Après 50 ans

Rémi LEVY

Réussir sa transition de milieu de vie, rester dynamique et vieillir heureux

Épisodes

  1. 22/04/2018

    Comment trouver le bonheur en soi ? #4

    4ème et dernier volet de la rencontre avec le Dr Xavier Amiot, amoureux de la vie, conférencier et auteur du livre « trouver le bonheur en soi ». Savoir s’affirmer pour choisir sa voie et vivre une vie heureuse, même après à 50 ans ! « Tombé dans le bonheur quand il était petit », il découvre la thérapie cognitive comportementale, alors qu’il est médecin généraliste. Le Dr Xavier Amiot a commencé à animer des conférences, il y a environ 12 ans, d’abord auprès de ses confrères puis auprès d’un large public. C’est un problème de santé qui le cloue au lit, qui lui donne l’opportunité et le temps d’écrire un livre dans lequel il transmet son expérience de la thérapie cognitive et dans lequel il décrit sa méthode pour « trouver le bonheur en soi ». Lors de notre rencontre, il nous partage sa vision du bonheur et nous indique sa méthode pour y arriver.  Bonne écoute Rémi Dans ce quatrième et dernier volet de notre rencontre, l’auteur du livre « trouver le bonheur en soi » aborde la manière dont il a toujours suivi sa voie et son changement de vie après 50 ans…  Voici les thèmes que nous abordons : Parcours d’un médecin passionné et atypique Savoir s’affirmer pour être heureux Changer de vie après 50 ans Savoir repérer et écarter les personnes négatives autour de vous, sans jamais les juger et jamais les haïr. « Il faut savoir s’affirmer pour être heureux. Si l’on n’ose pas dire non, on est amené à faire un métier qui ne nous convient pas. À ce moment-là, on va être amené à être malheureux. Il y a des personnes qui ont eu le courage de changer. J’en connais qui se sont lancés dans des études d’infirmier après avoir été informaticien,  le soir après leur boulot… Pourquoi seraient-ils obligés de continuer dans une voie qui n’était pas la leur ? On peut toujours changer, je crois. «  (Extrait de l’entretien avec le Dr Xavier Amiot) Pour écouter l’intégralité de ce 4ème volet, cliquez sur Play ou faites un click droit ici pour le télécharger. Vous pouvez écouter le 1er volet : apprendre à gérer ses émotions et déprogrammer son passé pour retrouver son moi originel.  le 2ème volet : apprendre à gérer ses émotions et déprogrammer son passé pour retrouver son moi originel.  le 3ème volet : Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir. Et vous… comment trouvez-vous le bonheur ? Faites moi part de votre expérience dans les commentaires

  2. 15/04/2018

    Comment trouver le bonheur en soi ? #3

    3ème volet de la rencontre avec le Dr Xavier Amiot, amoureux de la vie, conférencier et auteur du livre « trouver le bonheur en soi ». « Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir »  Henri Matisse   « Tombé dans le bonheur quand il était petit », il découvre la thérapie cognitive comportementale, alors qu’il est médecin généraliste. Le Dr Xavier Amiot a commencé à animer des conférences, il y a environ 12 ans, d’abord auprès de ses confrères puis auprès d’un large public. C’est un problème de santé qui le cloue au lit, qui lui donne l’opportunité et le temps d’écrire un livre dans lequel il transmet son expérience de la thérapie cognitive et dans lequel il décrit sa méthode pour « trouver le bonheur en soi ». Lors de notre rencontre, il nous partage sa vision du bonheur et nous indique sa méthode pour y arriver.  Bonne écoute Rémi Extrait :  Rémi LEVY : Quelles sont les démarches concrètes que vous préconisez. Vous citiez Lao Tseu qui dit « Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas.”». Quel est le premier pas que vous conseilleriez à des personnes qui voudraient se lancer dans cette quête et retrouver le bonheur ?  Docteur Xavier Amiot : Il y a une phrase que j’aime bien de Matisse : « il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir ». Voyons, déjà ce qui est beau autour de nous et non pas ce qui est moche. Beaucoup de gens s’attardent sur les catastrophes naturelles et un tas d’autres choses au lieu de regarder ce qui est beau. Si l’on me donnait la possibilité de regarder soit « Des racines et des ailes » sur la France vue du ciel ou les informations sur les crues et les massacres en Afghanistan, je sais, tout de suite, ce que je vais choisir. Mais 90% des gens regarderont les catastrophes !   Regarder ce qui est beau Donc, regarder ce qui est beau, parce qu’il y a des choses belles, se rendre compte de tous les petits plaisir de tous les jours. Manger un bon morceau de pain qui sort de chez le boulanger c’est non seulement un plaisir, mais c’est un bonheur car on peut le reproduire autant de fois que l’on veut. Il est important de prendre l’instant présent tel qu’il vient comme un bonheur total. Prendre chaque instant comme celui-ci où l’on discute ensemble, c’est un bonheur. Tout peut être un bonheur si on veut bien le comprendre et le vivre dans l’instant présent. Pour moi le bonheur c’est l’instant présent. Bien sûr, l’avenir doit être préparé, on sait qu’on est mortel. Pour ma part, j’ai payé mes obsèques, j’ai choisi mon cercueil, mes fleurs, ma tombe, comme ça, mon entourage n’aura pas à le faire pour moi. Mais dès qu’on a préparé l’avenir, il ne faut pas ressasser les choix qu’on a faits. En sachant que tout peut changer, évidemment. Vivre l’instant présent tout le temps, cela signifie aussi, par exemple, que lorsqu’on mange, on ne regarde pas la télévision en même temps. On prend plaisir à chaque bouchée. Chaque moment est un bonheur. Mais c’est un entraînement. Une minute de colère équivaut à 60 secondes de bonheur perdu La dernière fois j’ai pris le bus, je me suis assis à côté d’un jeune qui écoutait de la musique d’Afrique du nord, il avait l’air d’y prendre plaisir donc très bien. Je veux surtout pas réagir parce que ce n’est pas une musique que j’ai l’habitude d’entendre. Ce n’est pas comme ça qu’on arrive à être dans le bonheur. Et la colère, c’est quelque chose pour moi de très exceptionnel parce qu’une minute de colère équivaut à 60 secondes de bonheur perdu. Donc comme le bonheur est essentiel, j’évite la colère. La tristesse : perdre un enfant ou quelqu’un de très proche que l’on aime est très dur. En sachant que si l’on veut être apte à pouvoir donner du bonheur autour de soi à ceux qui restent, il ne faut pas non plus rester dans cet état d’esprit pendant des années. Ce n’est pas comme cela que l’on peut apporter aux autres.  C’est ce que j’explique, un peu plus doucement, à ceux qui ont perdu un enfant, ce qui est, selon moi, une catastrophe. Mais des personnes arrivent à s’en sortir tout de même, car ils ont à l’esprit que celui qui est parti ne serait pas très content de voir que vous êtes dans le malheur à cause de lui.  Il y a des pensées qu’il faut avoir dés que quelque chose ne va pas. Avoir soit une phrase telle que : « Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir » ou la phrase de Montaigne : « Si la vie n’est qu’un passage, sur ce passage, semons des fleurs. «  Si l’on sème des fleurs, c’est-à-dire que l’on essaie de faire le bonheur autour de soi, on est plus dans le malheur puisque l’on s’occupe de l’autre  Un bonheur, pour ne pas le perdre, il faut le donner, vous avez un retour qui vous en donne encore plus. Attention de ne pas rentrer dans le moule RL : vous avez d’autres conseils ?  Un conseil que je donne souvent, attention de ne pas rentrer dans le moule. Il y a des modes, il faut faire du yoga, il faut faire de Qi-gong, il faut faire de la méditation en pleine conscience assis sur un zafu, il faut faire ci, il faut faire ça… Non, il n’y a pas de « y faut » ! Il faut choisir soi-même, avec son moi, ce qui nous convient. Pour certains, ce sera la méditation dans le noir, pour d’autres dans le calme ou face à un mur blanc, pour d’autres, ce sera en marchant, pour d’autres avec la peinture, le jardinage… Chacun peut avoir son mode de retour sur soi..  RL : Il faut tester ?  Il faut tester. Mais souvent, on teste ce que l’autre a fait… Viens avec moi, tu vas faire du yoga, tu vas venir avec moi, je fais du Qi-gong c’est formidable… Non, c’est formidable pour lui peut-être, est-ce que c’est bon pour moi ? Pas forcément..  RL : On est quand même parfois obligé de se laisser influencer ?  Non, pas si on se connaît très bien. Moi, je sais que la méditation, assît sans bouger n’est pas faite pour moi. Je me connais trop bien pour ça. Je suis quelqu’un d’actif, donc, je médite en marchant. Si vous arrivez à tenir assis, un quart d’heure, sans bouger face à un mur blanc et qu’il ne monte pas en vous de malaise, c’est que vous êtes bien avec vous-même.    Si vous marchez pendant une heure au milieu de la nature tout seul, en faisant bien attention à faire le vide et que vous n’avez pas d’idées noires qui viennent, c’est que vous êtes bien avec vous-même et que vous avez pardonné à beaucoup de personnes, sinon vous avez une rancoeur qui remonte au bout de peu de temps. Et puis de temps en temps, tiens mon père qui n’a pas été aimable ou mon ex femme qui m’a laissé tombée, si j’y pense qu’est-ce que cela me fait ? Si cela ne me fait rien, c’est que j’ai pardonné. Et si je n’ai pas pardonné, je reprends tout mon travail sur le pardon. Pour écouter l’intégralité de ce 3ème volet, cliquez sur Play ou faites un click droit ici pour le télécharger.     Vous pouvez écouter le 1er volet : apprendre à gérer ses émotions et déprogrammer son passé pour retrouver son moi originel. Vous pouvez écouter le 2ème volet : apprendre à gérer ses émotions et déprogrammer son passé pour retrouver son moi originel. Et vous… comment trouvez-vous le bonheur ? Faites moi part de votre expérience dans les commentaires       Crédit photos Blog jardinfleuri.centerblog.net

