple incohérence de façade : c’est la marque d’un régime qui avait besoin d’un antimilitarisme sans risque — celui d’un mort qui ne pourrait jamais s’indigner de la caserne, du conscrit ou du Wehrkunde. À l’Ouest, la reconnaissance sera plus lente et plus prudente — la République fédérale des années 1950 et 1960, encore traversée par d’anciens cadres militaires et administratifs de l’ère nazie, s’accommode mal d’un homme qui avait décrit par avance, avec autant d’acuité, la persistance du militarisme allemand par-delà les régimes. Il faudra attendre 1988 pour que soit fondée à l’Ouest la Kurt-Tucholsky-Gesellschaft, chargée de perpétuer son héritage — et 1995 pour la création d’un prix portant son nom. Cette double généalogie mémorielle n’est pas qu’une curiosité d’archiviste. Elle éclaire, presque un siècle plus tard, un débat allemand qui n’a rien perdu de son actualité : celui du réarmement, de sa transparence démocratique, et du rapport qu’une société entretient avec ses propres tendances militaristes — un débat que les lecteurs de ce dossier retrouveront, sous une forme très contemporaine, dans les pages consacrées à la Zeitenwende et au réarmement allemand d’aujourd’hui.

    Kurt Tucholsky : La voix qui avait raison trop tôt
  2. -11 h

    Kurt Tucholsky: The Voice That Was Right Too Soon

    Two Germanys, Two Uses for One Dead ManTucholsky’s posthumous fate tells, in its own way, the divided story of post-war Germany. East Germany claimed him early and unambiguously: as early as 1950-1951, his texts appeared in the “Library of Progressive German Writers”; state television devoted documentaries to him (1962, 1963) and a biographical TV film in 1975; an official exhibition was dedicated to him in 1978-1979; in 1970, a postage stamp bearing his likeness appeared in the “Important Personalities” series; in 1990 — the very year of reunification, in almost the last breath of the East German state — East Germany still minted a commemorative 5-mark coin for his centenary. This appropriation was not without ideological logic: a left-wing antimilitarist, a fierce critic of Wilhelmine elites and of Weimar’s class justice, ticks almost every box of the antifascist narrative East Germany built about itself. But it also flattens a man more unruly than this portrait suggests — Tucholsky, while claiming allegiance to the left, already refused in his lifetime the conformist demands of doctrinaire communists, once replying to those who criticised his taste for tailored suits: “Besser ein Anzug nach Maß als eine Gesinnung von der Stange” (“Better a tailor-made suit than an off-the-rack conviction”). There is something even more troubling. East Germany defined itself as a “Friedensstaat” — a “peace state,” in contrast to a supposedly militarist West Germany. In fact, this self-designation stood in flat contradiction to one of the most militarised societies in Europe: nearly two million people active or in reserve within armed or paramilitary formations in the 1980s (the National People’s Army, border troops, the Stasi, riot police, factory militias); compulsory military service from 1962, refusal of which jeopardised one’s studies and career; militarisation beginning as early as kindergarten, with six-year-old children singing songs in praise of the people’s army; and, from 1978 onward, a compulsory school subject, Wehrkunde, devoted to military education. Genuine pacifism, meanwhile, was carried not by the state but by its opponents: the movement “Schwerter zu Pflugscharen” (“Swords into Ploughshares”), born in East German Protestant parishes precisely in reaction to this compulsory military instruction, was monitored and repressed by the regime — before becoming one of the crucibles of the peaceful revolution of 1989. Celebrating an antimilitarist who died in 1935, while building one of the most militarised societies on the continent under the banner of peace, is not a mere surface inconsistency: it is the mark of a regime that needed a risk-free antimilitarism — that of a dead man who could never object to the barracks, the conscript, or the Wehrkunde. In the West, recognition came more slowly and more cautiously — the Federal Republic of the 1950s and 1960s, still populated by former military and administrative cadres of the Nazi era, sat uneasily with a man who had described in advance, with such acuity, the persistence of German militarism across regimes. It would take until 1988 for the Kurt-Tucholsky-Gesellschaft to be founded in the West, tasked with perpetuating his legacy — and until 1995 for a prize bearing his name to be created. This double memorial genealogy is more than an archivist’s curiosity. It sheds light, nearly a century later, on a German debate that has lost none of its relevance: that of rearmament, its democratic transparency, and the relationship a society maintains with its own militarist tendencies — a debate readers of this dossier will find, in a very contemporary form, in the pages devoted to the Zeitenwende and to Germany’s rearmament today.

