J'habite où je lutte

Vanessa Jérome et Pierre-Luc Landry

J’habite où je lutte est un balado de recherche-création présentant une série de conversations thématiques. Changement climatique, perte de la biodiversité, insuffisances démocratiques, montée des inégalités et des exclusions sont autant de thèmes qui nourrissent ces conversations qui entrelacent arts, littérature et sciences humaines et sociales pour cerner au plus juste les défis du moment et envisager des scénarios de transformation du monde depuis une perspective intellectuelle et artistique. Interdisciplinaires, ces conversations sont conçues comme un lieu de discussion et d’expérimentation pour le grand public autant que pour les professionel·les et les artistes des domaines convoqués. Elles mobilisent des acteurs et actrices du monde des arts et des médias, de la recherche et de l’enseignement, qui se rassemblent autour d’une volonté commune : construire un espace public critique, et engagé dans la transformation du monde. Construites à partir d’une grande variété de productions - textes publiés ou inachevés, photos, récits, œuvres littéraires, musiques et sons incalculés, vidéos, images, réflexions saisies sur le vif -, chaque conversation est un lieu d’accueil des diversités, et offre l’occasion d’entendre une sélection d’histoires, personnelles ou communautaires, ancrées dans la francophonie d’aujourd’hui.

  1. 20 juin

    Épisode 3 — Pétale 4 — Libertés académiques en exil, entretien avec Éric Fassin

    En avril 2025, Éric Fassin est venu à Montréal, dans le cadre du colloque international intitulé “Politique de la liberté académique: état des lieux comparé”, organisé à l’UQAM par la chaire France-Québec sur les enjeux contemporains de la liberté d’expression. Dans sa conférence d’ouverture, il a pointé l’alliance des politiques néolibérales et de l’autoritarisme qui menacent les savoirs critiques, considérés par cette alliance comme inutiles et dangereux. Il a aussi analysé le renversement de l’argument de la liberté d’expression, aujourd’hui devenu un argument des conservateurs contre la liberté académique. Il a, enfin, développé une réflexion autour de la parole académique à l’heure de la désinformation, de la post-vérité et des discours antiscience décomplexés. Aux yeux du public, il est apparu comme l’une des armes intellectuelles les plus efficaces contre le dire n’importe quoi, qui fait malheureusement florès ces temps-ci, et qu’il analyse et épingle avec brio dans ses plus récents travaux. Sociologue engagé, il a tu dans ce moment les attaques dont il est l’objet, depuis de nombreuses années, pour ses travaux autant que pour ses prises de positions dans l’espace public. Encore aujourd’hui, il résiste, persiste, et signe. Et si l’on se demande pourquoi, la réponse est à lire dans l’ouvrage récemment paru S’engager en sociologue, dans lequel il se livre un peu sur sa vie, sa manière d’enseigner, de faire de la recherche: “Si, en dépit de cette peur, j’ai persisté, c’est non pas malgré, mais en raison de l’hostilité rencontrée. Elle était pour moi le signe que s’y jouait quelque chose. La violence disait l’importance de l’enjeu. Bien sûr, comme tout le monde, je préfère qu’on m’approuve. Mais quand on me déteste, je sais que c’est pour de bonnes raisons. C’est le prix à payer pour essayer de faire entendre ce que d’autres ne veulent pas entendre.” Nous, nous avons voulu l’entendre, et partager avec vous ce moment. Bonne écoute! Pour consulter les références mentionnées lors de l’épisode, rendez-vous sur notre site web à l’adresse jhabiteoujelutte.com.

