Laurence Klein a 57 ans et met un dossard depuis 46 ans. Championne d'Europe du 100 km, vice-championne du monde, championne de France de marathon, championne du monde de trail par équipe, recordwoman de France du 100 km pendant 13 ans (7h26), trois victoires au Marathon des Sables et une 13e traversée du désert au compteur. Voilà. Mais ce n'est pas de ça qu'on parle vraiment dans cet épisode. On parle de la gamine timide qui abordait des inconnus dans les parcs pour courir avec eux. Du bus scolaire raté chaque matin qui ont vu naître le début de ses premiers fractionnés. On parle du désert. De ce qu'on y trouve quand on n'a plus que 7 kilos sur le dos et de l'eau qu'on vous donne. Du bivouac où les échelles sociales tombent à zéro. De 2013 aussi : la déshydratation, trois litres perfusés, l'abandon, la passe de 4 qui s'envole, le tendon qui pète dans la foulée. Et surtout, on parle de sa manière de tenir. Laurence refuse le mot « souffrance ». la souffrance, c'est la maladie, c'est un deuil, c'est ce qu'on ne choisit pas. Courir, c'est de la douleur, et on peut s'arrêter quand on veut. De là découlent des leviers très concrets : ralentir de 10 secondes au kilomètre plutôt que d'aller dans le mur, savoir quand l'abandon n'est pas un échec, mettre un point final quand on le choisit encore (son dernier 100 km, à Millau, gagné, son fils pédalant à ses côtés le jour de ses 50 ans). Aujourd'hui elle transmet : coach de l'équipe de France du 100 km, coach officielle du Marathon des Sables, et créatrice avec son fils de l'application MTP Running. Un épisode sur la longévité, le deuil, la patience et sur cette idée qu'une épreuve, comme elle le dit, c'est d'abord « la marque d'un passage ». À écouter sans modération sur votre plateforme de podcast préférée : Apple Podcast, Sportify, Deezer...