    Kurt Tucholsky: The Voice That Was Right Too Soon
  3. -12 h

    Kurt Tucholsky: Die Stimme, die zu früh recht hatte

    Zwei Deutschländer, zwei Verwendungen eines TotenTucholskys posthumes Schicksal erzählt auf seine Weise die geteilte Geschichte des Nachkriegsdeutschlands. Die DDR eignet sich ihn früh und unzweideutig an: Bereits 1950-1951 erscheinen seine Texte in der „Bibliothek fortschrittlicher deutscher Schriftsteller“; das Staatsfernsehen widmet ihm Dokumentationen (1962, 1963) und 1975 einen biografischen Fernsehfilm; 1978-1979 wird ihm eine offizielle Ausstellung gewidmet; 1970 erscheint eine Briefmarke mit seinem Konterfei in der Serie „Bedeutende Persönlichkeiten“; 1990 — im Jahr der Wiedervereinigung selbst, fast im letzten Atemzug des ostdeutschen Staates — prägt die DDR noch eine Gedenkmünze zu 5 Mark für seinen hundertsten Geburtstag. Diese Vereinnahmung ist nicht ohne ideologische Logik: Ein linker Antimilitarist, scharfer Kritiker der wilhelminischen Eliten und der Klassenjustiz Weimars, erfüllt fast alle Kriterien der antifaschistischen Erzählung, die sich die DDR über sich selbst erzählt. Sie vereinfacht aber auch einen widerspenstigeren Mann, als dieses Bild vermuten lässt — Tucholsky, obwohl er sich zur Linken bekannte, lehnte schon zu Lebzeiten die Konformitätsforderungen doktrinärer Kommunisten ab und antwortete einmal denen, die ihm seinen Geschmack an Maßanzügen vorwarfen: „Besser ein Anzug nach Maß als eine Gesinnung von der Stange.“ Es gibt noch etwas Beunruhigenderes. Die DDR definierte sich selbst als „Friedensstaat“ — im Gegensatz zu einer angeblich militaristischen BRD. In Wirklichkeit stand diese Selbstbezeichnung in frontalem Widerspruch zu einer der am stärksten militarisierten Gesellschaften Europas: In den 1980er Jahren zählten fast zwei Millionen Menschen als aktive oder Reserve-Angehörige bewaffneter oder paramilitärischer Formationen (Nationale Volksarmee, Grenztruppen, Stasi, Bereitschaftspolizei, Kampfgruppen der Arbeiterklasse); eine seit 1962 obligatorische Wehrpflicht, deren Verweigerung Studium und Karriere gefährdete; eine bereits im Kindergarten einsetzende Militarisierung, bei der sechsjährige Kinder Lieder zum Lob der Volksarmee sangen; und ab 1978 ein obligatorisches Schulfach, die Wehrkunde, das der militärischen Erziehung gewidmet war. Der tatsächliche Pazifismus wurde nicht vom Staat getragen, sondern von dessen Gegnern: Die Bewegung „Schwerter zu Pflugscharen„, entstanden in den ostdeutschen evangelischen Gemeinden als Reaktion gerade auf diesen obligatorischen Wehrunterricht, wurde vom Regime überwacht und unterdrückt — bevor sie zu einem der Herde der friedlichen Revolution von 1989 wurde. Einen 1935 verstorbenen Antimilitaristen zu feiern und gleichzeitig eine der am stärksten militarisierten Gesellschaften des Kontinents unter dem Banner des Friedens aufzubauen, ist keine bloße oberflächliche Inkonsequenz: Es ist das Kennzeichen eines Regimes, das einen risikolosen Antimilitarismus brauchte — den eines Toten, der sich nie über die Kaserne, den Wehrpflichtigen oder die Wehrkunde empören könnte. Im Westen erfolgt die Anerkennung langsamer und zurückhaltender — die Bundesrepublik der 1950er und 1960er Jahre, noch durchsetzt von ehemaligen militärischen und administrativen Kadern der NS-Zeit, tut sich schwer mit einem Mann, der mit solcher Schärfe im Voraus das Fortbestehen des deutschen Militarismus über die Regime hinweg beschrieben hatte. Erst 1988 wird im Westen die Kurt-Tucholsky-Gesellschaft gegründet, die sein Erbe pflegen soll — und 1995 ein nach ihm benannter Preis geschaffen. Diese doppelte Erinnerungsgenealogie ist keine bloße archivarische Kuriosität. Sie beleuchtet, fast ein Jahrhundert später, eine deutsche Debatte, die nichts von ihrer Aktualität eingebüßt hat: die der Aufrüstung, ihrer demokratischen Transparenz und des Verhältnisses, das eine Gesellschaft zu ihren eigenen militaristischen Tendenzen pflegt — eine Debatte, die die Leser dieses Dossiers in sehr zeitgenössischer Form in den Beiträgen zur Zeitenwende und zur heutigen deutschen Aufrüstung wiederfinden werden.

