ZD Tech : tout comprendre en moins de 3 minutes avec ZDNet

ZD Tech : tout comprendre en moins de 3 minutes

Découvrir au quotidien les enjeux de la technologie. Le podcast de la rédaction de ZDNet, pour les professionnels à la recherche d'infos pratiques et concrètes pour mieux comprendre le marché IT et telco et son influence sur les métiers.    Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  1. -2 j

    Ce 13 juillet 2026, Microsoft bloquera l'accès complet à vos anciennes applications Office sur Mac et iOS

    C'est la fin d'une époque, celle où l'on pensait être réellement propriétaire de sa suite bureautique. Préparez-vous, car un verrouillage logiciel signé Microsoft sans précédent se profile très prochainement sur vos appareils. Restriction des fonctionnalités Concrètement, notez bien la date du 13 juillet 2026. À partir de ce jour, Microsoft va basculer une partie de ses applications Office en mode de fonctionnalité réduite sur l'écosystème Apple. Vos applications incontournables comme Word ou Excel pourront toujours ouvrir et imprimer des documents existants. Mais elles bloqueront la modification, la sauvegarde ou la création de nouveaux fichiers. Et cette paralysie activée à distance cible les anciennes versions, notamment les licences perpétuelles comme Office 2019 sur Mac. Acheter un logiciel n'a désormais plus aucun sens C'est donc un changement majeur pour les entreprises. La notion même d'acheter un logiciel n'a désormais plus aucun sens. Vous croyez posséder votre outil de travail, mais l'éditeur conserve la mainmise pour vous pousser vers ses modèles d'abonnements récurrents comme Microsoft 365. Mais attention, l'enjeu dépasse la simple question du modèle de licence. C'est un véritable piège qui mêle sécurité des données et obsolescence matérielle. Car pour retrouver un usage normal de vos outils bureautiques, la recommandation officielle de Microsoft est de mettre à jour votre système d'exploitation vers au minimum macOS 12 ou iOS 17, puis de télécharger les versions récentes des applications. Or, si vos flottes d'appareils Apple sont trop anciennes pour supporter ces mises à jour, vous faites face à un mur. Et sur Windows, le scénario diffère légèrement mais reste critique. Le logiciel Office 2019 continue certes de fonctionner, mais il est totalement privé de correctifs de sécurité. Une contre-attaque souveraine prend forme Il faut cependant noter que face à cette stratégie, une véritable contre-attaque souveraine prend forme sur le marché français. La DINUM par exemple a d'ailleurs déjà entamé sa migration hors de Microsoft pour se tourner vers des solutions open source comme Linux et LaSuite. Et dans le même temps, de puissantes alternatives émergent, portées par le consortium Euro-Office ou des acteurs comme OnlyOffice. Le ZD Tech est sur toutes les plateformes de podcast ! Abonnez-vous ! Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    3 min
  2. -3 j

    Comment OpenAI devient un assistant à la recherche en Maths

    Aujourd'hui, on ne va pas parler de génération de texte ou de simples résumés de réunions, mais d'une véritable rupture fondamentale dans le monde des mathématiques. Une intelligence artificielle interne d'OpenAI vient en effet de réfuter une hypothèse mathématique historique, vieille de près de 80 ans. Un problème vieux de 1946 Concrètement, le problème géométrique dit des distances unitaires dans le plan a été formulé en 1946 par le célèbre mathématicien hongrois Paul Erdős. La question semble basique. Si l'on place un nombre infini de points sur un plan, combien de paires de ces points peuvent être distantes d'exactement la même longueur. Jusqu'ici, la communauté scientifique s'accordait sur une approche suggérant que ce nombre augmentait de manière linéaire. Sauf qu'un modèle d'OpenAI vient d'invalider cette piste en introduisant une nouvelle démonstration issue de la théorie algébrique des nombres. Bref, l'IA franchit un cap décisif. Elle ne se limite plus à compiler des données connues, elle devient capable de déceler les failles dans des raisonnements humains considérés comme fiables. Mais attention, le véritable coup de force réside dans la nature même de l'outil employé. Une IA généraliste OpenAI a souligné que ce modèle n'est absolument pas une machine experte spécialisée dans les mathématiques. Il s'agit d'un système généraliste, conçu pour exceller dans le raisonnement. C'est un séisme car historiquement, s'attaquer à un problème scientifique de niche nécessitait d'entraîner une IA sur mesure, ce qui engloutissait des budgets très conséquents. Aujourd'hui, ces modèles de fondation prouvent qu'ils peuvent adresser des défis de recherche fondamentale sans apprentissage ultra-spécialisé en amont. Mais il faut tout de même garder la tête froide. Le communiqué scientifique précise que le problème d'Erdős n'est pas encore entièrement résolu à ce stade. Un jalon majeur pour les mathématiques assistées par ordinateur L'algorithme a simplement démontré qu'un certain taux de croissance reste supérieur à zéro. Mais des experts indépendants ont validé cette preuve et parlent d'un jalon majeur pour les mathématiques assistées par ordinateur. Surtout, il convient de considérer désormais l'intelligence artificielle comme un copilote de laboratoire. Elle ne livrera pas forcément le produit fini clef en main, mais elle écartera rapidement les hypothèses de travail erronées. De quoi faire gagner des mois de recherche à vos ingénieurs en identifiant de nouvelles voies de recherche. Le ZD Tech est sur toutes les plateformes de podcast ! Abonnez-vous ! Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    3 min
  3. -4 j

