J'habite où je lutte

Vanessa Jérome et Pierre-Luc Landry

J’habite où je lutte est un balado de recherche-création présentant une série de conversations thématiques. Changement climatique, perte de la biodiversité, insuffisances démocratiques, montée des inégalités et des exclusions sont autant de thèmes qui nourrissent ces conversations qui entrelacent arts, littérature et sciences humaines et sociales pour cerner au plus juste les défis du moment et envisager des scénarios de transformation du monde depuis une perspective intellectuelle et artistique. Interdisciplinaires, ces conversations sont conçues comme un lieu de discussion et d’expérimentation pour le grand public autant que pour les professionel·les et les artistes des domaines convoqués. Elles mobilisent des acteurs et actrices du monde des arts et des médias, de la recherche et de l’enseignement, qui se rassemblent autour d’une volonté commune : construire un espace public critique, et engagé dans la transformation du monde. Construites à partir d’une grande variété de productions - textes publiés ou inachevés, photos, récits, œuvres littéraires, musiques et sons incalculés, vidéos, images, réflexions saisies sur le vif -, chaque conversation est un lieu d’accueil des diversités, et offre l’occasion d’entendre une sélection d’histoires, personnelles ou communautaires, ancrées dans la francophonie d’aujourd’hui.

Épisodes

  1. 29/09/2025 ·  Bonus

    Épisode 3 — Pétale 1 — Entretien avec Philippe Yong

    Imaginant Montréal comme “la Babylone parfaite, multiculturelle et ouverte” qu’elle incarne parfois au yeux de celleux qui sont de passage, Philippe Yong s’est laissé séduire par la plus francophone des métropoles nord-américaines. Venu en famille “tenter sa chance”, il a dû refaire ses preuves en tant qu’enseignant dans un monde professionnel où les titres scolaires et l’expérience acquise ailleurs ne valent pas toujours ce que l’on imagine. Ni tout à fait l’égal de Québécois·es aux yeux desquel·les il reste un immigré, ni tout à fait chez lui dans une France qui ne lui est plus si familière, il vit sa migration comme un décentrement. Exilé de l’intérieur, son centre de gravité oscille, “perdu quelque part au milieu de l’Atlantique”. Du sentiment d’incomplétude, de trouble identitaire et de la nécessité de s’ancrer ici malgré des forces contraires, il a fait la matière de ses deux premiers romans. Des personnages sensibles, déracinés, prennent vie dans les pages qu’il n’aurait sûrement jamais écrites s’il était resté à Paris. C’est ainsi dans la cité montréalaise, dont la cartographie lui échappe encore en partie, qu’il est devenu écrivain. Un statut qui est aussi l’occasion de faire de belles rencontres et de persévérer dans la découverte de cette terre d’Amérique du Nord qui reste, à ses yeux, en partie insaisissable. Pour consulter la biographie de notre invité Philippe Yong, la liste des textes cités dans l’épisode et d’autres ressources, rendez-vous sur notre site web à l’adresse jhabiteoujelutte.com

    56 min
  2. 15/09/2025

    Épisode 3 — Exils — Noyau — Habiter l'exil

    “Déplacé·es”, “déraciné·es”, “exilé·es”, “réfugié·es”, “expatrié·es”, “immigré·es/émigré·es”... tant d’images, pour ne pas dire de clichés, tant de jugements, pour ne pas dire d’injustices et de discriminations, accompagnent les termes qui s’offrent dans notre vocabulaire pour nommer les réalités et les expériences nécessairement plurielles de celles et ceux qui ne sont pas resté·es là où iels sont né·es. Enseignant·es, chercheur·euses, écrivain·es, artiste·s, nos invité·es ont accepté avec beaucoup de sincérité et de générosité de parler de leurs déplacements. Plus ou moins forcés et fréquents, ces derniers font sens en tant qu’agencements complexes d’espoirs, de rencontres et de déchirements. Toujours là-bas et en même temps ici, peut-être bientôt ailleurs, nos invité·es vivent à l’endroit où se tiennent celleux qui apprennent à s’inscrire dans des lieux inconnus, peuplés de gens qui ne les attendaient pas. Étranger·ères aux yeux des autres et parfois à elleux-mêmes, iels s’expérimentent dans l’entre-deux, dans l’interstice - instables, hybrides, ambivalent·es, en mouvement. Notre hôte Au moment de la création de J’habite où je lutte, nous avions le désir que ce projet soit un espace d’accueil et de rencontres, appropriable par toutes celles et tous ceux qui partagent notre envie de penser le monde et de le transformer. Nous sommes donc ravi·es que Florian Grandena nous ait proposé de travailler, pour ce troisième épisode, sur le thème de l’exil. Pour exprimer toutes ses complexités, nous avons pensé cet épisode comme une fleur. Autour du noyau qu’est cette table ronde s’organisent plusieurs pétales faits d’entretiens individuels. Dans une conversation-tige, nous déployons, pour finir, quelques réflexions suscitées par les échanges avec nos invité·es et par la lecture de textes que nous nous réjouissons de vous faire (re)découvrir. Pour consulter la liste des textes cités, la biographie de nos invité·es et d’autres références liées à l’épisode, visitez notre site web à l’adresse jhabiteoujelutte.com.

