Le Jardin des Délices

Jessie A. Chevin

J'ai commencé à écrire les premiers textes de ce podcast, si je puis l'appeler ainsi, en réaction à une stimulation artistique puissante. De celle qui vous domine. Vous submerge. L'exaltation devient incontrôlable. L'action, irrépressible. Et pourtant, j'ai attendu plus de six mois avant de franchir le pas de l'enregistrement et de la mise en ligne, par peur... Je dis beaucoup que je fonctionne à l'adrénaline (sûrement plus encore à la dopamine), mais ma principale source de mise en mouvement littéraire, aujourd'hui, c'est l'émulation artistique...

  1. 21/12/2025

    S02E07 - De Mes Lettres, rien

    De mes lettres, rien Rien Il ne reste rien. Avant, ici, il y avait une feuille de papier dont la blancheur immaculée annonçait un océan de possibles. Un horizon infini de souhaits tapissait les fibres recyclées d'un bois FSC. Des flammes affamées ont léché les lettres violettes, grignoté les lignes ornées de spirales et les escarbilles scintillantes de mon verbe exalté ont virevolté au gré vent vernal. Étoiles éphémères, remembrances d'impermanence. De mes lettres enflammées, il ne reste que fumée. Avant, ici, il y avait une feuille de papier dont la blancheur immaculée annonçait un océan de possibles. Rien. Il ne reste rien. Avant, ici, s'affichaient des mots doux, bienveillants, dont la puissance transcendait la souffrance, illuminait l'obscurité. Ils réchauffaient le cœur éperdu et enflammaient la plume créative d'une éblouissante lumière. Placée sur un piédestal, elle se sentait admirée. Dans le dos, des ailes ont surgi et, portée haut par le souffle divin de la poésie, elle se sentit capable de conquérir les mondes, de parcourir toutes leurs strates. Matérielles. Immatérielles. Marche-rêve sans substance qui erre à travers les voiles d'univers mystérieux. Puis, sans raison, les mots ont cessé d'arriver et l'incompréhension s'est installée jusqu'à entièrement envahir la psyché. Plusieurs fois, l'esprit s'est violemment effondré et, dans les ténèbres, les milliers de pièces du vase désormais brisé ne dénichent plus le fil d'or pour le ressouder. L'élan créatif s'est alors peu à peu essoufflé. Pétrifié par un silence indéterminé, il s'est étiolé. La source de joie s'est tarie et l'émerveillement s'est enfoui. Avant, ici, s'affichaient des mots doux, bienveillants, dont la puissance transcendait la souffrance et illuminait l'obscurité. Rien. Il ne reste rien. Avant, ici, il y avait des promesses censées être sincères d'un lien indicible, indéfectible, respectueux, précieux, sacré, comme si nos âmes s'étaient juré d'à jamais se protéger. Un refuge. Isolé de la violence extérieure. Un sanctuaire. Un cocon doux et cotonneux, soyeux dans lequel se lover pour l'éternité, en toute sérénité. Mais une autre est arrivée et en quelques mots, elle a tout ravagé sans une once d'humanité. Insultes, menaces, humiliations... Le choix de la destruction. Du lien autrefois protégé, il ne reste que le bonheur officiellement affiché d'un couple qui s'est sauvé, les miasmes d'une secrète jalousie déplacée et un dommage collatéral à l'amour enchaîné aux mots du passé. Avant, ici, il y avait des promesses censées être sincères d'un lien indicible, indéfectible, respectueux, précieux, sacré, comme si nos âmes s'étaient juré d'à jamais se protéger. Et il ne reste rien... Tout. Ici, il y a tout, tous les restes de mes riens et de leurs miettes à recoller avec la délicate soie de la néphile au doux fil doré qui s'est encore échappée. Dans le foyer nouvellement fondé, mes lettres mélancoliques ont fécondé l'âtre de la cheminé. Les flammes ont joué une danse romantique pour l'être aimé et les peaux érotisées se sont réchauffées. Des bris embrasés de mon cœur fissuré ne reste que les cendres du brasier de mon être ravagé qui se mêlent à la fumée et assombrissent mes cieux en voilant l'étoile qui guidait mes pas. Nuit noire de l'âme à l'obscurité bien opaque et délétère contre nouvelles espérances d'une vie durable et prospère. Ici, il y a tout, tous les restes de mes riens et de leurs miettes à recoller avec la délicate soie de la néphile au doux fil doré qui s'est encore échappée... 22 novembre 2025 Lire ou écouter l'épisode sur le site

