L'Invité de Louis Daufresne

Louis Daufresne

Chaque matin, Louis Daufresne reçoit une personnalité au cœur de l’actualité nationale ou internationale. Décryptage singulier de notre monde et de ses enjeux, mais aussi découverte d’un parcours, d’un engagement. Au cœur de la grande session d’information du matin, une rencontre quotidienne pour prendre de la hauteur avec bienveillance et pour donner du sens à l’information. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  1. -1 j

    Par sa propre histoire, l'OQTF Éric Naulleau dénonce l'épuration sociale programmée par LFI

    Éric NAULLEAU, écrivain, critique littéraire, chroniqueur, homme de télévision. Auteur de Le jour où je suis devenu OQTF (Fayard) Le quartier de Belleville, dans l’est de Paris, charrie encore la mémoire de la gauche et de ses luttes ouvrières. Éric Naulleau s’y sentait bien, issu qu'il est d'une culture républicaine universaliste. Il y vivait depuis 30 ans. Homme de plume devenu figure de la télévision, ne répugnant pas à la controverse, il ne s’est pas fait que des amis. C’est le revers de la notoriété. Un jour, il est agressé dans le métro. On le reconnaît, on lui crache dessus. C’est ce jour qu’il est devenu OQTF, le sigle signifiant « obligation de quitter le territoire français ». Usage métaphorique et provocateur, comme s’il subissait une autre loi, celle non écrite de l’exil intérieur. Son histoire témoigne d'un phénomène extrêmement grave, celui d'un apartheid de fait, où des territoires se retrouvent livrés à trois tribus : « les racailles », « les bobos » et « les islamistes ». Pour Naulleau, les derniers sont sûrs, à terme, d'être les premiers. Cette ségrégation territoriale chasse les honnêtes gens, de toutes origines, ces quartiers devenant invivables. Éric Naulleau s’insurge contre la liquidation organisée par LFI de l'héritage français, catholique et européen. Ce faisant, il pointe à la fois l’arrogance, l’ignorance et la toute-puissance des élites métropolitaines, lesquelles creusent la tombe de la France et de la République avant de creuser la leur. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Par sa propre histoire, l'OQTF Éric Naulleau dénonce l'épuration sociale programmée par LFI
  2. -2 j

    Ce que l’on refuse de voir et doit être dit sur l’état de la France

    Pierre VERMEREN, historien, professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Auteur de Le grand dérèglement (Odile Jacob) Nul ne doute que la France ait du ressort et des ressources et, à bien y regarder, on s’étonne que ce pays aille si mal, dilapide son capital, s’endette furieusement, et que sa classe politique, par manque de prévoyance, le précipite vers une issue funeste, sans jamais prendre ses responsabilités. C’est qu’elle refuse de voir ce que Pierre Vermeren, méthodiquement, en homme de terrain, lui met sous les yeux. ? On parle du dérèglement climatique, mais si dérèglement il y a, celui-ci touche à tous les domaines de l’action publique. Si l’école, à laquelle on n’assigne plus aucune ambition, en est le symptôme le plus spectaculaire, aucune politique, qu’il s’agisse de l’agriculture, de l’écologie, des transports, de l’aménagement du territoire ou de l’immigration n’échappe à une forme irrationnelle d'entêtement et d'aberration. C’est le cas par exemple dans le domaine de l’écologie, où les injonctions et les aspirations sont fortes mais totalement contredites par ce qui se passe dans la réalité. Spécialiste des ancrages territoriaux, Pierre Vermeren montre notamment comme les élus, en quelques décennies, ont enlaidi la France, ses paysages, en sacrifiant tout aux grandes surfaces dont le nombre a doublé en dix ans. Au chapitre des transports, il analyse comment la France, contrairement à ses voisins, néglige le rail et laisse se déverser des milliers de camions dont elle a toutes les nuisances et aucune redevance. Et tout, dans cette enquête, est à l’avenant et se fait au rythme d’un monumental gaspillage d’argent public. Il n’est pas étonnant, dans ces conditions que le Fonds monétaire international estime qu'il « faudra du temps » à la France pour ramener sa dette et son déficit à des niveaux pouvant « inspirer confiance » aux marchés. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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  3. -3 j