    1 h 48 min
  3. 11/02/2025

    Épisode 2 - Échecs (Partie 1 - Entretien)

    Vies rêvées, corps parfaits, richesses et voluptés s’étalent au fil de nos heures instagramées, tiktokées. Derrière les façades de nos écrans aux lumières bleutées, une réalité: celle des corps qui souffrent, des esprits qui déraillent, des âmes qui se fendillent. Qu’importe. L’échec est tabou. Il n’est pas question d’en parler. Lovés dans les mots de Sartre et de beaucoup d’autres écrivain·es ou artistes, Éric Mathieu et Florian Grandena ont lancé une invitation: réfléchir librement à l’échec, pour lui même, pour de vrai. L’ouvrage Échecs et vomissements. Réflexions sur l’insuccès comme mode et de vie et philosophie, rassemble douze contributions. À l’endroit des doutes existentiels, des déchirements culturels et linguistiques, des déraillements professionnels, chacune conteste et défie, à sa manière, la tyrannie du succès dans laquelle nous vivons. Toutes invitent à nous laisser porter par l’échec, à le faire vivre à notre côté, à transformer son côtoiement inéluctable en pratique, en art de la création. “Essayer encore. Rater encore. Rater mieux encore”, écrivait Samuel Beckett. Une formule que les auteurices de l’ouvrage nous invitent à transformer en mode de vie, en philosophie. Textes citésSamuel Beckett, Cap au pireJean Cocteau, Le coq et l’arlequinGustave Flaubert, Madame BovaryFlorian Grandena et Éric Mathieu (dir.), Échecs et vomissementsJack Halberstam, The Queer Art of FailureJean-Paul Sartre, L’idiot de la familleAutres ressourcesChronique de Vanessa Jérôme à propos du livre sur les ondes de Radio-Canada

    1 h 16 min
  4. Épisode 1 - Bonus 1 - Discussion autour de l'article "From Safe Spaces to Brave Spaces"

    22/10/2024 ·  Bonus

    Épisode 1 - Bonus 1 - Discussion autour de l'article "From Safe Spaces to Brave Spaces"

    Dans ce texte à vocation pédagogique, les auteurices déconstruisent les pièges qui se cachent derrière les règles de discussion qui ont largement circulé dans les contextes scolaires depuis la théorisation, dans les années 1990, de la notion d’“espace sécuritaire”. Dénonçant l’escapisme relationnel qui résulte de la volonté de préserver à tout prix la sécurité des échanges et des participant·es, iels invitent à entrer avec courage en conversation et à tenir (à) la relation aussi longtemps qu’il faut pour exprimer avec honnêteté ses pensées, s’accorder -ou se disputer-, construire enfin une nouvelle réalité dans l’intelligence et le respect de soi, et des autres. Textes cités Brian Arao, Kristi Clemens, « From Safe Spaces to Brave Spaces: A New Way to Frame Dialogue Around Diversity and Social Justice », dans The Art of Effective Facilitation, Stylus Publishing, 2013, p. 135-150. https://www.anselm.edu/sites/default/files/Documents/Center%20for%20Teaching%20Excellence/From%20Safe%20Spaces%20to%20Brave%20Spaces.pdf Kimberlé Crenshaw, « Demarginalizing the Intersection of Race and Sex: A Black Feminist Critique of Antidiscrimination Doctrine, Feminist Theory and Antiracist Politics », University of Chicago Legal Forum, 1989, p. 139-67. https://chicagounbound.uchicago.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1052&context=uclf Éléonore Lépinard, Sarah Mazouz, Pour l’intersectionnalité, Anamosa, 2021. Lee Maracle, My Conversations with Canadians, Book*hug Press, 2017.