    6 min
  2. 21/09/2025

    S02E06 - Art is resistance

    Art is resistance À bout de souffle. À bout de course. Stupeur et tremblements. Comment trouver l'inspiration lorsque l'inhumanité nous noie ? Comment continuer de croire en la puissance transcendantale et émancipatrice de l'art face à l'horreur qui inonde le monde ? La solution est-elle de se replier sur soi-même, en mode reclus.e, plus d'accès au monde et n'avoir que son nombril avec lequel discuter ? Se focaliser uniquement sur sa quête intérieure et quelques proches ? Est-ce que l'âme peut se nourrir de cette façon ? Et l'art, lui, est-il nourri ? Peut-il encore s'épanouir, se déployer sans nourriture sociale, sociétale, humaine ? Brisures de mon cœur, dites-moi comment me réparer et retrouver l'équilibre entre stupéfaction, revendications et création ? Actions ou paralysie. Se dissoudre dans les divertissements de masse pour oublier. Téter la culture éphémère peu nourricière au sein d'un ersatz de mère culturelle. La louve crie famine et de ses mamelles flétries ne suinte qu'un liquide appauvri d'images et de sons superficiels. Tout se ressemble et mon cerveau ralentit, abruti par la somme incommensurable de copier-coller récréatif. Décréatif. L'esprit se disloque et fond. Mes œillères sont épaisses, opaques. Elles m'isolent de la cruauté, du sadisme. Bulle de paix inhumaine, instant suspendu prolongé, hors du temps. Étouffer ce cri qui hurle en moi. Celui de l'impuissance, de l'inaction, de la collaboration passive de cellui qui voit mais n'agit pas. Par crainte, par douleur, par incapacité physique et mentale, par épuisement, par choix. Par sentiment d'inutilité. Désabusé.e.s. Soumis.e.s. Impuissance. S'avouer vaincu.e.s avant chaque tentative de mouvement créatif. Tristesse infinie. L'art peut-il seulement encore entrer en résistance ? Oui ! Leurs voix, en moi, me hurlent que, oui ! Tout est possible et que sans espoir il n'y a plus que l'avide néant qui de sa voracité engouffre en lui chaque parcelle de lumière pour les éteindre. Alors oui, créons ! Même si ces actes laissent en bouche un goût de liberté qui navigue vers une contrée incertaine à l'avenir compromis. Libérons-nous des entraves abominables de la cruauté pour la dénoncer. Pour redonner à l'humain son empathie, son humanité esSENStielle. Celle qui fait sens. Celle qui voit, qui ressent la souffrance des peuples dans sa chair, celle qui ressent la souffrance de la vie que l'on détruit et qui tend la main avec bienveillance. Sans oublier d'accueillir et de respirer. Choisir la poésie et l'écriture pour épancher ses états d'âme et les libérer des entraves liées à la peur. Celle d'entrer en action, de prendre des coups, d'être mutilé.e ou tué.e pour avoir osé s'exprimer ou s'opposer. Déclamer des mots qui pulsent, des mots qui vibrent, des mots qui percutent, des mots qui réveillent les âmes en enrobant les cœurs d'un réconfort chaleureux pour que nous puissions trouver en nous la force de continuer d'avancer. Choisir le dessin, la peinture, le graphisme pour imaginer un monde meilleur, ouvrir le champ des possibles, éveiller les consciences. Repousser les limites de notre réalité et la réparer. Concevoir de nouvelles sociétés à la frontière de l'utopie, des sociétés qui s'imbriquent entre elles de façon fluide et qui s'aiment, mettre en scène des horizons inédits. Choisir la sculpture, le modelage pour tester différentes perspectives de solutions, prendre de la hauteur, changer de point de vue en s'offrant la possibilité du dialogue, du débat en palabres respectueuses grâce au bâton de parole. Installer des espaces de liberté, élaborer des refuges sécures qui permettent à chacun d'incarner pleinement sa singularité dans le respect de cellui qui marche à ses côtés.