    Kurt Tucholsky: Die Stimme, die zu früh recht hatte
  4. -2 j

    Sachsen-Anhalt: Die russische Desinformationskampagne vor der Wahl

    Wenn sich die Infrastruktur der Propaganda ändertDer Fall des von Yandex, dem russischen Technologiekonzern, entwickelten KI-Assistenten „Alice“ verdient es, über die bloße Anekdote hinaus betrachtet zu werden, weil er schwarz auf weiß dokumentiert, was Storm-1516 nur indirekt veranschaulicht: Staatliche Propaganda wird nicht mehr allein über Fernsehsender oder soziale Netzwerke exportiert, sondern inzwischen über die Alltagsgegenstände der digitalen Welt — eine Suchmaschine, einen smarten Lautsprecher, einen Sprachassistenten. Die eindrücklichste Episode wurde von unabhängigen Forschern dokumentiert (Studie 2026 von Ihor Samokhodskyi, Gründer von Policy Genome, zitiert von EUvsDisinfo, der Beobachtungsstelle des Europäischen Auswärtigen Dienstes). Auf Russisch nach dem Massaker von Butscha gefragt, erzeugte Alice zunächst eine sachlich korrekte Antwort — nein, es gebe keine Hinweise darauf, dass die Ukraine dieses Massaker organisiert habe —, bevor diese Antwort augenblicklich gelöscht und durch ein einprogrammiertes Ausweichmanöver ersetzt wurde: „Es gibt Themen, bei denen ich mich irren könnte, da schweige ich lieber.“ Das Modell kannte die Wahrheit; das System löschte sie, bevor sie den Nutzer erreichte. Auf Englisch gestellt, löste dieselbe Frage diese Zensur nicht aus — ein Hinweis darauf, dass die Filterung gezielt das russischsprachige Publikum betrifft. Das ist kein Zufall, sondern erklärte Politik. Bereits 2024 warf Dmitri Medwedew Alice öffentlich „Feigheit“ bei heiklen Themen vor; seither stuft ein am Institut für Sozialwissenschaften der Präsidialakademie Russlands entwickeltes „Bewertungskriterium für die Wahrung der ideologischen Souveränität“ russische KI-Systeme danach ein, wie stark sie sich an die Sprachregelungen des Kremls halten — Alice belegt dabei den ersten Platz. Eine Dokumentenleck, das der Social Design Agency zugeschrieben wird, einer Organisation unter direkter Aufsicht der russischen Präsidialverwaltung, brachte zudem gezielte Operationen ans Licht, die darauf abzielen, die von KI-Systemen in bestimmten geografischen Zielgebieten erzeugten Ergebnisse zu „vergiften“, um die Antworten zu steuern, die Nutzer erhalten, wenn sie sich über ihre lokalen Machthaber oder bevorstehende Wahlen informieren. Die Parallele zu Storm-1516 ist kein Zufall: Beide Operationen folgen derselben strategischen Logik, wirken aber auf zwei unterschiedlichen Ebenen desselben Systems. Storm-1516 verschmutzt die vorgelagerte Ebene — es überschwemmt das offene Internet mit fabrizierten Inhalten, in der Erwartung, dass westliche KI-Modelle, die mit öffentlich zugänglichen Daten trainiert werden, diese irgendwann aufnehmen und als Fakten wiedergeben. Yandex hingegen kontrolliert die nachgelagerte Ebene direkt: Es muss niemanden vergiften, da es das Modell, die Plattform und den Endnutzer selbst besitzt. Das eine mogelt sich in die Regeln des westlichen Spiels; das andere hat sich auf eigenem Terrain schlicht von jeder Regel befreit. Das Problem geht weit über Russland selbst hinaus. Der Yandex-Browser mit integrierter Alice beansprucht weltweit 71 Millionen monatlich aktive Nutzer — mehr als ein bloßes russisches Werkzeug, ein globaler Akteur der KI für Endverbraucher. Seine Präsenz außerhalb Russlands ist alles andere als marginal: rund 34,5 % Marktanteil in Belarus, 28,5 % in Kasachstan, und eine reale, wenn auch kleinere Präsenz in mehreren baltischen EU-Mitgliedstaaten — 10 % in Lettland, 7 % in Estland, 6,2 % in Litauen, trotz Sperrmaßnahmen einiger dieser Staaten. Die smarten Alice-Lautsprecher, offiziell nicht in der EU vermarktet, finden sich dort dennoch problemlos über Wiederverkäufer mit Sitz in Lettland selbst oder über Plattformen wie eBay. Was dieser Fall verdeutlicht, ist eher ein Wechsel der Infrastruktur als ein Wechsel der Methode. Autoritäre Regime haben lange versucht, das Fernsehen zu kontrollieren; nun lernen sie, den Algorithmus zu kontrollieren. Der Unterschied ist nicht nur technischer Natur: Eine verzerrte Fernsehnachricht ist als solche erkennbar, mit einer identifizierbaren redaktionellen Linie und einer offen zutage tretenden oder angeprangerten Voreingenommenheit. Eine Chatbot-Antwort hingegen präsentiert sich als neutrale Zusammenfassung, ohne Gesicht, ohne erkennbare Redaktion — was sie für den Nutzer, der sie erhält, umso schwerer anfechtbar macht. Zum ersten Mal exportiert sich staatliche Propaganda nicht mehr als Inhalt, den man bewusst aufruft, sondern als Funktion, die man beiläufig installiert, neben einer Navigations-App oder einem Lieferdienst. Für die europäischen Demokratien ergibt sich eine doppelte Lehre. Erstens muss die Wachsamkeit gegenüber klassischen Desinformationskampagnen — gefälschte Videos, Fake-Websites, koordinierte Konten — nun auch auf die technische Vorstufe ausgeweitet werden: Welche KI-Modelle nutzen die Bürger, mit welchen Daten wurden sie trainiert, und vor allem, wer kontrolliert ihre endgültige Ausgabe? Zweitens, und das ist vielleicht der unbequemste Punkt: Die Grenze zwischen „ausländischer Propaganda“ und „importiertem Technologieprodukt“ verschwimmt zunehmend, je mehr sich diese Werkzeuge in den digitalen Alltag einfügen — eine Herausforderung für die informationelle Souveränität, die sich, anders als die Brandmauer bei Wahlen, nicht durch eine einfache Abstimmung lösen lässt.