    Intelligence artificielle : la presse française réclame 80 millions d’euros à Brave

    Aujourd'hui, nous décortiquons ce qui s'annonce comme la première grande secousse juridique européenne frappant l'écosystème de l'intelligence artificielle générative. Une offensive judiciaire inédite L'Alliance de la presse d'information générale, organisme qui fédère près de trois cents quotidiens français, vient en effet de lancer une offensive judiciaire inédite. La cible n'est ni Google, ni OpenAI, mais la société américaine Brave. Bien connue pour son navigateur web axé sur la protection de la vie privée, l'entreprise est aujourd'hui attaquée sur un autre front. Ses outils d'intelligence artificielle et son moteur de recherche, Brave Search, sont accusés d'exploiter illégalement certains contenus. Les plaignants réclament pas moins de 80 millions d'euros de dommages. Ils invoquent la contrefaçon, l'exploitation non autorisée de leurs marques, mais surtout la violation du droit voisin. Car ce dispositif légal oblige les plateformes numériques à rémunérer les éditeurs lorsque leurs articles sont réutilisés. Cette action est la première en Europe à viser l'intégralité de la chaîne de valeur de l'intelligence artificielle générative. L'accusation pointe en effet du doigt d'une part les fonctionnalités de Brave qui résument les articles de presse à la volée. Un index monumental de 40 milliards de pages Mais surtout, Brave propose un index monumental de 40 milliards de pages, accessible via ses API. En d'autres termes, la firme californienne agirait comme un grossiste de la donnée. Elle aspirerait le travail des rédactions pour le revendre ou le fournir en temps réel aux concepteurs de LLM, leur permettant d'entraîner leurs propres algorithmes sans jamais payer le moindre centime aux créateurs originaux. Cette affaire met donc aussi en lumière un risque de conformité majeur pour les utilisateurs de services d'IA. En effet, si vous intégrez des solutions d'intelligence artificielle tierces dans vos processus métiers, la provenance des données d'entraînement devient une véritable bombe à retardement juridique. Car le modèle économique de nombreux acteurs de l'intelligence artificielle repose encore sur un pillage massif et non rémunéré des données disponibles sur internet. Or, cette zone grise est en train de disparaître. Une jurisprudence explosive La première audience de cette affaire, fixée pour septembre prochain, pourrait bien créer une jurisprudence explosive. Si les tribunaux tranchent en faveur des éditeurs, les coûts d'exploitation des modèles de langage vont flamber, impactant directement les factures des entreprises clientes. Et voilà, normalement on a fait le tour du sujet. Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre site Zède Dé Net.fr, et retrouvez tous les jours un nouvel épisode du Zède Dé Tech sur vos plateformes de podcast préférées. Le ZD Tech est sur toutes les plateformes de podcast ! Abonnez-vous ! Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    3 min
  4. -5 j

    Un vol United Airlines vire au cauchemar en plein Atlantique, voici les trois leçons majeures à retenir de cet incident Bluetooth