    8 min
  3. 25/08/2025

    S02E05 - Humaine

    Humaine J'aimerais que ma sensibilité soit une force, un atout inébranlable auquel me fier, un marche-pied solidement ancré vers l'arbre de la créativité. J'y cueillerai des rimes subtiles entre ses odorantes feuilles abondantes. Je me bercerais au milieu de mots lyriques nourris d'une sève chatoyante, à l'image des toiles des artistes coloristes exposé.e.s à la lumière éclatante du Sud. À l'ombre d'un figuier, mes lettres se parfumeraient de garrigue, de lavande et chanteraient les cigales, le soleil, la mer, peut-être aussi l'océan et son lointain ressac. Ou une timide rivière qui mène à une arche de pierre au cœur d'un vallon secret. "Sea, sex and burn" à coup de "Boys, boys, boys" dans la piscine, la joie innocente des batailles dans l'eau chlorée et de la fête de l'insouciance au milieu des champs de blé fauché. Canard en plastique et bouée de bain licorne multicolore. Plumes, paillettes et plateform shoes. Mais ma sensibilité, exacerbée par toutes mes sensorialités exaltées, se confronte au monde extérieur avec fracas. Le miroir intérieur s'étoile et les éclats fragilisent mon cœur, ma peau déjà à vif, irritée par la violence des échanges sociaux et les atrocités qui se multiplient. La lumière éclatante me brûle les pupilles et je me réfugie dans les brumes mystiques, le brouillard inquiétant qui joue avec les corps en les rendant éthérés, chimériques. Mélange du végétal, du minéral, de l'animal. Un seul être. Sauvage. Dryade, sorcière, nymphe, sirène ou encore renarde de feu... peu importe la forme pourvu qu'elle soit mêlée au Vivant et à la divine imagination issue du puits créatif commun. L'imagination, la Reine des facultés... Malaise. Réalité avilissante. Comment faire cohabiter deux opposés ? Comment jongler entre deux états d'être ? Lumière ou ombre. Spleen mélancolique face à extase mystique. Matérialité prosaïque contre imaginaire poétique. Comment jongler entre deux polarités ? Un pied de chaque côté d'un ravin sinueux et insondable. Grand écart fragile, sur la pointe des pieds, prête à glisser au moindre faux pas... écartelée...Et l'appel du vide qui menace. Le néant qui guette, tapi dans l'obscurité, résolu à surgir brutalement pour me lacérer de ses serres acérées et m'engloutir dans son ventre abyssal. (Déglutition.) Comment ne pas me perdre sur mon chemin ni être influencée par toutes les sources de stimulations, d'informations ? Dopamine à outrance et scroll infini. Comment trouver ma place d'objecteuse de croissance dans le trou noir du capitalisme exponentiel, irrationnel et individualiste ? Sourd à l'amour. J'étouffe dans cette société manichéenne qui ne cherche que le profit, le pouvoir, le clivage, en dépit des vies massacrées, opprimées, asservies à un jeu mortifère. Celui de la domination des minorités. Asservissement des masses. Une décision obligatoire. Injonction d'un choix raisonné. L'un Ou L'autre Marche Ou Crève Binarité inculquée, réductrice et cloisonnée. Pourquoi ne pas simplement accepter chaque partie telle qu'elle est, avec bienveillance, sans la remettre en question indéfiniment ? Laisser s'étioler les jugements haineux et ouvrir son cœur à la différence. Cette différence qui nous rassemble. Nous enrichit. L'autre est un cadeau. À la force de l'esprit, mêler les deux pôles pour se ressourcer, créer une vie à son image, loin du diktat des injonctions sociales et sociétales. Loin de l'horreur humaine inhumaine et rallumer une lueur d'espoir dans le cœur des âmes égarées, errantes, dans le labyrinthe de leur psyché tourmentée. La suite sur mon site