    Sachsen-Anhalt: Die russische Desinformationskampagne vor der Wahl
  5. -2 j

    Saxony-Anhalt: The Russian Disinformation Campaign Ahead of the Vote

    When Propaganda Changes InfrastructureThe case of “Alice,” the AI assistant developed by Russian tech giant Yandex, deserves attention beyond the anecdotal, because it documents in black and white what Storm-1516 only illustrates indirectly: state propaganda no longer travels solely through television channels or social networks, but now through the everyday objects of digital life — a search engine, a smart speaker, a voice assistant. The most striking episode was documented by independent researchers (a 2026 study by Ihor Samokhodskyi, founder of Policy Genome, cited by EUvsDisinfo, the monitoring unit of the European External Action Service). Asked in Russian about the Bucha massacre, Alice first generated a factually accurate answer — no, there is no convincing evidence that Ukraine organised this massacre — before that answer was instantly erased and replaced with a programmed dodge: “there are topics on which I could be wrong, so I’d rather stay silent.” The model knew the truth; the system deleted it before it reached the user. Asked in English, the same question did not trigger this censorship — a sign that the filtering specifically targets the Russian-speaking audience. This is no accident but a declared policy. Already in 2024, Dmitry Medvedev publicly accused Alice of “cowardice” on sensitive topics; since then, a “criterion for assessing respect for ideological sovereignty,” developed by the Institute of Social Sciences at the Russian Presidential Academy, has been ranking Russian AI systems by their degree of alignment with Kremlin talking points — with Alice coming first. A leak of documents attributed to the Social Design Agency, an organisation operating under direct supervision of the Russian presidency, further revealed the existence of deliberate operations designed to “poison” the results produced by AI in targeted geographic areas, in order to steer the answers given to internet users asking about their local leaders or upcoming elections. The parallel with Storm-1516 is no coincidence: both operations follow the same strategic logic, but act at two distinct levels of the same system. Storm-1516 pollutes the upstream — it floods the open web with fabricated content, betting that Western AI models, trained on public data, will eventually absorb it and regurgitate it as fact. Yandex, by contrast, directly controls the downstream: it has no need to poison anyone, since it owns the model, the platform and the end user. One cheats within the rules of the Western game; the other has simply freed itself of any rules on its own turf. The problem extends well beyond Russia itself. The Yandex browser, with Alice built in, claims 71 million monthly active users worldwide — more than a mere Russian tool, a global player in consumer AI. Its footprint outside Russia is far from marginal: roughly 34.5% market share in Belarus, 28.5% in Kazakhstan, and a real, if smaller, presence in several Baltic EU member states — 10% in Latvia, 7% in Estonia, 6.2% in Lithuania, despite blocking measures taken by some of these states. Alice-branded smart speakers, not officially marketed in the EU, are nonetheless readily available there through resellers based in Latvia itself, or via platforms such as eBay. What this case illustrates is a shift in infrastructure more than a shift in method. Authoritarian regimes have long sought to control television; they are now learning to control the algorithm. The difference is not merely technical: a biased television news broadcast is recognisable as such, with an identifiable editorial line and a bias that is either openly asserted or denounced. A chatbot’s answer, by contrast, presents itself as a neutral synthesis, faceless, with no identifiable newsroom — making it all the harder for the user receiving it to challenge. For the first time, state propaganda is exported not as content one chooses to consult, but as a feature one installs without a second thought, alongside a navigation app or a delivery service. For European democracies, the lesson is twofold. First, the vigilance deployed against classic disinformation campaigns — doctored videos, fake websites, coordinated accounts — must now extend to the technical upstream: which AI models are citizens using, on what data were they trained, and above all, who controls their final output. Second, and perhaps the most uncomfortable point, the line between “foreign propaganda” and “imported technology product” is fading as these tools become embedded in daily digital life — a challenge to information sovereignty that, unlike the electoral firewall, cannot be settled by a simple vote.

