Les Classiques de l'économie

Une notion de base de l’économie expliquée par Natacha Valla du lundi au vendredi, à 6h20. Pour ne rater aucun épisode des Classiques de l'économie, n'hésitez pas à vous abonner. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  1. -2 j

    Ronald Coase, l'économiste qui a révolutionné la théorie de l'entreprise

    Aujourd'hui dans "Les classiques de l'économie", Nathalie Janson explore la vie et l'œuvre de Ronald Coase, l'un des économistes les plus influents du XXe siècle. Né à Londres en 1910, il a étudié à la prestigieuse London School of Economics avant de rejoindre l'Université de Chicago, où il est devenu une figure emblématique de l'économie du droit. Son approche se distingue par son style particulier, axé sur l'observation du monde réel plutôt que sur les modèles mathématiques abstraits. Au cœur de la réflexion de Ronald Coase se trouve une question simple, mais fondamentale : pourquoi l'économie n'est-elle pas seulement un grand marché ? En effet, il a remarqué que les transactions directes sur le marché génèrent des coûts de transaction non négligeables, liés à la recherche d'informations, à la négociation des contrats ou encore à la gestion des litiges. C'est cette intuition qui l'a conduit à repenser la nature de l'entreprise. Loin d'être une simple fonction de production, l'entreprise est une institution qui permet d'économiser ces coûts de transaction en remplaçant une série de contrats marchands par une organisation hiérarchique. Ainsi, l'entreprise devient une alternative au marché, dont la frontière se situe là où le coût d'organisation interne devient supérieur au coût de recours au marché. Ses travaux ont profondément marqué l'économie industrielle et inspiré de nombreux économistes, comme Oliver Williamson, prix Nobel en 2009, qui a prolongé ses réflexions sur les raisons de l'intégration ou de l'externalisation des activités au sein de l'entreprise. Mais l'héritage de Ronald Coase ne s'arrête pas là. Son célèbre « théorème de Coase » a également bouleversé la façon d'appréhender les externalités, comme la pollution. Selon lui, si les droits de propriété sont clairement définis et les coûts de transaction faibles, les acteurs peuvent négocier une solution efficace, remettant en cause l'idée selon laquelle il faudrait simplement taxer l'entreprise polluante. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    5 min
  2. -3 j

    La Fed, une banque centrale devenue trop puissante ?

    Dans cet épisode passionnant du podcast "Les classiques de l'économie", Nathalie Janson nous éclaire sur les enjeux de la première réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) sous la présidence de Kevin Warsh. Au-delà de la simple question du niveau des taux d'intérêt, elle explique que la véritable préoccupation de Kevin Warsh concerne la taille démesurée du bilan de la Fed, devenue une institution presque incontournable depuis la crise financière de 2008. Avec un bilan passé de moins de 1 000 milliards de dollars avant la crise à plus de 9 000 milliards aujourd'hui, la Fed a pris une place prépondérante sur les marchés de la dette publique et du crédit immobilier, influençant directement les conditions de financement de l'État fédéral et du logement. Selon la professeure d'économie, cette situation soulève des questions politiques importantes, car elle brouille la frontière entre politique monétaire, financement de l'État et soutien permanent aux marchés. Kevin Warsh, en bon défenseur de l'orthodoxie monétaire, considère que la Fed ne doit pas occuper une telle place et souhaite engager une normalisation plus structurelle de son bilan. L'épisode nous montre également comment le changement de paradigme opérationnel de la Fed, passée d'un pilotage du taux directeur par la gestion de réserves rares à un pilotage par la rémunération de réserves abondantes, a pu affaiblir certains signaux de marché et rendre la politique monétaire moins efficace. Nathalie Janson explique ainsi que le retour à la normale supposerait de revoir certaines règles de liquidité et de redonner un vrai rôle au marché interbancaire. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    5 min
  3. 12 juin

    Edmund Phelps, le visionnaire de la courbe de Phillips

    Aujourd'hui dans "Les classiques de l'économie", Nathalie Janson rend hommage à Edmund Phelps, éminent économiste décédé en mai dernier. Il a profondément marqué la pensée économique du XXe siècle en remettant en cause l'idée d'un arbitrage durable entre inflation et chômage. Formé à Amherst College, il a passé l'essentiel de sa carrière à l'Université Columbia à partir de 1971. En 2006, il a été récompensé par le prix Nobel d'économie pour ses travaux sur les arbitrages intertemporels, montrant que les décisions économiques d'aujourd'hui ont des conséquences demain et que les individus ne restent pas passifs face aux politiques publiques. Nathalie Janson revient en détail sur la contribution majeure de Phelps à la compréhension de la courbe de Phillips. Alors que la macroéconomie keynésienne des années 1950-60 postulait l'existence d'un arbitrage durable entre inflation et chômage, Edmund Phelps, en même temps que Milton Friedman, a démontré que cet arbitrage ne pouvait fonctionner que temporairement, le temps que les salariés sous-estiment l'inflation. Une fois que les anticipations d'inflation s'ajustent, toute tentative de faire baisser artificiellement le chômage par l'inflation se traduit surtout par davantage d'inflation, sans gain durable sur l'emploi. Ce renversement de perspective a profondément influencé la conduite de la politique monétaire par les banques centrales depuis les années 1980. Celles-ci accordent désormais une importance centrale aux anticipations d'inflation, leur crédibilité étant devenue un actif économique majeur. Son héritage se retrouve également dans les travaux des nouveaux keynésiens comme Stanley Fischer ou Olivier Blanchard, ainsi que dans l'économie du travail avec les prix Nobel Diamond, Dale Mortensen et Christopher Pissarides. Au-delà de l'inflation et du chômage, Nathalie Janson souligne qu'Edmund Phelps s'est intéressé à de nombreux autres sujets, contribuant à ouvrir la macroéconomie aux questions de dynamique, de structures et d'institutions. Un économiste dont l'influence traverse les décennies. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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