    9 min
  4. 23/07/2025

    S02E04 - Du Brasier de mes mots

    Du brasier de mes mots... Il est des personnes capables d'anéantir toute trace de lumière dans l'âme du monde, dans le cœur de l'âtre de la divine créativité, dont l'intention vicieuse se propage dans nos corps comme les épines de ronces indisciplinées. Il est des êtres capables d'anéantir le travail constructif de toute une vie en seulement quelques lignes, avec des mots parfaitement, ciblés, choisis, utilisés avec l'intention crasse de provoquer une souffrance intense, durable et pernicieuse. Face à ces êtres, seule une solution viable émerge : la création exutoire. Celle qui permettra d'expurger les souillures qui se sont immiscées dans chacune de nos failles pour atteindre l'étincelle qui anime notre existence. Comme le chat mange l'herbe pour extirper hors de lui les poils qui entravent sa digestion... Dans ce sens, chère Pyromane, je vous offre cette purge. Vos mots, Madame, sont imprégnés d'un poison perfide qui pénètre les profondeurs des corps jusqu'à les paralyser. Vous savez jouer avec les faiblesses de vos adversaires pour les brutaliser à coups de fûts, de panses et d'empattements. Chaque lettre, affûtée et rouillée, comme une lame toujours acérée, mais usée, s'enfonce en mon cœur déjà meurtri et, teintée de votre venin tétanique, elles le déchiquettent. Je les ressens, une par une, parcourir et électriser mes veines, les mettre en charpies. La sensation est tenace. Vous piétinez les liens sacrés, précieux, indéfectibles, sans état d'âme... Et de ma vie, vous éradiquez la muse...

    10 min
  5. 24/06/2025

    S02E03 - Midnight Feather Tales 2

    Midnight feather tales 2 Pardonnez, Monsieur, ces nouveaux mots de minuit, mais mes émotions me submergent et je ne parviens plus à les maîtriser. Même à coups de pelle... Alors, je m'empare une nouvelle fois de ma plume pour vous appeler à l'aide. Encore. Encore… (soupir) Vous seul semblez apaiser le dragon de feu qui dévore mes entrailles quand le quotidien me rattrape et que le sadisme sociétal m'engloutit dans son ventre abyssal. Chaque jour, un nouveau supplice est inventé dans ce monde manipulé par les oppresseureuses. Soumission des minorités ! Nettoyages ethniques ! Croissance infinie sur une Terre qui crève sous le joug de notre système d'opulences éphémères ! Je perds pied devant notre impuissance à lutter contre ces régimes destructeurs qui corrompent les âmes et offrent en sacrifice toutes ces vies innocentes aux dieux pouvoir et argent. Je sens en moi l'empreinte brûlante de notre Terre déchirée, consumée par l'avidité déraisonnée. C'est un brasier obscur qui ternit l'incandescence la plus pure. À cheval entre réel et imaginaire, mon dragon n'a d'ordinaire qu'une seule maîtresse... moi. (Sourire) Comme si vous pouviez réussir à domestiquer iXiar. Moi peut-être, mais lui restera libre et sauvage à jamais... c'est son essence, la liberté. Il est indomptable. Et, à travers le tumulte des abominations humaines, c'est la voie qu'il essaie de m'insuffler. Je l'entends. Il se rappelle à moi en implosions successives... Je l'ai trop contraint à se taire. Brisé par mes cloisons d'acier, il étouffe et ne demande qu'à s'échapper. Je l'ai soumis aux exigences de la trivialité en le bâillonnant et chaque assaut contre la mère nourricière est une nouvelle plaie béante au milieu des écailles qui couvrent sa peau reptilienne. Il souffre. Il attend qu'une âme sensible à ma détresse créative vienne le délivrer. Vous, peut-être ? Il n'espère plus rien de moi... Même ses ruades qui résonnent dans mon crâne et son souffle qui embrase mes cellules ne suffisent pas à le libérer du carcan de peur dans lequel je l'ai emprisonné. Le feu qu'il tente d'attiser s'est recouvert d'une couche épaisse de givre hiémal. Alors il est prostré, se tait, attend. Son silence hurle en moi, comme le vôtre, et me déchiquette le cœur. Je l'ai abandonné, rejeté, claustré, laissé pour mort dans un puits sans fond, loin de ma réalité... Et de la sienne, alors que sa gueule béante devrait orner mon cou désormais. À coups de pied... De pelle ! Lui ! Et les autres ! Voué.e.s à l'inexistence imaginaire ! Au milieu d'un goulu trou noir dont l'avidité légendaire obscurcit chaque lueur d'espoir, chaque luciole d'émerveillement ! Il ternit le souffle vital qui m'anime. L'étiole. Je ne suis plus qu'un pantin désarticulé sans mes étincelles de merveilles, sans étoile pour me guider. Dans la nuit, je les entends parfois murmurer. Iels chuchotent toustes ensemble des mots cinglants qui me rendent folle, moi, désormais imperméable à leurs réalités. Bruissement continu de plaintes enragées, inaudibles. Iels voilent mes jours et étirent mes nuits. Insomnies tapageuses ! Cris de désespoir créatif ! Rugissements mélancoliques ! Iels sont une colonie d'insectes qui ronge mes neurones pour me rappeler leur présence. Leurs mandibules acérées rognent chaque circonvolution méandrique de mon cerveau pour électriser l'intérieur de mon corps, l'irradier d'une douleur telle que je n'en ai jamais connue. Pour que je puisse me sentir exister. Pour que je puisse me reconnecter à ma réalité. À mon imaginaire. Ma réalité imaginaire. Celle qui imprègne une grande partie de ma psyché labyrinthique. [...] La suite sur mon site