  3. 01/04/2018

    Comment trouver le bonheur en soi ? #2

    2ème volet de la rencontre avec le Dr Xavier Amiot, amoureux de la vie, conférencier et auteur du livre « trouver le bonheur en soi ». La méditation pour trouver la confiance en soi et l’estime de soi afin d’atteindre les objectifs qui vous correspondent et non pas ce que les autres attendent de vous   « Tombé dans le bonheur quand il était petit », il découvre la thérapie cognitive comportementale, alors qu’il est médecin généraliste. Le Dr Xavier Amiot a commencé à animer des conférences, il y a environ 12 ans, d’abord auprès de ses confrères puis auprès d’un large public. C’est un problème de santé qui le cloue au lit, qui lui donne l’opportunité et le temps d’écrire un livre dans lequel il transmet son expérience de la thérapie cognitive et dans lequel il décrit sa méthode pour « trouver le bonheur en soi ». Lors de notre rencontre, il nous partage sa vision du bonheur et nous indique sa méthode pour y arriver.  Bonne écoute Rémi Rémi LEVY : On parlait tout à l’heure de la méditation. Vous dites que la méditation permet de se retrouver soi et définir ses objectifs compatibles avec nos aptitudes réelles. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur cela, sur la manière d’utiliser la méditation ?  Dr Xavier Amiot : La méditation permet, au départ, de faire remonter des choses qu’il va falloir gérer. C’est le principe de la méditation. Quand on est à un stade ultime, la méditation permet d’atteindre la non-pensée mais il faut beaucoup de travail pour cela. Lorsque vous médité et qu’une pensée négative ou un problème arrive dans votre tête, soit vous l’évitez mais il va revenir, soit vous le prenez en charge. En ayant évacué le passé douloureux, toutes les croyances, les principes, les devoirs et une fois que vous êtes vous même, alors vous allez pouvoir engager des objectifs qui correspondent à vous et non pas ce que les autres attendent de vous et sans les nuisances de manque de confiance en soi et d’estime de soi causés par les autres. Donc quand vous avez une méditation et que vous arrivez à vous estimer à votre juste valeur, à éliminer tout ce qui peut vous avoir gêné et à vous redonner confiance en vous alors vous pouvez atteindre vos objectifs. La confiance est nécessaire, si on n’a pas confiance, on n’atteint rien du tout, on ne s’engage même pas. La méditation permet tout ça avec un entrainement journalier. RL : Vous parlez justement de la confiance en soi. Dans votre conférence vous faites la différence entre la confiance en soi et l’estime de soi. Pouvez-vous nous parler un peu de ça ?  Dr Xavier Amiot : L’estime de soi est une idée psychologique alors que la confiance en soi est une idée d’action. Il y a la notion d’action dans la confiance en soi. La confiance en soi est nécessaire pour agir alors que l’estime de soi est ce que l’on ressent de soi. C’est un ressenti, c’est psychologique. On n’a pas besoin d’estime de soi pour se lancer dans l’action mais on a besoin de confiance. La différence est là. L’estime de soi est parfois appelée par certain l’amour propre. L’estime de soi consiste à comprendre ses capacités, ses qualités, ses défauts et travailler dessus. Mais c’est très intériorisé. Alors que la confiance en soi permet de se lancer dans l’action. « La connaissance de soi consiste à bien se connaître afin d’éviter de faire des choses qui ne nous correspondent pas »   RL : Quelle est la relation de tout cela avec l’idée de trouver le bonheur ? Dr Xavier Amiot : Il faut une certaine estime de soi pour être dans le bonheur. Si on ne s’estime pas, on n’est pas très heureux. Si on n’a pas confiance en soi, on n’a pas d’objectif et alors on n’aboutit pas à grand-chose dans sa vie et ça retombe sur l’estime de soi qui devient négative. L’affirmation de soi est nécessaire pour ne pas se lancer dans des choses qui ne nous correspondent pas. C’est savoir dire non. Si on ne sait pas dire non, on s’engage vers des voies qui ne sont pas les nôtres, et qui ne nous correspondent pas. Alors on risque d’aller vers l’échec. La connaissance de soi, c’est aussi la méditation. La connaissance de soi consiste à bien se connaître afin d’éviter de faire des choses qui ne nous correspondent pas. Si on est dans un bureau toute la journée et qu’on est fait pour bouger, c’est évident qu’on ne sera pas bien dans sa peau. Si l’on vous oblige à faire du sport alors que vous ne supportez pas l’exercice physique, cela ne va pas vous affirmer ni vous donner une haute estime de vous. RL : Vous parlez dans votre livre et votre conférence de l’âge mur, l’âge adulte.  Dr Xavier Amiot : Pour moi l’âge mûr c’est quand on arrête de se poser des questions inutiles comme à l’adolescence. Est-ce que mon père m’aime ? Est-ce que ma mère m’aime ? Est-ce que ce sont vraiment mes parents ? Qu’est-ce que je dois faire plus tard ? Alors que l’âge mûr c’est de dire que je suis là, je vis l’instant présent et je ne m’occupe plus de problématiques qui sont des problématiques de l’adolescence ou de l’enfance. RL : Et comment y arrive-t-on ? Dr Xavier Amiot : En cultivant tout ce que j’ai dit avant. Plus d’émotion, plus de passé et vivre l’instant présent. Si on vit l’instant présent, on est à l’âge mur. Ca peut arriver très tard parfois.  RL : J’avais entendu une personne me dire : « On devient adulte quand on a pardonné à ses parents ». Ca résonne aussi un peu comme ça. Dr Xavier Amiot : En effet, c’est la notion de pardon. Si vous avez pardonné, vous avez éliminé le passé. Mais il ne s’agit pas de pardonner uniquement à ses parents, à soi-même aussi. Si l’on a fait des erreurs, si l’on a été dans des voix qui ne nous correspondaient pas et qui nous ont affectés, il faut se pardonner. On peut se demander : pourquoi j’ai fait ça ? Est-ce que j’ai ma part de responsabilité ? Si oui, alors je l’assume, j’accepte d’avoir une part de responsabilité. Pendant une séparation y a toujours une responsabilité. On voit surtout la responsabilité de l’autre parce que l’on est en colère ou triste mais quand on parle du pardon, c’est pardonner non seulement à ses parents mais pardonner à soi même, pardonner à son entourage, pardonner à ses frères et sœurs. Une fois que l’on a le pardon, tout va mieux. RL: Je vais reprendre une nouvelle fois une citation de votre livre. Vous dites que « la quête du bonheur demande du courage, de la volonté et de la persévérance ». Dr Xavier Amiot : Du courage, oui, car dans notre monde on fait tout pour nous éviter d’aller vers le bonheur. Il faut du courage pour refuser la télévision à outrance, pour refuser le téléphone portable à outrance, pour refuser tout un tas d’agressions qui peuvent entrainer un état de fatigue qui ne vous permet pas de méditer correctement et d’être totalement serein. Donc courage fuyons, fuyons tout ce qui peut nous perturber et qui n’est pas obligatoire. Je parle du plaisir-bonheur. Se faire plaisir à un instant précis, ce n’est qu’un instant précis, tandis que le bonheur est un état permanent, ce sont deux choses différentes. Et le plaisir entraine souvent un état de manque. Si l’on vous enlève votre portable pendant huit jours, il y aura un état de manque. Donc le portable est un plaisir et non pas du bonheur. Si on vous coupe la télévision pendant 15 jours et que vous êtes accro, vous allez être dans un état lamentable car vous n’avez plus votre échappatoire. Souvent ces échappatoires sont là pour éviter de se retrouver face à soi-même, pour éviter de prendre en bon livre. Le bonheur c’est donc avoir le courage d’éviter ce qui peut éventuellement être trop facile et qui m’empêche d’avancer. RL : Il y a la volonté aussi.  Dr Xavier Amiot : Oui, la volonté d’aller jusqu’au bout. Comme le bonheur n’arrive pas comme ça comme un coup de baguette, il faut de la volonté pour le laisser avancer tout seul, il ne faut pas être pressé, il ne faut pas vouloir tout, tout de suite. Il faut de la volonté, de la persévérance. Je préfère peut-être le terme persévérance. Le bonheur vient tout seul mais il faut l’aider. Fin du 2ème volet. Pour écouter ce 2ème volet, cliquez sur Play ou faites un click droit ici pour le télécharger.   Pour écouter le 1er volet cliquez ici Vous pouvez écouter le 1er volet : apprendre à gérer ses émotions et déprogrammer son passé pour retrouver son moi originel. Et vous… comment trouvez-vous le bonheur ? Faites moi part de votre expérience dans les commentaires

