Les conférences du Dorothy

Le Dorothy

Le Dorothy est un café-atelier associatif animé par des chrétiens à Ménilmontant, dans le 20ème arrondissement de Paris

  1. 6 juil.

    Adieu au capitalisme... et après ? Avec Jérôme Baschet et Laurent Jeanpierre

    Jeudi 26 mars 2026 à 20h au Dorothy À l'occasion de la sortie de Mondes postcapitalistes aux éditions La Découverte, nous sommes très heureux d'accueillir les deux coordinateurs de cet ouvrage ayant réuni 80 auteurs et autrices de différentes disciplines, Jérôme Baschet (historien) et Laurent Jeanpierre (sociologue), pour un temps de présentation et d'échange autour du livre. Deux membres du Dorothy ayant participé à l'écriture du livre à travers un chapitre sur la notion d'amour et sur sa portée politique, Anne Waeles et Foucauld Giuliani, seront présents et participeront à la présentation, à l'échange et au débat. Le livre Mondes postcapitalistes prend acte de l'échec catastrophique des projets dits "communistes" du XXe siècle comme des menaces pesant sur l'habitabilité de la terre et la survie des espèces. Ce faisant, il cherche à aller au-delà d'une critique du capitalisme restée impuissante et souvent éloignée des enjeux écologiques. Il étend, de ce fait, notre compréhension du capitalisme bien au-delà des questions économiques, qui ont considérablement restreint l'analyse et le débat. Le dépassement du capitalisme ne peut se concevoir sans une redéfinition de nos manières de vivre, de coexister, de nous relier aux autres vivants et de donner sens à nos existences. En s'intéressant aussi bien aux rêves qu'aux psychés postcapitalistes, aux matériaux et aux techniques, à la mort et aux religions, aux conflits et aux fêtes, à l'éducation et aux échelles d'organisation de la vie sociale, à l'amour et aux arts, à la famille et aux genres, ce livre contribue à façonner non pas un programme, encore moins une doctrine, mais une pluralité d'images et de chemins pouvant contribuer à bâtir une société plus libre et épanouissante, plus respectueuse de la planète. Naïveté ? Irénisme ? Les contributions le démontrent amplement : le postcapitalisme n'est ni un monde unifié ni un univers pacifié ; il n'est ni l'Éden retrouvé ni la fin de l'histoire. Pour y parvenir, une variété de voies existent déjà qui dessinent au contraire le tableau d'un monde fait de nombreux mondes à la fois cohérents et différents.

  2. 6 juil.

    Soutenir le peuple iranien, lutter contre l’empire américain, avec Roja et Les Peuples Veulent

    Dimanche 28 juin 2026 à 18h au Dorothy La guerre en Iran lancée par le gouvernement Trump et son allié israélien signe le retour de l’impérialisme le plus agressif. Ceux-ci maquillent leur coup de force militaire et leur viol du droit international en opération de « libération » du peuple iranien qui subit le joug d’un pouvoir théocratique et policier tyrannique. En France, certains courants politiques prennent prétexte de cette nature tyrannique du régime iranien pour légitimer l’ingérence israélo-américaine et se poser en défenseur de la « civilisation » contre « l’islam » ; d’autres, au nom de la lutte anti-impérialiste, minorent les crimes du régime iranien contre son peuple, ne voyant pas qu’un tel régime ne saurait jamais être d’un quelconque appui dans la lutte pour la justice dans la région. Aucune de ces impasses n’est satisfaisante. Comment tenir ensemble la dénonciation radicale du régime iranien, le soutien aux mouvements populaires et féministes et les luttescontre l’impérialisme ? Comment la pratique d’un internationalisme par le bas, focalisé sur les intérêts des peuples et non des Etats, et s’appuyant sur les expériences de différents soulèvements populaires à travers le monde, peut-il servir de ressource ? Pour y réfléchir, nous avons la joie d’accueillir Rezvan, du collectif féministe et anticapitaliste iranien, kurde, lors et afghan Roja, et Lucas, du collectif les Peuples veulent, à l’origine du livre collectif Révolutions de notre temps. Manifeste internationaliste (La Découverte, 2025). Cette soirée s’inscrit dans l’initiative Mujawara, du réseau Les Peuples Veulent, qui vise à tisser un voisinage révolutionnaire au-delà des frontières. Concrètement, ce projet transnational d’entraide relie des lieux physiques en île de France et à travers le monde pour qu’ils puissent se renforcer et se soutenir dans une perspective révolutionnaire et autonome.

  3. 6 juil.