    7 min
  6. 26/05/2025

    S02E02 - GALÁTEIA

    GALÁTEIA Vos mots, Monsieur, forment un cocon doux et cotonneux dans lequel j'ai envie de me lover pour le restant de mes jours. Moelleux, ils chuchotent à mon âme ce réconfort qu'elle réclame éperdument depuis des temps insondables et sur lequel elle rêve de s'appuyer pour s'épanouir pleinement. Vos mots résonnent en moi comme ces tambours qui font vibrer le sang dans chacune de mes veines. Ils m'appellent et m'étreignent, me poussent à agir, à écrire. Il n'y a que vos mots pour insuffler la grâce divine aux miens. Je sais que vos mots se teinteront de mes maux et qu'ils imprégneront mes mots en retour. Et inversement. Interdépendance. Ils intriquent déjà les saveurs opposées d'un espoir partagé. Ils construisent un nid douillet dans lequel peut se réfugier ma créativité pour s'y ressourcer avant d'expulser ces ombres qui souillent la nuit de mon âme... et de la vôtre. Suavité des mots. Mes vers se prélassent déjà sur les rives sulfureuses de vos poésies dont les lettres enrobent mes sens jusqu'à les exalter. Indolente satisfaction du soi. Vos mots chatouillent mon esprit de leurs reliefs taquins, Ils caressent ma peau de leurs ondulations sensuelles, Ils apaisent mon cœur de leur réconfortante douceur, Ils attisent mon âme de leur verve créative, Ils embrasent mon corps de leur fougue indomptable. J'ai envie de sentir leurs parfums m'enivrer jusqu'à baigner dans l'extase de leurs lettres. À leur côté, je me sens prête à chevaucher l'incertain et à dérober le monde pour y déposer mes maux les plus secrets. Je déchirerai les strates de la réalité pour rejoindre vos rêves. Fantasmes oniriques. Steppes givrées. Rivages endeuillés et falaises dévastées. Et les vagues qui continuent de m'appeler... Comme la forêt... Je vous rejoindrai ! Je vous rejoindrai et à vos pieds, en humble servante dédiée à l'éternelle muse créative, je déposerai une plume que j'aurai soigneusement choisie au milieu de mes ailes de crécerelle déchue et un fanon, que j'aurais discrètement subtilisé à la divine déesse des océans. Fragments de mon âme morcelée. Offrandes à la douce Muse qui illumine mes nuits... Du 15 février - 6 avril 2024 À l'étoile qui éclaire mes nuits.