  4. 25/03/2018

    Comment trouver le bonheur en soi ? #1

    Rencontre avec le Dr Xavier Amiot, amoureux de la vie, conférencier et auteur du livre « trouver le bonheur en soi ». 1er volet : apprendre à gérer ses émotions et déprogrammer son passé pour retrouver son moi originel. « Tombé dans le bonheur quand il était petit », il découvre la thérapie cognitive comportementale, alors qu’il est médecin généraliste. Le Dr Xavier Amiot a commencé à animer des conférences, il y a environ 12 ans, d’abord auprès de ses confrères puis auprès d’un large public. C’est un problème de santé qui le cloue au lit, qui lui donne l’opportunité et le temps d’écrire un livre dans lequel il transmet son expérience de la thérapie cognitive et dans lequel il décrit sa méthode pour « trouver le bonheur en soi ». Lors de notre rencontre, il nous partage sa vision du bonheur et nous indique sa méthode pour y arriver.  Bonne écoute Rémi « Une fois que j’ai compris que l’on pouvait partager le bonheur, alors j’ai essayé de le partager.  (…) Je voulais écrire quelque chose que je ressentais vraiment et que je pouvais transmettre » Rémi LEVY : Dr Amiot, je voulais vous rencontrer car vous êtes l’auteur du livre « Trouver le bonheur en soi ». Pourquoi avoir écrit ce livre ? Dr Amiot : J’ai eu cette chance de tomber dans le bonheur quand j’étais petit, c’est ce que dit ma femme. Je suis comme Obélix, je n’ai pas besoin de boire un remède, j’en ai eu assez et je n’ai pas le droit d’en reprendre. Mais c’est une chance. Je n’ai jamais compris pourquoi certains ont tout pour le bonheur et d’autres pas. Il fallait donc que je développe ça. J’ai eu la chance de découvrir la thérapie comportementale et cognitive avec les Canadiens. C’était passionnant car ils sont très en avance sur nous, sur la prise en charge des problèmes psychiques dus à l’obésité en particulier. Je me suis tout à fait reconnu dans cette approche et, il y 12-13 ans, j’ai commencé à faire des conférences. Au début, je ne m’adressais qu’aux médecins, aujourd’hui, je m’adresse à un large public. J’ai eu la chance de faire partie de ceux qui ont été passionné par le métier, et ce, dès l’âge de 5 ans, alors que je n’étais pas destiné à être médecin. Et dans ce métier, quand on n’est pas passionné, ça doit être très compliqué. « On a deux vies et la deuxième commence quand on se rend compte qu’on n’en a qu’une », j’ai connu ça dès l’âge de 22 – 23 ans je crois. J’étais très en avance. Et une fois que j’ai compris que l’on pouvait partager le bonheur, alors j’ai essayé de le partager. A l’origine, un problème de santé qui m’a cloué au lit il y a quelques temps. Ma femme m’a conseillé d’écrire quelque chose pour m’occuper… Cela faisait suite à mes conférences où les gens, à la fin, me demandaient souvent un papier. Mais je n’avait rien à leur donner, d’où l’idée d’écrire un livre. J’ai trouvé le titre « Trouver le bonheur en soi ». C’est donc grâce à un problème de santé que j’ai pu écrire ce livre. Je remercie fortement le problème de santé ! Avant d’écrire ce livre, j’étais allé voir un psychanalyste, renommé pour prendre les gens en charge pendant 30 ans, à raison d’une séance par semaine. Il m’a demandé ce que je venais faire là et m’a dit que je n’avais rien à faire là car j’avais tout compris. C’était ce que je voulais entendre. Mais je ne voulais pas écrire un livre dans lequel je disais aux autres ce qu’il fallait appliquer sans l’appliquer moi même ; ça m’aurait gêné. J’aurais eu l’impression d’être un usurpateur. Je voulais écrire quelque chose que je ressentais vraiment et que je pouvais transmettre. « Le moi originel c’est ce que l’on a à la « naissance », et même avant la naissance, avant que l’on ait des perturbations créés par les autres. (…) Si l’on reste avec des croyances et des devoirs qui nous ont été inculqués mais qui ne correspondent pas à notre moi, on ne sera jamais soi même. » RL : Je vais prendre quelques exemples du livre, j’ai retenu cette phrase : « pour espérer atteindre le bonheur, il est impératif de retrouver son moi originel ». Dr Amiot : Le moi originel c’est ce que l’on a à la « naissance », et même avant la naissance, avant que l’on ait des perturbations créés par les autres. Les autres vous créent des perturbations, vous donnent des principes, des croyances, des devoirs : « Il faut, « Tu dois » « Il faut, « Tu dois » … Pour retrouver ce moi originel il faut reprendre tout depuis le départ et se poser la question de ce que je garde et qui correspond vraiment à moi et ce que je ne garde pas. Mais si l’on reste avec des croyances et des devoirs qui nous ont été inculqués mais qui ne correspondent pas à notre moi, on ne sera jamais soi même. Pour cela il faut faire un retour sur soi. Vous avez parlé de méditation, c’est une des meilleures solutions. Il y a la psychanalyse mais, comme je l’ai déjà dit, je n’ai, personnellement, pas eu besoin de ça. Pour moi, c’est plus la méditation, la marche, la nature, le jardinage qui fait que l’on peut revenir sur son soi et se dire que certaines choses ne nous correspondent pas. Les injonctions telles que « tu dois aimer ton père, tu dois aimer ta mère » doivent être questionnées. Si ce sont des gens détestables, on a le droit de ne pas les aimer. Ce n’est pas un devoir c’est un ressenti, ça n’a rien à voir. Nous avons beaucoup de choses qui nous ont été inculqués et qu’il faut revoir. Certaines que l’on garde et d’autres que l’on rejette. C’est à ce moment là que l’on va être soi. Pour moi, être soi, ce n’est pas seulement être acteur de sa vie mais metteur en scène : ne pas laisser les autres vous mettre en scène sinon vous êtes manipulé. Il y a une notion de manipulation dans l’absence de moi originel, c’est que l’on a été un petit peu manipulé, un peu façonné : « Tu dois suivre l’exemple de ton père », « tu dois faire ceci », « tu dois faire cela ». On a besoin de se poser les bonnes questions : « Est-ce que tu penses qu’il est bon de suivre ton père ? » Si l’on pense que non, alors il ne faut pas le faire. Donc le moi originel c’est ce que l’on veut réellement être et non pas ce que l’on a voulu que l’on soit. « On ne peut pas gérer une émotion mais on peut gérer la pensée qui a été à l‘origine de l’émotion. (…) Si vous vous mettez à pleurer pour une catastrophe qui ne vous concerne pas, alors c’est inutile, c‘est de l’énergie que vous dépensez sur vous et que vous n’avez plus pour autre chose. » RL : Dans votre conférence, vous dites qu’il est nécessaire d’apprendre à gérer ses émotions. Concrètement, comment fait-on pour gérer ses émotions ?  Dr Amiot : Y a plusieurs façons. La meilleure façon c’est la thérapie cognitive. C’est-à-dire que dès que vous avez des émotions, vous essayez de retrouver la pensée qui a été à l’origine de l’émotion, et vous voyez si cette pensée n’est pas excessive et n’a pas entraîné de ce fait une émotion excessive. On ne peut pas gérer une émotion mais on peut gérer la pensée qui a été à l‘origine de l’émotion. Si vous avez eu une grosse émotion et que la pensée que vous avez eue est excessive (par rapport à ce que vous devriez penser face à l’événement que vous avez vécu), alors vous avez une émotion trop forte. Comme l’émotion mange une énergie qui n’est pas utile, il est préférable de gérer au fur et à mesure. Souvent les gens ont le même type d’émotion. Certains sont en colère à chaque fois. Certains sont tristes pour un rien. C’est rare qu’ils aient les deux. On a des personnes tristes ou des personnes coléreuses. Certains, dès qu’il y a le moindre petit problème sont en colère donc il faut gérer la colère. Et pour ceux qui sont tristes, il faut essayer de trouver des pensées un peu moins irréalistes. J’emploie le mot irréaliste dans la question des émotions. Donc, souvent on a des émotions qui ne sont pas en rapport avec l’événement. Si l’événement est très grave, il est normal d’avoir des émotions à 9/10 mais si c’est une bricole, je ne vois pas pourquoi l’on se gâcherait la vie avec des émotions inutiles. Le but est d’éliminer 90% de ses émotions, parce qu’il y a 90% d’émotions qui sont totalement inutiles. RL : Vous avez un exemple ?  Dr Amiot : Par exemple la télévision. Si vous vous mettez à pleurer pour une catastrophe qui ne vous concerne pas, alors c’est inutile, c‘est de l’énergie que vous dépensez sur vous et que vous n’avez plus pour autre chose. Vous pouvez avoir de l’empathie, c’est-à-dire vous dire que c’est triste pour ceux qui le vivent, mais pourquoi, vous faire vivre ce moment là ? Si, sur la route, vous voyez quelqu’un passer au rouge mais que vous n’êtes pas concerné (car il ne vous rentre pas dedans) ce n’est pas la peine de se mettre en colère, c’est son problème car il ne s’est rien passé. Il y a plusieurs petites émotions journalières liées à des choses telles qu’un feu rouge grillé ou une priorité grillée, ce n’est pas bien mais, ce n’est pas la peine de ressasser cela pendant 10 minutes. C’est de l’énergie qui est inutilement gaspillée. « Le but est de vivre pleinement l’instant présent sans avoir de pensées négatives ou tristes qui vous viennent du passé.  (…) Pourquoi souffrir de quelque chose dont on n’est pas responsable ? RL : Pour arriver à ce moi originel, il faut déprogrammer son passé. Comment cela se passe-t-il ? Dr Amiot : Déprogrammer son passé,

