Réparties

Un programme de rencontres, littéraires et artistiques, entre l'animatrice qui est également autrice et productrice audiovisuelle, et des écrivains. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  1. 22 sept.

    Le professeur, héros de roman aujourd'hui

    Alors que le professeur fait figure de laissé pour compte de notre société, alors que les assassinats de Samuel Paty et de Dominique Bernard ont profondément marqué chacun d’entre nous, sa présence comme personnage s’affirme aujourd’hui dans le roman français. Est-ce révélateur de l’urgence sociétale qu’il y a à remettre le professeur au cœur de nos projets de vie ? Faut-il y voir un cri d’alarme ou de désespoir, un ultime sursaut de la part d’écrivains anciens professeurs eux-mêmes ? Pour en débattre, Judith Housez invite Yannick Haenel et Thomas Reverdy, deux romanciers agrégés de Lettres Modernes qui se sont inspirés de leur expérience d’enseignant pour écrire, respectivement, La Solitude des professeurs est infinie (publié à la rentrée littéraire de 2026), et Le Grand secours (publié en 2023) : deux beaux récits dont l’arène est un lycée de banlieue. Ce « héros de notre temps » qu’est « le prof » est un véritable fantassin à l’avant-garde des évolutions de la France qu’il côtoie au quotidien dans le huis-clos de la salle de classe. Il est embarqué auprès de ses élèves, au sens pascalien du terme. Où se situe, dès lors, la solitude des professeurs évoquée par Yanncik Haenel dans son roman d’apprentissage ? La vocation est-elle encore possible ? Doit-on tomber dans l’écueil du « c’était mieux avant » dès qu’il s’agit d’Education nationale ? « Il faut être fou pour être prof je dirais même, pour être un bon prof) », écrit Yannick Haenel. La Littérature seule peut entrer dans les nuances, les complexités des psychologies, et des situations… et peut-être, ainsi, nous faire découvrir ce que c’est vraiment que la vie d’enseignant, seule une langue élaborée permet de penser de façon élaborée. - Yannick Haenel, romancier, ancien professeur - Thomas Reverdy, romancier, ancien professeur - La Solitude des professeurs est infinie, Yannick Haenel (Gallimard, 320 pages) - Le Grand Secours, Thomas Reverdy (J’ai Lu, 352 pages) Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  2. 26 mai

    Ecrire sur soi

    Nous sommes entrés dans l’ère de la chimère, les images ont perdu leur statut de représentation du réel. Reste l’écrit qui pourrait prendre la relève pour dire la réalité, et a fortiori celle de l’auteur ? Dans notre monde au narcissisme débordant, raconter son vécu, ou celui de ses parents, mener l’enquête sur un passé dans ce qu’il aurait de plus réel, dans un pacte de sincérité avec le lecteur, semble être devenu le passage obligé de tout auteur. Récit, autofiction, roman vrai… Ce qui compte, c’est de retrouver son moi au milieu des chimères. Dévoilement ou au contraire construction du moi par le récit à l’échelle 1 : s’agit-il d’opposer vérité contre fiction ? Peut-on parler d’une forme de bannissement de l’imagination au profit de la mémoire et de la sincérité ? Pour en débattre, Judith Housez invite le philosophe Pascal Bruckner, théoricien du narcissisme exacerbé de notre époque mais aussi auteur d’un très beau récit sur sa mère, intitulé De mère inconnue, et Colombe Schneck, dont l’oeuvre romanesque appartient au genre de l’autofiction. Nos deux invités prônent un retour vers le réel grâce à l’écriture sur soi dans une méthodologie de l’enquête. De quel « soi » s’agit-il quand on parle d’ « écriture sur soi » ? Quelle vérité du moi peut-on espérer ? On peut légitimement se demander ce qui pousse le lecteur à s’intéresser aux écrits égotistes. Une « pulsion du véridique » serait-elle à l’œuvre ? Le lecteur sé trouverait-il ainsi « piégé » par l’affirmation que ce qui est écrit est vrai ou véridique ? Avec l’écriture sur soi, s’agit-il de fabriquer un moi, de le constituer plutôt que de l’exprimer ? Par-delà l’éternel exercice philosophique du « Connais-toi toi-même », dans un roman, le narrateur, le « soi », ne bascule-t-il pas en personnage de fiction ? A la fin, est-ce toujours la fiction qui l’emporte ? - Pascal Bruckner, philosophe, romancier et essayiste - Colombe Schneck, autrice et journaliste - De mère inconnue, de Pascal Bruckner (Grasset, 263 pages) - Philip & moi, de Colombe Schneck (Stock, 360 pages) Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  3. 28 avr.