    4 min
  7. 27/04/2025

    S02E01 - Lux ex tenebris

    Aprèsplus d'un an de stand by, Le Jardin des Délices renaîtavec, je l'espère, une puissance qui transcende les turpitudes denos vies engoncées dans un quotidien sociétal dévoreurd'innocence, de rêves et de merveilles. Lechemin de la créativité est toujours mouvementé et lesinterrogations multiples qui traversent l'esprit d'un.e artisteprovoquent doute, confusion, perte de repères et, dans le pire descas, une chute sans fin dans le néant. Sansfin... Enfin,en apparence seulement. Lapermanence de la chute est une illusion et, bien souvent, le choc dufond, est un tremplin pour rebondir, pour nourrir notre résilience,comme le fond d'une piscine sert d'appui pour remonter à la surfaceet émerger puissamment de l'eau. Vers la lumière. "L'éclaircievient après la pluie. Itcan't rain all the time, Thesky won't fall forever."* Cesderniers mois, une multitude de peurs m'ont envahie. Certainesrationnelles, notamment la peur de me répéter et d'ennuyer le.alecteurice/auditeurice. Cette réflexion peut se révéler à la foisnourrissante et pourrissante. Paralysante. Et je n'y ai pas échappé. Peurde la redondance, fuite de la plume, quotidien engloutisseur d'âme,nouvelle impulsion, nouvelle traversée du désert textuel, nouvellemuse, menace et cruauté, chute dans un gouffre sans fond,diagnostics, maladies, troubles, emmêlements de lettres et de maux,peur de ne pas retrouver ma voix/voie, plongeon dans mes méandresobscurs et cryptiques, fragmentation du moi, acceptations de zonesd'ombres bien dissimulées par une lumière de façade, changement devoie, de vie... Ajoutonsces interrogations qui me taraudent sans cesse... Faut-iltrouver en soi l'inspiration solide ou choisir la muse ad vitamæternam ? Ai-je seulement envie de trancher ? Les deux nepeuvent-ils s'entremêler jusqu'à fusionner ? Etpuis... Luxex tenebris... Lalumière... "Thereis a crack, a crack in everything, that's how the light gets in."**,poétisait ce cher Leonard. Lalumière... Cellequi traverse chaque fissure pour illuminer nos âmes enténébréespar nos démons, mais aussi par cette société décadente qui nousaliène, malgré nous, même lorsque nous essayons de nous enpréserver ou d'en arpenter les sentiers tortueux en évitant d'êtreéclaboussé.e.s par la boue fétide que gerbent en logorrhéesinfâmes nos émissaires nationaux et internationaux enprévaricateureuses notoires et assumé.e.s. Iels pourrissent leterreau dans lequel les artistes tentent de retrouver les racines deleur créativité libérée de tout carcan, ainsi que de la censuresuprémaciste blanche hétéro-cis-genre bien masculinisée. Excusezmon verbe acide et acerbe, mais, entre autre, la (re)montée dufascisme, du racisme, de l'homophobie, du sexisme, de la transphobie,du classisme, la réécriture de l'histoire associée et la luttecontre l'inclusivité et la différence qui se sont réamorcées meglacent d'effroi et attisent mon âme contestataire. Lanoirceur est corrosive, elle s'infiltre dans toutes les strates denos réalités. Alors,pour nous apaiser, repartons ensemble explorer les sentierstourmentés et tumultueux de la créativité. Ilssont nourris des fêlures du monde. Ilssont nourris des fêlures du soi. L'unne va jamais sans l'autre... Émoisdu monde qui imprègnent les traits vifs qui croquent nos vies... Ouvronsles yeux sur nous-mêmes. Allonschercher dans nos gouffres les plus profonds cette lueur qui miroiteà la surface de nos miasmes et aidons-la à flamboyer. Elleirradiera sa force pour anéantir les ténèbres qui noircissentl'horizon de nos vies. Choisissonsde travailler ensemble pour illuminer nos âmes, faisons scintillernos pupilles, exultons-nous devant les nues étoilées et devantchaque étincelle du Vivant qui s'extirpe hors de l'ombre. Respironsl'espoir d'une existence douce. [...]

    8 min

Notes et avis

À propos

J'ai commencé à écrire les premiers textes de ce podcast, si je puis l'appeler ainsi, en réaction à une stimulation artistique puissante. De celle qui vous domine. Vous submerge. L'exaltation devient incontrôlable. L'action, irrépressible. Et pourtant, j'ai attendu plus de six mois avant de franchir le pas de l'enregistrement et de la mise en ligne, par peur... Je dis beaucoup que je fonctionne à l'adrénaline (sûrement plus encore à la dopamine), mais ma principale source de mise en mouvement littéraire, aujourd'hui, c'est l'émulation artistique...