  5. 11/03/2018

    L’acupuncture : pour rester en bonne santé #4

    Interview du Dr Robert Corvisier, médecin généraliste, spécialisé en acupuncture. 4ème volet : la place de l’acupuncture au sein des médecines alternatives et l’importance des recherches scientifiques pour lui permettre de devenir la grande médecine de demain. Le Docteur Corvisier, est médecin généraliste, spécialisé en acupuncture. Il a enseigné l’acupuncture à la Faculté de Médecine de Tours, a mené des recherches sur l’action de l’acupuncture à l’Hôpital européen Georges Pompidou et vient de publier « Soigner avec l’acupuncture »,  édité chez Dunod. J’ai souhaité souhaité l’interviewer pour qu’il nous  explique comment l’acupuncture peut non seulement soigner, mais aussi nous permettre de rester en bonne santé.  Préalablement, nous avons vu que l’approche de maladie en acupuncture était radicalement différente de l’approche en médecine occidentale. nous avons abordé  les principes fondamentaux de l’acupuncture et comment cette médecine nous invitait à penser autrement. Dans ce 4ème volet, il est question de la place de l’acupuncture au sein des médecines alternatives et l’importance des recherches scientifiques, en particulier sur la notion d’énergie. Pour écouter le premier volet , c’est ici : L’acupuncture pour rester en bonne santé #1 Pour écouter le 2ème volet, c’est ici : L’acupuncture pour rester en bonne santé #2 Pour écouter le 3ème volet, c’est ici : L’acupuncture pour rester en bonne santé #3 Bonne écoute Rémi Extrait Faire de l’acupuncture une vraie grande médecine Et donc quelle place a, selon vous, l’acupuncture dans ce qu’on appelle les médecines alternatives : homéopathie, naturopathie, etc. ? C’est un ensemble de choses ? Dr Robert Corvisier : C’est un ensemble de choses. Je pense qu’elle a une place très importante parce qu‘elle véhicule, un peu comme en homéopathie, cette notion d’énergie du corps. Et l’énergie du corps est en rapport très certainement avec ce qui se passe dans notre cerveau. Je pense qu’il est absolument indispensable, dans les années à venir, de travailler sur le plan scientifique avec des chercheurs … Travailler sur cette notion d’énergie. Que se passe-t’il dans le corps ? Comment se fait-il que, parfois, de manière absolument spectaculaire, on a des résultats qui semblent du domaine du miracle dans la demi-heure qui suit l’introduction des aiguilles ? Je pense qu’il faut absolument que l’on puisse puiser dans cette source extraordinaire que représente la tradition des éléments qui permettraient de comprendre l’essence de l’acupuncture, et en particulier la notion d’énergie. En homéopathie, c’est certainement un petit peu pareil, avec ces molécules qui ont un comportement vibratoire et qui peuvent transmettre une information dans l’eau. Mais ça, ça a été beaucoup dénigré. Pour les scientifiques, c’est quelque chose de très… On marche sur des œufs, là… Aujourd’hui, on parle beaucoup de neurosciences. Est-ce que les neurosciences ont commencé à s’intéresser à l’acupuncture avec l’image cérébrale, etc. ? Dr Robert Corvisier : Tout à fait. Il y a eu des travaux qui ont été faits. Il faut les refaire. Parce que vous savez que ce n’est pas sur quelques travaux que l’on peut asseoir l’action de l’acupuncture et son action sur certaines substances et structures cérébrales… Donc il faut continuer les recherches et essayer de quantifier l’action de l’acupuncture. D’où vient l’énergie ? Est-ce que l’énergie ne vient pas d’une structure cérébrale particulière que l’on peut manipuler étant dans le corps grâce aux aiguilles d’acupuncture ?… Tout cela, il faudrait essayer de le définir, et ce n’est pas fait. Il faut trouver des chercheurs motivés qui acceptent de travailler dans ce domaine. Mais évidemment cela a un coût, encore que… Concernant le coût, je ne pense pas, finalement que ce soit si important. Quand les gens sont passionnés, ils trouvent toujours des moyens de parvenir au but recherché. C’est surtout qu’il faut trouver des scientifiques impliqués, qui acceptent de travailler dans ce domaine. Et pour l’instant, cela ne rentre pas encore dans le domaine du courant, mais j’ai bon espoir pour que cela arrive. C’est très important. C’est l’avenir de l’acupuncture ? Dr Robert Corvisier : Moi, je pense que c’est l’avenir. On ne peut s’asseoir sur une pratique sans une recheche scientique sérieuse… On ne peut affirmer une action thérapeutique qu’à partir du moment où il y a des références de recherche fondamentale qui soutiennent cette action. On est en Occident, donc l’on raisonne de cette manière. L’on raisonne sur le plan analytique, sur le plan des découvertes successives, etc. Donc il faut s’adapter à l’Occident car l’on est des occidentaux. Donc, pour que l’acupuncture puisse être diffusée de manière vraiment sérieuse en y incluant les facultés, et une diffusion reconnue des soins dans notre pays, il faut qu’il y ait une assise de recherches fondamentales associée à des découvertes.. Là seulement cela intéressera les personnes, évidemment. Avec des publications officielles, parce qu’il ne faut pas faire un travail sans structure scientifique reconnue… Il faut publier, il faut faire savoir et, avec le temps, on va arriver à faire de l’acupuncture une vraie grande médecine afin que les malades soient mieux soignés, avec moins effets secondaires dus aux médicaments. (…) Pour écouter l’intégralité de ce 4ème volet, cliquez sur Play pour l’écouter ou faites un click droit ici pour le télécharger. Faites part de votre avis dans les commentaires afin que je puisse améliorer la qualité de mes podcasts et pour suggérer un thème d’interview Image : Tomás Fano  licence creative commun (CC BY-SA 2.0)