    La cause du Christ : l'Évangile contre l'identité chrétienne, avec Benoist de Sinety

    Mercredi 1er juillet 2026 à 20h Extraits du livre de Benoist de Sinety : « Pour Éric Zemmour, Philippe de Villiers, de plus en plus d’essayistes ou de médias dits « décomplexés » mais aussi une partie de l’élite de notre pays, la défense de « l’identité chrétienne » est aujourd’hui un argument de combat – et, dit-on, un remède contre le déclin. Ils pourfendent l’Église catholique devenue, selon eux, permissive et inconsciente de notre époque où la chrétienté serait en perdition, assaillie par l’étranger et l’islam. Pour ces marchands d’illusions, la bienveillance de l’Église envers les migrants ne serait qu’un luxe de privilégiés, une aveugle démission face à la « guerre de religion » qui, à les croire, se déroule sous nos yeux. Ce phénomène est mondial : l’argument religieux est devenu une arme politique. Donald Trump (et son « bureau de la foi » à la Maison-Blanche) et Vladimir Poutine (pour justifier son invasion de l’Ukraine) instrumentalisent le sacré. Il ne faut pas s’y tromper. Cette prétendue « identité chrétienne » n’a pas de sens. Ils défendent en réalité une chrétienté sans le Christ. La vraie radicalité ne se trouve pas dans la nostalgie, le repli, la peur. Il faut tendre la main au faible, ouvrir son cœur à l’inconnu. Méconnaître le message de l’Évangile, c’est oublier qu’on ne naît pas chrétien, qu’il n’y a pas de droit du sang mais qu’on devient chrétien chaque jour. Rencontrer Dieu, ce n’est pas construire des murailles mais ouvrir les bras. La radicalité chrétienne, la seule, la vraie, n’est pas une question d’identité: c’est celle de la main tendue. » Une soirée d’échanges, de débats et de questionnements sur ce thème central du lien entre foi chrétienne et action dans la société, avec l’auteur de ce livre, le prêtre Benoist de Sinety.

  4. 11 mai

    Cycle "Punir, à quoi bon ?" (1/3) : Que faire des agresseurs ? Avec Elsa Deck Marsault

    À l’heure où la plupart des agresseurs passent encore à travers les mailles du filet du système pénal, et que par conséquent les condamnations de certains d’entre eux peuvent être légitimement décrites comme des avancées féministes majeures, la pensée d’une justice non-punitive ne court-elle pas le risque d’être inaudible parce que trop prophétique ? Pour la première conférence du cycle « Punir, à quoi bon ? » nous avons l’honneur de recevoir Elsa Deck Marsault, penseuse abolitionniste, autrice de Faire justice (2023) et de La violence en spectacle (2026). Elsa Deck Marsault a cofondé le collectif Fracas, collectif queer et féministe d’entraide militante à la prise en charge des conflits et des violences en milieu intercommunautaire.C’est sur ce terrain que l’autrice tente depuis quelques années d’imaginer, en s’inspirant de la pensée abolitionniste née dans les années 1970 aux États-Unis, une justice alternative au système pénal. Là où tribunaux, police et prisons semblent incapables d’interrompre le phénomène de la violence, cette justice alternative se veut véritablement « transformatrice ». Au cœur de cette justice se trouve l’idée, vertigineuse, que la punition ne peut que perpétuer les dégâts qu’elle ambitionne de réparer. Dans son premier livre, Faire justice, Elsa Deck Marsault montrait en quoi certains milieux militants progressistes reproduisaient, par une surenchère punitive, les mécanismes qu’ils prétendent combattre en ne passant pas par la justice institutionnelle. Son nouveau livre, La violence en spectacle, retrace la domination progressive d’un féminisme pro-carcéral sur un féminisme plus radical, qui ne déléguerait pas à un État répressif la question de la réparation. Ce livre appelle à la réappropriation collective du conflit en congédiant la posture victimaire.

  5. 24 avr.

    François et ses frères : présentation du livre de Sylvain Piron

    Présentation du livre de Sylvain Piron, François et ses frères. Biographie collective de François d’Assise (Éditions la Tempête, 2026). En 2026, l’Église célèbre un anniversaire très particulier : les 800 ans de la mort de saint François d’Assise (1182-1226). Figure inspiratrice du pontificat du pape François et protagoniste, selon les mots de Léon XIV, d’une “renaissance évangélique”, François d’Assise ne cesse de questionner nos sociétés guerrières, destructrices, cupides. À la suite d’une conversion foudroyante, ce jeune homme décide de quitter tous ses biens, n’endossant qu’une simple tunique de paysan, pour sillonner la terre en proclamant la paix, l’amour universel et la merveille mystique de la Création. Très vite une communauté se forme autour de lui, à tel point qu’un nouvel ordre religieux est créé, défiant l’Église par une radicalité inédite : l’Ordre des Franciscains était né. Qui étaient ces premiers franciscains, une poignée de va-nu-pieds, souvent en rupture avec leurs familles, qui squattaient les églises abandonnées de la plaine d’Assise, logeant dans des cabanes ou dans les bois ? Qu’est-ce qui les animait ? Comment l’Église de l’époque les regardait-elle ? Pourquoi la figure de François et de ses frères est-elle encore capable de nous interpeller si fortement ? Nous en parlerons avec Sylvain Piron, historien de l’EHESS, auteur de “François et ses frères. Biographie collective de François d’Assise” (Éditions la Tempête, 2026). En retraçant le parcours de ces premiers franciscains, à la fois dans les principes qui les animait et les réalités sociales et politiques auxquelles ils devaient faire face, nous essayerons de comprendre en quoi l’esprit de François est encore une source vive d’inspiration.

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