À l’automne, tu peux avoir l’impression que ton énergie descend en même temps que les températures. Tu te réveilles plus difficilement. Tu traînes une fatigue dans la journée. Tu as moins d’élan, moins de concentration et parfois même moins de patience. Et très vite, on met tout sur le dos de la saison. Il fait plus sombre. Les journées raccourcissent. Le rythme de la rentrée a repris. C’est normal d’être fatiguée. Oui, l’automne peut jouer sur ton énergie. Nous en avons parlé dans le premier épisode. La diminution de la lumière, le changement de rythme et le retour à des journées plus chargées peuvent demander un temps d’adaptation à ton organisme.Mais toute fatigue d’automne n’est pas une fatigue saisonnière.Parfois, l’automne ne crée pas vraiment la fatigue. Il rend simplement plus visible une fatigue qui était déjà là. L’été permet parfois de tenir plus facilement En été, les journées sont plus longues. Tu passes davantage de temps dehors. Il peut y avoir les vacances, un rythme professionnel différent, moins de trajets ou moins de contraintes horaires. Même lorsque tu es fatiguée, la lumière, les activités et le changement de rythme peuvent t’aider à compenser. Puis septembre arrive.Les réveils sont plus cadrés. Les journées se remplissent. Les enfants reprennent l’école. Les embouteillages reviennent. La charge mentale augmente. La lumière diminue et les moments de récupération se font parfois plus rares. Une fatigue jusque-là supportable devient beaucoup plus difficile à ignorer.La saison peut donc agir comme un révélateur. Et c’est là que j’ai envie de t’inviter à ne pas répondre trop vite à ta fatigue avec un complément alimentaire acheté au hasard.Avant de chercher ce que tu pourrais prendre, essaie de comprendre comment ta fatigue se manifeste. Toutes les fatigues ne se ressemblent pas Il y a une différence entre avoir un petit coup de mou à la fin d’une journée bien remplie et se réveiller déjà épuisée. Il y a aussi une différence entre manquer ponctuellement de sommeil et avoir la sensation de ne jamais récupérer, même après une nuit apparemment complète. Observe à quel moment ta fatigue apparaît. Si tu es épuisée dès le réveil, demande-toi si ton sommeil est réellement réparateur. Il est possible de passer suffisamment d’heures au lit tout en ayant un sommeil fragmenté par des réveils, des bouffées de chaleur, du stress, des douleurs, des ronflements ou des apnées du sommeil. Chez les femmes, les apnées ne se manifestent pas toujours par des ronflements très bruyants. Elles peuvent parfois prendre la forme d’une fatigue persistante, de maux de tête au réveil, d’insomnies ou de troubles de l’humeur. Si ta fatigue apparaît surtout après les repas, observe ce que tu as mangé, mais également la quantité. Un repas très copieux ou composé principalement de produits sucrés ou raffinés peut accentuer le coup de barre. Cela ne permet pas, à lui seul, de conclure que tu as un problème de glycémie ou une résistance à l’insuline. C’est simplement une information à noter. Si tu te sens essoufflée beaucoup plus rapidement qu’avant, si tu as des palpitations, des vertiges, des maux de tête, une sensation de faiblesse ou si tu trouves ton teint plus pâle, cela mérite aussi ton attention. C’est particulièrement important si tes règles sont abondantes ou longues. Des pertes de sang régulières peuvent progressivement réduire les réserves de fer et conduire à une anémie. La fatigue peut alors s’accompagner d’un essoufflement à l’effort, de difficultés de concentration, d’irritabilité, d’ongles fragiles ou parfois de jambes sans repos. Une fatigue accompagnée de frilosité inhabituelle, de constipation, d’une peau plus sèche, de crampes, d’une prise de poids inexpliquée ou d’un ralentissement général peut également conduire ton médecin à explorer le fonctionnement de ta thyroïde. Ces signes ne permettent pas de poser toi-même un diagnostic. Ils servent simplement à comprendre que ton corps ne te parle pas toujours uniquement de l’automne. Et si