    Voici un incident aérien fascinant. Il y a quelques jours, un vol United Airlines reliant l'aéroport de Newark à Palma de Majorque a dû faire demi-tour au beau milieu de l'Atlantique. Et la cause de ce revirement n'est ni une panne mécanique ni une tempête. C'est un appareil Bluetooth présent en cabine dont le nom, visible par tous, contenait le mot "bombe". Ce fait divers aérien, en apparence anecdotique, cache en réalité trois leçons majeures pour tout responsable des systèmes d'information. Ces appareils diffusent leur identifiant en clair à quiconque sonde le réseau Le premier point concerne le nom des appareils numériques visibles sur les réseaux sans fil. Concrètement, le protocole WiFi, ou ici le Bluetooth, facilitent la connexion entre vos différents équipements, de vos écouteurs sans fil à votre montre connectée. Mais le problème, c'est que par défaut, ces appareils diffusent leur identifiant en clair à quiconque sonde le réseau. Dans le cas de ce vol, la crise est née d'un simple nom d'appareil, une donnée modifiable librement par l'utilisateur en deux clics sur son smartphone. Même sans intention malveillante avérée, ce nom d'appareil a sonné comme une alarme, et à suffit à déclencher un protocole de sécurité maximal, c'est-à-dire le retour de l'avion à la case départ. L'asymétrie hallucinante des coûts des menaces de basse intensité Ensuite, cet événement souligne l'asymétrie hallucinante des coûts liés à ce qu'on appelle les menaces de basse intensité. Calculez un instant l'impact financier d'une telle alerte pour la compagnie aérienne. Le Boeing 767 a dû rebrousser chemin après quatre-vingt-dix minutes de vol. Ensuite il a fallu mobiliser un nouvel équipage, réorganiser la logistique de près de deux cents passagers, et bien sûr faire intervenir les forces de l'ordre sur le tarmac. Et enfin procéder à de nouvelles fouilles exhaustives. Tout cela à cause du nom d'un appareil électronique. Une approche artisanale due à l'urgence Enfin, l'incident met en lumière la fragilité criante des processus de réponse aux alertes technologiques. Face à la menace, l'équipage a dû demander, puis exiger avec insistance que tous les passagers désactivent manuellement leur connexion Bluetooth. C'est une approche tout à fait artisanale, due à l'urgence. Transposé au monde de l'entreprise, cela nous prouve qu'on ne peut absolument pas dépendre de la bonne volonté des utilisateurs pour circonscrire un risque. Votre infrastructure doit posséder des outils capables de détecter et d'isoler un signal suspect de manière chirurgicale, sans exiger une action humaine de l'ensemble de vos collaborateurs. Le ZD Tech est sur toutes les plateformes de podcast ! Abonnez-vous ! Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    3 min
  5. -6 j

    Comment l'intelligence artificielle devient un confident pour les jeunes

    Aujourd'hui, on met de côté les puces et les serveurs pour parler de sentiments. L'intelligence artificielle peut-elle devenir notre meilleur ami, voire notre partenaire de vie ? C'est la question posée par une vaste étude, et la réponse va forcer les décideurs technologiques à revoir leur copie sur l'expérience utilisateur. La fracture générationnelle est explosive Première leçon de cette enquête menée sur dix mille personnes à travers le monde, la fracture générationnelle est explosive. Près de la moitié des jeunes adultes estiment que d'ici dix ans, l'intelligence artificielle contribuera au bonheur global en offrant un véritable soutien affectif. En clair, la génération qui entre aujourd'hui sur le marché du travail et de la consommation n'attend plus seulement d'un agent conversationnel qu'il soit efficace. Elle attend qu'il soit empathique. Oui, cela peut déplaire aux plus âgés, mais l'outil technologique devient un confident. Le fossé idéologique entre l'Occident et l'Asie est immense Mais attention, l'acceptation de cette intimité de synthèse varie radicalement selon les zones géographiques. C'est notre deuxième point, le fossé idéologique entre l'Occident et l'Asie est immense sur ce point. L'étude met en effet en lumière une fracture béante dans la perception morale de ces technologies. En Indonésie par exemple, un sondé sur deux est prêt à s'en remettre à l'algorithme pour améliorer son bien-être affectif. En revanche, côté occidental, c'est la douche froide. Seulement 15 % d'opinions favorables en Allemagne pour ne citer qu'un seul chiffre. Concrètement, si vous êtes un dirigeant de la tech, vous ne pouvez plus déployer une stratégie globale uniforme pour vos assistants virtuels. Là où le marché asiatique perçoit la machine comme un partenaire potentiel, le consommateur européen y voit une menace pour l'authenticité des relations humaines. Il faudra donc adapter finement l'identité et les limites de vos intelligences artificielles selon les zones géographiques. Le tabou du hardware Enfin, le troisième axe stratégique concerne le passage du logiciel au matériel, le fameux hardware. Si flirter avec une application textuelle commence à entrer dans les mœurs, incarner cette intelligence artificielle dans le monde physique reste un tabou majeur. Seuls 17 % des sondés se disent prêts à interagir avec des poupées ou des robots équipés d'algorithmes. Bref, une très large majorité rejette cette idée. Et si les avancées en robotique s'accélèrent, pour l'industrie, le défi ne sera pas technique, mais éthique et légal. Le cadre réglementaire va donc inévitablement se durcir. Le ZD Tech est sur toutes les plateformes de podcast ! Abonnez-vous ! Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    3 min
  6. 5 juin