    Forough Farrokhzad

    Réparties, une conversation éclairée, pour découvrir l’actualité culturelle et les questions qu’elle pose à notre société d’aujourd’hui. Domaines : Arts, Histoire, Savoirs. En Iran, les manifestants du mouvement Femme, Vie, Liberté brandissent le portrait de Forough Farrokhzad, déclament sa poésie. Celle que les Iraniens ont élevée au rang de mythe, au point de l’appeler simplement Forough, a vécu sous le règne du Shah. Encensée mais condamnée par les bien-pensants pour sa vie jugée dissolue, elle est morte à 32 ans dans un accident de voiture en 1964, laissant une magnifique œuvre poétique de l’intimité, de l’amour, du désir, de la jeunesse. Une poésie du dévoilement au féminin et au singulier. Si l’obscurantisme religieux veut effacer l’individu en commençant par les femmes, dans une guerre de propagande qui est une aussi une guerre des mots, les Editions Gallimard publient à point nommé les œuvres complètes de Forough, icône persane de la jeunesse éternelle. Lire cette poésie, c’est découvrir la force de la culture persane laïque, combative, millénaire. Le moment politique et le moment poétique s’avèrent indissociables. En compagnie de Sara Yalda, autrice de Regard persan, et de Leïli Anvar, traductrice des œuvres complètes de Forough Farrokhzad, allons nous aussi à la rencontre de cette voix singulière, d’une poésie au féminin. Il y a certes l’histoire du personnage qu’elle fut, aux talents multiples – elle réalisa aussi un extraordinaire documentaire sur une léproserie, La Maison noire -, mais, par-delà sa starification, faisons vivre cette voix de femme égotiste, au cœur de la culture actuelle des Iraniens. Dans les cinq recueils de Forough, l’aveu et la réconciliation forment deux faces d’un même projet poétique moderne. L’humain se dévoile par le singulier. - Leili Anvar, Maître de Conférence à l’INALCO, iranologue, traductrice, journaliste au Monde des Religions - Sara Yalda, écrivain Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  4. 28/10/2025

    Le théâtre face à la justice

    Faire du théâtre « une école de mœurs et de vertu » : Diderot l’appelait de ses vœux, et Beaumarchais, quelques années plus tard, triomphait avec Le Mariage de Figaro ou la folle journée. Cette pièce de théâtre, devenue pour nous une véritable anamorphose du XVIIIème siècle, reste le plus magnifique plaidoyer des Lumières pour l’égalité des hommes. Mise en scène de la vie, événement personnel et collectif, le théâtre, dans la puissance de sa parole vivante, incarnée, serait-il aujourd’hui encore l’art le mieux placé pour s’élever contre l’injustice ? Certes, la Justice d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec la justice « retenue » de l’Ancien régime. Ce sont les travers de notre système judiciaire qui peuvent être mis en cause, le sacrifice d’innocents à travers l’invention de coupables. Quel serait le meilleur genre pour défendre ses idées sur une scène ? Interrogeons-nous avec Jean-Pierre de Beaumarchais et Jean-Marie Rouart, de l’Académie française. Pour sa nouvelle pièce intitulée Drôle de justice, celui-ci a inventé le terme de « vaudeville judiciaire ». La fiction, parce qu’elle raconte les contradictions d’individus, n’apporte-t-elle pas la plénitude de sens dont les questions de justice ont besoin ? Le théâtre peut-il faire office de cour d’appel ? Et si l’importance de son combat, par-delà son utilité, résidait dans le témoignage d’une humanité… - Jean-Marie Rouart, de l’Académie française, écrivain - Jean-Pierre de Beaumarchais, bibliographe, dramaturge - Drôle de Justice, une pièce de Jean-Marie Rouart au Théâtre de Passy 75016 Paris (texte publié aux Editions Albin Michel) - Main droite, main gauche - dialogue, Jean-Pierre de Beaumarchais (Editions P.U.F., 64 pages) Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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