tu traversais une périménopause ? À partir de la quarantaine, parfois avant, les variations hormonales de la périménopause peuvent aussi modifier ton énergie. Les cycles peuvent changer. Le flux des règles peut devenir plus abondant ou plus irrégulier. Le sommeil peut être perturbé. Des réveils nocturnes, des bouffées de chaleur, une irritabilité, un brouillard mental ou une fatigue persistante peuvent apparaître. Là encore, il est facile de penser que l’on supporte simplement moins bien l’automne, le travail ou le rythme familial. Mais si plusieurs changements arrivent en même temps, il peut être utile d’en parler avec un professionnel de santé. Non, tu n’as pas forcément besoin d’une “cure d’automne” Magnésium, fer, vitamine D, vitamine B12, zinc… À cette période de l’année, les propositions de cures se multiplient. Les compléments peuvent être intéressants lorsqu’ils répondent à un besoin réel. Ils ne sont simplement pas interchangeables et ils ne corrigent pas toutes les formes de fatigue. Prendre du fer parce que l’on se sent fatiguée n’est pas anodin. Le fer se conseille en fonction de la situation, des symptômes et, lorsque c’est nécessaire, d’un bilan biologique. Il en va de même pour la vitamine D. Le besoin n’est pas identique pour tout le monde et prendre davantage n’est pas forcément plus efficace. Même le magnésium ne peut pas compenser durablement des nuits trop courtes, une alimentation insuffisante, une charge mentale permanente ou un trouble qui nécessite une prise en charge. Mon rôle de naturopathe est aussi de t’aider à utiliser les compléments de façon plus juste, et non de te faire croire qu’une poignée de gélules peut effacer tous les messages envoyés par ton corps. Ton action : créer la carte d’identité de ta fatigue Aujourd’hui, je ne vais pas te demander d’ajouter une nouvelle habitude à ton emploi du temps. Je te propose simplement de prendre deux minutes pour compléter ces quatre phrases : * Ma fatigue a commencé… * Elle est surtout présente… * Le repos l’améliore… beaucoup, un peu ou pas du tout. * Elle s’accompagne de… Tu peux noter, par exemple : « Ma fatigue était déjà présente avant l’automne. Elle est forte au réveil et revient après le déjeuner. Dormir plus le week-end ne change pas grand-chose. J’ai également des règles plus abondantes et je suis davantage essoufflée dans les escaliers. » Cette petite carte d’identité sera beaucoup plus utile qu’un simple « je suis fatiguée ». Elle peut t’aider à mieux comprendre ce que tu vis et à l’expliquer plus précisément à ton médecin, à ta sage-femme ou au professionnel qui t’accompagne. Selon ton histoire et tes symptômes, ton médecin pourra juger utile d’explorer certaines pistes avec, par exemple, une numération sanguine, les réserves en fer, la thyroïde, la glycémie ou certaines vitamines. Mais il n’existe pas une liste d’analyses obligatoire pour toutes les femmes. Un bilan se choisit en fonction de chaque situation. Quand faut-il consulter ? Il est préférable de prendre rendez-vous lorsque la fatigue persiste, s’intensifie, perturbe ton quotidien ou s’accompagne d’autres symptômes. Une douleur dans la poitrine, un essoufflement important ou présent au repos, un malaise, une perte de connaissance ou une dégradation brutale nécessitent une évaluation médicale rapide. Tu n’as pas besoin d’attendre d’être complètement épuisée pour demander de l’aide. L’automne demande parfois de ralentir un peu. Mais ralentir ne doit pas signifier banaliser une fatigue qui s’installe ou qui t’empêche de vivre normalement. Alors, aujourd’hui, pose-toi cette question : Ma fatigue est-elle réellement apparue avec l’automne, ou l’automne a-t-il simplement rendu plus difficile à ignorer ce qui était déjà là ? Dans le prochain et dernier épisode, nous préparerons une trousse naturelle d’automne simple et raisonnable, avec des remèdes à choisir selon tes besoins, sans acheter toute la pharmacie. Julie This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit julienaturo.substack.com