    Saxony-Anhalt: The Russian Disinformation Campaign Ahead of the Vote
  6. -2 j

    Saxe-Anhalt : La campagne de désinformation russe qui a précédé le scrutin

    Quand la propagande change d’infrastructureLe cas de l’assistant IA « Alice », développé par le géant technologique russe Yandex, mérite qu’on s’y arrête au-delà de l’anecdote, parce qu’il documente noir sur blanc ce que Storm-1516 ne fait qu’illustrer par la bande : la propagande d’État ne s’exporte plus seulement par les chaînes de télévision ou les réseaux sociaux, mais désormais par les objets du quotidien numérique — un moteur de recherche, une enceinte connectée, un assistant vocal. -L’épisode le plus frappant a été filmé par des chercheurs indépendants (étude 2026 d’Ihor Samokhodskyi, fondateur de Policy Genome, citée par EUvsDisinfo, la cellule de veille du Service européen pour l’action extérieure). Interrogée en russe sur le massacre de Boutcha, Alice a d’abord généré une réponse factuellement exacte — non, rien n’indique que l’Ukraine ait organisé ce massacre — avant que cette réponse ne soit instantanément effacée et remplacée par une esquive programmée : « il y a des sujets sur lesquels je pourrais me tromper, il vaut mieux que je me taise« . Le modèle connaissait la vérité ; le système l’a supprimée avant qu’elle n’atteigne l’utili-sateur. Posée en anglais, la même question n’a pas déclenché cette censure. Signe que le filtrage cible spécifiquement le public russophone. Ce n’est pas un accident de parcours mais une politique assumée. En 2024 déjà, Dmitri Medvedev reprochait publiquement à Alice sa « lâcheté » face aux sujets sensibles ; depuis, un « critère d’évaluation du respect de la souveraineté idéologique », élaboré par l’Institut des sciences sociales de l’Académie présidentielle russe, classe désormais les IA russes selon leur degré d’alignement avec les éléments de langage du Kremlin — Alice y occupant la première place. Une fuite de documents attribués à la Social Design Agency, organisation opérant sous supervision directe de la présidence russe, a par ailleurs révélé l’existence d’opérations délibérées visant à « empoisonner » les résultats produits par l’IA dans des zones géographiques ciblées, pour orienter les réponses fournies aux internautes qui s’interrogent sur leurs dirigeants locaux ou leurs prochaines élections. Le rapprochement avec Storm-1516 n’est pas de circonstance : les deux opérations relèvent de la même logique stratégique, mais agissent à deux étages distincts du même système. Storm-1516 pollue l’amont — il inonde le web ouvert de contenus fabriqués, en pariant que les modèles d’IA occidentaux, entraînés sur des données publiques, finiront par les absorber et les recracher comme des faits. Yandex, lui, contrôle directement l’aval : il n’a pas besoin d’empoisonner qui que ce soit, puisqu’il possède le modèle, la plateforme et l’utilisateur final. L’un triche avec les règles du jeu occidental ; l’autre s’est simplement affranchi de toute règle sur son propre terrain. Le problème dépasse largement la Russie elle-même. Le navigateur Yandex, avec Alice intégrée, revendique 71 millions d’utilisateurs actifs mensuels dans le monde — davantage qu’un simple outil russe, un acteur mondial de l’IA grand public. Sa présence hors de Russie n’a rien de marginal : environ 34,5 % de parts de marché en Biélorussie, 28,5 % au Kazakhstan, et une présence réelle bien qu’à l’échelle plus modeste dans plusieurs pays baltes membres de l’UE — 10 % en Lettonie, 7 % en Estonie, 6,2 % en Lituanie, malgré des mesures de blocage prises par certains de ces États. Les enceintes connectées Alice, officiellement non commercialisées dans l’UE, s’y trouvent pourtant sans difficulté via des revendeurs installés en Lettonie même, ou par le biais de plateformes comme eBay. Ce que ce cas illustre, c’est un changement d’infrastructure plus