    La beauté peut guérir une société malade

    Christine SOURGINS, historienne de l’art. Auteur de Bienfaits du beau (Boleine) Parmi les phrases d’anthologie que le pape Léon XIV aura prononcées au cours de son voyage en France, il y a celle-ci lorsqu'il insiste sur « la recherche du beau, du bien et du vrai, afin que le monde ait la vie ». Il existe une théologie politique de la beauté : la beauté réveille le cœur, le cœur s'ouvre au vrai, le vrai conduit au bien et le bien construit la paix et le bien commun. Par contraste, on saisit à quel point la laideur peut tirer vers le bas toute une société, quand celle-ci s’étale, notamment dans la défiguration du paysage urbain à laquelle nul ne peut échapper. Mais quelle autorité est fondée à dire ce qui est beau et ce qui ne l’est pas, ce qui doit être montré et ce qui ne doit pas l’être ? La beauté nous grandit et nous vivifie, certes. Mais depuis un demi-siècle, voire plus si on prend Marcel Duchamp comme référence, la beauté est mise à l'écart, combattue, honnie, associée au dogmatisme, à une forme d'oppression, voire à des régimes totalitaires. C'est, hélas, confondre le beau et le sublime. L'Art contemporain cristallise ce rejet de la beauté. Comment en sortir ? Promouvoir la laideur, c’est nous avilir et nous asservir. Autant dire que l'Église doit s'emparer du sujet, non pour des raisons précieuses et décoratives, mais parce que le beau est un langage capable de véhiculer des vérités métaphysiques difficiles à concevoir, comme la souffrance, le mal, la rédemption. Pour aborder ce sujet, que Christine Sourgins a déjà ausculté sous toutes ses formes au fil de cinq ouvrages successifs, peut-être faut-il commencer par mesurer les bienfaits de la beauté sur l'âme, l'esprit, le corps, avec notamment le développement des sciences neuroesthétiques. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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  4. 8 oct.

    Pour sortir de l'aliénation consumériste, il faut revoir son rapport au temps

    Laurent FOURQUET, normalien, énarque, agrégé de sciences sociales. Auteur de Demeure et passage (éditions En route) Deux séquences médiatiques se sont succédé, si opposées l’une à l’autre qu’il me semble opportun d’y réfléchir : sitôt fini le voyage du pape, moment suspendu de paix et d’unité, le mouvement lycéen prit le relais, avec sa violence et le chaos qu’elle engendre. Ce contraste, si extrême qu’il soit, illustre nos vies de consommateurs de media, où rien ne semble fait pour durer. Une idéologie qui ne dit pas son nom se trouve derrière ce changement permanent : si tout passe et que tout lasse, c’est que tout ce qui demeure est un obstacle à l’autonomie, une contrainte voire une oppression, de sorte que l’indétermination devient le trait dominant de nos vies. Face à l’angoisse et à la mort, on ne répond par la consommation frénétique de l’instant. Le christianisme, qui a les yeux dans l’éternité et les pieds sur Terre, propose à l'inverse une vraie vision de la vie, axée sur la distance et la persévérance. La vie peut éclore si nous entretenons avec le temps un rapport sain et maîtrisé. Dans Demeure et Passage, Laurent Fourquet poursuit sa réflexion depuis L’ère du consommateur, où l’homme ne se définit plus par son appartenance, son travail et ses devoirs mais se construit par ses choix et ses désirs. La consommation fabrique une promesse illusoire de bonheur et de liberté, où l’homme risque de devenir prisonnier de ce qu’il croit librement choisir. La mécanique désir/temps l’enferme alors dans un cycle mortifère dont il est impérieux de se délivrer. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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  5. 7 oct.

    Avec le « 7-Octobre », l'antisémitisme a-t-il changé de visage ?

    Michel WIEVIORKA, sociologue, directeur d’études émérite à l’EHESS. Auteur de Métamorphose de l’antisémitisme (Seuil) Nos sociétés sont-elles confrontées à un « antisémitisme désinhibé », comme l’a dit hier en Israël le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, lors des commémorations de l'attaque du 7 octobre perpétrée il y a trois ans par le Hamas ? La question de l’antisémitisme a ceci d’agaçant que s’y mêlent assez vite la confusion, les carences et l’outrance. Marquée par les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, la famille Wieviorka, famille juive polonaise, voit son nom associé à la mémoire et à la compréhension de ce phénomène ancien. L’historienne Annette Wieviorka est spécialiste de la Seconde Guerre mondiale. Son frère Michel Wieviorka, sociologue, est connu pour ses travaux sur le racisme et l’antisémitisme. Directeur d’études émérite à l’EHESS, il parle de la « métamorphose de l’antisémitisme ». En quoi le phénomène a-t-il changé de visage ? Est-il soluble dans toutes les idéologies ? Longtemps, on confina l’antisémitisme à l’extrême droite, sans voir que la gauche avait un passif sur le sujet, y compris Karl Marx. Aujourd’hui, on l’attribue surtout à l’islam et à l’extrême-gauche dont les militants agitent partout des drapeaux palestiniens. Pour Michel Wieviorka, ce côté « désinhibé » invite à mettre à jour la connaissance que l’on a de « la haine la plus vieille du monde », ce qu’il fait au fil d’un essai où pointe aussi une tonalité personnelle, comme si l'urgence du moment en avait dicté l'écriture. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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  6. 6 oct.