    29 min
  5. Épisode 1 - Conversations

    01/10/2024

    Épisode 1 - Conversations

    Une conversation est une rencontre. La nôtre s’est nouée autour d’un échange épistolaire que nous avons l’impudeur de partager avec vous, en espérant qu’il vous aide à comprendre le pourquoi et le comment de notre projet et de ce premier épisode. Notre rencontre a vite porté d’autres fruits, nourris par la lecture de Lee Maracle, autrice de la Nation Stó:lō. Ses “conversations avec les Canadien·nes” sont des propositions de réflexions sur la notion de territoire et sur les liens, plus ou moins ténus et problématiques, que né·es au Canada et migrant·es entretiennent avec celui-ci. Grâce à son texte et aux réflexions qu’il a suscitées, nous vous proposons de plonger dans les méandres des effets toujours vivaces de la colonisation de l’Ouest canadien et de réfléchir, avec passion et humilité, à ce que pourraient être des formes respectueuses -et joyeuses- de vie sur le territoire non cédé de Colombie-Britannique. Textes cités James Baldwin, Retour dans l’oeil du cyclone, traduit de l’anglais par Hélène Borraz, Christian Bourgois, 2015. Billy-Ray Belcourt, Cette blessure est un territoire, traduit de l’anglais par Mishka Lavigne, Éditions Triptyque, Queer, 2019. Thomas King, The Truth about Stories. A Native Narrative, House of Anansi Press, 2003. Nicolas Bourriaud, Esthétique relationnelle, Les Presses du réel, 1998. Vanessa Jérome, « J’habite où le lutte », AOC Media, 2022, online https://aoc.media/opinion/2022/11/14/jhabite-ou-je-lutte-une-lettre-du-canada/ Lee Maracle, Le chant du corbeau, traduit de l’anglais par Joanie Demers, Mémoire d’encrier, 2019. Lee Maracle, My Conversations with Canadians, Book*hug Press, 2017. Lee Maracle, Treize conversations, traduit de l’anglais par Anne-Marie Régimbald, Varia, 2022. Paul B. Preciado, Testo Junkie. Sexe, drogue et biopolitique, J’ai Lu, 2014. Karine Rosso, Nicholas Dawson, Nous sommes un continent. Correspondance mestiza, Éditions Triptyque, Difforme, 2021. Autres ressources ALBUM AUDIO : Stéphanie Lapointe, Donne-moi quelque chose qui ne finit pas, Musicor, 2009. https://youtube.com/playlist?list=OLAK5uy_kMCiuRU6yS3i6Iey7We1c6sTj1T-w0RWU&si=tzI8Z5lyWfqDWcff PHOTOGRAPHIE : Jaime Black, Conversations with the land Serie. Lean To, Performance, Plug In Institute of Contemporary Art, Winnipeg MB., 2017. https://www.jaimeblackartist.com/portfolio/conversations-with-the-land/ SÉRIE VIDÉO : Forensic Files, « With Every Breath », saison 4, épisode 12, Medstar Television, 1999. https://www.youtube.com/watch?v=HaYV41NbM9k

    1 h 27 min

Notes et avis

5
sur 5
2 notes

À propos

J’habite où je lutte est un balado de recherche-création présentant une série de conversations thématiques. Changement climatique, perte de la biodiversité, insuffisances démocratiques, montée des inégalités et des exclusions sont autant de thèmes qui nourrissent ces conversations qui entrelacent arts, littérature et sciences humaines et sociales pour cerner au plus juste les défis du moment et envisager des scénarios de transformation du monde depuis une perspective intellectuelle et artistique. Interdisciplinaires, ces conversations sont conçues comme un lieu de discussion et d’expérimentation pour le grand public autant que pour les professionel·les et les artistes des domaines convoqués. Elles mobilisent des acteurs et actrices du monde des arts et des médias, de la recherche et de l’enseignement, qui se rassemblent autour d’une volonté commune : construire un espace public critique, et engagé dans la transformation du monde. Construites à partir d’une grande variété de productions - textes publiés ou inachevés, photos, récits, œuvres littéraires, musiques et sons incalculés, vidéos, images, réflexions saisies sur le vif -, chaque conversation est un lieu d’accueil des diversités, et offre l’occasion d’entendre une sélection d’histoires, personnelles ou communautaires, ancrées dans la francophonie d’aujourd’hui.