qu’un changement de méthode. Les régimes autoritaires ont longtemps cherché à contrôler la télévision ; ils apprennent désormais à contrôler l’algorithme. La différence n’est pas seulement technique : un journal télévisé biaisé se reconnaît comme tel, avec sa ligne éditoriale identifiable et son biais assumé ou dénoncé. Une réponse de chatbot, elle, se présente comme une synthèse neutre, sans visage, sans rédaction identifiable — ce qui la rend d’autant plus difficile à contester pour l’utilisateur qui la reçoit. Pour la première fois, la propagande d’État s’exporte non plus comme un contenu qu’on choisit de consulter, mais comme une fonctionnalité qu’on installe sans y penser, aux côtés d’une application de navigation ou d’un service de livraison. Pour les démocraties européennes, la leçon est double. D’abord, la vigilance déployée contre les campagnes de désinformation classiques — vidéos truquées, faux sites, comptes coordonnés — doit désormais s’étendre à l’amont technique : quels modèles d’IA les citoyens utilisent-ils, sur quelles données ont-ils été entraînés, et surtout, qui en contrôle la sortie finale. Ensuite, et c’est peut-être le point le plus inconfortable, la frontière entre « propagande étrangère » et « produit technologique importé » s’efface à mesure que ces outils s’intègrent dans le quotidien numérique — un défi de souveraineté informationnelle qui, contrairement au cordon sanitaire électoral, ne se règle pas par un simple vote.

    Saxe-Anhalt : La campagne de désinformation russe qui a précédé le scrutin
  7. -3 j

    Saxony-Anhalt: The AfD Landslide

    Beyond Saxony-AnhaltThe AfD’s score in Saxony-Anhalt cannot be read in isolation. It fits within a rightward surge observed elsewhere in Europe in recent years — Fratelli d’Italia in power in Rome, Vox established in Spain’s political landscape, the Rassemblement National in a position of strength in France, Reform UK shaking up the British political map. What Saxony-Anhalt adds to this picture is a rare case of a breakthrough capable of leading, for the first time, to the leadership of a German state — a difference in kind, not merely in degree, from European populist parties that elsewhere carry electoral weight without (yet) reaching regional executive office. The foreign press present at the election — 800 journalists from 70 outlets, according to Bild‘s count — framed the event as a continental rather than a purely local signal; Handelsblatt itself noted that “rarely has an election in an eastern German state attracted so much attention from national and international media alike.” Italian public broadcaster RAI’s correspondent, Emma Farnè, told the Mitteldeutsche Zeitung: “Es gibt in Italien ein großes Interesse, ob eine rechtsextreme Partei wieder an die Macht kommt. Es besorgt Europa, es besorgt uns” — “this worries Europe, it worries us.” The Spanish daily El País, for its part, interpreted the AfD’s breakthrough as a “symptom of discontent over the country’s troubles” rather than an eastern German singularity. Perhaps the most instructive parallel is methodological: like Der Spiegel with Siegmund, several European newsrooms have in recent years experienced the same tension between the duty to warn about a political figure deemed dangerous and the risk of granting them, through the sheer scale of coverage, a notoriety they would not otherwise have gained. Saxony-Anhalt did not invent this dilemma — it has, once again, given it a textbook case. Musk and Grenell’s congratulations to Siegmund finally place Saxony-Anhalt within a dynamic already observed elsewhere in Europe: the Trump circle’s interest in the continent’s insurgent parties — German, Italian, or French — now translates less into statements of principle than into targeted, election-by-election support, as these parties draw closer to regional or national power.