  6. 04/03/2018

    L’acupuncture : pour rester en bonne santé #3

    Interview du Dr Robert Corvisier, médecin généraliste, spécialisé en acupuncture. 3ème volet : Médecine préventive et pathologies fonctionnelles. Le Docteur Corvisier, est médecin généraliste, spécialisé en acupuncture. Il a enseigné l’acupuncture à la Faculté de Médecine de Tours, a mené des recherches sur l’action de l’acupuncture à l’Hôpital européen Georges Pompidou et vient de publier « Soigner avec l’acupuncture »,  édité chez Dunod. J’ai souhaité souhaité l’interviewer pour qu’il nous  explique comment l’acupuncture peut non seulement soigner, mais aussi nous permettre de rester en bonne santé.  Préalablement, nous avons vu que l’approche de maladie en acupuncture était radicalement différente de l’approche en médecine occidentale. nous avons abordé  les principes fondamentaux de l’acupuncture et comment cette médecine nous invitait à penser autrement. Pour écouter le premier volet , c’est ici : L’acupuncture pour rester en bonne santé #1 Pour écouter le 2ème volet, c’est ici : L’acupuncture pour rester en bonne santé #2 Bonne écoute Rémi Extraits Venons-en un petit peu aux pathologies fonctionnelles… Quelles sont les pathologies pour lesquelles on ne trouve pas de réponse dans la médecine occidentale et que l’on va soigner de manière plus courante en acupuncture ? Y’en a-t’il ? Est-il possible d’en identifier ? Dr Robert Corvisier : Oui. Pratiquement toutes les pathologies fonctionnelles relèvent de l’acupuncture, à mon avis, avant la médecine occidentale. Dans 90 % des cas, les pathologies fonctionnelles sont traitées avec des médicaments qui sont des « cache-misère ». On va soigner la migraine avec des médicaments qu’on appelle des triptans, qui vont avoir une action vaso-constrictrice au niveau des artères méningées dans le but de soulager les douleurs. On va donner des antalgiques ou des antispasmodiques pour les douleurs abdominales. On va donner des tranquillisants pour les angoisses… En fait, on soigne le symptôme, alors qu‘en acupuncture, on soigne la cause. Que pense l’acupuncteur : « attention, ce monsieur est très émotif, il a tel trouble énergétique et c’est pour cela qu’il n’est pas bien ; parce qu’il a des problèmes émotionnels en ce moment il peut devenir dépressif». On va traiter l’énergie (le Qi) du méridien en rapport avec l’émotivité, et ainsi, l’on va soigner le fond des choses. Les indications sont multiples ; je ne peux pas vous les citer toutes car il y en a plusieurs centaines… En gros, on peut citer les insomnies, les malaises fonctionnels multiples comme les douleurs du plexus ou les palpitations, les suites d’états anxieux, les états dépressifs réactionnels à des difficultés familiales ou professionnelles, des pathologies digestives comme les colopathies ou les gastrites, les pathologies ostéo-articulaires comme les douleurs dorso-lombaires ou les douleurs sciatiques, les maux de tête, les pathologies cutanées comme les eczémas, certains troubles gynécologiques etc. Par exemple, de nos jours, les gens sont tellement mal dans leur travail que l’on voit pratiquement un patient sur deux malheureux sur le plan professionnel… Hélas, cela semble très banal en France, mais les malaises qui en découlent sont fréquents. Les douleurs du dos sont des motifs fréquents de consultations. J’ai indiqué dans mon livre « Soigner avec l’acupuncture » tout une somme de maladies que l’acupuncture peut soigner mais cela n’a qu’un intérêt relatif parce que chaque malade est unique. En ce qui concerne les pathologies ostéo-articulaires, il m’arrive de traiter des patients qui ont des maladies rhumatologiques telles que des spondylarthrites ankylosantes ; (maladies qui entraînent des douleurs nocturnes, en fin de nuit, très invalidantes, multiples du bas du dos, des membres, etc.) On voit beaucoup de patients de ce type, que l’on soulage, et cela évite de donner trop de médicaments allopathiques comme des anti-inflammatoires… On est, là, dans la dualité avec la médecine classique. Il n’est pas question de refuser la médecine classique, mais de l’aider à soulager ces patients porteurs de pathologies complexes. (…) Dans votre livre, vous dites que « la compréhension de la pathologie donne un sens à la souffrance »… Dr Robert Corvisier : Le contact avec le patient est essentiel. Quand il n’y a pas un bon rapport humain, le soin n’est pas de bonne qualité. Moi je ne peux plus travailler autrement. Le patient qui se sent compris dans sa pathologie est déjà soulagé… Un petit peu comme si le contact avec la guérison était déjà entamé. L’acupuncture permet au praticien de comprendre des choses que la médecine occidentale ne comprend pas. Je citais par exemple, tout à l’heure, cette douleur d’épaule en rapport avec cette sinusite… En médecine classique, cela ne veut rien dire, il s’agit de deux pathologies différentes. Pour nous, c’est l’évidence même, ces deux pathologies sont liées et le patient est très heureux de voir que qu’un thérapeute le comprend autrement. Combien de fois j’entends : « enfin, vous m’écoutez ». De toute façon, si le patient n’est pas écouté, il ne peux pas guérir de la même manière… J’ai tout intérêt à écouter mon patient, sinon je ne le comprends pas! Donc vous voyez à quel point il est absolument indispensable de saisir la pathologie pour rentrer dans le début de la guérison. Ensuite, il y a tout le facteur humain qui entre dans l’amélioration du malade. Il est évident qu’un patient qui se sent humainement pris en charge guérira beaucoup plus vite, beaucoup plus facilement, que celui qui se sent un petit peu mis à l’écart par le médecin. (…) Pour exercer l’acupuncture en France, faut-il être obligatoirement médecin, ou est-ce qu’il y a des acupuncteurs qui ne sont pas médecins ? Dr Robert Corvisier : Il y a des acupuncteurs qui ne sont pas médecins, mais la loi française impose le diplôme de docteur en médecine pour faire de l’acupuncture. Et beaucoup de gens non médecins se forment dans des écoles d’acupuncture ouvertes à tous , et ils exercent l’acupuncture de manière illégale. Sinon, est-ce qu’il y a des critères pour choisir un acupuncteur ? Dr Robert Corvisier : Je pense qu’il est indispensable, d’abord, que l’acupuncteur prenne son temps : l’écoute est indispensable. Et puis il faut qu’il ait des règles de base de l’examen comme le diagnostic par la langue et les pouls. Cela est très important. À partir de là, ce qui compte, c’est le résultat. Il y a des acupuncteurs qui ont d’excellents résultats, avec des techniques qui peuvent, peut-être, être différentes. Mais l’inspection de la langue et la palpation des pouls sont ancrées dans la tradition, si bien que ces deux examens me semblent indispensables. Maintenant, il y a des acupuncteurs qui ne prennent jamais les pouls et qui ont certainement de bons résultats… Donc, le sérieux du praticien se ressent aussi dans le contact, dans la manière de vouloir soigner, de vouloir être efficace… Enfin, il y a un grand nombre de critères sur le plan humain qu’il faut prendre en compte. Quelles sont les réticences en général des personnes à aller voir un acupuncteur ? Dr Robert Corvisier : Il y a d’abord ceux qui ne veulent pas entendre parler d’aiguilles, à qui ça fait peur. Dès les années 80, il y a eu le sida et les patients avaient légitimement peur de la transmission virale par les aiguilles mais actuellement l’on en parle plus… puisque l’on utilise tous des aiguilles à usage unique. Ces questions-là ne se posent plus. D’autres personnent ne croient pas à la thérapeutique avec les aiguilles d’acupuncture, et pensent que l’effet est complètement placebo… Cette notion est d’ailleurs largement diffusée dans les facultés de médecine par bon nombre de nos confrères hospitaliers qui pensent que faire de l’acupuncture, c’est un petit peu comme faire de la psychothérapie… Encore aujourd’hui ? Dr Robert Corvisier : Oui, parfois. Pas toujours, mais parfois. Voilà, donc c’est pour ça que les malades n’y adhèrent pas. Ils n’y croient pas, « ils ne sont pas dedans » disent-ils… On sent une évolution dans la pratique ?… Dr Robert Corvisier : Il y a des personnes médecins ou non très ouvertes. Une évolution en terme de patients qui viennent voir les acupuncteurs je veux dire ? Dr Robert Corvisier : De plus en plus. Vous avez senti une demande ces dernières années ? Dr Robert Corvisier : Ah oui, oui, oui… Je pourrais travailler jour et nuit sans arrêt. Les gens sont fatigués de prendre des médicaments. Ils ont envie de changer de technique thérapeutique ; ils ont envie de changer de manière d’être écoutés. Le fait de les écouter, déjà, permet de les améliorer…. (…) Pour écouter l’intégralité de ce 3ème volet, cliquez sur Play pour l’écouter ou faites un click droit ici pour le télécharger. Faites part de votre avis dans les commentaires afin que je puisse améliorer la qualité de mes podcasts et pour suggérer un thème d’interview