    Natasha St-Pier chante Thérèse, encore et toujours, avec un 3e album

    Natasha ST-PIER, chanteuse franco-canadienne Révélée en France au début des années 2000, Natasha St-Pier, chanteuse canadienne ayant acquis la nationalité française en mai, représenta la France à l’Eurovision en 2001 puis connut le succès avec plusieurs albums, avant d’orienter une partie de sa carrière vers la musique spirituelle. Son nom est attaché à celui de sainte Thérèse de Lisieux qu'on a coutume d’exalter début octobre, au cours de la Semaine thérésienne organisée par les Apprentis d’Auteuil, premier sanctuaire de sainte Thérèse à Paris. À l’œuvre de la petite normande Natasha St Pier consacra deux albums à succès, disque de platine et disque d’or respectivement pour Thérèse, Vivre d’amour (2013) et Aimer, c’est tout donner (2018). Après la veillée au Stade de France avec le pape, l’artiste achève sa trilogie avec l'opus Ma petite voie, sorti le 2 octobre. Dix chansons inédites s’inspirent de lettres, de notes, de poèmes de la jeune carmélite rappelée à Dieu à 24 ans. Cet accès à sa spiritualité s'opère via une manière à la fois classique et intimiste de concevoir la musique. Natasha St-Pier sera en tournée à partir du mois de novembre, « tournée de Noël dans les églises de France ». Ce 3e album est assorti d’un livre proposant 12 clés pour vivre d’amour avec Thérèse de Lisieux (Bayard Religion et Editions première partie). Natasha St Pier juge primordial que le grand public dispose des paroles de ses chansons. Avec elle, le bon vieux CD, comme objet de collection, ne se périme pas ! Pas plus que les écrits de la petite Thérèse, star mondiale s'il en est. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Natasha St-Pier chante Thérèse, encore et toujours, avec un 3e album
  7. 5 oct.

    Après les banlieues de l’islam, le pèlerinage de Saint-Gilles-du-Gard révèle les failles identitaires françaises

    Gilles KEPEL, spécialiste du monde arabe contemporain et de l’islamisme radical. Auteur de Pèlerinage français - comprendre les failles de notre identité (Albin Michel) La société française, dit-on, est plus fracturée que jamais et le prochain président aura pour mission quasi insurmontable de la rassembler. « Fracture », celle de Jacques Chirac était sociale. On pourrait aussi parler de « faille ». Le mot a deux sens, celui d’une ligne de rupture dans le sol, et celui de faiblesse. On peut lire nos failles dans la géographie, dans le partage du territoire. Ce qu’a fait Gilles Kepel au cours d’une expérience à la fois personnelle et sociologique : le pèlerinage de Saint-Gilles-du-Gard. Après avoir quitté l’université, ce spécialiste du monde arabe contemporain et de l’islamisme radical partit du Puy-en-Velay, le jour de l’Assomption, pour atteindre l’abbatiale de Saint-Gilles, dans le Gard, le 1er septembre. 240 km et 15 jours de marche à travers le Velay, le Gévaudan, le mont Lozère, les Cévennes et la Camargue en passant par Alès et Nîmes. Cet hommage à son saint patron tourne à l’enquête car Gilles Kepel observe, note et constate que deux réalités se font face : l’islamisme et le narcotrafic d’un côté, les bastions identitaires du RN. On ne peut résumer la France à cette caricature mais on ne peut pas non plus nier qu’elle dessine le visage d’un pays en plein malaise, ce dont témoignent aussi les violences urbaines et les façades de lycée en feu. Après le voyage du pape, qui réconciliera les Français ? Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Après les banlieues de l’islam, le pèlerinage de Saint-Gilles-du-Gard révèle les failles identitaires françaises

Notes et avis

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