    Sous la menace d'une action en justice, l'École polytechnique annule sa migration vers Microsoft 365

    C'est un véritable coup de théâtre auquel vient d'assister en France le secteur de l'enseignement supérieur. Sous pression, la prestigieuse École polytechnique vient d'annuler sa migration vers Microsoft 365. Le cadre juridique se durcit sérieusement Ce revirement spectaculaire est d'abord le signe que le cadre juridique se durcit sérieusement. En tentant d'imposer l'écosystème Microsoft, Polytechnique s'est heurtée de plein fouet au Code de l'éducation, qui exige de prioriser les logiciels libres. Mais surtout, en migrant vers ces outils, l'école exposait les données sensibles de la recherche française aux lois extraterritoriales américaines, notamment le fameux Cloud Act. Sous la menace d'une action en justice menée par le Conseil National du Logiciel Libre, et face à la fronde de ses propres chercheurs, la direction a dû capituler. Ce dossier dépasse largement les murs de l'école Mais attention, ce dossier dépasse largement les murs de l'école. Car au même moment, l'autorité de protection des données autrichienne édicte que la version éducation de Microsoft 365 viole purement et simplement le RGPD, notamment en pistant les utilisateurs à des fins commerciales. Il est donc temps de sortir du déni. Les promesses d'hébergement localisé ne suffisent plus lorsque la société mère reste contrainte de livrer ses données sur simple injonction d'un juge outre-Atlantique. Quelle alternative s'offre aux décideurs ? Face à ce constat, quelle alternative s'offre aux décideurs ? Longtemps perçu comme complexe, le logiciel libre pourrait servir de levier stratégique. Le Conseil National du Logiciel Libre assure structurer une véritable filière d'accompagnement. L'objectif est d'aider les organisations à migrer vers des outils ouverts, souverains et interopérables. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    2 min
  7. 4 juin

    SeeLight S1, le nouveau robot humanoïde dopé à l'IA qui s'apprête à faire les corvées à votre place