  7. 25/02/2018

    L’acupuncture : pour rester en bonne santé #2

    Interview du Dr Robert Corvisier, médecin généraliste, spécialisé en acupuncture. 2ème partie : Les principes généraux de l’acupuncture. Le Docteur Corvisier, est médecin généraliste, spécialisé en acupuncture. Il a enseigné l’acupuncture à la Faculté de Médecine de Tours, a mené des recherches sur l’action de l’acupuncture à l’Hôpital européen Georges Pompidou et vient de publier « Soigner avec l’acupuncture »,  édité chez Dunod. J’ai souhaité souhaité l’interviewer pour qu’il nous  explique comment l’acupuncture peut non seulement soigner, mais aussi nous permettre de rester en bonne santé.  Préalablement, nous avons vu que l’approche de maladie en acupuncture était radicalement différente de l’approche en médecine occidentale. Nous abordons dans cette 2ème partie, les principes fondamentaux de l’acupuncture et comment cette médecine nous invite à penser autrement. Pour écouter la 1ère partie, c’est ici : L’acupuncture pour rester en bonne santé #1 Bonne écoute Rémi Extrait Quels sont les principes généraux de l’acupuncture ?  Dr Corvisier : Il y a 3 ou 4 principes généraux qui sont les socles indispensables à connaître. Il faut d’abord bien comprendre la notion de la dualité Yin et Yang qui est la première base de l’acupuncture. Vous savez que le concept de Yin et de Yang est dérivé du taoïsme dont la philosophie est liée à la dualité cosmique au sein de laquelle nous vivons. Toute maladie, quand elle se déclenche, est soit trop Yin soit trop Yang. Pour être parfaitement en bonne santé il faut qu’il y ait autant de Yin que de Yang Alors qu’est ce que le Yin et le Yang ? Pour être simple, il s’agit d’un concept qui met en scène la relativité des phénomènes au travers de la dualité de tous ce qui existe comme le froid et la chaleur, le noir et le blanc, le haut et le bas, le ciel et la terre, la matière et l’énergie, etc. Par exemple le froid est Yin par rapport à la chaleur qui est Yang, le bas est yin par rapport au haut qui est yang, la matière est Yin par rapport à l’énergie qui est Yang. Pour que les choses soient parfaitement équilibrées il faut que ces deux potentialités qui vivent ensemble dans le mouvement s’harmonisent sans qu’aucune ne dépasse l’autre… Prenons un exemple clinique: un patient peut consulter parce qu’il a été soumis à un coup de froid dans son jardin et qu’il a mal derrière la cuisse. Il dit que cette douleur, derrière la cuisse, ressemble à une sciatique et qu’en prenant une douche chaude ou un bain chaud cela le soulage. Alors on dira qu’il manque du Yang à l’endroit douloureux, il manque du chaud sur la partie postérieure de sa cuisse, à l’endroit de la douleur sciatique sur le méridien de Vessie qui se situe en arrière de la cuisse. Le traitement avec les aiguilles d’acupuncture sera alors d’apporter de la chaleur sur ce méridien pour enlever la douleur. Cet équilibre entre le Yin et le Yang est une des premières grandes notions à bien comprendre. Chaque fois qu’il y a une pathologie quelle qu’elle soit, il faut la polariser en Yin ou en Yang. Un autre exemple peut être évoqué: à la suite, par exemple, d’un choc émotionnel, il y a fréquemment des montées de chaleur vers le haut du corps. Cette monté de chaleur qui peut correspondre à une rougeur du visage avec des sueurs est significatif d’un mauvais équilibre yin yang. En effet, la monté émotionnelle peut engendrer un excès de Yang donc de chaleur en haut du corps. J’assimile souvent cette notion de Yin et de Yang au froid et à la chaleur parce que c’est simple et que les patients la comprennent facilement. En réalité, dans toutes les choses du monde il y a deux aspects Yin et Yang qui sont en situation de relativité et dont le déséquilibre mène à une maladie. Par exemple le haut du corps est Yang, le bas est Yin donc le ventre est Yin, le thorax est Yang. Il y a cette sorte de relation indispensable et automatique dans tous les phénomènes comme la nuit qui succède au jour dans le mouvement perpétuel du temps. La nuit est Yin, et c’est plutôt le froid qui domine. Le jour est Yang et c’est plutôt le chaud qui domine. Même en hiver, souvent, les journées sont plus chaudes que les nuits. Dès qu’un patient se présente, il faut que le thérapeute comprenne si globalement les signes cliniques évoqués sont plutôt Yin ou plutôt Yang. Là, non seulement l’interrogatoire est indispensable mais l’examen de la langue et des pouls, en particulier prend toute sa valeur. Ecoutez l’intégralité de cette 2ème partie. Vous découvrirez deux autres principes fondamentaux de l’acupuncture et comment cette médecine nous amène à penser autrement.  Cliquez sur Play pour l’écouter ou faites un click droit ici pour le télécharger. Faites part de votre avis dans les commentaires afin que je puisse améliorer la qualité de mes podcasts et pour suggérer un thème d’interview