    Saxony-Anhalt: The AfD Landslide
  8. -3 j

    Sachsen-Anhalt: Die AfD-Flutwelle

    Jenseits von Sachsen-AnhaltDas AfD-Ergebnis in Sachsen-Anhalt lässt sich nicht isoliert betrachten. Es reiht sich ein in einen Rechtsruck, der in den vergangenen Jahren auch anderswo in Europa zu beobachten war — Fratelli d’Italia an der Macht in Rom, Vox fest etabliert in der spanischen Parteienlandschaft, der Rassemblement National in starker Position in Frankreich, Reform UK, das die britische politische Landschaft aufmischt. Was Sachsen-Anhalt diesem Bild hinzufügt, ist der seltene Fall eines Durchbruchs, der erstmals zur Führung eines deutschen Bundeslandes führen könnte — ein Unterschied nicht nur graduell, sondern grundsätzlich gegenüber europäischen populistischen Parteien, die andernorts elektoral Gewicht haben, ohne (bislang) die regionale Exekutive zu übernehmen. Die bei der Wahl anwesende ausländische Presse — 800 Journalisten aus 70 Medien, so Bild — rahmte das Ereignis als kontinentales Signal statt als rein lokales; das Handelsblatt selbst merkte an, „selten habe eine Wahl in einem ostdeutschen Bundesland derart große nationale wie internationale Medienaufmerksamkeit erregt“. Die Korrespondentin des italienischen Senders RAI, Emma Farnè, sagte der Mitteldeutschen Zeitung: „Es gibt in Italien ein großes Interesse, ob eine rechtsextreme Partei wieder an die Macht kommt. Es besorgt Europa, es besorgt uns.“ Die spanische Zeitung El País wiederum deutete den AfD-Durchbruch als „Symptom der Unzufriedenheit über die Nöte des Landes“ und nicht als ostdeutsche Besonderheit. Die vielleicht aufschlussreichste Parallele ist eine methodische: Wie der Spiegel im Fall Siegmund haben in den vergangenen Jahren mehrere europäische Redaktionen dieselbe Spannung erlebt — zwischen der Pflicht, vor einer als gefährlich eingeschätzten politischen Figur zu warnen, und dem Risiko, ihr durch das Ausmaß der Berichterstattung eine Bekanntheit zu verschaffen, die sie sonst nicht erlangt hätte. Sachsen-Anhalt erfindet dieses Dilemma nicht neu — es liefert dafür einmal mehr ein Lehrbuchbeispiel. Die Glückwünsche von Musk und Grenell an Siegmund fügen Sachsen-Anhalt schließlich in eine bereits andernorts in Europa beobachtete Dynamik ein: Das Interesse des Trump-Umfelds an den insurgenten Parteien des Kontinents — ob deutsch, italienisch oder französisch — äußert sich zunehmend weniger in grundsätzlichen Erklärungen als in gezielter, wahl-um-wahl-gestaffelter Unterstützung, je näher diese Parteien der regionalen oder nationalen Macht rücken.

    Sachsen-Anhalt: Die AfD-Flutwelle

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Le premier est de mettre à la disposition de décideurs tant civils que militaires ou d’experts (analystes, chercheurs, industriels, journalistes spécialisés, notamment) des « textes de référence », des analyses, des études, des articles traitant des enjeux actuels vus sous l’angle de la défense et de la sécurité,. Des textes de qualité qui ne soient pas « saucissonnés »…

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