    Direction la Chine où vient d'être déployé le tout premier robot humanoïde domestique dopé à l'intelligence artificielle. On est très loin du simple aspirateur automatique Il s'appelle SeeLight S1, et il est conçu par l'entreprise GigaAI. Et croyez-moi, on est très loin du simple aspirateur automatique. Loin de la robotique industrielle, où la machine répète inlassablement le même mouvement dans un environnement sous cloche, le SeeLight S1 casse ce paradigme grâce à ce que le fabricant appelle l'IA incarnée. Concrètement, le robot est équipé d'un modèle d'intelligence artificielle nommé GigaBrain 1, qui agit comme un véritable cerveau. Et il ne suit pas un script préétabli. Il analyse la tâche, comprend son environnement direct et planifie lui-même la trajectoire de ses bras pour accomplir des missions complexes, comme cuisiner, plier du linge ou faire un lit. Bref, les modèles d'IA passent de la simple génération de texte à la prise de décision physique en milieu instable. Mais attention, la technologie ne suffit pas, il faut un modèle économique. Une stratégie d'acquisition par la donnée Et c'est notre deuxième point. Comment vendre un robot qui coûte aujourd'hui près de vingt-huit mille euros l'unité ? GigaAI a choisi une stratégie d'acquisition par la donnée. En clair, l'entreprise va déployer gratuitement une centaine de ces robots dans des appartements pour des tests en conditions réelles. L'objectif n'est pas de faire du chiffre d'affaires immédiat, mais d'acheter de la donnée d'usage. Oui car les environnements domestiques sont chaotiques, avec des enfants, des animaux, des obstacles imprévus. En plaçant ces machines gratuitement chez des utilisateurs cibles, GigaAI récupère des millions de points de données pour entraîner son modèle face aux imprévus, tout en bâtissant la confiance du grand public. Maîtriser toute la chaîne de valeur Enfin, le troisième levier est éminemment stratégique et industriel. Derrière ce lancement, c'est toute une région chinoise qui se positionne. La province du Hubei a mis en place un fonds d'investissement de plus d'un milliard d'euros dédié à l'industrie de la robotique humanoïde. La volonté est évidemment de maîtriser toute la chaîne de valeur, du capteur logiciel aux moteurs physiques. Et cette intégration verticale agressive a un but très précis. GigaAI prévoit d'ouvrir sa propre usine dès la fin de l'année pour diviser par deux le coût de fabrication de son robot avant l'été prochain. Le ZD Tech est sur toutes les plateformes de podcast ! Abonnez-vous ! Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    3 min
  8. 3 juin

    Ce que l'accident inédit d'un bus autonome en Suède nous apprend sur les dangers d'une IA trop prudente

    Aujourd'hui, direction la Suède, pour analyser une collision routière qui fait du bruit. Et ce n'est pas seulement la collision d'un bus et d'un tramway, mais celle de l'innovation face à la réalité du terrain. Un véritable cas d'école La scène se déroule il y a quelques jours dans la bonne ville de Göteborg. Un bus autonome, fraîchement autorisé à embarquer ses premiers passagers, freine brusquement. Un tramway qui le suit le percute par l'arrière. Bilan, aucun blessé, mais le véhicule est immédiatement retiré de la circulation. Et derrière l'anecdote, c'est un véritable cas d'école. Car elle met en lumière le fait que les intelligences artificielles de conduite sont programmées pour une prudence absolue. Face à l'imprévu, elles s'arrêtent. Mais dans un trafic ouvert, cette prudence algorithmique devient paradoxalement un danger pour les conducteurs humains qui anticipent la fluidité, pas le respect tatillon et millimétré du code de la route. En clair, la performance d'un système autonome ne s'évalue pas en laboratoire, mais dans sa capacité à cohabiter avec l'irrationalité et les normes humaines. Le casse-tête de la mise à l'échelle Et c'est ce qui nous amène au deuxième levier stratégique de cette affaire, c'est à dire le casse-tête de la mise à l'échelle. Car si ce bus circulait, c'est grâce à une dérogation locale. Et en Europe, à ce jour, il n'existe toujours pas d'autorisation globale pour le déploiement commercial de robotaxis ou de navettes autonomes. En clair, chaque ville, chaque trajet exige son propre laissez-passer. En clair, on reste coincé dans l'ère des preuves de concept éternelles, incapable de transformer l'essai en un véritable modèle d'affaires paneuropéen. L'agent autonome manque cruellement de contexte métier Enfin, ce choc des réalités dépasse le secteur des transports. Et c'est notre troisième point. Toujours en Suède, à Stockholm cette fois, une autre expérimentation a récemment tourné à la farce. Un café a en effet confié sa gestion à Mona, une cyber-manageuse propulsée par une IA. Et le résultat est tout simplement catastrophique. La machine multiplie les commandes absurdes et bafoue allègrement le droit du travail local. Bref, que ce soit pour piloter un véhicule lourd ou gérer des ressources humaines, l'agent autonome manque cruellement de contexte métier. Déployer une telle technologie sans lui imposer des garde-fous stricts, liés aux régulations sociales ou à la physique du monde réel, conduit inévitablement à l'accident industriel ou juridique. Certes, l'innovation nécessite de l'audace, mais elle exige surtout un cadre. Le ZD Tech est sur toutes les plateformes de podcast ! Abonnez-vous ! Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    3 min

Notes et avis

4,3
sur 5
6 notes

À propos

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