  8. 18/02/2018

    L’acupuncture : pour rester en bonne santé #1

    Interview du Dr Robert Corvisier, médecin généraliste, spécialisé en acupuncture. 1ère partie : L’acupuncture : une médecine préventive chinoise millénaire. « L’acupuncture permet au praticien de comprendre des choses que la médecine occidentale ne comprend pas ».  Le Docteur Corvisier est médecin généraliste, spécialisé en acupuncture. Il a enseigné l’acupuncture à la Faculté de Médecine de Tours, a mené des recherches sur l’action de l’acupuncture à l’hôpital européen Georges Pompidou et vient de publier « Soigner avec l’acupuncture », édité chez Dunod. J’ai souhaité l’interviewer pour qu’il nous  explique comment l’acupuncture peut, non seulement soigner, mais aussi nous permettre de rester en bonne santé.  Cliquez sur Play pour l’écouter ou faites un click droit ici pour le télécharger. Faites moi part de votre avis dans les commentaires afin que je puisse améliorer la qualité de mes podcasts. Bonne écoute Rémi « L’acupuncture soigne de manière globale le patient en essayant d’interpréter des signes cliniques afin d’essayer de les relier ensemble, sous le même groupe, sous la même pathologie. » Transcription (Extrait) Aujourd’hui, nous partons à la découverte de l’acupuncture avec le docteur Robert Corvisier. Docteur Corvisier, vous êtes médecin généraliste spécialisé en acupuncture. Vous avez enseigné l’acupuncture à la Faculté de Médecine de Tours, vous avez mené des recherches sur l’action de l’acupuncture à l’Hôpital Européen Georges Pompidou et vous êtes l’auteur d’un livre, édité chez Dunod, « Soigner avec l’acupuncture ». J’ai souhaité vous rencontrer pour que vous puissiez nous expliquer comment l’acupuncture peut non seulement soigner, mais aussi nous permettre de rester en bonne santé. Quelle est votre définition de l’acupuncture ? Dr Robert Corvisier : Vous pointez du doigt l’esprit fondamental de l’acupuncture de l’époque (elle a plus de 4000 ans!), puisque la première base médicale de l’acupuncture est fondée sur cette notion de prévention des maladies. En effet, les patients devaient consulter leur médecin régulièrement, afin que ceux-ci puissent s’adapter à leur environnement : par exemple au climat qui risquait de les agresser ou à d’éventuels chocs psychologiques que la vie quotidienne pouvait imposer… Le but était de rétablir, de manière extrêmement régulière, l’état de santé des patients afin que ceux-ci ne tombent pas malades. Souvent, les gens qui parlent d’acupuncture peuvent dire en plaisantant, que le bon acupuncteur était celui qui n’avait pas de malades. En fait, ce n’était pas qu’il n’avaient pas de malades, c’était qu’il empêchaient les patients de tomber malades. Toutes les théories de l’époque – en particulier celles relevant des aspects climatiques– étaient basées sur cette notion : attention, bientôt l’arrivée du printemps risque entraîner telle et telle pathologies, il va falloir faire des points de prévention d’attaque du climat particulier qui peut survenir au printemps (allergies saisonnières par exemple), ou de prévention d’attaque de chaleur en été, ou encore de prévention d’attaque d’humidité pendant une saison pluvieuse, etc. L’acupuncture est fondée en grande partie sur cette notion d’agression externe qu’il faudra prévenir. C’est ainsi que sont apparus des symboles climatiques pour définir l’origine des maladies (maladies du froid, de la chaleur, du vent etc.) Il fallait lutter contre cette perversion qui allait survenir et donc ainsi maintenir les patients en bonne santé. Ma définition de l’acupuncture est traditionnelle car la notion de prévention est essentielle. Ce n’est pas du tout ce qui se passe en Occident, où, la plupart du temps, les patients consultent quand ils sont malades, alors que l’esprit de l’acupuncture est de soigner des personnes avant qu’elles ne tombent malades. En quoi l’approche de la maladie en acupuncture est-elle différente de l’approche de la médecine occidentale ? Dr Robert Corvisier : Voilà, vous avez très bien ciblé vos questions. C’est exactement cela, l’approche est complètement différente quand l’on compare l’esprit de l’acupuncture et le diagnostic occidental. Je crois que le plus simple c’est de prendre un exemple… Un patient consulte pour une douleur à la partie antérieure de l’épaule droite et une sinusite. « J’ai une douleur à l’épaule droite» dit-il depuis 3 mois, j’espère que l’acupuncture va pouvoir me soulager ! En même temps, le patient vous dit : « J’ai une sinusite, j’ai mal de chaque côté du nez, au sinus maxillaire, et cela fait trois mois que ça dure… Si vous pouviez me soulager ! … ». En acupuncture, il est évident que l’origine de cette double pathologie est probablement semblable ; c’est-à-dire que c’est le même méridien qui est atteint. À partir de l’interrogatoire des patients, on essaye de relier ensemble les signes cliniques – apparemment différents – sous la même origine, dans la même origine énergétique. L’on parle de la même pathologie énergétique parce que, parler d’acupuncture, c’est parler d’énergie qu’on manipule à chaque séance. Il suffira de traiter tel méridien d’acupuncture qui lie l’épaule et la sinusite pour arriver à régler l’ensemble, les deux pathologies simultanément conjointes . J’ai eu le cas hier. Il s’agissait d’une patiente qui consultait pour cette double plainte… Je pense à cet exemple-là parce que cette jeune femme de 40 ans avait cette douleur depuis plus de 3 ans. Une séance d’acupuncture a permis un soulagement dés la fin de la séance… Ce n’est pas toujours ainsi, ce serait merveilleux… Une séance d’acupuncture a réglé ces deux problèmes en une demi-heure de traitement avec les aiguilles. Donc, évidemment, cela paraît spectaculaire, miraculeux… Ce n’est, hélas, pas toujours le cas, mais c’est pour vous donner un exemple. L’acupuncture soigne de manière globale le patient en essayant d’interpréter des signes cliniques afin d’essayer de les relier ensemble, sous le même groupe, sous la même pathologie. Ainsi des signes cliniques en apparence extrêmement différents sont à globaliser dans le but d’un traitement adapté. C’est très important. C’est pour cela que l’on parle de globalisation des signes. (…) Ecoutez l’intégral de la première partie de l’interview.  Nous abordons :   La notion de déséquilibre Les ruptures dans les circuits énergétiques (les méridiens) Dans une deuxième partie, nous parlerons du Qi, du Yin et du Yang et des 5 éléments qui sont à la base de l’acupuncture Penser à me faire part de votre avis dans les commentaires afin que je puisse améliorer la qualité de mes podcasts ou pour suggérer un thème.