  2. 29/09/2025 ·  Bonus

    Épisode 3 — Pétale 1 — Entretien avec Philippe Yong

    Imaginant Montréal comme “la Babylone parfaite, multiculturelle et ouverte” qu’elle incarne parfois au yeux de celleux qui sont de passage, Philippe Yong s’est laissé séduire par la plus francophone des métropoles nord-américaines. Venu en famille “tenter sa chance”, il a dû refaire ses preuves en tant qu’enseignant dans un monde professionnel où les titres scolaires et l’expérience acquise ailleurs ne valent pas toujours ce que l’on imagine. Ni tout à fait l’égal de Québécois·es aux yeux desquel·les il reste un immigré, ni tout à fait chez lui dans une France qui ne lui est plus si familière, il vit sa migration comme un décentrement. Exilé de l’intérieur, son centre de gravité oscille, “perdu quelque part au milieu de l’Atlantique”. Du sentiment d’incomplétude, de trouble identitaire et de la nécessité de s’ancrer ici malgré des forces contraires, il a fait la matière de ses deux premiers romans. Des personnages sensibles, déracinés, prennent vie dans les pages qu’il n’aurait sûrement jamais écrites s’il était resté à Paris. C’est ainsi dans la cité montréalaise, dont la cartographie lui échappe encore en partie, qu’il est devenu écrivain. Un statut qui est aussi l’occasion de faire de belles rencontres et de persévérer dans la découverte de cette terre d’Amérique du Nord qui reste, à ses yeux, en partie insaisissable. Pour consulter la biographie de notre invité Philippe Yong, la liste des textes cités dans l’épisode et d’autres ressources, rendez-vous sur notre site web à l’adresse jhabiteoujelutte.com

  3. 15/09/2025

    Épisode 3 — Exils — Noyau — Habiter l'exil

    “Déplacé·es”, “déraciné·es”, “exilé·es”, “réfugié·es”, “expatrié·es”, “immigré·es/émigré·es”... tant d’images, pour ne pas dire de clichés, tant de jugements, pour ne pas dire d’injustices et de discriminations, accompagnent les termes qui s’offrent dans notre vocabulaire pour nommer les réalités et les expériences nécessairement plurielles de celles et ceux qui ne sont pas resté·es là où iels sont né·es. Enseignant·es, chercheur·euses, écrivain·es, artiste·s, nos invité·es ont accepté avec beaucoup de sincérité et de générosité de parler de leurs déplacements. Plus ou moins forcés et fréquents, ces derniers font sens en tant qu’agencements complexes d’espoirs, de rencontres et de déchirements. Toujours là-bas et en même temps ici, peut-être bientôt ailleurs, nos invité·es vivent à l’endroit où se tiennent celleux qui apprennent à s’inscrire dans des lieux inconnus, peuplés de gens qui ne les attendaient pas. Étranger·ères aux yeux des autres et parfois à elleux-mêmes, iels s’expérimentent dans l’entre-deux, dans l’interstice - instables, hybrides, ambivalent·es, en mouvement. Notre hôte Au moment de la création de J’habite où je lutte, nous avions le désir que ce projet soit un espace d’accueil et de rencontres, appropriable par toutes celles et tous ceux qui partagent notre envie de penser le monde et de le transformer. Nous sommes donc ravi·es que Florian Grandena nous ait proposé de travailler, pour ce troisième épisode, sur le thème de l’exil. Pour exprimer toutes ses complexités, nous avons pensé cet épisode comme une fleur. Autour du noyau qu’est cette table ronde s’organisent plusieurs pétales faits d’entretiens individuels. Dans une conversation-tige, nous déployons, pour finir, quelques réflexions suscitées par les échanges avec nos invité·es et par la lecture de textes que nous nous réjouissons de vous faire (re)découvrir. Pour consulter la liste des textes cités, la biographie de nos invité·es et d’autres références liées à l’épisode, visitez notre site web à l’adresse jhabiteoujelutte.com.

Notes et avis

5
sur 5
2 notes

À propos

J’habite où je lutte est un balado de recherche-création présentant une série de conversations thématiques. Changement climatique, perte de la biodiversité, insuffisances démocratiques, montée des inégalités et des exclusions sont autant de thèmes qui nourrissent ces conversations qui entrelacent arts, littérature et sciences humaines et sociales pour cerner au plus juste les défis du moment et envisager des scénarios de transformation du monde depuis une perspective intellectuelle et artistique. Interdisciplinaires, ces conversations sont conçues comme un lieu de discussion et d’expérimentation pour le grand public autant que pour les professionel·les et les artistes des domaines convoqués. Elles mobilisent des acteurs et actrices du monde des arts et des médias, de la recherche et de l’enseignement, qui se rassemblent autour d’une volonté commune : construire un espace public critique, et engagé dans la transformation du monde. Construites à partir d’une grande variété de productions - textes publiés ou inachevés, photos, récits, œuvres littéraires, musiques et sons incalculés, vidéos, images, réflexions saisies sur le vif -, chaque conversation est un lieu d’accueil des diversités, et offre l’occasion d’entendre une sélection d’histoires, personnelles ou communautaires, ancrées dans la francophonie d’aujourd’hui.