  9. 16/01/2018

    Le coaching, une démarche pour atteindre ses objectifs de vie

    Interview de Philippe Duvillier, co-fondateur de la Haute Ecole de Coaching Le coaching, une démarche à découvrir pour atteindre ses objectifs de vie (ou comment (bien) choisir son coach ?) « Pour moi la plus belle des qualités d’un coach c’est la capacité d’un individu à faire évoluer un autre individu sans influence…. nous sommes un peu des catalyseurs de la pensée.» Philippe Duvillier Faites moi part de votre avis dans les commentaires afin que je puisse améliorer la qualité de mes podcasts. Cliquez sur Play pour l’écouter ou faites un click droit ici pour le télécharger. Bonne écoute Rémi Transcription de l’interview : Rémi LEVY : Bonjour, aujourd’hui nous allons parler de coaching et mon invité est Philippe Duvillier. Bonjour Philippe Philippe Duvillier : Bonjour 1) Devenir coach : un cheminement professionnel et souvent une reconversion RL : merci d’avoir accepté mon invitation pour nous parler de coaching. Je pense que tu es très bien placé pour nous en parler puisque tu es coach toi-même et co-fondateur d’une école qui s’appelle la Haute Ecole de Coaching. Mais avant de démarrer est-ce que tu peux nous parler de ton parcours de coach et de la création de l’école de coaching, peut-être en deux mots ?  Philippe Duvillier : Rebonjour. Je vais me présenter. Je suis Philippe Duvillier, j’ai 56 ans, je suis marié, j’ai trois enfants et je suis aujourd’hui grand-père d’un petit garçon. Je n’ai pas été coach toute ma vie et très loin de là. J’ai d’abord eu une activité dans le domaine commercial et j’ai travaillé, un grand nombre d’années, dans un très grand groupe internati onal américain (En fait, qui était français au démarrage et qui est devenu américain).  Ce groupe, c’est UTC (United Technology Corporation), qui regroupe des sociétés que beaucoup de gens connaissent, comme Pratt & Whitney, Sikorsky (l’hélicoptère de combat américain), Carrier (la climatisation), Otis (les ascenseurs) et Sicli (la protection incendie).  Je suis entré dans la société Sicli, il y a plus de 25 ans, en tant qu’animateur des ventes et j’ai gravi tous les échelons dans des délais très courts. Presque tous les ans, je progressais dans cette entreprise et très vite, j’en ai pris la Direction Générale opérationnelle pour la partie française. J’ai pris beaucoup de plaisir dans cette entreprise, en tant que salarié même si j’avais un poste important. Et à un moment donné, la société a été vendue. On est devenu anglais et ensuite américain. Est alors arrivée une nouvelle approche, plus court terme et on a commencé à nous demander de travailler un peu différemment, beaucoup plus basé sur la réductions des coûts que sur l’optimisation du résultat. Ca ne m’a plus animé et donc à ce moment-là, j’ai pris la décision de quitter cette entreprise pour faire autre chose et me lancer dans le coaching. Parce que du temps où j’étais dans cette entreprise, j’ai « consommé » du coaching, j’ai acheté des séances de coaching auprès d’un monsieur qui s’appelle Joël Berger qui est l’un des fondateurs du coaching en France. Il m’a beaucoup impressionné dans son approche. Il est, depuis, devenu un ami. À l’époque, je lui ai acheté des séances de coaching, pour moi, mais aussi pour l’ensemble de mes collaborateurs, et je me suis dit « ça c’est un super métier, c’est vraiment cela que je veux faire ! Accompagner des dirigeants, accompagner des managers d’entreprises, c’est vraiment quelque chose qui m’anime et je me suis dit qu’il était temps. J’avais à l’époque un peu moins de 50 ans et je me suis dit qu’il fallait que je fasse autre chose. J’ai donc décidé de créer cette société de formation et de coaching. Depuis, j’allie le fait d’être capable d’en vivre et le fait que quand je me lève tous les matins, je suis content d’aller au travail. Je suis content de faire ce que je fais, je suis passionné par le fait de voir les gens évoluer grâce à l’accompagnement même si c’est eux qui évoluent et pas moi, mais je les accompagne pour qu’ils le fassent. Toute cette approche me donne des résultats qui me nourrissent. Certes financièrement, mais aussi intellectuellement et psychiquement. Je ne regrette vraiment pas ce que j’ai pu faire même si, créer une entreprise de toutes pièces n’est pas forcément simple. Comme tu l’expliquais dans ton préambule, je suis le cofondateur de la Haute École de Coaching, que j’ai créé avec mon associée Fabienne Lemaigre-Voreaux. On a créé cette école et nous faisons aussi du coaching à côté. Nous sommes devenus, aujourd’hui, la plus grosse école française dans ce domaine. On s’est exporté aussi à l’étranger : au Maroc et en Tunisie où l’on a été l’une des premières écoles à faire reconnaître ce beau métier du coaching au travers d’un certificat inscrit au Répertoire Nationale des Certifications professionnelles (RNCP). J’ai une approche qui est même devenue militante sur le sujet. J’ai créé le Syndicat des écoles de coaching  et je fais partie du Syndicat Professionnel des Métiers du Coaching. Je fais donc plein de choses qui m’animent. 2) Le coaching, un métier à part entière, reconnu par l’Etat. RL : Ok, donc on va rentrer dans le vif du sujet. J’ai remarqué que le terme de coach est aujourd’hui beaucoup employé. En discutant avec les gens, en fait, on s’aperçoit qu’on ne sait pas trop bien ce que c’est. Il y a pas mal de termes, comme « coach de vie », « life coaching », « coach personnel », est-ce que tu peux nous éclairer ? Quels sont les métiers ou les métiers qui se cachent derrière ces mots ? « Un coach cuisine pour moi ça s’appelle un cuisinier, c’est aussi un beau métier, mais pour moi ça n’est pas du coaching. » Philippe Duvillier : Tout d’abord, c’est vrai qu’au début, on se pose la question en disant le coaching qu’est ce que c’est parce qu’on l’entend beaucoup, parce que c’est un mot qui est assez fun, c’est un mot qui est beaucoup utilisé, beaucoup par les médias, on parle de coach immobilier, pour moi ça s’appelle un agent immobilier. Un coach cuisine pour moi ça s’appelle un cuisinier, c’est aussi un beau métier, mais pour moi ça n’est pas du coaching. Aujourd’hui, c’est un métier qui est non mature. Pour l’instant, on ne peut plus dire non-réglementé, mais on peut dire mal réglementé et bien souvent, utilisé un petit peu à toutes le sauces. Le coaching, c’est aujourd’hui un métier à part entière qui est depuis quatre ans reconnu par l’état français par l’intermédiaire du ministère du travail. Le coaching si je voulais faire simple, je vais te l’exprimer en quatre grandes étapes : Le coaching c’est aider un individu à comprendre d’abord sa situation, comprendre où il en est. Ensuite, en deuxième étape, aider un client à déterminer un objectif. Troisième étape : aider ce même client, à comprendre pourquoi cet objectif, il ne l’a pas réalisé. C’est ce qu’on appelle dans notre jargon « lever les points de blocage ». Et la 4e étape, c’est d’aider son client à mettre en place les plans d’actions nécessaires pour réaliser son objectif. Le coaching, c’est tout ça et le coaching ce n’est que ça ! C’est comme cela qu’il faut le prendre. On a aussi nos propres limites, c’est un métier qui rentre dans la catégorie de l’accompagnement au même titre que d’autres métiers d’accompagnement comme le psychologue, comme le psychanalyste, comme d’autres types d’accompagnement qui n’ont rien à voir avec les psys et il en fait partie. Il fait partie de ces métiers d’accompagnement avec ses limites. On ne travaille qu’avec des gens qui ont une motivation à cela, qui ont une capacité de se tourner vers le futur d’une façon positive et qui veulent obtenir un résultat et qui considèrent que seul ça va être un peu compliqué. Voilà déjà globalement ce qu’on peut dire du coaching. 3) Pour quelles raisons s’adresse-t-on à un coach ? RL : Quelles sont les raisons pour lesquelles les personnes, un jour, se disent : je vais m’adresser un coach ! Un coach, pourquoi on va le voir ? Philippe Duvillier : On y va parce que souvent on a besoin d’être accompagné pour aller chercher un résultat que, pour x raisons, on n’a pas obtenu. Soit pour des problèmes de compétences qui pourraient être avérées comme non utilisées ou parce qu’il y a des choses dans la tête, qui nous empêche psychologiquement d’y aller. La plus grosse des raisons, et d’ailleurs parfois ça m’amuse, on dit parfois que le coaching est un métier de mode. J’aime bien dire que malheureusement ça n’est pas un effet de mode. C’est quelque chose qui risque de durer encore longtemps. Si je refais un peu l’historique et que je reviens un peu en arrière, il y a 20 ans, il n’y avait pas de coach, car on n’en avait pas forcément besoin. Quand on avait besoin de réfléchir sur un sujet, on prenait le temps de le faire, on prenait le temps de la réflexion et on trouvait SA bonne décision. On la prenait et on y allait. Aujourd’hui, le monde va vite, va très vite. Je pense que l’Homme avec un grand H n’est pas forcément fait pour cette vitesse et pourtant il passe son temps à créer des outils comme les tablettes, les smartphones et les ordinateurs, etc, ce qui ne fait qu’accélérer les décisions en tout genre et à un moment donné il a besoin d’être accompagné pour pouvoir garder ce rythme infernal que l’on fabrique nous même. Et c’est pour ce point particulier que les gens maintenant font appel à des coachs et on voit que tous les pays qui commencent à utiliser le coaching

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Réussir sa transition de milieu de vie, rester dynamique et vieillir heureux